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Villa Berliet à Lyon : histoire de la maison de Marius Berliet, employés et souvenirs de Montchat

Une demeure de Montchat, ses décors Art nouveau et la mémoire de celles et ceux qui l’ont fait vivre.

Publié le · Papy Chris — La Mémoire du Sud

Adresse
39 avenue Esquirol · Lyon 3e
Construction
1911–1912
Architecture
Paul Bruyas · Art nouveau intérieur
Visites
Ouvertures exceptionnelles

Il y a des maisons qu'on remarque en passant devant. Et puis il y a celles qui donnent envie de s'arrêter, de regarder par-dessus la grille et de se demander quelles histoires peuvent bien se cacher derrière leurs murs. La villa Berliet, au 39 avenue Esquirol, dans le quartier de Montchat à Lyon, appartient à cette deuxième catégorie.

Regardez cette photographie en noir et blanc : les grandes fenêtres, les balcons, les frises et la tour-belvédère donnent à la demeure une silhouette que l’on reconnaît entre les branches. Ses façades et ses volumes racontent la réussite d’un industriel qui allait profondément marquer l’histoire de Lyon. La date exacte et le nom du photographe de cette vue ne nous ont pas été précisés.

Mais derrière cette villa, il n'y a pas seulement Marius Berliet, ses automobiles et ses camions. Il y a Louise, son épouse, leurs enfants, des jardiniers, des chauffeurs, des employés de maison, des ouvriers et, bien plus tard, des salariés venus assister à des séminaires. Car cette demeure a connu plusieurs vies.

Et certaines de ses plus belles histoires ne se trouvent pas dans les grands livres sur l'automobile. Elles sont restées dans les familles de ceux qui l'ont connue.

Pourquoi Marius Berliet a-t-il construit sa villa à Montchat ?

Pour comprendre l'histoire de cette maison, il faut revenir au début du XXe siècle. En 1907, Marius Berliet épouse Louise Saunière. Il a déjà derrière lui un parcours industriel remarquable et son entreprise connaît une période de développement rapide.

Au début des années 1900, il reprend notamment les installations de l’entreprise Audibert et Lavirotte à Monplaisir. Puis, en 1905, un important contrat avec l'American Locomotive Company américaine lui apporte de nouveaux moyens financiers. L'aventure industrielle prend alors une autre dimension. Mais lorsqu'il s'agit de choisir une demeure familiale, Marius Berliet ne souhaite pas nécessairement s'installer là où se retrouvent les grandes fortunes lyonnaises.

Il refuse les beaux quartiers du boulevard des Belges

On lui propose notamment un emplacement boulevard des Belges, près du parc de la Tête-d'Or. Un quartier prestigieux, avec ses hôtels particuliers et ses grandes familles lyonnaises. Mais Berliet préfère Montchat.

À l'époque, ce secteur situé à l'est de Lyon est encore relativement peu urbanisé. Il y a de l'espace, des jardins et une circulation bien différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Et surtout, Montchat se trouve à proximité de son usine de Monplaisir.

Voilà un détail qui en dit long sur l'industriel : même pour choisir sa maison, il pense à la proximité de son entreprise. La famille habite d'abord rue Viala, dans le même secteur. Mais la construction de l'hôpital de Grange-Blanche entraîne la disparition de cette habitation.

Il faut donc trouver un autre terrain. Et c'est ainsi que commence l'histoire de la villa Berliet.

Un terrain de 8 000 m² dans le parc Chaussagne

Entre décembre 1910 et octobre 1912, Marius Berliet acquiert deux parcelles dans le secteur du Clos Chaussagne, avenue Esquirol. Au total, l'ensemble représente près de 8 000 mètres carrés. Pour le quartier, c'est une propriété considérable.

Le secteur se développe alors avec des maisons familiales et des jardins. Mais le projet de Berliet est d'une tout autre ampleur. Il veut construire une demeure pour une famille qui s'agrandit, avec suffisamment d'espace pour les enfants et un véritable parc. Le terrain présente néanmoins une difficulté.

