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Horloge aux Guignols de Lyon : histoire de la pendule Charvet et de son déménagement

Horloge aux Guignols à Lyon : découvrez l’histoire de la pendule Charvet, ses automates, son ancienne adresse rue de la Poulaillerie et son retour à Gadagne.

Pendant plus de 150 ans, une drôle de pendule a accompagné la vie des Lyonnais, rue de la Poulaillerie, à deux pas de la rue du Président-Édouard-Herriot.

Une pendule pas tout à fait comme les autres.

Derrière sa grande vitrine, de petits personnages semblaient prendre vie pour annoncer l'heure. Il y avait Guignol, Gnafron, Arlequin, Polichinelle et même un soldat à la trompette.

Les enfants levaient la tête. Les parents s'arrêtaient quelques instants. Et certains habitants faisaient spécialement le déplacement pour entendre le carillon.

Cette merveille s'appelait l'horloge Charvet, mais les Lyonnais la connaissaient surtout sous le nom de « pendule aux Guignols ».

En juin 2020, elle a quitté sa place historique pour être restaurée et installée dans le Vieux Lyon.

Un déménagement qui a réveillé bien des souvenirs.

Certains ont regretté la disparition d'un repère de leur enfance. D'autres ont applaudi la sauvegarde de ce mécanisme devenu fragile.

Et quand on découvre son histoire, on comprend pourquoi cette horloge représente bien davantage qu'un simple appareil destiné à donner l'heure.

L'horloge aux Guignols de Lyon : les informations essentielles

InformationsÀ retenir
Nom historiqueHorloge Charvet
SurnomHorloge ou pendule aux Guignols
Ancienne adresse8 rue de la Poulaillerie, Lyon 2e
Emplacement actuelFaçade des musées Gadagne, Lyon 5e
OrigineMaison Charvet, fondée en 1852
Première installation1864
Mise en marche du grand carillon17 octobre 1884
HauteurPrès de 7 mètres
LargeurEnviron 2 mètres
Automates5 personnages
Cloches5
Démontage17 juin 2020
Remise en fonctionnement à Gadagne20 janvier 2021

Rue de la Poulaillerie : une horloge que les Lyonnais connaissaient depuis l'enfance

Pour retrouver l'ancien emplacement de la pendule, il faut revenir sur la Presqu'île lyonnaise, dans le quartier Saint-Nizier.

Au numéro 8 de la rue de la Poulaillerie, près de l'angle avec la rue du Président-Édouard-Herriot, se trouvait cette étrange construction verticale, accolée à une devanture.

En haut, un cadran monumental.

En dessous, une grande vitrine dans laquelle étaient installés les personnages et leur mécanisme.

L'ensemble attirait le regard par ses proportions, mais aussi par son caractère un peu théâtral.

Une horloge dans la rue, cela n'a rien d'extraordinaire.

Mais une horloge dont les personnages viennent frapper des cloches, voilà qui donne envie de s'arrêter !

Quand on attendait que les personnages se mettent en mouvement

Aujourd'hui, nous regardons l'heure sur nos téléphones sans même y penser.

Mais autrefois, les horloges publiques occupaient une place importante dans la vie quotidienne.

Les passants consultaient les cadrans en se rendant au travail, en faisant leurs courses ou en traversant le centre-ville.

Avec la pendule Charvet, il y avait quelque chose en plus.

On pouvait attendre le moment où le carillon allait se déclencher.

Pour les enfants, le spectacle était particulièrement amusant.

Les petits personnages qui semblaient dormir derrière la vitre retrouvaient soudain leur rôle.

Et l'heure devenait une petite représentation de théâtre.

En 1928, une enfant descendait de la Croix-Rousse pour écouter le carillon

C'est l'un des souvenirs les plus touchants associés à cette pendule.

Michelle raconte que sa mère, alors âgée de six ans en 1928, descendait de la Croix-Rousse avec son propre père pour écouter le carillon.

Imaginez la promenade.

On quitte la Croix-Rousse, on descend vers la Presqu'île et l'on vient admirer cette curieuse horloge.

Pour une petite fille des années 1920, les personnages mécaniques devaient représenter un spectacle particulièrement captivant.

La pendule n'était donc pas seulement un objet que l'on croisait par hasard.

Pour certaines familles, elle constituait un véritable but de promenade.

Et voilà comment un mécanisme d'horlogerie est devenu un souvenir transmis sur plusieurs générations.

