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Sahune : entre patrimoine et terroir de la Drôme

Deux villages pour une commune : le récit de Papy Chris, les vestiges du Vieux Sahune, ses artisans et les bons départs de promenade.

Je suis allé visiter Sahune, à quelques kilomètres de Nyons, et j'avais envie de vous parler de ce village un peu particulier des Baronnies provençales. Car à Sahune, il y a quelque chose qu'on ne retrouve pas partout : deux villages pour une seule commune.

L'un vit tranquillement au bord de l'Eygues, avec ses maisons, ses commerces, ses artisans et ses habitants. L'autre est perché sur les hauteurs, avec ses anciennes ruelles, son église, les vestiges de ses maisons et un château dont les origines remontent au Moyen Âge.

En découvrant son histoire, je me suis posé une question toute simple : pourquoi les habitants ont-ils quitté leur vieux village pour en construire un autre en bas ?

Et puis, en cherchant un peu, j'ai découvert d'autres choses étonnantes. Des dizaines de cordonniers qui travaillaient autrefois ici, une ancienne place de jeu de paume, un lavoir oublié et même une petite chapelle sauvée grâce à des habitants qui ne voulaient pas voir disparaître leur patrimoine.

Alors je vous emmène découvrir Sahune, avec son histoire, ses promenades et quelques renseignements bien pratiques pour préparer votre visite.

Montage de vues du village de Sahune et de sa végétation
Montage de vues du village de Sahune et de sa végétation

Sahune, un village avec deux histoires

Pour rejoindre Sahune depuis Nyons, on emprunte la D94 en direction de Rémuzat. La route suit la vallée de l'Eygues, passe par Les Pilles et Curnier, puis rejoint Sahune, à une quinzaine de kilomètres de Nyons. Le village actuel est installé au bord de la rivière. Ses maisons suivent la route et profitent d'une exposition bien plus ensoleillée que celles de l'ancien village.

Mais il suffit de lever les yeux vers les hauteurs pour comprendre qu'autrefois, la vie se déroulait ailleurs. Et ce n'est pas un hasard. Pendant des siècles, dans les Baronnies, on construisait souvent les villages sur des hauteurs. C'était un moyen de mieux surveiller les environs et de se protéger lorsque la région traversait des périodes troublées.

Seulement, ce qui représentait un avantage au Moyen Âge pouvait devenir un sacré inconvénient quelques siècles plus tard. Quand il fallait transporter les marchandises, rejoindre les grandes routes, travailler dans les vergers ou simplement profiter davantage du soleil, la vallée devenait beaucoup plus attirante. C'est exactement ce qui s'est passé à Sahune.

🏰 Le Vieux Sahune : pourquoi les habitants sont-ils partis ?

Le vieux village était installé sur les hauteurs, en direction de Montréal-les-Sources. Les maisons y étaient regroupées autour de l'église et des anciennes fortifications. Au XIXe siècle, la vie commence progressivement à se déplacer vers le bas.

L'ouverture de la route dans la vallée de l'Eygues change beaucoup de choses. Les habitants peuvent plus facilement transporter leurs produits, commercer et rejoindre les communes voisines. Autre différence : le vieux village était exposé au nord, alors que le nouveau bourg profite davantage du soleil. On comprend pourquoi certaines familles ont préféré descendre.

Mais ce déménagement ne s'est pas fait en une seule fois ! Le village perché a été progressivement abandonné depuis la fin du XIXe siècle, et des habitants y vivaient encore au début du XXe siècle. Le mouvement s'est poursuivi jusque dans les années 1930. Il faut essayer d'imaginer ce que représentait un tel changement.

Quitter une maison familiale, abandonner des ruelles fréquentées depuis des générations, laisser derrière soi l'église et les anciennes habitudes du village… Il y avait évidemment de bonnes raisons pratiques, mais les pierres n'ont pas suivi les habitants. Et progressivement, les bâtiments ont commencé à se dégrader.