Une partie correspond à une ancienne carrière de sable qu'il faut remblayer. Même les belles demeures commencent parfois par beaucoup de terrassement !

Paul Bruyas, l'architecte de la villa Berliet

C'est l'architecte lyonnais Paul Bruyas qui reçoit la mission. Le permis de construire est déposé le 20 mars 1911. Les travaux sont confiés à l'entreprise de maçonnerie Tauty Frères.

Ils avancent rapidement : l'essentiel du bâtiment est réalisé en 1912, tandis que les derniers aménagements intérieurs se poursuivent jusqu'à la fin de l'année. Les photographies de chantier publiées par la Fondation Berliet montrent une villa qui sort littéralement de terre. Des ouvriers installent les éléments de façade, travaillent autour des fenêtres et terminent les grandes structures.

Ces hommes n'ont pas laissé une empreinte aussi célèbre que celle de l'architecte. Pourtant, sans leurs mains et leurs métiers, cette maison n'aurait jamais existé. Une photographie de chantier raconte aussi cela : le travail des maçons, des tailleurs de pierre, des menuisiers et de tous les artisans qui ont participé à la construction.

Une maison élégante, mais pas tout à fait comme les autres

L'extérieur de la villa Berliet possède une architecture assez classique pour son époque. On y retrouve notamment des colonnes, des frises, de grandes fenêtres et une tour-belvédère d'inspiration italianisante. Ce mélange donne à la demeure une apparence à la fois monumentale et familiale.

Mais il faut attendre de franchir la porte pour découvrir sa véritable originalité. Car à l'intérieur, Marius Berliet choisit un style beaucoup plus moderne.

Louis Majorelle et Jacques Gruber : deux grands noms de l'Art nouveau

L'industriel fait appel à deux artistes liés à l'École de Nancy. Louis Majorelle intervient sur le mobilier, les boiseries et les luminaires. Jacques Gruber réalise les vitraux.

Leur travail transforme une demeure d'industriel en un remarquable ensemble Art nouveau. Ce courant artistique puise une grande partie de son inspiration dans la nature. Les plantes, les fleurs, les courbes et les formes végétales deviennent des motifs décoratifs.

À la villa Berliet, on retrouve notamment des évocations de passiflores, de pommes de pin et d'algues marines. Les photographies publiées par la Fondation permettent d’observer les vitraux, les luminaires et les détails des portes. Ici, rien ne semble choisi au hasard.

Même les éléments les plus ordinaires peuvent devenir de véritables pièces décoratives. Et il faut imaginer l'effet que produisait un tel intérieur au début du XXe siècle !

Un mobilier dont une partie a disparu

Tout ce que nous voyons aujourd'hui ne correspond pas exactement à l'aménagement de 1912. Au fil des décennies, une partie du mobilier a quitté les pièces. Le bureau de Marius Berliet a toutefois conservé son mobilier d'origine, tandis que de nombreux éléments fixes, boiseries et vitraux témoignent encore du travail de Majorelle et de Gruber.

C'est ce qui fait la valeur patrimoniale de la villa. Elle conserve une partie importante d'un décor créé spécialement pour son premier propriétaire.

Le parc de la villa : roses, cerisiers et petits plans d'eau

Ah, le jardin ! On parle souvent de la maison, mais son parc mériterait presque un article à lui tout seul. Le paysagiste Joseph Linossier est chargé de son aménagement.

Et il ne se contente pas de planter quelques arbres autour de la façade. Il imagine un véritable paysage, avec des allées courbes, des pelouses, des roseraies et plusieurs bassins.

Un jardin avec des arbres, des fleurs et même un potager

Marius Berliet semble avoir porté une attention particulière à ce cadre de verdure. Les documents historiques évoquent notamment des marronniers, des cèdres, des saules, des arbres fruitiers et des essences décoratives. Le jardin comprend aussi des espaces destinés aux enfants.

