Sur cette vieille carte postale de Dunkerque, il n'y a presque plus un morceau de place libre. Des bâches tendues les unes contre les autres, des étals serrés, des femmes en longues robes, des hommes coiffés de chapeaux et du monde partout, jusque devant les restaurants et les magasins.
Nous sommes place Jean-Bart, un jour de marché, probablement au début du XXe siècle. La date exacte de la photographie reste inconnue. Mais il suffit de regarder cette foule pour comprendre qu'à cette époque, la place était bien autre chose qu'un endroit où l'on passait.
C'était un lieu où l'on faisait ses courses, où l'on retrouvait des connaissances, où l'on discutait parfois plus longtemps que prévu. Et lorsque j'ai lu les souvenirs des anciens Dunkerquois, j'ai retrouvé quelque chose que les photographies ne peuvent pas montrer : les voix des marchands, les habitués du mercredi et du samedi, une pharmacie sous une voûte, et même un poème appris à l'école qui n'a jamais quitté certaines mémoires.
📜 Repères historiques
| Lieu | Place Jean-Bart, Dunkerque, département du Nord |
|---|---|
| Photographie | Carte postale ancienne n° 27, intitulée « Place Jean-Bart — Le Marché » |
| Époque | Probablement début du XXe siècle ; année exacte non établie |
| Ce que l'on voit | Nombreux étals couverts, commerçants et clients, façades anciennes, enseignes et terrasses |
| Histoire de la place | Anciennement appelée notamment place Royale, elle prend le nom de Jean Bart au XIXe siècle |
| 7 septembre 1845 | Inauguration de la statue de Jean Bart, œuvre de David d'Angers |
| Tradition commerciale | Le marché de la place Jean-Bart se tenait le mercredi et le samedi, comme le confirment les archives locales |
| Souvenirs des habitants | Marchés, conversations, pharmacie Birembaux, promenades familiales et transformations du centre-ville |
Les renseignements historiques sont issus notamment des archives de Dunkerque, des écrits de Jules Darnet et de l'office de tourisme. Les souvenirs proviennent des commentaires authentiques transmis avec la photographie.
Le marché de la place Jean-Bart, quand les bâches recouvraient presque tout
Regarde bien cette photographie.
On distingue à peine le sol tellement les stands occupent de place. Certains sont couverts de toiles claires, d'autres de bâches rayées. Les installations se touchent presque. Il devait falloir se faufiler pour passer d'un marchand à l'autre.
Sur la gauche, les étals s'alignent devant de grandes façades anciennes. Au milieu, des silhouettes se croisent. Certaines personnes semblent s'arrêter devant la marchandise, d'autres avancent entre les stands.
Et puis il y a ces vêtements.
Les femmes portent de longues jupes et plusieurs sont coiffées de grands chapeaux. Les hommes que l'on distingue dans la foule sont également habillés comme on l'était au tournant du XXe siècle.
C'est un détail qui aide à situer l'époque, sans permettre de donner une année précise.
Des étals installés devant les commerces
Ce qui m'intéresse aussi, c'est l'arrière-plan.
On distingue une enseigne de machines à coudre, ainsi que celle du Restaurant des Arcades, installé dans ce secteur de la place.
Les boutiques et les restaurants avaient leur propre activité, pendant que les marchands occupaient l'espace public.
Le marché n'était donc pas seulement une succession de stands. Il s'installait au milieu des commerces permanents.
Les gens pouvaient venir acheter de quoi manger, regarder les vitrines, rencontrer quelqu'un ou poursuivre leurs courses dans les rues voisines.
Ce sont ces petits liens entre les activités qui faisaient vivre le centre-ville.
Aujourd'hui, on regarde la carte postale comme une belle image ancienne. Mais pour ceux qui travaillaient sur cette place, c'était avant tout une journée de commerce, avec son installation, sa clientèle et tout le travail qui allait avec.
Le mercredi et le samedi : deux rendez-vous que les anciens n'ont pas oubliés
Stéphane le raconte très simplement.
Il a toujours aimé le marché du mercredi et celui du samedi. Ce qu'il appréciait, ce n'était pas seulement de regarder les marchandises. C'était de flâner dans les allées et d'écouter les vendeurs.
Voilà un détail qui mérite d'être conservé.
Écouter les vendeurs.
On parle souvent des marchés d'autrefois en évoquant les prix, les fruits, les légumes ou les vêtements. Mais beaucoup de gens y allaient aussi pour l'ambiance.
