Mémoire de France · Nyons

Nyons autrefois : souvenirs du collège et du petit train

L’escalier du collège, les soirées devant les maisons et les voyages du petit train : les habitants racontent le Nyons d’autrefois.

Il y a des histoires de Nyons qui ne figurent pas dans les guides touristiques. Des histoires que les anciens gardent au fond de leur mémoire et qui reviennent parfois à la faveur d'une vieille photographie. Un escalier d'école, quelques chaises sorties devant les maisons, une locomotive qui arrive en gare… et voilà tout un petit monde qui refait surface.

Cette fois, tout commence par une photographie de l'ancien collège de Nyons, dont la date reste à confirmer. Elle montre des élèves réunis sur les marches, sous l’enseigne « Collège Roumanille » déjà visible. Mais cette image a réveillé bien d'autres souvenirs : les soirées d'été sur la place Frédéric-Autiero, les enfants de la rue Juiverie, le train de Pierrelatte à Nyons et ces voyageurs qui avaient parfois de drôles d'aventures du côté de Novézan.

Et puis il y a des prénoms. Marie-Louise, Jeanne, Berthe, Rose, Suzanne, Juliette… Des femmes qui faisaient vivre leur quartier et dont les souvenirs nous sont parvenus. C'est leur Nyons, celui des petits métiers, des voisins et des enfants, que j'ai envie de vous raconter aujourd'hui.

📜 Repères historiques

Les repères du Nyons d’autrefois
LieuNyons, Drôme provençale, ancien collège, quartier du Foussat, vieille ville et ancienne gare.
PhotographieGroupe d’élèves sur l’escalier de l’ancien collège de Nyons. L’enseigne Roumanille est visible ; date et attribution à confirmer.
Le collègeÉtablissement officiellement fondé en 1881, nommé Roumanille en 1931.
Le petit trainLigne Pierrelatte–Nyons ouverte le 22 juillet 1897, inaugurée le 3 août, fermée le 15 mars 1951.
Souvenirs des habitantsSoirées devant les maisons, anciens commerces, voyages en train, vie scolaire et souvenirs familiaux.
Repères historiquesLibération de Nyons en août 1944 ; transfert du collège vers les nouveaux bâtiments en 1968.
Sources principalesSociété d'Études Nyonsaises, histoire de la cité scolaire, archives ferroviaires et témoignages transmis.

🏫 Le collège de Nyons : cet escalier que personne n'a oublié

Regardez ces anciens élèves réunis sur les marches du collège. La date de cette photographie reste à confirmer. Nyons n’avait évidemment pas le visage que nous lui connaissons aujourd’hui.

Il faut d’ailleurs préciser que l’établissement a reçu le nom de Roumanille en 1931, en hommage à Joseph Roumanille, écrivain provençal qui avait enseigné à Nyons. Puisque cette enseigne figure déjà sur la photographie, la datation initialement proposée vers 1912 ne peut pas être retenue sans confirmation.

L'histoire officielle du collège remonte au XIXe siècle. Mais ce qui m'intéresse ici, ce ne sont pas seulement les dates. Ce sont ces marches, ces élèves, et les personnes qui ont continué à fréquenter les lieux pendant plusieurs générations.

Monsieur Mouralis, monsieur Tuetey… et les élèves récalcitrants !

Claude reconnaît parfaitement l'escalier qui conduisait au bureau de M. Mouralis.

Et Paul, lui aussi, se rappelle ces marches. Mais pour une raison un peu différente : il y accompagnait des élèves récalcitrants jusqu'au bureau de M. Tuetey !

Ah, ces fameux escaliers qui menaient chez le principal ! Il devait y avoir des élèves qui les montaient le cœur un peu serré, en se demandant quelle remontrance les attendait. 😄

Le plus intéressant, c'est que les archives permettent de replacer ces deux souvenirs dans le temps.

Denis Mouralis est arrivé comme professeur au collège de Nyons en 1929. Il en est devenu principal en 1944, avant de prendre sa retraite en 1960.

