Les carnets de Nyons

Nyons : les confitureries P.D.P. et Roullet d'autrefois

À Nyons, les usines P.D.P. et Roullet faisaient vivre des familles entières. Anciens ouvriers, chaudrons, camions d'abricots et souvenirs des confitureries.

Pendant longtemps, à Nyons, il n'y avait pas que les olives et l'huile d'olive. Il y avait aussi les confitures, les pâtes de fruits, les chaudrons, les ouvrières et les camions chargés d'abricots.

Deux entreprises ont particulièrement marqué cette époque : Aux Produits du Dauphiné et de Provence, que les habitants appelaient les P.D.P., et les établissements Roullet.

Elles ont donné du travail à des générations de Nyonsais. Des jeunes venaient y faire leur première saison pendant les vacances scolaires. D'autres y travaillaient toute l'année. Et puis il y avait les enfants qui, en rentrant de l'école, espéraient récupérer quelques morceaux de pâte de fruits.

📜 Repères historiques des confitureries de Nyons
Repère historiqueInformations
📍 VilleNyons, Drôme provençale
🏭 EntreprisesP.D.P. et établissements Roullet
📅 OriginesDéveloppement après la Première Guerre mondiale
🏛️ Création des P.D.P.17 septembre 1918
👨‍🏭 EmploisJusqu'à environ 100 personnes en haute saison aux P.D.P., selon les archives
🍑 FabricationsConfitures, pâtes de fruits, purées, pulpes et conserves
📍 QuartiersMaladrerie et secteur de la route de Montélimar
❤️ Mémoire localeCamions d'abricots, chaudrons, premiers emplois, goûters d'enfance

J'avais déjà raconté une partie de cette histoire sur Facebook. Mais les réponses des habitants ont apporté des détails qu'on ne trouve pas facilement dans les livres.

Roger se revoit en 1966 et 1967, occupé à décharger des camions d'abricots. Anne-Marie se souvient de son bureau au-dessus des chaudrons. Mireille retrouve les chauffeurs, les transporteurs et Riton, chargé de la chaudière. Maryline n'a pas oublié les employés de Roullet qui offraient des chutes de pâte de fruits aux enfants.

Et il y a cette personne qui se rappelle encore les œufs de Pâques en sucre coloré et les dragées que l'on mettait en boîte à la chaîne !

Tout cela mérite bien qu'on s'y attarde.

Les P.D.P. et Roullet : deux grandes confitureries qui faisaient vivre Nyons

Il faut d'abord bien distinguer les deux entreprises, parce que les souvenirs des anciens se mélangent parfois.

Suzon le rappelle dans les commentaires : il y avait deux confitureries, avec deux responsables que les habitants connaissaient bien.

René Roullet pour les établissements Roullet et Jean Delhomme pour les P.D.P.

Les deux maisons fabriquaient des produits fruitiers et participaient à l'activité économique de Nyons, mais elles avaient chacune leur histoire, leurs bâtiments et leurs employés.

Les P.D.P., fondés en 1918 dans le quartier de la Maladrerie

L'histoire des P.D.P. commence officiellement le 17 septembre 1918.

Antonin Delhomme, avec la famille Micollet et plusieurs associés de la région, fonde une société destinée à la transformation des productions agricoles.

L'entreprise s'installe dans d'anciens bâtiments industriels de la Maladrerie, un quartier où avaient déjà fonctionné des moulins à farine, des installations hydrauliques et des ateliers de soie.

Les premiers équipements comprennent même des machines automatiques destinées à remplir et fermer les petits pots de confiture.

L'ancienne force hydraulique continue de servir, avant que l'électricité et de nouvelles installations à vapeur viennent moderniser l'usine.

Antonin Delhomme dirige l'entreprise pendant des décennies. Son neveu Jean Delhomme prend progressivement le relais à partir de 1946, puis en assume officiellement la direction en 1954.