1852, 1864 et 1884 : trois dates pour comprendre l'histoire de la pendule

Il faut faire une distinction importante, car plusieurs dates apparaissent dans les documents historiques.

Et elles correspondent à différentes étapes de cette aventure.

1852 : la naissance de la maison Charvet

La maison Charvet est fondée au milieu du XIXe siècle et devient l'un des grands noms de l'horlogerie lyonnaise.

L'entreprise fabrique et entretient des horloges destinées notamment aux bâtiments publics.

À cette époque, disposer d'une horloge fiable est un véritable service rendu aux habitants.

On est encore loin des montres électroniques et des téléphones.

Les horlogers jouent un rôle essentiel dans la mesure du temps.

Sur l'ancien cadran, on peut d'ailleurs lire le nom Charvet, la ville de Lyon et la date 1852.

Ce détail mérite d'être conservé dans les légendes des photographies.

1864 : une grande horloge apparaît rue de la Poulaillerie

Le 18 mars 1864, l'horloger Charvet obtient l'autorisation d'installer une horloge monumentale contre le mur voisin de sa boutique.

Le projet prévoit un grand cadran permettant aux passants de connaître l'heure.

C'est ainsi que commence la longue présence de cette horloge dans la rue de la Poulaillerie.

Elle devient progressivement un repère de la Presqu'île.

Mais le spectacle mécanique que nous connaissons aujourd'hui ne correspond pas exactement à cette première installation.

1884 : les automates entrent véritablement en scène

En avril 1883, la maison Charvet entreprend la réalisation d'un système beaucoup plus spectaculaire.

Le mécanisme du grand carillon est fabriqué par l'entreprise Bailly-Comte, à Morez, dans le Jura, région reconnue pour son savoir-faire horloger.

Les personnages mécaniques sont réalisés par la maison Charvet.

Après environ dix-huit mois de travail, le grand ensemble est mis en marche le 17 octobre 1884.

Ce n'est plus seulement une horloge publique.

C'est un véritable petit théâtre mécanique installé au cœur de Lyon.

Et il allait fasciner plusieurs générations.

Les cinq personnages qui donnaient vie à la pendule Charvet

C'est naturellement la partie la plus amusante de cette histoire.

Derrière les vitres se cachent des figures bien connues des amateurs de théâtre populaire.

Guignol, le personnage emblématique de Lyon

Impossible de parler de cette horloge sans évoquer Guignol.

Créé au début du XIXe siècle par Laurent Mourguet, Guignol appartient profondément à la culture lyonnaise.

Avec son caractère franc, son humour et ses aventures, il est devenu l'un des grands symboles de la ville.

Dans l'horloge Charvet, il participe à la sonnerie en frappant une grande cloche avec sa tavelle.

Voilà une belle manière de réunir l'horlogerie et le théâtre de marionnettes.

Gnafron, son fidèle compagnon

À ses côtés, on retrouve Gnafron, personnage familier du répertoire de Guignol.

Avec son caractère bien trempé, il participe lui aussi au spectacle du carillon.

Le voir associé à Guignol était une manière de rappeler les traditions populaires lyonnaises.

Arlequin et Polichinelle : deux visiteurs venus du théâtre italien

Les deux autres personnages sont issus de la commedia dell'arte.

Arlequin, avec son costume à losanges colorés, se reconnaît facilement.

Polichinelle appartient également à cette grande tradition théâtrale européenne.

Tous deux actionnent les autres cloches du carillon.

Le spectacle réunit ainsi deux univers : les personnages populaires italiens et ceux de Lyon.

Le soldat Trompette : celui qui annonce les grandes heures

Et puis il y a un cinquième personnage, que l'on oublie parfois lorsque l'on énumère les automates.

Le soldat Trompette !

Il intervient lors de la grande sonnerie des heures.

Avec lui, le mécanisme prend une dimension presque musicale.

On a véritablement l'impression que chaque personnage possède sa propre fonction dans un petit spectacle réglé avec précision.

Comment fonctionnait cette extraordinaire horloge ?

Les cinq automates sont commandés par un mécanisme d'horlogerie.

Le système comporte cinq cloches de bronze doré.

Aux quarts d'heure, les personnages entrent en action pour participer aux sonneries.

À l'heure pleine, le soldat Trompette complète la représentation.

Mais faire fonctionner tout cela au XIXe siècle demandait une mécanique particulièrement élaborée.