M. Tuetey lui a succédé en 1960 et a dirigé le collège jusqu'en septembre 1968.

Les deux souvenirs ne se contredisent donc pas. Ils correspondent à des époques différentes du même établissement.

Et voilà comment un simple escalier devient un témoin de plusieurs générations d'écoliers.

Les anciens bâtiments seront abandonnés au profit du nouvel ensemble scolaire à la rentrée 1968. Plus tard, le collège prendra le nom de René Barjavel, autre enfant du pays.

Mais pour ceux qui ont fréquenté l'ancien collège, les souvenirs restent attachés à ses murs et à ses marches.

🏡 Quand les anciens sortaient les chaises devant les maisons

Changeons un peu de décor et descendons dans les rues du vieux Nyons.

Il fut un temps où, pendant les soirées d'été, les habitants s'installaient devant leurs portes pour prendre le frais.

On sortait une chaise, parfois deux. On retrouvait les voisins, on discutait des petites nouvelles du quartier et l'on regardait les enfants jouer.

Pas besoin de prévoir une soirée particulière. Cela se faisait tout naturellement.

Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette habitude n'a pas entièrement disparu.

Claude raconte qu'au Foussat, on voit encore des chaises sortir le soir. Les voisins continuent à se retrouver et tiennent beaucoup à cette solidarité héritée des anciens.

Cette précision me plaît énormément. Parce que la mémoire de Nyons n'est pas seulement une affaire de photographies jaunies. Certaines habitudes traversent encore les générations.

Pour mieux retrouver ce quartier, j'ai également consacré un article à l'ancien Foussat, devenu place Joseph-Buffaven.

Place Frédéric-Autiero : Marie-Louise, Jeanne, Berthe et Rose

Odette a conservé un souvenir extraordinaire de ces soirées.

Sur la place Frédéric-Autiero, il y avait Marie-Louise et sa sœur Jeanne. Un peu plus bas, on retrouvait Berthe et son amie Rose.

Du côté du haut de la rue Juiverie, il y avait Suzanne, toujours reconnaissable à son chignon, sa maman Juliette et d'autres femmes du quartier.

Ces prénoms peuvent sembler tout simples aujourd'hui. Mais pour ceux qui ont vécu dans ces rues, ils représentent des visages, des voix, des habitudes.

On savait chez qui habitait chacun. On connaissait les mamans, les grands-mères et les commerçantes.

C'était un petit monde où tout le monde finissait par se croiser.

On arrosait le goudron pour faire tomber la chaleur !

Voilà un détail que je tiens absolument à conserver.

Après les longues journées chaudes, les habitants arrosaient copieusement devant les maisons pour rafraîchir le goudron qui avait emmagasiné la chaleur du soleil.

Imaginez les rues encore brûlantes, l'eau répandue devant les portes, puis les chaises que l'on installait pour profiter de la soirée.

Ce n'était pas la climatisation moderne, mais chacun avait ses petites habitudes pour rendre la chaleur plus supportable.

Pendant ce temps, les enfants restaient sur la place jusqu'à la tombée de la nuit.

Ils formaient parfois une bande d'une quinzaine de gamins, auxquels s'ajoutaient les petits vacanciers venus passer juillet ou août chez leurs grands-parents.

Et attention aux bêtises !

Avec toutes ces dames installées devant les maisons, il y avait toujours quelqu'un pour surveiller les enfants.

Si l'un d'eux dépassait un peu les bornes, la remontrance ne tardait pas. Les parents finissaient bien souvent par être informés.

On pouvait profiter d'une certaine liberté, mais le quartier tout entier avait aussi les yeux ouverts !

🧵 Madame Andréoni, Roger le coiffeur et l'odeur de la pizzeria

Ce que j'aime avec les souvenirs d'Odette, c'est qu'ils permettent presque de retrouver le décor d'une soirée.

Il y avait Mme Andréoni, qui cousait parfois tout en surveillant sa boutique.

Les filles de Roger le coiffeur faisaient elles aussi partie de la vie du quartier.