Il y avait les voix des commerçants, les conversations qui se croisaient, les gens que l'on rencontrait d'une semaine à l'autre.
Stéphane ne donne pas de date précise pour ses promenades. Son souvenir concerne les marchés qu'il a connus, pas nécessairement celui de la carte postale.
Et c'est justement ce qui rend son commentaire intéressant.
Même lorsque la place et les installations ont changé, cette habitude de se promener dans les allées est restée attachée à Dunkerque.
Une atmosphère différente des grandes surfaces
Bernard, qui avait partagé la photographie, lui répond qu'il aurait aimé entendre les vendeurs de l'époque.
Pour lui, le marché représentait une parenthèse de convivialité que l'on ne retrouve pas de la même façon dans les grandes surfaces.
Cette remarque fait écho à plusieurs autres commentaires.
Certains regrettent moins les anciens commerces eux-mêmes que la manière dont les gens se comportaient autour.
On venait acheter quelque chose, bien sûr. Mais on s'arrêtait aussi pour parler.
Et il arrivait qu'on prenne son temps.
Ce n'était pas forcément plus simple pour les commerçants, qui devaient transporter et installer leurs marchandises. Mais pour les habitués, ces sorties ont laissé des souvenirs bien particuliers.
Paulette, la pharmacie Birembaux et les souvenirs sous la voûte
Parmi les commentaires, celui de Paulette m'a particulièrement intéressé.
Au départ, elle pose une question toute simple : de quelle année date cette photographie ?
Bernard lui répond qu'il ne possède pas la date exacte et suppose une prise de vue dans les premières décennies du XXe siècle.
Paulette pense, elle aussi, à une période comprise entre 1900 et 1930.
Mais ce n'est qu'une estimation échangée entre passionnés de photographies anciennes, pas une datation documentée.
Et puis la conversation prend un autre chemin.
Paulette explique qu'elle est une ancienne Dunkerquoise, originaire de Bourbourg, et qu'elle vit désormais dans le Gers.
Elle revient régulièrement à Dunkerque.
Elle travaillait à la pharmacie Birembaux
Voilà le détail à retenir.
Paulette raconte qu'elle a travaillé place Jean-Bart, à la pharmacie Birembaux, sous la voûte.
Tout à coup, la place n'est plus seulement un décor ancien.
Elle devient un lieu de travail dont quelqu'un se souvient précisément.
Nous n'avons pas encore la période exacte pendant laquelle Paulette y travaillait, ni de document ancien permettant de dater cette pharmacie.
Mais le nom Birembaux mérite d'être conservé.
Aujourd'hui encore, il existe place Jean-Bart, au numéro 28, une pharmacie appelée Pharmacie de la Voûte. Ce rapprochement géographique est intéressant, sans prouver qu'il s'agit de la continuité du même établissement.
Il faudrait retrouver des annuaires commerciaux ou des photographies de devantures pour reconstituer cette histoire.
De Bourbourg au Gers, sans oublier Dunkerque
Paulette raconte aussi ses retours dans le Nord, notamment à Bourbourg, sa ville natale.
Et elle parle avec plaisir du carnaval de Dunkerque, qu'elle adore toujours.
J'aime bien cette partie de son souvenir.
On peut quitter sa région, habiter à des centaines de kilomètres, découvrir d'autres paysages et continuer à se sentir profondément attaché à certaines rues de son enfance ou de sa jeunesse.
Bernard plaisante d'ailleurs sur le dépaysement entre la place Jean-Bart et les paysages vallonnés du Gers.
Mais à travers leur échange, on comprend que cette photographie a réveillé autre chose qu'une simple nostalgie.
Elle a ramené Paulette vers un endroit où elle a travaillé, vers Bourbourg, et vers ce carnaval qui continue de la faire revenir à Dunkerque.
C'est tout cela que peut contenir une vieille image.
Annette se souvient d'un temps où l'on se parlait davantage
Le commentaire d'Annette rejoint celui de Stéphane.
Elle se souvient des marchés comme d'endroits où l'on se rencontrait, où l'on discutait et où l'on prenait le temps de se saluer.
Puis elle ajoute une remarque un peu amère sur les habitudes actuelles.
Selon elle, il arrive aujourd'hui qu'un simple bonjour surprenne les personnes auxquelles on s'adresse.
On sent que ce n'est pas seulement le marché d'autrefois qui lui manque.
C'est une certaine manière de vivre avec les autres.
Le bonjour qui faisait partie de la promenade
Il suffit parfois de peu de chose pour garder un bon souvenir d'un endroit.