Les maisons ont perdu leurs toitures, puis leurs murs

Une ancienne étude publiée dans Terre d'Eygues évoque une photographie du village datée du 13 septembre 1911. À cette époque, une partie du vieux Sahune possédait encore son aspect de village regroupé autour de son église. Puis les toitures ont disparu de nombreuses habitations. Sans protection contre la pluie et les intempéries, les murs et les voûtes ont commencé à se détériorer.

Ce détail est important. Un vieux village ne devient pas une ruine du jour au lendemain. Il suffit parfois de quelques décennies sans entretien pour qu'un quartier entier change d'aspect. Aujourd'hui, les vestiges de Sahune permettent encore de comprendre où vivaient les habitants, comment les maisons étaient disposées et pourquoi on avait choisi cette hauteur.

Et heureusement, certains n'ont pas accepté de laisser tout disparaître.

❤️ Les habitants qui ont sauvé le Vieux Sahune

Voilà une partie de l'histoire que j'aime particulièrement. Dans les années 1980, des habitants et des amoureux du patrimoine se sont mobilisés pour sauver ce qui pouvait encore l'être. L'association Les Amis du Vieux Sahune s'est constituée au milieu de cette décennie.

L'un des premiers grands chantiers concernait la chapelle Saint-Joseph, sur la route de Montréal-les-Sources. Le bâtiment menaçait de s'effondrer. Puis les bénévoles se sont progressivement occupés des ruelles, de l'église, des vestiges et de différents aménagements permettant de redécouvrir le vieux village.

Il a fallu dégager des pierres, débroussailler, consolider des murs et remettre en valeur les lieux. Ce sont des travaux qui prennent du temps. Les bénévoles ont également aménagé un espace d'exposition et contribué à faire revivre l'ancien four à pain. Aujourd'hui, les visiteurs peuvent parcourir une partie de cet ancien village grâce à leur travail.

Il faut tout de même respecter les bâtiments privés et rester prudent près des ruines. Le vieux Sahune est un lieu de patrimoine, pas un terrain de jeux où l'on peut grimper sur tous les murs !

👞 Saviez-vous qu'il y avait autrefois 75 cordonniers à Sahune ?

Alors là, voilà un renseignement qui m'a vraiment donné envie de creuser. D'après les informations historiques de la commune, le vieux village aurait compté jusqu'à 75 cordonniers. Soixante-quinze ! Pour un village des Baronnies, cela peut surprendre.

On pense facilement aux oliviers, aux vignes, aux abricotiers ou aux troupeaux. On imagine moins autant de gens occupés à fabriquer ou réparer des chaussures. Et pourtant, les ateliers de cordonniers faisaient partie de la vie locale. Il reste d'ailleurs des vestiges de certains de ces anciens lieux de travail.

À une époque où l'on ne jetait pas ses chaussures au premier trou dans la semelle, le cordonnier avait une place essentielle dans la vie quotidienne. On faisait réparer, recoudre, ressemeler. Les chaussures étaient des objets que l'on entretenait longtemps.

Attention, les archives consultées ne permettent pas de préciser ici la période exacte à laquelle ces 75 artisans étaient en activité, ni de savoir s'ils travaillaient tous simultanément. Mais ce chiffre, rapporté par la commune, rappelle une chose : Sahune n'était pas seulement un village agricole. C'était aussi un village d'artisans.

Et lorsqu'on se promène dans les anciennes ruelles, cela donne une autre dimension aux maisons abandonnées. Derrière certaines façades, il y avait autrefois des ateliers et des métiers.

Chapelle en pierre à Sahune, près des arbres
Chapelle en pierre à Sahune, près des arbres

⚔️ Le château, les guerres de Religion et les vieilles pierres

Le vieux Sahune a connu des périodes bien agitées. Son château remonte au XIIIe siècle. Il se trouvait au cœur d'un ensemble fortifié qui permettait de contrôler les alentours. Les guerres de Religion ont particulièrement marqué le village. Au XVIe siècle, celui-ci a été pris et repris par les catholiques et les protestants.