Et puis, un jour, une pizzeria est arrivée.

Ah, la pizzeria !

L'odeur des préparations venait chatouiller les narines des enfants et des habitants installés dehors.

Les conversations continuaient, les gamins jouaient et, en arrière-plan, la cloche de l'église égrenait les heures.

Voilà une ambiance qu'aucune photographie ne peut restituer entièrement.

On peut retrouver l'apparence d'une façade, la forme d'une place ou les pavés d'une rue. Mais les odeurs, les voix, les bruits familiers, ce sont les habitants qui nous les rendent.

Cette évocation mérite d'autant plus d'être conservée que certains lieux ont changé de fonction, certains commerces ont disparu et les familles ont quitté les anciennes maisons.

Les noms de Mme Andréoni et de Roger le coiffeur sont de belles pistes pour de futures recherches dans les annuaires et les archives commerciales de Nyons.

🚂 Le petit train de Nyons : un spectacle pour les enfants

Et maintenant, direction l'ancienne gare !

Pendant plus d'un demi-siècle, Nyons a possédé sa ligne ferroviaire, reliée à Pierrelatte par Valréas.

Ouverte au public le 22 juillet 1897, elle fut inaugurée officiellement quelques jours plus tard, le 3 août, en présence du président Félix Faure.

Pour la ville, c'était un changement considérable. Les voyageurs pouvaient rejoindre le réseau national, tandis que les marchandises et les produits agricoles circulaient plus facilement vers la vallée du Rhône.

Mais pour les enfants, la gare représentait surtout un spectacle.

Claude se souvient parfaitement du jour où son père l'avait emmenée regarder le train arriver à Nyons.

Elle n'a pas oublié cette locomotive qui entrait en gare, ni l'impression extraordinaire que lui avait laissée cette visite.

Il faut dire qu'à l'époque, une locomotive à vapeur avait de quoi impressionner les gamins. Le bruit de la machine, la fumée, les wagons, les voyageurs qui descendaient et les employés qui s'affairaient sur le quai…

Et Nyons était un terminus. Les installations de la gare permettaient de manœuvrer les locomotives avant leur nouveau départ.

Pour les enfants du quartier, il y avait là de quoi passer un bon moment.

Notre article Quand Nyons avait son train permet de retrouver plus en détail l'histoire de cette ancienne ligne.

Un voyage avec sa grand-mère jusqu'à Venterol

Claude rapporte également un autre souvenir familial.

Elle n'avait que trois ans lorsque sa grand-mère l'avait emmenée en train jusqu'à la gare de Venterol-Rousset, pour rejoindre Novézan, village d'origine de cette dernière.

Elle en garde encore le souvenir d'un véritable voyage.

Cela paraît presque incroyable aujourd'hui, alors que quelques kilomètres en voiture ne représentent plus grand-chose.

Mais pour une petite fille de trois ans, monter dans le train avec sa grand-mère, découvrir les paysages et rejoindre un village de famille, c'était toute une aventure.

Et quand un souvenir aussi ancien traverse les décennies, c'est bien qu'il a laissé une impression particulière.

🌺 À Novézan, le train était parfois si lent…

Il y a une histoire que les anciens aiment raconter : dans la montée de Novézan, le train avançait parfois tellement doucement que l'on aurait pu descendre cueillir des coquelicots avant de remonter.

L'anecdote est savoureuse, mais il faut la prendre pour ce qu'elle est : un souvenir populaire, peut-être un peu embelli au fil des générations.

La difficulté de la montée, elle, est tout à fait crédible.

La rampe de ce secteur constituait une contrainte pour les locomotives et les convois. Un témoignage de passionnés du chemin de fer évoque notamment l'utilisation de machines adaptées aux fortes pentes, avec de petites roues motrices.

Il resterait à confirmer les modèles exacts employés sur cette partie de la ligne à partir des documents ferroviaires d'époque.

Mais la lenteur du petit train n'était pas seulement un sujet de plaisanterie. Elle faisait aussi partie de son identité.