Il fallait remonter le mécanisme régulièrement

À l'origine, l'horloge fonctionne avec un système de poids et de contrepoids.

La descente des poids fournit l'énergie nécessaire au mouvement.

Il fallait donc procéder périodiquement au remontage du mécanisme, environ tous les deux jours selon les descriptions historiques.

Aujourd'hui, cela paraît incroyable.

On imagine difficilement le travail nécessaire pour maintenir une horloge aussi imposante en fonctionnement tout au long de l'année.

Et puis, naturellement, les années passent.

Les pièces s'usent.

Les mécanismes demandent de l'entretien.

En 1987-1988, l'horloge est électrifiée

La maison Augis entreprend une restauration du mécanisme à la fin des années 1980.

Le système est alors électrifié.

Cette modernisation permet notamment de faciliter le fonctionnement et le remontage des poids.

Mais malgré ces interventions, la pendule va connaître une période beaucoup plus difficile.

Quand l'horloge aux Guignols a commencé à s'arrêter

Pendant longtemps, elle avait fait partie du paysage lyonnais.

Puis, peu à peu, son état se dégrade.

Au milieu des années 2000, le carillon cesse de fonctionner normalement.

Les années passent et la pendule perd progressivement son animation.

Derrière les vitres, les personnages restent immobiles.

La poussière s'accumule.

Les affiches, inscriptions et traces laissées sur les vitrages contribuent à donner une impression d'abandon.

Une triste image pour un monument aussi aimé

Les photographies prises avant son démontage montrent encore les personnages, mais l'ensemble n'a plus l'éclat qu'il devait posséder autrefois.

On distingue les mécanismes, les figurines et certains éléments de la devanture.

Il suffit pourtant de regarder les détails pour comprendre la qualité de l'œuvre.

Les vêtements des automates.

Les visages peints.

Les cloches.

Le grand cadran.

Et toutes ces petites pièces qu'il a fallu concevoir et assembler.

Une merveille d'ingéniosité devenue, avec le temps, particulièrement fragile.

En 2012, la Ville de Lyon devient propriétaire de l'horloge

L'avenir de la pendule avait déjà suscité de nombreuses discussions.

Au cours des années 2000, une vente aux enchères est envisagée.

Mais la valeur patrimoniale de l'ouvrage provoque des réactions.

La Ville intervient afin d'empêcher sa disparition dans une collection privée.

Après plusieurs années de démarches et de discussions juridiques, elle acquiert finalement l'horloge en 2012, pour environ 100 000 euros.

Reste alors une question essentielle : que faire de ce grand mécanisme ?

Le restaurer à sa place historique ?

Ou le déplacer dans un lieu offrant de meilleures conditions de conservation ?

C'est sur ce point que les avis vont particulièrement diverger.

Juin 2020 : la pendule quitte la rue de la Poulaillerie

Le 17 juin 2020, une étape importante est franchie.

L'horloge est démontée pour être restaurée.

Pour les habitants attachés à son ancien emplacement, l'événement a forcément une signification particulière.

La rue de la Poulaillerie perd l'un de ses repères les plus singuliers.

Cette pendule qui avait accompagné les passants pendant des générations ne sera plus là.

Une rue qui perd une partie de son identité

Roxane résume bien ce sentiment : pour elle, il aurait été préférable que l'horloge reste visible dans la rue où les habitants l'avaient toujours connue.

Marie, de son côté, exprime la crainte de ne plus reconnaître ce coin de Lyon.

Et Monique parle d'une partie de sa jeunesse qui s'en va.

Ce sont des réactions que l'on peut parfaitement comprendre.

Car un monument ne se résume pas à sa valeur artistique ou historique.

Il possède aussi une place dans le quotidien.

On passe devant pendant des années.

On le montre à ses enfants.

On le retrouve après une longue absence.

Puis, un jour, il n'est plus là.

Et même si son déplacement est justifié, le quartier ne paraît plus tout à fait le même.

Pourquoi avoir déplacé l'horloge plutôt que la laisser sur place ?

Les responsables du patrimoine ont fait un autre choix.

L'horloge devait être protégée, restaurée et remise en valeur.

La rue de la Poulaillerie ne semblait plus offrir les meilleures conditions pour conserver durablement un mécanisme aussi complexe.

La nouvelle installation devait permettre de mieux admirer les personnages et de retrouver le fonctionnement des sonneries.