Les conflits ont touché de nombreuses communes du Dauphiné et des Baronnies. Sahune n'y a pas échappé. Aujourd'hui, on peut encore reconnaître certains éléments de l'architecture défensive du château : une tour ronde partiellement conservée, des meurtrières, des dispositifs de défense et une entrée fortifiée.

La restauration a également permis de remettre en valeur plusieurs détails rappelant son passé médiéval. La chapelle castrale Saint-Michel, du XIIIe siècle, est devenue une habitation privée. Il ne faut donc pas confondre les différents édifices religieux du vieux village. On trouve notamment :

  • L'ancienne chapelle castrale Saint-Michel.
  • L'ancienne église paroissiale, plus récente, dont le clocher a été conservé.
  • La chapelle Saint-Joseph, du XVIe siècle, sur la route de Montréal-les-Sources.

Cette dernière mérite d'ailleurs une petite halte. Un banc permet de profiter du paysage sur la vallée de l'Eygues. Voilà trois bâtiments qui racontent chacun une partie différente de l'histoire locale.

🎾 Le jeu de paume : quand les anciens jouaient déjà à la balle

Autre découverte étonnante : le vieux Sahune conserve la trace d'une ancienne aire de jeu de paume. Le jeu de paume est un ancêtre du tennis. À l'origine, on frappait une balle avec la main, avant d'utiliser progressivement des accessoires puis des raquettes. Ce jeu a connu un grand succès en France pendant plusieurs siècles. À Sahune, une aire rappelle cette ancienne pratique.

Le parcours du sentier botanique passe à proximité de ce lieu. Je trouve cela amusant, parce qu'on imagine souvent les villages anciens uniquement avec leurs activités agricoles ou leurs églises. Mais les habitants avaient aussi leurs loisirs ! Et le jeu de paume faisait partie de ces distractions qui occupaient une place dans la vie sociale.

En revanche, je n'ai pas retrouvé de document permettant de dater précisément les dernières parties jouées à Sahune. Alors je préfère laisser cette question ouverte plutôt que vous inventer un tournoi du dimanche entre deux familles du village !

💧 La Grande Fontaine et l'ancien lavoir

En redescendant du vieux village, on peut découvrir un autre témoignage de la vie quotidienne : la Grande Fontaine. Un panneau indique son accès depuis la route. On y retrouve l'ancien lavoir du village, alimenté par une eau abondante. Aujourd'hui, un lavoir paraît parfois n'être qu'un petit bâtiment de pierre. Mais autrefois, c'était beaucoup plus que cela.

Il fallait y transporter le linge, le laver, le rincer, puis le rapporter. Une corvée importante, surtout quand on n'avait pas l'eau courante dans chaque maison. Les lavoirs étaient aussi des lieux de rencontre. On pouvait s'y échanger des nouvelles, parler de la famille, des récoltes ou des événements du village.

Je ne vais pas vous inventer les conversations des lavandières de Sahune, mais l'importance sociale de ces lieux dans les villages français est bien connue. Et ce lavoir nous rappelle que la vie des anciens demandait beaucoup plus d'efforts pour des gestes qui nous paraissent aujourd'hui ordinaires.

🌿 Le sentier botanique : une petite balade avec beaucoup à découvrir

Pour visiter le vieux village sans entreprendre une grande randonnée, il existe un parcours particulièrement intéressant. Le sentier botanique a été aménagé en 2013. Il permet de découvrir la végétation méditerranéenne qui a progressivement repris sa place autour des anciennes maisons. Et ce n'est pas seulement un sentier pour regarder des plantes !

Le parcours passe près de plusieurs éléments du patrimoine : l'ancienne église, le jeu de paume, le four et différents vestiges. Il mène aussi à une table d'orientation dominant la vallée.