Le train pouvait-il réellement attendre les retardataires ?

Une autre histoire évoque des habitants qui, pendant la guerre, prenaient le train pour aller jouer à Valréas.

Il arrivait qu'un voyageur soit en retard. Et selon ce souvenir, on pouvait parfois prévenir les employés, qui attendaient quelques minutes avant le départ.

Il ne faut évidemment pas transformer cela en règle officielle des chemins de fer.

Mais ces récits montrent combien la petite ligne était associée, dans la mémoire des habitants, à des relations plus personnelles entre voyageurs et personnel ferroviaire.

Et attendez, parce que l'histoire suivante est encore meilleure !

🍼 En 1946, le train aurait attendu un biberon !

Voilà une de ces anecdotes familiales que j'adore.

Suzon raconte une histoire transmise par sa belle-mère Jeannette.

En 1946, les parents de son futur mari habitaient Paris. Ils venaient régulièrement à Nyons rendre visite aux grands-parents, Maurice André, qui était charron, et Julia, couturière.

Déjà, ces deux métiers nous ramènent dans un autre temps.

Le charron travaillait notamment à la fabrication et à la réparation des roues et des véhicules en bois. La couturière, elle, participait à cette économie des petits métiers et du savoir-faire local.

Mais revenons à notre train.

Le petit garçon de la famille avait environ un an. Lors du voyage de retour vers Paris, il fallait préparer son biberon.

Selon le souvenir familial, lorsque le train ralentissait dans le secteur de Novézan, où une opération d'approvisionnement en eau était évoquée, le personnel pouvait patienter pendant que Jeannette faisait chauffer le lait de son bébé.

Pendant cet arrêt, certains voyageurs en profitaient même pour descendre se soulager !

Imaginez la scène. Une maman qui termine de préparer son biberon, un chef de gare ou un employé qui prévient qu'il faut attendre, et des voyageurs qui profitent de ces quelques instants.

Il faut bien sûr garder une réserve : nous ne possédons pas de document ferroviaire confirmant cet arrêt précis ni ses circonstances exactes.

Mais le souvenir est tellement concret qu'il mérite de figurer dans notre histoire.

Un bébé, un biberon, une grand-mère et un train qui patiente : voilà toute une petite scène familiale qui a traversé quatre-vingts ans.

Et ce qui me touche, c'est qu'en la racontant, on fait aussi revivre Maurice le charron, Julia la couturière et Jeannette.

Des personnes dont les noms seraient peut-être restés inconnus sans cette mémoire familiale.

🐴 La calèche de l'hôtel Colombet attendait les voyageurs

Le train avait aussi une place importante dans la vie des hôtels et des commerces nyonsais.

Un ancien souvenir évoque notamment l'hôtel Colombet, qui disposait d'une calèche pour venir chercher les voyageurs à l'arrivée du train.

On imagine bien le passage du chemin de fer au transport hippomobile.

Les visiteurs descendaient avec leurs bagages, puis poursuivaient leur trajet vers leur hébergement.

Il faut rester prudent sur les horaires et l'organisation exacte de ce service, faute de document d'époque retrouvé pour l'instant.

Mais cette anecdote montre à quel point la gare faisait vivre tout un ensemble de petites activités.

Et parmi les souvenirs ferroviaires, il y a aussi cette curieuse histoire de première classe.

Un ancien rapportait qu'en hiver, certains voyageurs recevaient une bouillotte pour garder les pieds au chaud.

Les anciens wagons étaient évidemment bien différents des trains modernes, et ce petit supplément de confort aurait été particulièrement apprécié.

Là encore, il faudra retrouver un document d'exploitation ou un témoignage indépendant pour confirmer cette pratique sur la ligne de Nyons.

🇺🇸 Août 1944 : les souvenirs prennent un autre visage

La mémoire du vieux Nyons n'est pas faite uniquement de soirées heureuses et d'anecdotes amusantes.

La guerre a également laissé des traces profondes.

Des souvenirs familiaux racontent que certaines personnes s'étaient réfugiées dans les collines, craignant les combats et l'arrivée des forces allemandes.