Protéger le mécanisme des dégradations

Danielle fait remarquer que les vitrages présentaient des inscriptions et des affiches, tandis que des deux-roues étaient régulièrement stationnés à proximité.

Elle ne prétend pas que le mécanisme lui-même avait nécessairement été vandalisé.

Mais elle estime que le déplacement pouvait constituer une bonne solution pour mieux le protéger.

C'est aussi l'avis de certains commerçants et visiteurs.

Ils regrettent son départ, mais reconnaissent que sa sauvegarde est essentielle.

Une restauration ne remplace pas tous les souvenirs

À l'inverse, d'autres Lyonnais considèrent qu'un patrimoine doit rester à l'endroit où plusieurs générations l'ont connu.

Car le contexte compte.

L'emplacement d'origine raconte une partie de l'histoire d'une œuvre.

Le déménagement transforme donc inévitablement la manière de la découvrir.

Les deux points de vue ont leur logique.

Sauver un monument est indispensable. Mais préserver son histoire, c'est aussi raconter les lieux auxquels il a appartenu.

Philippe Carry : l'horloger chargé de redonner vie au mécanisme

La restauration nécessite des compétences rares.

C'est notamment Philippe Carry, horloger d'art installé dans le quartier Saint-Paul, qui intervient sur les mécanismes.

Les travaux mobilisent également des spécialistes de la restauration du métal et des décors.

Les pièces doivent être examinées, nettoyées, réparées et remises en état sans effacer inutilement les traces de leur histoire.

Voilà un travail très différent d'une simple réparation de pendule domestique.

Six mois pour restaurer un morceau du patrimoine lyonnais

L'opération s'étend sur plusieurs mois en 2020.

Il faut intervenir sur la mécanique, mais également préparer la future présentation de l'ensemble.

Une nouvelle vitrine est imaginée pour protéger la pendule et mettre en valeur ses personnages.

Le projet est conçu comme un véritable écrin.

L'objectif n'est pas uniquement de remettre les aiguilles en mouvement.

Il s'agit de permettre aux visiteurs de comprendre et d'admirer toute cette extraordinaire construction.

Le 20 janvier 2021, les Guignols retrouvent leur voix à Gadagne

C'est l'heure des retrouvailles.

Le mercredi 20 janvier 2021, à midi, la pendule restaurée est officiellement remise en fonctionnement.

Son nouvel emplacement se trouve place du Petit-Collège, sur la façade des musées Gadagne, dans le Vieux Lyon.

L'endroit n'a pas été choisi au hasard.

Gadagne accueille à la fois le Musée d'Histoire de Lyon et le Musée des Arts de la Marionnette.

Difficile d'imaginer un lien plus évident avec les personnages de Guignol et de Gnafron.

Les automates peuvent à nouveau être admirés

Dans leur nouvelle vitrine, les figurines et les éléments mécaniques sont beaucoup mieux mis en valeur.

Le public peut découvrir l'horloge de l'extérieur, sur la façade du bâtiment.

Le grand cadran, les mécanismes et les personnages font désormais partie d'un autre décor.

Non plus celui d'une ancienne devanture commerciale de la Presqu'île.

Mais celui d'un monument historique du Vieux Lyon.

Une nouvelle adresse, mais la même histoire

Robert résume très bien le compromis.

Pour lui, la restauration et la présentation sur Gadagne constituent une bonne nouvelle.

Mais il reconnaît également que la rue d'origine y a perdu quelque chose.

Et c'est peut-être la meilleure façon de comprendre ce déménagement.

La pendule a été sauvée.

Son histoire continue.

Mais ses souvenirs restent partagés entre deux quartiers de Lyon.

Ce que vous racontez

Souvenirs personnels légèrement reformulés, en conservant le sens des témoignages.

Michelle — Une promenade familiale en 1928

« Ma mère avait six ans en 1928. Elle descendait de la Croix-Rousse avec son père pour écouter le carillon. C'était déjà un rendez-vous qui comptait dans la famille. »

Monique — Un morceau de jeunesse

« C'est une partie de ma jeunesse qui s'en va avec cette pendule. »

Roxane — Une horloge faite pour la rue

« Je trouvais tellement plus agréable de la voir et de l'avoir dans la rue, à son emplacement habituel. »

Danielle — La protéger pour les générations futures

« Elle sera enfin à l'abri et mieux mise en valeur. Avec les inscriptions, les affiches collées et les vélos stationnés devant, elle méritait un environnement plus protecteur. »

Robert — Une bonne restauration, mais un manque dans l'ancienne rue

« La voir restaurée sur la façade de Gadagne est plutôt une bonne nouvelle. Bien sûr, la rue où elle se trouvait depuis si longtemps va y perdre quelque chose. »

Où voir aujourd'hui l'horloge aux Guignols de Lyon ?