Une grande parcelle supplémentaire, louée de l'autre côté de la rue, sert notamment au potager et à des activités familiales. Les anciennes photographies conservent des scènes de la vie du parc. On y voit les enfants, les bassins et cette végétation qui accompagnait les grandes années de la demeure.

Un petit lac en plein Lyon !

Voilà un détail qui surprend encore aujourd'hui. La propriété possédait des bassins suffisamment importants pour que les enfants puissent y pratiquer de petites promenades en barque. Des photographies anciennes en gardent le souvenir.

Imaginez un peu la scène : en plein quartier de Montchat, derrière les murs d'une propriété privée, un jardin avec des bassins, des allées et des enfants qui naviguent sur l'eau. Nous sommes loin du Montchat très urbanisé que connaissent les Lyonnais d'aujourd'hui. Les bassins ont ensuite été comblés, notamment lors des transformations du parc vers 1982.

Mais ils appartiennent toujours à l'histoire de la villa.

Louise Berliet et les huit enfants de la famille

La villa n'est pas seulement destinée à impressionner les visiteurs. Elle est d'abord une maison familiale. Marius et Louise Berliet auront huit enfants.

Jean, Simone, Odette, Yvonne, Henri, Maurice, Paul et Jacqueline. Les photographies prises au fil des années montrent certains de ces enfants dans le parc, près des bassins, devant les bâtiments ou au milieu des jardins.

Une maison agrandie en 1928

Avec une famille aussi nombreuse, il devient nécessaire de gagner de la place. En 1928, l'architecte Paul Senglet réalise une extension. Cette nouvelle aile permet d'ajouter notamment des pièces de travail, de jeux et des chambres.

La villa que nous voyons aujourd'hui résulte donc de plusieurs étapes. Il y a le bâtiment initial de 1911-1912, puis les modifications et agrandissements nécessaires à la vie de la famille. Cette maison n'est pas restée figée dans son état d'origine.

Elle a évolué avec ceux qui l'habitaient.

Les employés oubliés de la villa Berliet

C'est peut-être l'aspect de cette histoire qui me touche le plus. On connaît Marius Berliet. On connaît Paul Berliet.

On connaît les architectes et les artistes qui ont participé à la construction. Mais combien de personnes travaillaient derrière ces murs sans apparaître dans les livres ? Les chauffeurs, les jardiniers, les cuisiniers, les employés chargés de l'entretien…

Tous ont participé, à leur manière, à la vie de cette propriété.

Les chauffeurs de la famille Berliet

Une famille lyonnaise a conservé un souvenir particulièrement intéressant. Un arrière-grand-père aurait été chauffeur de Madame Berliet après son arrivée à Lyon. Il aurait ensuite travaillé dans les usines de l'entreprise pendant le reste de sa carrière, jusqu'à un âge avancé.

Voilà une trajectoire qui mérite d'être conservée. Elle relie deux mondes que l'on raconte souvent séparément : la maison du patron et la grande industrie automobile. Une autre mémoire familiale évoque un mécanicien travaillant auprès de Marius Berliet.

Le nom de Toto Millet apparaît également dans les souvenirs liés aux chauffeurs de la famille, sans que les documents consultés permettent encore d'établir précisément son parcours. Il reste donc des recherches à faire dans les archives du personnel et les documents familiaux. Ces métiers étaient indispensables à une grande propriété, mais leur histoire est rarement racontée.

Jean-Pierre Thibaudon, un nom à conserver

Autre souvenir intéressant : celui de Jean-Pierre Thibaudon, présenté par sa famille comme directeur financier de la société Berliet pendant une partie de la période 1920-1940. Un descendant se souvient que son grand-père se rendait dans cette villa pour rencontrer Marius Berliet. Cette évocation donne une autre dimension à l'endroit.

Car même si la villa était une résidence privée, il existait forcément des liens entre la vie familiale de l'industriel et les responsables de son entreprise. L'identité, les fonctions exactes et les dates de carrière de Jean-Pierre Thibaudon mériteraient toutefois d'être retrouvées dans les archives professionnelles pour compléter cette histoire. C'est précisément le genre de piste que la mémoire familiale permet de sauvegarder.

