
La mer vient presque toucher les terrasses. Quelques voitures stationnent sur une avancée du rivage, des tables sont installées dehors et, juste derrière, le David se dresse au milieu du carrefour.
Cette photographie montre un paysage bien différent de celui des grandes plages aménagées du Prado. Ici, le bord de mer est étroit. Les établissements, leurs terrasses et les murs du rivage composent une succession de petits espaces directement exposés à la Méditerranée.
Au centre, la façade courbe de la résidence L’Éolienne permet de reconnaître les lieux. Plus loin, les jardins et les immeubles remontent vers les collines, tandis que Marseille s’étend à l’arrière-plan.
Pour beaucoup, cette vue rappelle les sorties après la plage, la cafétéria du Casino, les rendez-vous au David et les soirées dans les établissements du quartier.
📜 Repères historiques
| Repère | Information à retenir |
|---|---|
| Le secteur | Le débouché de l’avenue du Prado sur le littoral, autour de la statue de David. |
| La statue | Une réplique du David de Michel-Ange, offerte à Marseille par Jules Cantini en 1903. |
| L’immeuble courbe | La résidence L’Éolienne, datée de 1959 dans une publication de l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. |
| La transformation du littoral | Travaux maritimes et remblaiement du Prado à partir de 1975. |
| Les remblais | Ils proviennent notamment des travaux du deuxième émissaire puis du métro. |
| La photographie | Vue antérieure aux grands aménagements visibles aujourd’hui ; date précise non établie. |
Ces repères sont documentés par la Ville de Marseille, l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille et une étude universitaire sur l’aménagement du Prado.
Quand les terrasses étaient presque dans la mer
Au premier plan, une terrasse épouse l’avancée du rivage. Les tables et les chaises sont disposées près des murs de protection. Deux constructions basses encadrent cet espace, avec la mer immédiatement en contrebas.
Derrière, quelques automobiles occupent une zone de stationnement. La chaussée passe tout près, puis rejoint le carrefour du David.
La photographie permet de comprendre un souvenir qui revient souvent : on venait s’installer face à la mer, dans des établissements dont l’emplacement faisait une grande partie du plaisir de la sortie.
En revanche, les enseignes ne sont pas suffisamment lisibles pour attribuer avec certitude chaque terrasse à un restaurant précis. Les noms transmis permettent de retrouver la vie du secteur, sans dresser un plan définitif des établissements visibles.
Le David, un rendez-vous devenu un nom de quartier
À Marseille, « au David » suffit souvent à situer un rendez-vous.
La statue constitue le point de repère du carrefour où l’avenue du Prado rejoint le littoral. Elle est une réplique du célèbre David de Michel-Ange et a été offerte à la ville par le marbrier et sculpteur Jules Cantini en 1903.
Une exposition des Archives municipales situe sa présence à l’extrémité du Prado depuis 1951. Elle rappelle aussi que le nom de la statue a fini par désigner les plages et le quartier environnant. Ville de Marseille — le littoral sud.
Sur cette vue aérienne, la sculpture paraît petite. Elle joue pourtant déjà son rôle de repère, entre la ville, la route et la mer.
L’Éolienne : une façade que l’on reconnaît
Le bâtiment courbe, au centre de la photographie, attire immédiatement le regard.
Ses balcons dessinent de longues lignes horizontales. Sa façade tournée vers le carrefour et la mer contraste avec les maisons et les constructions plus basses qui l’entourent.
Plusieurs personnes reconnaissent L’Éolienne dans cette silhouette. L’index d’une publication de l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille date la résidence de 1959. Index architectural de Marseille.
Ce bâtiment fournit donc un premier repère pour dater l’image : si l’identification est bien confirmée, la photographie ne peut pas être antérieure à sa construction.
Il rappelle également que le paysage ancien n’était pas figé. Avant même les plages artificielles, le quartier connaissait déjà des transformations et l’arrivée d’une architecture nouvelle.