Les renseignements pratiques du sentier

Le sentier botanique du Vieux Sahune en pratique
InformationParcours officiel
DépartParking du Vieux Sahune
Distance810 mètres en boucle
DuréeEnviron 30 minutes
Dénivelé37 mètres
DifficultéTrès facile
IntérêtPlantes, ruines, panoramas, patrimoine

Même si la balade est courte, le terrain est parfois rocailleux et comporte des marches. Avec de jeunes enfants, mieux vaut rester attentif, notamment près des points de vue. Le parcours présente différentes espèces comme le thym, la lavande, les alisiers, l'amélanchier, les figuiers ou encore des plantes autrefois utilisées dans les remèdes populaires.

Mais attention : certaines espèces sont irritantes ou toxiques. On peut les observer, les photographier et apprendre à les reconnaître, sans les cueillir ni les goûter. Retrouver le tracé officiel du sentier botanique de Sahune.

Un petit détail botanique que l'on connaît moins

La commune de Sahune abrite également une tulipe sauvage protégée. Sa présence a notamment été remarquée lors de travaux d'assainissement. Voilà qui rappelle que la biodiversité ne se limite pas aux grandes forêts ou aux réserves naturelles. Parfois, une plante rare pousse tout près d'un village, à un endroit où l'on n'aurait pas pensé la chercher.

🚗 Où se garer pour visiter le Vieux Sahune ?

C'est une question importante, car le vieux village n'est pas directement au bord de la D94. Depuis Sahune, il faut traverser l'Eygues et suivre la D205 en direction de Montréal-les-Sources. Après environ un kilomètre, passez à proximité d'un oratoire et entre deux maisons en pierre, puis prenez l'embranchement du Vieux Village sur la droite.

La petite route monte jusqu'à la croix, près du parking du vieux Sahune. De là, rejoignez la porte de Curnier, qui marque l'entrée de l'ancien village. Le départ du sentier botanique est indiqué sur la droite, avant la porte. Si vous souhaitez marcher davantage, il est également possible de partir du village moderne et de rejoindre les hauteurs à pied.

Dans tous les cas, mieux vaut consulter la carte officielle avant de partir : le GPS ne distingue pas toujours les accès historiques des petites routes privées.

🗺️ La carte de Papy pour visiter Sahune

Le vieux village est sur les hauteurs, le bourg au bord de l’Eygues : ce ne sont pas les mêmes départs. Je t’ai séparé les deux parkings, avec la Maison du Parc et une pause possible à La Forge. Pour Bramard, le repère indique un point de vue du circuit de randonnée, pas un accès au sommet.

  1. Parking du Vieux Sahune : Départ de la boucle botanique, accès par la D205 puis la route du Vieux Village. Depuis Nyons en voiture.
  2. Entrée du Vieux Sahune : Repère de la porte de Curnier ; suivre les chemins publics, le château est privé. Parcours botanique officiel.
  3. Parking de la mairie : Dans le bourg, départ distinct du circuit Marcel et Devès (5,7 km). Depuis Nyons vers le bourg.
  4. Maison du Parc : 575 route de Nyons, Sahune — entrée libre aux horaires saisonniers. Depuis Nyons en voiture.
  5. La Forge chez Brigitte : 219 route du Village, Sahune — ouverture et réservation à vérifier. Depuis Nyons en voiture.
  6. Point de vue sur le Rocher de Bramard : Repère du circuit Marcel et Devès ; ce point ne représente pas le sommet du rocher. Parcours de randonnée officiel.

La carte OpenStreetMap se charge après ton accord pour les cartes interactives.

Repères des sentiers et parkings : tracés officiels de Chemins des Parcs. Maison du Parc et La Forge : positions publiées par La Drôme Tourisme. La carte situe les lieux sans créer de raccourci entre les ruines ou les propriétés privées. Vérifie la signalisation et les conditions d’accès sur place.

🏘️ Le Sahune d'aujourd'hui : un village qui a retrouvé le soleil

Après le vieux village, revenons dans la vallée. Le Sahune actuel s'étire le long de la D94, avec ses maisons tournées vers le sud. On comprend vite pourquoi les habitants ont progressivement préféré cet emplacement. La route est plus accessible, les échanges sont facilités, les terres agricoles sont proches et l'exposition est plus agréable.