Les P.D.P. fabriquent de nombreux produits : confitures, fruits au sirop, pulpes, purées, pâtes de fruits et différentes préparations alimentaires.

Les établissements Roullet, l'autre grande maison nyonsaise

Roullet naît également dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale.

L'activité commence dans la maison familiale de l'avenue Paul-Laurens, avec notamment des conserves de tomates et de truffes.

L'entreprise se développe ensuite et installe des ateliers plus importants dans le secteur de la route de Montélimar.

La fabrication des pâtes de fruits devient l'une de ses grandes spécialités.

La base documentaire Mémoire de la Drôme conserve d'ailleurs une photographie de 1935 montrant les chaudrons de la confiturerie Roullet, ainsi qu'un cliché de 1960 consacré au conditionnement des pâtes de fruits.

Ces images permettent de mieux comprendre ce que les anciens employés racontent aujourd'hui.

Et justement, leurs souvenirs nous ramènent au cœur des ateliers.

En 1966 et 1967, Roger déchargeait les camions d'abricots

Voilà l'un des plus beaux témoignages recueillis après ma publication.

Roger raconte qu'il était encore lycéen lorsqu'il est venu travailler aux P.D.P. pendant les vacances d'été.

C'était en 1966 et 1967, deux années de suite, au mois de juillet.

Son travail consistait à décharger les camions et les remorques d'abricots.

Et les véhicules arrivaient, se souvient-il, presque sans interruption du matin au soir.

Quand les abricots arrivaient par camions entiers

On comprend facilement pourquoi ces semaines étaient si importantes pour l'usine.

Les fruits récoltés devaient être réceptionnés puis transformés rapidement. Une conserverie ne pouvait pas simplement laisser attendre des tonnes d'abricots mûrs.

Roger n'évoque pas une petite livraison occasionnelle. Il parle d'un véritable défilé de camions et de remorques.

Pour un lycéen venu gagner son argent de poche pendant les vacances, ce devait être un premier contact très concret avec le travail industriel.

Il se souvient aussi de Jean Delhomme, qu'il appelle le patron.

Et il apporte un détail familial précieux : il était très ami avec ses enfants, Jacques, Alain et Annie. Il connaissait moins Jean-François, beaucoup plus jeune à l'époque.

Ce témoignage nous donne des dates, un métier saisonnier et les prénoms d'une famille liée à l'entreprise.

Ce ne sont pas de simples généralités sur l'industrie nyonsaise. Ce sont des souvenirs vécus.

Anne-Marie travaillait juste au-dessus des chaudrons

Autre commentaire magnifique : celui d'Anne-Marie.

Elle raconte avoir travaillé dans une ambiance particulièrement agréable, avec l'impression de former une grande famille.

Mais le détail que je préfère est celui de son bureau.

Il se trouvait au-dessus de la salle des chaudrons où cuisaient les fruits destinés aux confitures.

Quelle image !

Au lieu d'un bureau séparé dans un bâtiment administratif, elle travaillait juste au-dessus d'un atelier de fabrication.

Elle avait donc cette proximité quotidienne avec la production, les employés et le fonctionnement de l'entreprise.

Son commentaire ne précise pas explicitement s'il s'agissait des P.D.P. ou de Roullet. Je préfère conserver cette incertitude plutôt que lui attribuer un établissement sans preuve.

Les chaudrons des anciennes confitureries

À l'époque, la transformation des fruits faisait appel à de grandes installations de cuisson.

Les recettes variaient selon les produits, les quantités et les méthodes de fabrication.

La cuisson, les mélanges et le conditionnement demandaient une organisation précise.

Des photographies conservées par Mémoire de la Drôme montrent, chez Roullet en 1935, des ouvriers travaillant à proximité des chaudrons, avec des cageots de fruits en attente.

Ces archives donnent une réalité matérielle au souvenir d'Anne-Marie.

Et quand elle parle aujourd'hui de cette période, ce n'est pas d'abord une machine ou une production qu'elle évoque.

C'est l'ambiance entre collègues.