Le Casino et sa cafétéria face à la mer
Parmi les souvenirs les plus précis figurent ceux du supermarché Casino et de sa cafétéria.
Certains se rappellent les courses. D’autres évoquent surtout le moment passé à table après la plage, avec les frères et sœurs, ou une sortie pour profiter de la vue.
Une personne se souvient aussi des glaces et des repas du soir.
Dans ces récits, le mot « Casino » désigne bien l’enseigne commerciale et sa restauration. Il ne faut pas le confondre automatiquement avec un établissement de jeux.
La photographie donne une idée du cadre de ces sorties, mais elle ne permet pas d’identifier sans hésitation tous les locaux cités.

Le Robinson, L’Escale et les restaurants du littoral
Plusieurs noms reviennent dans les souvenirs : Le Robinson Marseillais, L’Escale, La Mer et La Plage.
Le Robinson est évoqué comme un quartier général entre amis. Un autre souvenir l’associe au bal musette, tandis que les balètis du week-end rappellent une fréquentation qui se prolongeait au-delà de la baignade.
L’Escale et les souvenirs de travail
Un ancien serveur raconte avoir travaillé à L’Escale dans les années 1970.
Une autre personne retrouve le souvenir d’un groupe d’amis du Roy d’Espagne, qui en avait fait son lieu d’attache vers 1975.
Ces témoignages donnent une place à ceux qui travaillaient dans les établissements, autant qu’à ceux qui venaient y passer un moment.
La Mer et les sorties du dimanche
Le restaurant La Mer est associé, dans un souvenir, à une petite plage privée devant l’hippodrome.
D’autres personnes racontent le plaisir d’y aller manger et les sorties du dimanche dans le secteur de Borély.
Ces récits concernent un littoral plus large que le seul carrefour photographié. Ils ne permettent pas de placer tous ces établissements sur l’avancée visible au premier plan.
❤️ Ce que vous racontez
1. Le Robinson comme quartier général
Un habitué reconnaît « Le Robinson Marseillais », qu’il décrit comme l’ancien point de rassemblement de son groupe d’amis. Le nom d’un établissement suffit ainsi à faire revenir toute une période de fréquentation du quartier.
2. La cafétéria après la plage
Une personne se souvient d’y aller avec ses frères et sœurs après la baignade. D’autres retrouvent le plaisir de s’installer face à la mer, le temps d’un repas ou d’une glace.
3. Les années de service à L’Escale
Un ancien serveur évoque son travail dans les années 1970. Un autre souvenir situe autour de 1975 les rendez-vous d’un groupe du Roy d’Espagne dans cet établissement.
4. Les embruns jusque sur le trottoir
Un témoin raconte que, par mistral, les vagues et les embruns pouvaient tremper les piétons et atteindre la route. Une autre personne se souvient que les automobilistes n’étaient pas toujours épargnés.
5. La plage devant l’hippodrome
Une personne décrit une plage de sable où elle se rappelle avoir eu pied assez loin, un détail qu’elle appréciait pour les enfants. Elle oppose ce souvenir aux matériaux et aux profondeurs rencontrés après les travaux.
Ces souvenirs racontent des expériences personnelles, à des endroits et à des moments différents du littoral.
Le mistral faisait aussi partie du décor
Le bord de mer paraît paisible sur cette photographie. Les souvenirs rappellent qu’il pouvait changer d’allure.
Les terrasses, les murs et la route étaient proches de l’eau. Par mauvais temps, cette proximité pouvait devenir une contrainte.
Il faut donc regarder ensemble les deux aspects du paysage : le plaisir d’être installé au bord de la mer et l’exposition aux vagues, au vent et aux embruns.
La photographie montre un instant. Ceux qui fréquentaient les lieux en connaissaient aussi les journées moins tranquilles.
Pourquoi le rivage a-t-il autant changé ?
Le paysage actuel résulte d’un programme d’aménagement important.
Une étude universitaire situe le déplacement du pont de l’Huveaune et les travaux du deuxième émissaire dès 1974, puis les travaux maritimes et le remblaiement à partir de 1975.