La villa Berliet devient un lieu de séminaires et de formation

Et voilà une partie de l'histoire que beaucoup de Lyonnais ignorent. Après avoir été une résidence familiale, la villa connaît une nouvelle vie. L’Inventaire régional indique qu’elle entre dans le patrimoine de l’entreprise en 1956 et devient un centre de formation et d’accueil. Les séminaires des années 1970 et 1980 sont également évoqués dans les souvenirs transmis.

Dans les années 1970, puis encore au cours des années 1980, des salariés viennent y assister à des séminaires et des réunions professionnelles. Imaginez arriver un matin dans cette grande demeure, non plus pour rendre visite à une famille, mais pour suivre une formation !

Dans les années 1970, on venait aussi pour apprendre son métier

Un ancien salarié, qui a connu l’entreprise de l’intérieur, se souvient des formations organisées dans la villa. Il évoque notamment une formation consacrée à la sécurité. Pour les salariés, le contraste devait être assez étonnant entre l'ambiance d'une usine et celle de cette demeure aux boiseries anciennes.

Un lieu conçu au départ pour la vie familiale devenait ainsi un espace de travail. Et les réunions ne représentaient qu'une partie de la journée.

Il y avait un cuisinier, une cuisinière et du personnel d'entretien

C'est l'un des détails les plus savoureux de cette histoire. Les anciens participants se souviennent que l'on mangeait particulièrement bien pendant les séminaires. La maison disposait, selon ces souvenirs, d'un cuisinier et d'une cuisinière.

Un jardinier participait à l'entretien du parc. Un chauffeur était également associé à l'organisation de la maison. Et lorsqu'il fallait effectuer certaines réparations, le service d'entretien de l'usine de Monplaisir pouvait intervenir.

Des salariés venaient inspecter les lieux, repérer les travaux nécessaires et organiser les réparations. Voilà une information qui donne un visage très concret à la villa dans les années 1970. Elle n'était pas seulement un bâtiment prestigieux.

C'était un lieu qui continuait à fonctionner grâce à tout un personnel.

Les années 1980 : les salariés de RVI s'en souviennent aussi

Le souvenir des séminaires ne s'arrête pas à la décennie 1970. Une ancienne salariée de Renault Véhicules Industriels à Bourg-en-Bresse se rappelle être venue avenue Esquirol pour participer à un séminaire dans les années 1980. À cette époque, la villa était déjà liée à la Fondation Berliet, créée en 1982.

Ces souvenirs montrent combien les usages du lieu pouvaient encore être associés au monde industriel. Certains visiteurs y voyaient avant tout une magnifique maison. Pour d'autres, elle représentait une étape de leur carrière professionnelle.

Derrière Berliet, il y avait aussi des milliers d'ouvriers

Il serait dommage de raconter cette demeure sans parler des femmes et des hommes qui travaillaient dans les usines. Marius Berliet a construit une entreprise qui a profondément marqué l'histoire industrielle lyonnaise. Des générations d'employés sont passées par Monplaisir, Vénissieux et les autres établissements du groupe.

Certains y sont entrés très jeunes. D'autres y ont appris un métier avant de progresser au fil des années.

Quarante-cinq ans de carrière chez Berliet

Une famille raconte ainsi le parcours d'un salarié entré à quatorze ans dans l'entreprise. Après avoir commencé comme jeune ouvrier, il serait devenu dessinateur industriel, notamment dans le domaine des cars et des autobus. Sa carrière aurait duré quarante-cinq ans.

C'est tout un monde du travail qui apparaît derrière cette histoire. Celui de l'apprentissage, des ateliers, des machines, des bureaux d'études et des compétences transmises d'une génération à l'autre. Cette réussite industrielle ne s'est pas faite uniquement dans le bureau du fondateur.

Elle s'est aussi construite dans les ateliers, les chaînes de fabrication et les services techniques.