Puis, un matin, des véhicules militaires sont apparus.

De loin, les familles ne distinguaient pas forcément s'il s'agissait d'Allemands ou d'Américains.

On comprend l'angoisse que pouvait provoquer une telle apparition.

Les archives historiques confirment que les troupes américaines sont entrées dans Nyons le 23 août 1944, vers sept heures du matin, après les combats du 22 août dans le secteur du Bois de Saint-Pierre.

Mais les habitants n'étaient pas encore définitivement à l'abri. Des bombardements allemands ont encore frappé la ville les 24 et 25 août, faisant des victimes.

Derrière les dates officielles, il y avait des familles inquiètes, des enfants que l'on cherchait à protéger et des habitants qui espéraient simplement retrouver la paix.

C'est important de ne pas oublier cette partie de notre histoire.

J'ai déjà consacré un récit particulier à la Libération de Nyons en août 1944, pour ceux qui souhaitent approfondir ces événements.

🚂 Le 15 mars 1951, le dernier train quitte Nyons

Revenons une dernière fois sur le quai de la gare.

La petite ligne avait déjà traversé des années difficiles.

La concurrence des autocars, les changements de transport et les problèmes économiques fragilisaient son avenir.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services voyageurs avaient été interrompus, puis un train mixte avait repris dans le contexte des restrictions.

Après la guerre, la construction du canal de Donzère-Mondragon allait finalement contribuer à condamner la liaison ferroviaire.

Le 15 mars 1951, le dernier train circulait entre Pierrelatte et Nyons.

Les récits historiques évoquent de nombreux habitants venus assister à cet ultime passage, ainsi que les longs coups de sifflet de la locomotive.

Pour ceux qui avaient grandi avec ce petit train, c'était la fin de toute une époque.

Plus de locomotive à regarder entrer en gare, plus de voyages en famille jusqu'à Venterol, plus de correspondance ferroviaire directe depuis Nyons.

Et bien entendu, plus de train qui aurait pu attendre le biberon d'un bébé !

Les bâtiments de l'ancienne gare sont restés. Le quartier, lui, a continué à évoluer.

Quand on se promène aujourd'hui à Nyons, on peut retrouver plusieurs traces de ces transformations dans notre article sur l'évolution de la ville et de ses édifices publics.

Ce que vous racontez ❤️

Cinq souvenirs authentiques, légèrement reformulés pour faciliter la lecture.

Odette — Les soirées de la place Autiero

« Le soir, Marie-Louise, Jeanne, Berthe, Rose et les autres sortaient devant les maisons. On arrosait le goudron pour le rafraîchir. Nous étions une quinzaine de gamins à jouer jusqu'à la nuit, avec l'odeur de la pizzeria et les cloches de l'église. »

Claude — Les chaises du Foussat

« Au Foussat, nous sortons encore les chaises le soir. La solidarité entre voisins existe toujours et nous tenons à conserver cette façon de vivre héritée des anciens. »

Claude — Le collège et le petit train

« Je reconnais l'escalier qui menait au bureau de M. Mouralis. Petite, ma grand-mère m'avait emmenée en train jusqu'à Venterol pour rejoindre Novézan. Je me souviens aussi du spectacle de l'arrivée du train à Nyons. »

Suzon — Le biberon de 1946

« Ma belle-mère racontait qu'en 1946, lors d'un voyage depuis Nyons, le train pouvait attendre qu'elle fasse chauffer le biberon de son bébé pendant un arrêt du côté de Novézan. Ce n'était vraiment pas le TGV ! »

Paul — Les élèves chez le principal

« Je reconnais cet escalier du collège. J'y ai accompagné des élèves récalcitrants jusqu'au bureau de M. Tuetey, le principal. »

Le petit mot de Papy Chris ❤️

Quand je rassemble tous ces souvenirs, je me rends compte d'une chose.

Ce qui fait l'histoire d'une ville, ce ne sont pas seulement les bâtiments, les maires, les grandes dates et les monuments.