Elle garde le sentiment d'avoir appartenu à une grande famille.

Mireille se souvient des chauffeurs, des livraisons et de Riton

Il y a parfois des commentaires qui valent à eux seuls une petite enquête historique.

Celui de Mireille en fait partie.

Elle évoque les P.D.P. dans les années 1960 et retrouve plusieurs noms d'entreprises qui assuraient les transports.

Selon ses souvenirs, la confiturerie livrait notamment des magasins Casino et UNA.

Les établissements Poujoulat de Nyons et Clarice de Valréas venaient charger les marchandises pour les expédier.

Et puis elle se rappelle Monsieur Blanchon, qui partait avec le camion de l'usine pour effectuer des livraisons jusque vers la Lozère et Montpellier.

Voilà une belle photographie du métier de chauffeur-livreur à cette époque.

Il ne suffisait pas de fabriquer des confitures. Encore fallait-il les acheminer jusque chez les clients.

Riton et la chaudière de l'usine

Et Mireille ajoute un nom qu'il ne faudrait surtout pas laisser disparaître : Riton.

Elle se rappelle que c'était lui qui s'occupait de la chaudière.

Elle ne donne pas son nom de famille, ni les dates exactes de son activité.

Mais elle se souvient de sa fonction.

Dans une usine de transformation des fruits, la chaudière était un équipement essentiel. La production avait besoin d'énergie et de chaleur pour de nombreuses opérations.

C'est justement dans ces détails que l'on retrouve le monde du travail d'autrefois.

Les responsables d'entreprise figurent dans les documents officiels.

Les chaudières sont décrites dans les dossiers techniques.

Mais le prénom de celui qui veillait sur le matériel, c'est parfois une ancienne collègue qui nous le transmet.

Mireille ajoute également que Monsieur Delhomme avait, selon son souvenir, une attitude très sociale envers ses employés.

Ce jugement personnel rejoint l'attachement exprimé par plusieurs anciens travailleurs, sans suffire à documenter toutes les pratiques sociales de l'entreprise.

À la sortie de l'école, les enfants attendaient les chutes de pâte de fruits

C'est peut-être mon anecdote préférée de tous les commentaires.

Maryline raconte que, lorsqu'ils sortaient de l'école, les enfants s'arrêtaient devant l'usine Roullet.

Il y avait un plateau ouvert donnant sur l'établissement.

Et les employés leur offraient des chutes de pâte de fruits.

Quelques morceaux récupérés à la sortie des ateliers, et voilà un goûter dont elle se souvient encore aujourd'hui.

Pas besoin de grande publicité, de paquet brillant ou de cadeau compliqué.

Ces petits morceaux suffisaient à faire plaisir.

La grand-mère qui gardait les pâtes de fruits pour Noël

Christiane apporte un autre souvenir du même genre.

Elle reconnaît les anciens bâtiments de Roullet, qu'elle situe en face des cheminées Branstal.

Et elle se souvient des pâtes de fruits de Nyons que l'on trouvait chez sa grand-mère pour Noël.

Cette précision me plaît beaucoup.

Les pâtes de fruits n'étaient pas seulement une fabrication industrielle destinée aux commerces. Elles avaient aussi leur place dans les habitudes familiales.

Chez certaines familles, elles accompagnaient les fêtes.

Chez d'autres, elles arrivaient sur la table du goûter.

Marie se rappelle précisément ces plaisirs de son enfance : les pâtes de fruits et les confitures d'abricots.

Nelly, de son côté, regrette de ne plus retrouver aujourd'hui des pâtes de fruits ayant le goût de celles qu'elle connaissait.

Ces appréciations sont personnelles, bien sûr.

Mais elles montrent l'attachement particulier que les habitants ont conservé à ces produits.

Chez Roullet, on mettait les pâtes de fruits en boîte à la chaîne

Danielle se souvient très bien de sa première expérience professionnelle.

Elle avait travaillé une saison à l'usine Roullet.