Mai 1968 : quand BERLIET devient LIBERTÉ

Une anecdote particulièrement célèbre résume la place de l'entreprise dans la mémoire ouvrière lyonnaise. En mai 1968, lors des grèves et de l'occupation de l'usine de Vénissieux, les lettres de l'enseigne BERLIET sont réorganisées pour former le mot LIBERTÉ. Ce jeu de lettres n'est pas une légende inventée après coup.

La Bibliothèque municipale de Lyon en conserve la trace dans sa documentation sur Mai 68. Elle rappelle également que ce geste avait déjà un précédent à la Libération, en 1944. Cette image est devenue l'un des symboles des mouvements ouvriers lyonnais.

Elle raconte une autre face de l'entreprise : celle des revendications sociales, des salariés et des relations parfois conflictuelles avec la direction. Parler de Berliet, ce n'est donc pas seulement admirer une grande réussite industrielle. C'est aussi raconter l'histoire de ceux qui y ont travaillé, avec leurs réussites, leurs difficultés et leurs engagements.

Paul Berliet et la continuité d'une grande histoire familiale

Parmi les enfants de Marius et Louise figure Paul Berliet, né en 1918. Il jouera à son tour un rôle majeur dans l'histoire de l'entreprise et deviendra une figure importante de l'industrie du poids lourd. Pour certains anciens salariés, la mémoire de Paul reste étroitement liée à celle des usines et des transformations du groupe.

Plusieurs familles se souviennent encore de rencontres professionnelles avec lui. D'autres évoquent son appartement boulevard des Belges, un quartier que son père avait justement choisi de ne pas habiter lorsqu'il faisait construire la villa de Montchat. Cette différence entre les générations constitue un joli détail de l'histoire familiale.

Mais la villa Esquirol, elle, demeure associée avant tout à Marius Berliet, à sa famille et à la fondation qui porte son nom.

Depuis 1982, la villa abrite la Fondation Marius Berliet

En 1982, une nouvelle page s'ouvre. La demeure devient le siège de la Fondation de l'automobile Marius Berliet. Sa mission consiste notamment à sauvegarder des archives, des véhicules et des documents liés à l'histoire industrielle et automobile.

La villa accueille le siège de la fondation ainsi que son centre d'archives et de documentation. C'est une belle continuité. Une maison construite par un industriel automobile devient un lieu destiné à préserver la mémoire de cette industrie.

Travailler dans un décor Art nouveau

Les personnes qui ont travaillé au sein de la fondation ont elles aussi leurs souvenirs. Une ancienne collaboratrice se rappelle une année passée dans ces locaux. Elle évoque le plaisir de monter les grands escaliers et de travailler chaque jour dans un tel décor.

Ce détail me plaît beaucoup. Parce que nous avons parfois tendance à regarder un monument historique comme quelque chose de figé. Mais certains bâtiments continuent à accueillir une vie professionnelle.

On y ouvre des portes, on y consulte des documents, on y organise des rendez-vous. Et les escaliers que l'on admire aujourd'hui ont été empruntés quotidiennement par des générations de personnes.

Une demeure protégée depuis 1989

La villa Berliet bénéficie depuis le 31 juillet 1989 d'une inscription au titre des monuments historiques. Cette protection concerne notamment son intérêt architectural et ses remarquables décors intérieurs. Elle rappelle aussi que le patrimoine lyonnais ne se limite pas aux monuments religieux, aux théâtres ou aux grands immeubles anciens.

Les demeures industrielles possèdent elles aussi leur place dans l'histoire. Elles permettent de comprendre l'économie d'une époque, les goûts de leurs propriétaires et les relations entre les familles, les entreprises et les quartiers.

Une restauration pour prolonger la vie du bâtiment

La villa a connu différents travaux d'entretien et de restauration. Des visiteurs récents ont notamment remarqué les interventions sur les façades. En septembre 2026, lors des Journées européennes du patrimoine, la Fondation Berliet présentait d'ailleurs une façade fraîchement rénovée.