C'est une information importante pour les visiteurs, car d'anciens articles continuent à mentionner la rue de la Poulaillerie comme si la pendule s'y trouvait encore.

Voici les deux adresses à distinguer.

Adresse
Ancien emplacement8 rue de la Poulaillerie, Lyon 2e
Emplacement actuelPlace du Petit-Collège, façade de Gadagne, Lyon 5e

Pour découvrir l'horloge, rendez-vous dans le Vieux Lyon, devant les musées Gadagne.

Comme elle est installée sur une façade extérieure, il n'est pas nécessaire d'acheter un billet d'entrée au musée simplement pour l'observer depuis la place.

Le mécanisme a été restauré pour retrouver ses animations aux quarts d'heure et aux heures pleines, mais son fonctionnement ponctuel peut naturellement dépendre de l'entretien.

Pourquoi Gadagne est-il un emplacement symbolique ?

L'hôtel de Gadagne est un remarquable ensemble historique du Vieux Lyon.

Il accueille deux établissements culturels dont les collections racontent l'histoire de la ville et celle des marionnettes.

Avec Guignol, Gnafron, Arlequin et Polichinelle, l'horloge trouve donc un voisinage particulièrement cohérent.

C'est aussi une belle occasion de découvrir le patrimoine lyonnais autrement.

On vient pour voir une pendule.

Et l'on découvre toute une histoire mêlant mécanique, théâtre populaire, commerce et traditions locales.

La maison Charvet : bien plus qu'une seule horloge

Cette histoire rappelle également l'importance d'un savoir-faire lyonnais aujourd'hui moins connu.

Au XIXe siècle, la maison Charvet participe à la conception et à l'entretien d'horloges monumentales.

L'entreprise appartient à une tradition d'horlogerie publique qui a marqué de nombreux bâtiments.

Les horloges de gare, de mairie ou d'édifices publics ne sont pas de simples objets décoratifs.

Elles constituent des équipements essentiels à une société qui doit organiser ses déplacements, ses activités commerciales et ses horaires.

Dans les années 1980, la pendule aux Guignols bénéficie encore des interventions d'horlogers spécialisés.

Puis son histoire rejoint celle de la conservation du patrimoine.

C'est un bel exemple de ces objets techniques qui deviennent, avec le temps, des œuvres historiques.

Et l'on peut être certain d'une chose : lorsque les horlogers de la maison Charvet travaillaient sur leurs mécanismes au XIXe siècle, ils n'imaginaient probablement pas que des Lyonnais en parleraient encore avec autant d'émotion au XXIe siècle.

Charvet existe toujours sous une autre forme

La tradition horlogère de Charvet s'est prolongée dans l'affichage électronique. L'entreprise devenue Charvet Digital Media a notamment développé des croix lumineuses pour pharmacies, des écrans pour le stade de l'Olympique Lyonnais et les dispositifs directionnels connectés iGirouette.

L'ancienne rue de la Poulaillerie ne doit pas être oubliée

La restauration de l'horloge constitue une réussite patrimoniale.

Mais il serait dommage que son ancienne adresse disparaisse de son histoire.

Pendant plus d'un siècle et demi, la pendule a fait partie de cette petite rue de la Presqu'île.

Des enfants l'ont admirée.

Des familles ont attendu ses sonneries.

Des commerçants l'ont vue tous les jours.

Et des générations de passants ont levé la tête devant ses personnages.

L'histoire de l'horloge appartient désormais à Gadagne, mais elle reste aussi liée à la rue de la Poulaillerie.

C'est pourquoi les photographies prises avant son démontage sont si précieuses.

Elles montrent l'œuvre dans son environnement d'origine.

Avec ses vitrines, ses façades, ses enseignes et même les traces du temps.

D'autres souvenirs du vieux Lyon et de la Presqu'île

La pendule Charvet s'inscrit dans une ville qui a beaucoup changé.

Pour continuer à découvrir les anciens commerces et les lieux familiers des Lyonnais, retrouvez également notre article sur le Passage de l'Argue dans les années 1970, avec ses boutiques spécialisées et son ancien théâtre de Guignol.