C'était son premier emploi.

Elle raconte qu'on disposait les pâtes de fruits dans des boîtes à la chaîne.

Et ce n'était pas tout.

L'entreprise fabriquait également des œufs de Pâques en sucre coloré et des dragées.

Ce petit détail donne une idée de la diversité de la production.

Une confiturerie pouvait aussi travailler pour les confiseries, les fêtes et les produits saisonniers.

Pendant la saison des coings, il fallait suivre le rythme

Un autre ancien employé raconte avoir travaillé une saison chez Roullet, au moment des coings.

Le travail se faisait à la chaîne.

Et il fallait tenir la cadence.

Cette précision apporte un contrepoint important aux souvenirs heureux.

Oui, certains anciens salariés parlent d'une excellente ambiance.

Mais l'activité industrielle était également fatigante. Les gestes pouvaient être répétitifs et le rythme soutenu, particulièrement lorsque les fruits arrivaient en grande quantité.

Monique se souvient, elle aussi, avoir travaillé à l'usine Roullet pendant ses vacances scolaires.

Elle en garde de bons souvenirs.

On retrouve ainsi plusieurs générations de jeunes Nyonsais qui ont découvert le monde du travail dans les ateliers de confiture et de pâtes de fruits.

Pour certains, c'était un emploi d'été.

Pour d'autres, une véritable carrière.

« PDP, ça voulait dire pâte de pomme ! »

Il y a aussi des souvenirs qui font sourire.

Marijoe raconte que sa famille venait passer les vacances à Nyons dans les années 1955-1960.

Son frère, encore adolescent, avait trouvé sa propre explication au sigle P.D.P.

Pour lui, cela voulait dire « pâte de pomme » !

Finalement, ce n'était pas si éloigné des produits que fabriquait l'entreprise.

Et Marijoe se souvient d'autre chose : les pâtes de fruits étaient délicieuses, et une bonne odeur flottait dans le quartier de la Maladrerie.

C'est un témoignage personnel précis, qui nous permet d'évoquer l'ambiance du quartier sans avoir besoin de l'inventer.

La confiture d'abricots sur le pain du matin

Jean-Pierre, lui, revoit encore les goûters et les petits déjeuners avec du pain et de la confiture d'abricots.

Il se rappelle même l'étiquette des pots.

En revanche, il hésite sur le lieu où sa famille les achetait. Peut-être une boulangerie située en face de l'église, vers la fin des années 1960.

Il ne faut pas transformer cette hésitation en certitude.

Mais voilà encore un détail intéressant : le souvenir d'une étiquette et d'un commerce de quartier.

Un élément qui pourrait éventuellement être confirmé si quelqu'un retrouvait un ancien pot ou une publicité.

Des confitures de Nyons jusqu'en Belgique

Jean-Pierre raconte également un souvenir beaucoup plus inattendu.

Installé en Belgique, il voyait autrefois près de la confiturerie Materne des camions de transport portant le nom de Nyons.

Il décrit des véhicules blancs avec des inscriptions vertes et noires.

Il ne se souvient plus du nom exact de l'entreprise de transport.

Mais voir arriver ces camions lui faisait penser à Nyons.

C'est formidable, parce que ce témoignage dépasse les souvenirs du quartier.

Il montre comment une simple inscription aperçue sur un camion pouvait rappeler tout un pays à quelqu'un qui vivait ailleurs.

Les P.D.P. travaillaient aussi pour d'autres industriels

L'entreprise n'a pas toujours fabriqué uniquement des confitures destinées à être vendues sous son propre nom.

Elle produisait également des pulpes, des purées et des préparations de fruits destinées à d'autres fabricants.

Un témoignage de Jean Delhomme repris dans le récit initial évoque notamment des clients comme Danone, Gervais et Nestlé, ainsi que des destinations françaises et étrangères.

Ces noms sont intéressants, mais les commandes précises correspondantes demanderaient encore confirmation dans des factures ou des archives commerciales.