Ce sont aussi les gens.

Marie-Louise et Jeanne qui sortaient prendre le frais devant leur maison. Berthe et Rose qui retrouvaient les voisines. Suzanne et son chignon. Juliette. Mme Andréoni qui cousait devant sa boutique. Roger le coiffeur et ses filles.

Ce sont ces quinze enfants qui jouaient sur la place, pendant que les anciennes surveillaient discrètement leurs bêtises.

C'est aussi ce petit garçon d'un an dont la maman aurait fait attendre le train pour terminer son biberon.

Et ces élèves qui se souvenaient davantage de l'escalier du principal que de certains cours !

Tout cela peut paraître bien modeste.

Pourtant, si personne ne raconte ces petites choses, elles finissent par disparaître.

Heureusement, il nous reste les photographies, les archives et surtout les souvenirs transmis de famille en famille.

Alors oui, Nyons a changé. Le petit train ne circule plus, l'ancien collège n'accueille plus ses élèves et les soirées devant les maisons ne ressemblent plus tout à fait à celles d'autrefois.

Mais au Foussat, des habitants sortent encore leurs chaises le soir.

Et rien que cela, moi, je trouve que c'est une belle manière de faire vivre le Nyons de nos anciens.

Les années passent, les rues changent, mais certains gestes continuent de raconter notre histoire.

Papy Chris ❤️

Questions fréquentes sur le Nyons d'autrefois

Quand le collège de Nyons a-t-il pris le nom de Roumanille ?

Le collège a reçu officiellement le nom de Roumanille en 1931. L'établissement existait déjà auparavant, et son histoire officielle remonte au XIXe siècle.

Qui étaient les principaux Mouralis et Tuetey ?

Denis Mouralis a dirigé le collège à partir de 1944, jusqu'à sa retraite vers 1960. M. Tuetey lui a succédé en 1960 et est resté principal jusqu'en septembre 1968.

Quand le petit train Pierrelatte–Nyons a-t-il ouvert ?

La ligne a été ouverte à l'exploitation le 22 juillet 1897. Son inauguration officielle a eu lieu le 3 août 1897, en présence du président Félix Faure.

Le train de Nyons attendait-il réellement les voyageurs en retard ?

Plusieurs souvenirs évoquent des départs retardés pour des voyageurs, notamment l'histoire d'un biberon en 1946. Ces anecdotes n'ont pas été confirmées par des documents d'exploitation et doivent rester présentées comme des témoignages.

Pourquoi le train s'est-il arrêté en 1951 ?

La ligne était fragilisée par l'évolution des transports. La construction du canal de Donzère-Mondragon, qui nécessitait un nouveau franchissement ferroviaire, a contribué à la décision de fermeture le 15 mars 1951.

Où se trouvait l'ancien collège Roumanille ?

L'ancien établissement était installé dans le secteur de Meyne, près de l'actuelle place Roumanille. Ses locaux ont été abandonnés au profit des nouveaux bâtiments scolaires à la rentrée 1968.

Les habitants sortaient-ils vraiment leurs chaises devant les maisons ?

Oui, plusieurs souvenirs décrivent cette habitude, notamment place Frédéric-Autiero et dans le quartier du Foussat. Des habitants témoignent même de sa persistance aujourd'hui.

Quand Nyons a-t-elle été libérée en 1944 ?

Les troupes américaines sont entrées dans Nyons le 23 août 1944, après les combats du 22 août. De nouveaux bombardements allemands ont encore touché la ville les 24 et 25 août.

Sources documentaires

Témoignages populaires et familiaux transmis avec la publication consacrée au vieux Nyons et à l’ancien collège. Les anecdotes familiales sont présentées comme des souvenirs, distincts des événements historiques confirmés par les sources documentaires.

Photographie fournie par le propriétaire du site, droits de publication confirmés. Ancien collège de Nyons, date à confirmer ; auteur non identifié. L’enseigne « Collège Roumanille » est visible : la date initialement proposée vers 1912 n’est pas retenue.