L'église Saint-Michel-et-Saint-Georges

Le village moderne possède sa propre église, construite en 1931. Elle porte le nom de Saint-Michel-et-Saint-Georges. À l'intérieur, les vitraux de style Art déco méritent qu'on s'y intéresse. Ils rappellent une autre période de l'histoire du village, celle de l'installation progressive des habitants dans la vallée.

En visitant Sahune, on peut donc découvrir des édifices religieux appartenant à plusieurs époques, du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle.

Des artistes et artisans toujours présents

Sahune n'a pas complètement perdu sa tradition artisanale. Aujourd'hui, la commune accueille plusieurs potiers, céramistes, porcelainistes et autres créateurs. Parmi eux, l'ébéniste d'art Nicholas Bentley possède un atelier dans le village, en face de la station-service. Ses créations en bois montrent que le travail manuel et artistique possède encore une vraie place ici.

Et puis il y a Marie-Christine Louvet, plasticienne de l'Atelier du Relais, connue notamment pour ses étonnants épouvantails. Ces silhouettes immobiles, que l'on peut apercevoir dans le village, apportent une petite touche d'humour et de poésie. J'aime bien cette continuité : autrefois des ateliers de cordonniers, aujourd'hui des ateliers de création.

Les métiers changent, mais le plaisir de travailler de ses mains reste.

🍑 Sahune, les abricots et la fameuse olive Tanche

Impossible de parler de Sahune sans évoquer les vergers. Ici, l'abricot fait partie du paysage et de l'économie agricole. L'une des variétés traditionnelles du secteur est l'Orangé de Provence, également connue sous l'ancien nom de Polonais. Cet abricot à la forme parfois légèrement dissymétrique est particulièrement apprécié pour sa saveur.

Les récoltes commencent généralement pendant l'été, mais les dates varient avec la météo et la maturité des fruits. Et il y a une nouveauté importante à connaître.

L'Abricot des Baronnies est reconnu en IGP depuis 2024

Le 2 avril 2024, l'Abricot des Baronnies a obtenu sa reconnaissance européenne en Indication Géographique Protégée (IGP). Cela signifie que les fruits commercialisés sous cette dénomination doivent respecter un cahier des charges précis. Les producteurs travaillent notamment sur le choix des variétés, la maturité à la récolte et les caractéristiques des fruits.

Le cahier des charges fixe aussi des exigences environnementales, notamment concernant la couverture végétale et les aménagements favorables à la biodiversité. Attention : tous les abricots cultivés dans les Baronnies ne sont pas automatiquement certifiés IGP. Pour mieux connaître ces fruits, retrouvez aussi mon article consacré aux abricots de Nyons.

Les oliviers et la Tanche

Sahune appartient également au terroir oléicole des Baronnies. On y cultive la Tanche, cette variété traditionnelle utilisée pour produire les olives noires de Nyons AOP et l'huile d'olive de Nyons AOP. La culture de l'olivier est profondément liée à l'histoire agricole des environs.

Entre les vergers d'abricotiers, les oliveraies, quelques vignes et les autres cultures fruitières, Sahune présente un paysage qui change beaucoup avec les saisons. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, j'ai également consacré des articles à l'olive Tanche de Nyons et à l'huile d'olive de Nyons AOP.

🥾 Randonner autour de Sahune : de la balade à la vraie marche

Si vous aimez marcher, Sahune offre plusieurs possibilités. Mais je préfère bien distinguer les petites balades des parcours demandant davantage d'efforts.

Le circuit Marcel et Devès

Voici une randonnée intéressante pour ceux qui souhaitent prendre de la hauteur. Le parcours officiel fait 5,7 km en boucle, pour environ 2 h 30 de marche et 301 mètres de dénivelé positif. Le sentier traverse des secteurs rocheux, des oliveraies, la garrigue et des sous-bois. Il offre plusieurs points de vue sur la vallée de l'Eygues, la montagne d'Angèle et le plateau d'Eyroles.