Ce qui est documenté, en revanche, c'est le développement de l'activité industrielle des P.D.P.

L'entreprise disposait de machines de conditionnement et expédiait différentes préparations vers de nombreux clients.

Au fil des décennies, les petits récipients ont été complétés par des fûts et de grands conteneurs adaptés aux commandes industrielles.

En 1988, l'étude de Josette Delhomme indique que les pulpes, purées, compotes et fruits au sirop représentaient 80 % du chiffre d'affaires des P.D.P., contre 20 % pour les confitures et les pâtes de fruits.

Ce chiffre montre combien l'entreprise avait évolué depuis ses débuts.

Une centaine de travailleurs et même un goûter dansant avant Noël

Les archives de la Société d'études nyonsaises apportent ici un détail que je trouve particulièrement touchant.

Pendant la grande saison, notamment entre septembre et Noël, les P.D.P. pouvaient employer environ une centaine de personnes.

Les journées étaient parfois longues.

L'étude publiée en 1989 évoque du travail se poursuivant après le repas du soir, jusque vers 22 ou 23 heures.

Mais elle rapporte également qu'avant Noël, un goûter dansant réunissait le personnel.

Une fête après les longues semaines de travail

Ce goûter dansant permet de retrouver une autre facette de la vie ouvrière.

Après les journées de production, les arrivées de fruits, les commandes et les heures passées dans les ateliers, les salariés se retrouvaient pour un moment de fête.

Nous n'avons pas encore de photographie ni de récit détaillé de ces réunions.

Mais le simple fait qu'elles aient été mentionnées dans les souvenirs conservés par l'entreprise mérite d'être signalé.

C'est aussi le genre de témoignage que j'aimerais retrouver auprès des familles nyonsaises.

Qui jouait de la musique ?

Où se tenait exactement cette réunion ?

Les employés venaient-ils accompagnés de leur famille ?

Pour le moment, les archives consultées ne répondent pas à ces questions. Mais peut-être qu'un ancien salarié ou l'un de ses enfants possède encore une photographie.

Le souvenir étonnant d'une technique venue de Pologne

L'étude de 1989 contient également une histoire moins connue.

Elle raconte qu'un ingénieur juif polonais, fuyant la montée du nazisme et de l'antisémitisme, était arrivé à Nyons avec des connaissances particulières dans la fabrication des confiseries.

Avec Antonin Delhomme, il aurait contribué à mettre au point des moules en plâtre permettant de fabriquer des pâtes de fruits de différentes formes.

Ce savoir-faire aurait participé au développement de nouvelles productions, notamment les pâtes de fruits moulées.

L'étude situe leur apparition dans l'entreprise autour de 1935.

C'est une histoire remarquable, mais il manque encore le nom de cet ingénieur et des documents complémentaires sur son parcours.

Elle rappelle en tout cas que les savoir-faire industriels circulaient déjà bien au-delà des frontières, et que l'histoire d'une petite usine pouvait parfois rejoindre les grands bouleversements de l'Europe.

Le souvenir de Jean et des poissons près de l'Eygues

Parmi les commentaires, Jean raconte que sa mère et sa grand-mère appréciaient beaucoup les pâtes de fruits de Nyons.

Dans sa famille, la confiture préférée était celle à l'abricot.

Mais il apporte aussi une anecdote singulière.

Son père allait pêcher sous le Pont Roman, derrière le secteur de l'usine.

Selon une histoire qui circulait à l'époque, des résidus de fabrication auraient été rejetés dans l'Eygues.

Jean prend soin de préciser qu'il ignore si cette explication était vraie.

Ce dont il se souvient, c'est que son père trouvait du poisson à cet endroit.

Il serait donc incorrect d'affirmer, sur la seule base de ce souvenir, que l'entreprise déversait effectivement des résidus dans la rivière.

Mais l'anecdote mérite d'être conservée comme témoignage des récits qui circulaient dans les familles.