Le bâtiment continue donc de faire l'objet d'attentions destinées à préserver ses qualités architecturales. Et c'est heureux, car les boiseries, les vitraux et les décors de cette époque demandent un entretien spécialisé.

Peut-on visiter la villa Berliet à Lyon ?

Voilà une question que beaucoup se posent. La villa Berliet n'est pas un musée ouvert tous les jours au public. Elle accueille toujours les activités de la Fondation Berliet.

Les visites sont notamment possibles lors d'ouvertures exceptionnelles, comme les Journées européennes du patrimoine.

Les Journées du patrimoine 2026

Les 19 et 20 septembre 2026, la fondation a organisé une ouverture gratuite de la villa. Les visiteurs pouvaient notamment découvrir le rez-de-chaussée Art nouveau, profiter du parc et assister à une présentation consacrée à l'histoire de la famille et de l'entreprise. Une camionnette Rochet-Schneider de 1912 était également exposée dans le jardin.

Ces dates étant maintenant passées, elles ne constituent pas un programme de visite permanent. Pour une future ouverture, consultez les annonces officielles de la Fondation Berliet.

La villa et le Conservatoire du Montellier : deux lieux différents

Attention à une confusion fréquente. La villa historique se trouve au 39 avenue Esquirol, à Lyon. Le conservatoire des véhicules de la fondation se trouve, lui, dans la commune du Montellier, dans l'Ain.

C'est dans ce second lieu que la fondation conserve une importante collection de véhicules historiques. Le conservatoire n'est pas un musée librement accessible. Des visites peuvent être organisées sur inscription, selon le calendrier et les conditions de la fondation.

Il ne faut donc pas se présenter sans réservation en pensant pouvoir entrer.

Informations pratiques pour découvrir la villa Berliet

InformationÀ retenir
Adresse39 avenue Esquirol, 69003 Lyon
QuartierMontchat, Lyon 3e
Construction1911-1912
ArchitectePaul Bruyas
DécorationLouis Majorelle et Jacques Gruber
JardinJoseph Linossier
Agrandissement1928, Paul Senglet
Fondation BerlietInstallée depuis 1982
Monument historiqueInscription en 1989
VisitesOuvertures exceptionnelles annoncées par la fondation
Téléphone04 78 54 15 34

Comment rejoindre la villa ?

Les transports en commun permettent d'approcher le quartier. La Fondation Berliet indique notamment :

  • Métro D : station Laennec.
  • Tramway T6 : arrêt Vinatier.
  • Tramway T2 : arrêts Ambroise-Paré ou Desgenettes.

Vérifiez naturellement les horaires et les conditions de circulation avant de vous déplacer. Pour les personnes ayant des difficultés à marcher, renseignez-vous auprès de la fondation sur l'accessibilité des espaces ouverts lors des événements.

D'autres histoires lyonnaises à retrouver

La villa Berliet s'inscrit dans un Lyon qui a profondément changé au cours du XXe siècle. Pour continuer à retrouver les lieux et les ambiances d'autrefois, Vivre à Nyons propose également plusieurs histoires lyonnaises. Découvrez la place Bellecour en 1938, lorsque les familles se retrouvaient sur la grande esplanade.

Retrouvez les souvenirs du Passage de l'Argue dans les années 1970, avec ses commerces et ses petites boutiques spécialisées. Revivez l'ambiance de la Brasserie Georges près de Perrache, ses grandes tablées et les habitudes des Lyonnais. Une autre photographie rappelle le passage d'un TGV orange boulevard des États-Unis en 1981, témoignage des transformations industrielles et ferroviaires de la ville.

Et pour découvrir toutes ces histoires, retrouvez notre rubrique Rhône et Lyon.

Le petit mot de Papy Chris ❤️

Vous savez ce qui me plaît dans cette villa ? Ce n'est pas uniquement sa grandeur. Ce ne sont même pas les vitraux ou les magnifiques boiseries de Majorelle.