Avec un peu de chance, on peut également apercevoir des vautours au-dessus des reliefs. Mais cette fois, il ne s'agit plus du petit sentier botanique. Le parcours demande une condition physique correcte et des chaussures adaptées. Consulter le circuit officiel Marcel et Devès.

Le nom Devès raconte aussi une vieille histoire

En cherchant l'origine de ce nom, j'ai découvert une particularité intéressante. Les mots « Devès » ou « Deffens » désignaient autrefois des terrains sur lesquels certains usages, comme le pâturage ou le ramassage du bois, étaient réglementés. Ces restrictions pouvaient notamment s'appliquer pendant une partie de l'année.

À Sahune, elles contribuaient à protéger des secteurs fragiles contre une érosion excessive, en particulier sur les terrains marneux dominant les oliveraies. Voilà un détail qui change la manière de regarder les collines ! Ce ne sont pas seulement des noms sur une carte. Certains racontent encore comment les anciens organisaient l'utilisation de leurs terres.

Le Rocher de Bramard, surnommé le Sphinx

Autre curiosité de Sahune : le Rocher de Bramard. Sa silhouette naturelle fait penser à une tête de sphinx. Ce relief particulier domine le secteur du village et compte parmi ses repères paysagers les plus reconnaissables. Les marcheurs expérimentés peuvent préparer une randonnée vers ses hauteurs, mais les itinéraires sont nettement plus exigeants que le sentier botanique.

Et si vous préférez simplement admirer la forme de ce rocher depuis la vallée, c'est déjà une bonne raison de lever les yeux.

🦅 Les vautours et la nature des Baronnies

Sahune se trouve au cœur d'un territoire particulièrement riche en rapaces. Dans les Baronnies, plusieurs espèces de vautours ont retrouvé leur place grâce aux programmes de protection et de réintroduction. On peut notamment rencontrer le vautour fauve, le vautour moine, le percnoptère d'Égypte et le gypaète barbu.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que vous les verrez tous en une seule promenade ! Les observations dépendent des conditions météorologiques, de la saison et de l'activité des oiseaux. Pour une sortie spécialement consacrée aux rapaces, le secteur de Rémuzat et du Rocher du Caire est particulièrement intéressant. J'en parle dans mon article sur la visite des vautours des Baronnies.

La Maison du Parc est désormais ouverte à Sahune

Autre information importante : la Maison du Parc naturel régional des Baronnies provençales n'est plus seulement un projet. Elle accueille aujourd'hui les visiteurs au 575 route de Nyons, à Sahune. On peut y découvrir des expositions consacrées à la biodiversité, aux paysages et au patrimoine du Parc.

L'exposition actuelle, intitulée « La Forêt invisible », invite notamment à mieux comprendre le fonctionnement des milieux forestiers. L'entrée est libre. Selon les horaires officiellement annoncés, la Maison du Parc accueille les visiteurs du printemps à la fin octobre, généralement du mardi au vendredi de 14 h à 18 h, ainsi que certains dimanches d'été.

Pour éviter de se déplacer pour rien, mieux vaut consulter les horaires officiels de la Maison du Parc.

🍽️ Où faire une pause pour manger à Sahune ?

Après une promenade dans les ruines ou une randonnée, on peut aussi avoir envie de s'installer un moment. Le village compte notamment le Bistrot La Forge Chez Brigitte, au 219 route du Village. Il propose une cuisine de bistrot avec une place accordée aux produits frais et de saison.

C'est une adresse pratique à connaître lorsqu'on souhaite prolonger la visite sans repartir immédiatement vers Nyons. Les jours d'ouverture, les menus et les tarifs pouvant changer, je conseille de vérifier avant de venir, surtout en dehors de la saison touristique.

Et si vous préférez un pique-nique, les abords du village et les espaces prévus à cet effet permettent également de profiter d'une pause au grand air, dans le respect des lieux.

💦 Et pour se rafraîchir dans la vallée ?