Peut-être existe-t-il des documents anciens sur l'utilisation de l'eau et les rejets industriels dans ce quartier.

Ce serait une piste de recherche intéressante.

Ce que vous racontez ❤️

Cinq témoignages authentiques sélectionnés parmi les commentaires reçus sous la publication Facebook. Ils sont légèrement reformulés en conservant leur sens.

Roger — Les camions d'abricots de 1966 et 1967

« J'étais encore lycéen lorsque j'ai travaillé aux P.D.P. deux étés de suite, en juillet 1966 et 1967. Je déchargeais les camions et les remorques d'abricots qui arrivaient du matin au soir. Jean Delhomme dirigeait l'entreprise et j'étais ami avec ses enfants, Jacques, Alain et Annie. Que de souvenirs ! »

Anne-Marie — Le bureau au-dessus des chaudrons

« J'y ai travaillé et je garde le souvenir d'une très bonne ambiance. Nous avions l'impression de former une grande famille. Mon bureau se trouvait au-dessus de la salle des chaudrons où cuisaient les fruits pour les confitures. »

Maryline — Les morceaux offerts après l'école

« Quand nous sortions de l'école, nous nous arrêtions devant l'usine Roullet. Les employés nous donnaient des chutes de pâte de fruits par une ouverture donnant sur l'usine. Un souvenir bien agréable ! »

Danielle — Le premier emploi chez Roullet

« J'ai fait une saison à l'usine Roullet. C'était mon premier travail. Nous mettions les pâtes de fruits en boîte à la chaîne et nous fabriquions aussi des œufs de Pâques en sucre coloré et des dragées. »

Mireille — Les chauffeurs et la chaudière

« Dans les années 1960, les P.D.P. livraient notamment Casino et UNA. Poujoulat et Clarice venaient charger des marchandises. Monsieur Blanchon partait livrer avec le camion de l'usine, et je me souviens aussi de Riton qui s'occupait de la chaudière. »

Ces cinq souvenirs disent beaucoup plus sur la vie des ateliers qu'une simple liste de produits fabriqués.

Roger nous fait retrouver les arrivages de fruits.

Anne-Marie nous emmène près des chaudrons.

Maryline retrouve ses goûters d'enfant.

Danielle raconte son premier emploi.

Et Mireille redonne un nom à ceux qui transportaient les marchandises et faisaient fonctionner les installations.

Quand les anciennes confitureries ont disparu de Nyons

Les deux entreprises ont traversé une grande partie du XXe siècle.

Mais à partir des dernières décennies, les transformations de l'industrie alimentaire ont progressivement modifié leur activité.

La concurrence, la concentration des fabricants, les nouveaux circuits de distribution et l'évolution des goûts ont rendu plus difficile le maintien de certaines productions traditionnelles.

L'étude publiée en 2003 par la Société d'études nyonsaises rappelle la place importante qu'avaient occupée Roullet et les P.D.P., puis la disparition des grandes confitureries locales dans les années 1990.

Les archives documentent cette évolution générale, mais les dates précises de cessation, de reprise ou de transformation de chaque établissement demanderaient un travail distinct.

Ce que les anciens bâtiments racontent encore

Le quartier de la Maladrerie conserve la mémoire de plusieurs siècles d'activités artisanales et industrielles.

Avant les confitureries, il y avait les moulins, les canaux et les ateliers liés à la soie.

Une partie de cette histoire est expliquée dans notre article consacré à la Maladrerie de Nyons, son canal et ses anciennes activités.

Plusieurs bâtiments ont changé d'usage.

Ce qui était autrefois un atelier de production peut aujourd'hui avoir été transformé, accueillir une activité différente ou ne plus être reconnaissable.

Mais les souvenirs continuent de circuler.

Une ancienne ouvrière retrouve son bureau.

Un chauffeur se rappelle ses tournées.

Un enfant revoit les morceaux de pâte de fruits.