Les déblais du deuxième émissaire, puis ceux du métro, ont servi à remblayer le site. La formule « les gravats du métro ont tout comblé » renvoie donc à une réalité, mais résume une opération plus vaste, menée en plusieurs étapes. Étude sur la construction du parc balnéaire du Prado.
Ces travaux ont profondément modifié le trait de côte et créé de nouveaux espaces de plage et de loisirs.
La nostalgie et la question de l’eau
Les souvenirs ne sont pas unanimes.
Certains regrettent les terrasses, le sable, les établissements et une ambiance associée à leur jeunesse. D’autres rappellent les rejets de l’Huveaune et une eau qu’ils jugeaient sale ou difficilement baignable.
Une personne se souvient même d’une sensation d’eau plus chaude près de l’embouchure. Cette impression ne constitue évidemment pas une mesure de qualité de l’eau.
Il serait donc trompeur de présenter tout ce littoral ancien comme une plage propre et idéale. Il serait tout aussi réducteur d’effacer les sorties familiales et les moments heureux au motif que les conditions environnementales étaient différentes.
Les témoignages conservent les deux dimensions.
De quelle époque date la photographie ?
La présence de L’Éolienne, datée de 1959, et l’état du rivage orientent vers une vue des années 1960 ou du début des années 1970, avant les grands remblaiements du secteur.
Cette période reste une proposition. Les souvenirs de juillet 1970 ou des rendez-vous vers 1975 ne datent pas automatiquement la prise de vue.
Pour aller plus loin, il faudrait retrouver le verso, une référence d’édition ou une reproduction identique dans un fonds photographique.
Légende proposée : *Marseille, le carrefour du David et les terrasses du bord de mer avant les grands aménagements du Prado. Probablement années 1960 ou début des années 1970 ; date exacte non établie.*
Le petit mot de Papy Chris ❤️
Dans cette photographie, la mer semble toute proche des tables. C’est sans doute ce qui explique la force des souvenirs : on revoit un repas, une sortie après la plage, un groupe d’amis ou une soirée de travail.
Le paysage a changé. Les expériences, elles, restent différentes selon les familles, les habitudes et les endroits fréquentés.
Ce qui m’intéresse ici, ce sont ces détails concrets : la glace à la cafétéria, le Robinson comme point de rendez-vous, les embruns sur le trottoir et le nom de L’Escale qui revient des années plus tard.
Avez-vous connu ces terrasses ? Où se trouvaient exactement Le Robinson et L’Escale ? Et quel établissement associez-vous le plus à vos souvenirs du David ?
Papy Chris ❤️
Questions fréquentes
Où cette photographie a-t-elle été prise ?
Elle montre le secteur du David, à l’extrémité de l’avenue du Prado, sur le littoral sud de Marseille.
Quel est l’immeuble courbe au centre ?
Il est reconnu comme la résidence L’Éolienne, datée de 1959 dans une publication de l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille.
Les remblais provenaient-ils du métro ?
Oui, notamment. Les travaux du deuxième émissaire ont également fourni des déblais utilisés pour l’aménagement.
Tous les restaurants cités sont-ils visibles ?
Leur emplacement exact n’est pas suffisamment établi. Certains souvenirs concernent les environs de Borély et un secteur plus large.
Peut-on donner une année exacte ?
Non. Les années 1960 ou le début des années 1970 constituent une période proposée, à confirmer.
Sources et documents
- Photographie et souvenirs transmis : internautes anonymisés ; auteur et date de la photographie non établis.
- Ville de Marseille — exposition sur le littoral sud : statue de David et histoire du secteur.
- École nationale supérieure d’architecture de Marseille — index architectural : résidence L’Éolienne, 1959.
- Presses universitaires du Septentrion — l’aménagement des plages du Prado : chronologie des travaux et origine des remblais.
Restent à confirmer : la date du cliché et l’identification précise de chaque établissement visible.