Un peu plus loin dans la mémoire lyonnaise, la place Bellecour en 1938 rappelle les promenades et les aménagements d'autrefois.

Les amateurs de transports disparus pourront retrouver la Ficelle des morts, entre Saint-Paul, Fourvière et Loyasse.

L'histoire de la Fosse aux Ours raconte quant à elle un aménagement urbain qui a profondément marqué le quotidien des habitants.

Et toutes ces découvertes sont réunies dans notre rubrique consacrée à Lyon et au Rhône.

❤️ Le petit mot de Papy Chris

Vous savez ce qui me touche le plus dans cette histoire ?

Ce n'est pas seulement la beauté de cette horloge.

Ce n'est même pas la mécanique qui permettait à cinq petits personnages d'annoncer l'heure.

C'est cette petite fille de six ans qui descendait de la Croix-Rousse avec son père en 1928 pour écouter le carillon.

Imaginez un peu.

Près d'un siècle plus tard, sa famille en parle encore.

Voilà la preuve qu'un objet installé dans une rue peut devenir beaucoup plus qu'une décoration.

Il entre dans la mémoire des gens.

Il accompagne des promenades, des habitudes et des moments d'enfance.

Alors, bien sûr, je comprends ceux qui regrettent son départ de la rue de la Poulaillerie.

Une ville perd toujours un petit quelque chose lorsqu'un lieu familier change de visage.

Mais je comprends aussi ceux qui se réjouissent de voir cette merveille restaurée et protégée.

Car le plus triste aurait été de laisser Guignol, Gnafron et leurs compagnons disparaître pour de bon.

Aujourd'hui, ils ont retrouvé une place dans le Vieux Lyon.

Et si vous passez devant Gadagne, prenez quelques instants pour les admirer.

Peut-être qu'un enfant s'arrêtera devant la vitrine, exactement comme cette petite Lyonnaise de 1928.

Parce que les plus beaux souvenirs ne disparaissent pas toujours avec le temps. Parfois, ils continuent simplement leur histoire un peu plus loin.

Papy Chris ❤️ — La Mémoire du Sud

Sources et liens utiles

Les souvenirs de Michelle, Monique, Roxane, Danielle et Robert complètent cette documentation historique.

Questions fréquentes sur l'horloge Charvet de Lyon

Où se trouve aujourd'hui l'horloge aux Guignols ?

Depuis janvier 2021, elle est installée sur la façade des musées Gadagne, place du Petit-Collège, dans le 5e arrondissement de Lyon.

Pourquoi la pendule Charvet a-t-elle quitté la rue de la Poulaillerie ?

Son déplacement a été décidé dans le cadre d'une opération de restauration, de remise en fonctionnement et de mise en valeur du mécanisme historique.

Quand a-t-elle été démontée ?

La pendule a été démontée le 17 juin 2020. Elle a retrouvé une place publique après sa restauration, avec une remise en fonctionnement officielle le 20 janvier 2021.

Quand a été créée l'horloge aux Guignols ?

La maison Charvet est fondée en 1852. Une première grande horloge est autorisée rue de la Poulaillerie en 1864, puis le célèbre système de carillon à automates entre en service en 1884.

Quels sont les personnages de l'horloge Charvet ?

On retrouve Guignol, Gnafron, Arlequin, Polichinelle et le soldat Trompette, soit cinq automates au total.

Qui a fabriqué le mécanisme de la pendule ?

Les automates sont associés à la maison Charvet, tandis que le mécanisme du grand carillon a été réalisé par l'entreprise Bailly-Comte, à Morez, dans le Jura.

Qui a restauré l'horloge en 2020 ?

L'horloger d'art Philippe Carry a participé à la restauration de la mécanique, avec d'autres spécialistes des décors et des structures.

Peut-on voir l'horloge sans entrer au musée ?

Oui. L'horloge est installée sur une façade extérieure de Gadagne, visible depuis la place du Petit-Collège.

L'horloge a-t-elle été détruite ou vendue à un collectionneur ?

Non. Elle appartient à la Ville de Lyon depuis 2012 et a été restaurée puis installée à Gadagne.

Pourquoi l'appelle-t-on l'horloge aux Guignols ?

Ce surnom vient notamment de la présence de Guignol et de Gnafron, deux personnages emblématiques du théâtre populaire lyonnais. Ils sont accompagnés d'Arlequin, de Polichinelle et du soldat Trompette.