Et quelqu'un, très loin de Nyons, reconnaît encore le nom de sa ville sur un camion.

C'est pour cela qu'il faut conserver ces histoires.

Pour prolonger la découverte, notre vidéo consacrée aux anciennes confitureries de Nyons permet aussi de retrouver ce passé industriel.

Le petit mot de Papy Chris ❤️

Tu sais, quand j'ai commencé à raconter l'histoire des P.D.P., je pensais surtout à une grande usine qui avait employé beaucoup de monde à Nyons.

Et puis les commentaires sont arrivés.

Et là, on est entré dans la vraie vie.

Un lycéen qui déchargeait des tonnes d'abricots pendant les vacances. Une employée dont le bureau se trouvait juste au-dessus des chaudrons. Des enfants qui attendaient leurs morceaux de pâte de fruits à la sortie de l'école.

Sans oublier Riton et sa chaudière, Monsieur Blanchon avec son camion, et cette grand-mère qui gardait les pâtes de fruits pour Noël.

Voilà ce que j'aime dans notre mémoire locale.

Les archives nous donnent les dates, les bâtiments et les chiffres.

Mais ce sont les habitants qui nous redonnent les visages, les métiers, les habitudes et les petits plaisirs.

Et je trouve formidable que tant de personnes se souviennent encore de cette époque.

Parce que Nyons n'a pas seulement été la ville des oliviers et du soleil.

Elle a aussi été une ville ouvrière, avec ses chaudrons, ses confitureries et des familles entières qui vivaient de cette activité.

Ces familles méritent bien qu'on raconte leur histoire.

Papy Chris 🍑❤️

Questions fréquentes sur les confitureries de Nyons

Quelles étaient les deux grandes confitureries de Nyons ?

Les deux principales entreprises historiques étaient les établissements Roullet et Aux Produits du Dauphiné et de Provence, connus sous le sigle P.D.P.

Quand les P.D.P. ont-ils été créés à Nyons ?

La société Aux Produits du Dauphiné et de Provence a été fondée le 17 septembre 1918, à l'initiative d'Antonin Delhomme, de la famille Micollet et d'autres associés.

Où se trouvait l'usine P.D.P. à Nyons ?

Elle était installée dans le quartier de la Maladrerie, dans d'anciens bâtiments industriels issus notamment de moulins et d'activités liées à la soie.

Que fabriquait l'usine Roullet à Nyons ?

Roullet était notamment connu pour ses pâtes de fruits, ses confitures et différentes confiseries. D'anciens employés évoquent aussi la fabrication d'œufs de Pâques en sucre coloré et de dragées.

Combien de personnes travaillaient aux P.D.P. ?

Les archives évoquent jusqu'à une centaine de travailleurs pendant les fortes périodes de production. L'effectif variait selon les saisons et les besoins.

Qui dirigeait les P.D.P. ?

Antonin Delhomme a joué un rôle déterminant dans leur fondation. Son neveu Jean Delhomme en a progressivement repris la direction, officiellement en 1954.

Existe-t-il des photographies des anciennes confitureries de Nyons ?

Oui. Mémoire de la Drôme conserve notamment des photographies de la fabrication des confitures chez Roullet en 1935 et du conditionnement des pâtes de fruits en 1960.

Quand les confitureries de Nyons ont-elles disparu ?

Les grandes activités historiques de Roullet et des P.D.P. ont disparu ou été profondément transformées vers la fin du XXe siècle, notamment dans les années 1990. Les chronologies précises des deux entreprises doivent être distinguées.

Sources documentaires

Mémoire locale : cet article exploite les témoignages authentiques reçus sous une publication Facebook consacrée aux anciennes P.D.P. de Nyons. Les noms des personnes historiques sont conservés, tandis que les auteurs des commentaires sont désignés par leur seul prénom. Les souvenirs non confirmés par des archives sont présentés comme tels.

Visuels fournis pour cet article. Droits de publication des deux images confirmés par le propriétaire du site le 21 octobre 2026.

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