Ce sont surtout les petites histoires qui reviennent lorsqu'on montre ses photographies. Un grand-père qui venait rencontrer Marius Berliet. Un chauffeur qui a ensuite passé sa vie dans les usines.

Un salarié venu apprendre les règles de sécurité. Une cuisinière qui préparait les repas des participants aux séminaires. Une employée qui montait chaque matin le grand escalier pour rejoindre son bureau.

Ce sont des souvenirs tout simples, mais qui donnent une autre dimension à la maison. On ne regarde plus seulement une demeure d'industriel. On regarde un lieu où des familles ont vécu, où des gens ont travaillé et où plusieurs générations ont laissé une petite partie de leur histoire.

Et puis, derrière les grandes réussites industrielles, il y avait aussi des milliers d'ouvriers et d'employés dont les noms mériteraient tout autant d'être conservés. Alors oui, la villa Berliet est un magnifique morceau du patrimoine lyonnais. Mais elle nous rappelle surtout une chose :

Les plus belles maisons ont une histoire. Et cette histoire appartient aussi à ceux qui les ont fait vivre. Papy Chris ❤️ — La Mémoire du Sud

Questions / réponses sur la villa Berliet

Où se trouve la villa Berliet à Lyon ?

Elle se trouve au 39 avenue Esquirol, dans le quartier de Montchat, à Lyon 3e.

Qui a fait construire la villa Berliet ?

Marius Berliet, industriel automobile lyonnais, l'a fait construire pour sa famille au début du XXe siècle.

Quand la villa Berliet a-t-elle été construite ?

Les travaux ont été réalisés en 1911 et 1912. Une aile supplémentaire a été construite en 1928.

Qui était l'architecte de la villa Berliet ?

La demeure a été conçue par l'architecte lyonnais Paul Bruyas. Son agrandissement de 1928 a été réalisé par Paul Senglet.

Qui a décoré l'intérieur de la villa ?

Louis Majorelle a conçu des éléments du mobilier, des boiseries et des luminaires. Jacques Gruber a réalisé les vitraux.

Pourquoi la villa est-elle connue pour son Art nouveau ?

Parce qu'elle conserve un remarquable ensemble de décors et d'éléments mobiliers inspirés notamment du monde végétal, créés par deux artistes de l'École de Nancy.

La villa Berliet était-elle utilisée pour des séminaires ?

Oui. Elle a notamment servi de lieu de formation lié à l'entreprise Berliet. Des anciens salariés se souviennent de séminaires organisés dans les années 1970 et 1980.

Peut-on visiter la villa Berliet ?

Des visites sont proposées lors d'ouvertures exceptionnelles, notamment aux Journées européennes du patrimoine. La villa n'est pas un musée ouvert quotidiennement.

La villa Berliet est-elle devenue un musée automobile ?

Non. Elle abrite le siège et le centre de documentation de la Fondation Berliet. Le conservatoire des véhicules se trouve au Montellier, dans l'Ain, avec des visites sur inscription.

La villa Berliet est-elle classée monument historique ?

Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 31 juillet 1989. Il ne faut pas confondre cette protection avec le classement.

Et vous, quels souvenirs gardez-vous de Berliet ?

  • Qui a travaillé à l'usine Berliet de Monplaisir ou de Vénissieux ?
  • Qui a participé à un séminaire dans la villa de l'avenue Esquirol pendant les années 1970 ou 1980 ?
  • Vous souvenez-vous des chauffeurs, des cuisiniers, des jardiniers ou du personnel de la famille Berliet ?
  • Qui a connu les anciennes cités ouvrières Berliet, notamment au Charréard ?
  • Certaines familles possèdent-elles encore des photographies de la villa, de son parc ou des anciens employés ?

Sources et liens utiles

Renseignements pratiques vérifiés le 17 octobre 2026. Les cinq souvenirs de l’encadré sont transmis pour cet article ; les noms de Jean-Pierre Thibaudon et de Toto Millet constituent des pistes de recherche dont les fonctions et les parcours restent à documenter. La photographie fournie représente la façade, sans date de prise de vue précisée.

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