L'Eygues passe à proximité de Sahune. C'est l'un des éléments qui donnent autant de caractère à cette vallée. Mais attention : une rivière naturelle n'est pas une piscine surveillée. La profondeur, les courants, les accès et la qualité de l'eau peuvent varier. Il ne faut donc pas considérer n'importe quelle berge comme une zone de baignade autorisée ou sécurisée.

Pour organiser une véritable sortie baignade, mieux vaut consulter mes conseils sur les lieux de baignade autour de Nyons. Et pour ceux qui préfèrent les bassins aménagés, il y a également le parc aquatique Nyonsoleïado à Nyons.

❤️ Le petit mot de Papy Chris

Je suis allé visiter Sahune, et c'est son histoire qui m'a donné envie de vous en raconter davantage. Parce que derrière ce village tranquille des Baronnies, il y a tout de même beaucoup de choses à découvrir.

Imaginez : jusqu'à 75 cordonniers dans les anciennes ruelles, un château qui a traversé les guerres de Religion, une vieille place de jeu de paume, des habitants qui descendent progressivement s'installer près de l'Eygues… Et puis, plusieurs générations plus tard, d'autres habitants qui remontent là-haut, non pour y vivre, mais pour sauver les pierres de leurs ancêtres.

C'est cette dernière histoire que je trouve particulièrement touchante. Sans ces bénévoles, une partie du vieux village aurait peut-être disparu davantage encore. Alors si vous passez par Sahune, ne vous contentez pas de traverser le village par la D94. Prenez le temps de monter découvrir les anciennes ruelles, le lavoir, l'église et les points de vue.

Et pourquoi pas une petite pause autour d'un bon repas avant de reprendre la route ? Papy Chris ❤️ — Vivre à Nyons

Questions fréquentes sur Sahune

Pourquoi y a-t-il deux villages à Sahune ?

Le vieux village était installé sur les hauteurs. À partir de la fin du XIXe siècle, les habitants se sont progressivement établis dans la vallée, notamment pour profiter de meilleures conditions d'accès, de commerce et d'ensoleillement.

Peut-on visiter gratuitement le Vieux Sahune ?

Oui, les chemins publics et le sentier botanique sont accessibles librement, sous réserve des éventuelles restrictions locales. Les propriétés privées, notamment le château et certaines habitations, doivent être respectées.

Combien de temps faut-il prévoir pour le sentier botanique ?

Le parcours officiel mesure 810 mètres, avec environ 37 mètres de dénivelé positif. Il se réalise en une trentaine de minutes, auxquelles on peut ajouter les pauses d'observation et la découverte des vestiges.

Où se garer pour visiter l'ancien village ?

Le parking du Vieux Sahune se rejoint en suivant la D205 vers Montréal-les-Sources, puis l'embranchement indiqué après environ un kilomètre. Le circuit officiel décrit précisément cet accès.

Le Vieux Sahune est-il adapté aux enfants ?

La petite balade est accessible à de nombreuses familles, mais le terrain est caillouteux, avec des marches et des zones de ruines. Une surveillance rapprochée est nécessaire près des reliefs et des murs anciens.

Quelles sont les curiosités historiques de Sahune ?

On peut notamment découvrir les vestiges du château médiéval, les anciennes églises, la porte de Curnier, l'aire de jeu de paume, les anciens ateliers de cordonniers, le four à pain et la Grande Fontaine.

Où voir le Rocher de Bramard ?

Ce rocher en forme de sphinx domine les reliefs de Sahune. Il est visible depuis différents secteurs de la vallée. Des randonnées permettent d'en approcher les hauteurs, avec un niveau plus sportif.

Peut-on découvrir Sahune sans faire de grande randonnée ?

Oui. On peut visiter le village moderne, observer son église et ses vitraux, découvrir les artisans, rejoindre le vieux village en voiture puis effectuer la petite boucle botanique.

La Maison du Parc est-elle ouverte toute l'année ?

Non, son accueil touristique suit des périodes et horaires saisonniers. Il est recommandé de consulter le site officiel avant de se déplacer.

Sources et liens utiles

Repères et renseignements pratiques contrôlés le . Les ouvertures et les conditions d’accès peuvent changer.

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