Un marchand qui reconnaît un client. Une connaissance aperçue dans l'allée. Quelques mots échangés avant de rentrer à la maison.
Annette n'a pas besoin de raconter une grande aventure pour nous faire comprendre cela.
Elle se rappelle simplement qu'on se parlait.
Bien sûr, il ne faudrait pas en déduire qu'autrefois tout le monde était aimable et que personne ne se parlait mal.
Les marchés ont toujours connu leurs disputes, leurs journées difficiles et leurs petits conflits.
Mais ce qui est important ici, c'est le souvenir personnel d'Annette.
Dans sa mémoire, les marchés étaient des lieux de rencontre.
Et cette habitude lui manque.
Les marchés de Rosendaël : un autre souvenir du dimanche
Annette ajoute un détail que j'aurais tort de laisser de côté.
Elle aimait se promener aux marchés du mercredi et du samedi, mais également au marché du dimanche à Rosendaël.
Voilà un souvenir qui élargit notre histoire.
Le marché n'était pas associé à une seule place. Il accompagnait la vie de plusieurs quartiers de Dunkerque.
Certains avaient leurs habitudes dans le centre-ville. D'autres fréquentaient les étals de Rosendaël ou d'autres communes voisines.
Pour Annette, le dimanche à Rosendaël faisait partie de ces plaisirs simples.
On sortait, on regardait les stands et on profitait de l'animation.
Le marché de Rosendaël existe toujours aujourd'hui, le dimanche matin, place des Martyrs-de-la-Résistance.
Les emplacements et les équipements ont pu évoluer, mais cette tradition de marché dominical se retrouve encore dans la vie locale.
Et puisqu'on parle de Rosendaël, notre collection possède aussi des souvenirs de ce quartier, notamment ceux de l'ancien cinéma Régent.
Ce sont deux façons de retrouver la vie populaire dunkerquoise : les sorties du dimanche et les séances de cinéma d'autrefois.
Marcelle et Evelyne : le Dunkerque qui a tellement changé
Tous les commentaires ne parlent pas seulement des marchés.
Marcelle, par exemple, se souvient de l'ancien Dunkerque et explique que la modernisation de la ville l'a profondément choquée.
Elle trouvait la ville d'autrefois plus chaleureuse.
Ce n'est pas une simple remarque sur l'architecture.
On sent qu'elle regrette un ensemble : des bâtiments, des commerces, des habitudes et une ambiance qui ont disparu.
Quand on ne reconnaît plus vraiment sa ville
Au fil des décennies, Dunkerque a traversé d'importantes transformations.
Les guerres ont détruit des immeubles et bouleversé des quartiers. Puis la reconstruction, les nouveaux commerces et les aménagements urbains ont progressivement modifié la ville.
Pour les habitants, ces changements n'ont pas tous été vécus de la même manière.
Certains y ont vu du progrès, de nouveaux logements et des équipements nécessaires.
D'autres, comme Marcelle, ont eu le sentiment de perdre une partie du Dunkerque qu'ils avaient connu.
Et ce sentiment mérite d'être entendu, même si l'on sait que le passé n'était pas toujours plus confortable.
Evelyne se rappelle l'animation dans les allées
Evelyne insiste, elle aussi, sur la différence d'atmosphère.
Elle se souvient d'un marché bien animé, avec beaucoup de mouvement dans les allées.
Elle trouve que l'ambiance actuelle n'a plus grand-chose à voir avec celle qu'elle a connue.
Là encore, il ne s'agit pas d'une mesure du nombre de visiteurs ni d'une enquête statistique.
C'est un ressenti personnel.
Mais lorsque plusieurs anciens Dunkerquois évoquent spontanément les mêmes éléments — les allées, les conversations, les commerçants, l'animation — cela montre combien ces détails ont marqué leur mémoire.
Le Restaurant des Arcades et les anciennes enseignes de la place
Revenons un instant à la photographie.
Sur la droite, une grande façade porte l'enseigne du Restaurant des Arcades.
Plus loin, on distingue une inscription concernant les machines à coudre.
Ces détails nous ramènent à un Dunkerque où les activités commerciales se côtoyaient dans le centre ancien.
Et les archives permettent de remonter encore plus loin.
Jules Darnet racontait déjà le Café des Arcades en 1907
Dans un texte publié en 1907, l'historien et chroniqueur dunkerquois Jules Darnet décrit la place Jean-Bart telle qu'elle existait au milieu du XIXe siècle.
Il évoque les nombreux commerces installés autour de la place et mentionne une propriété connue sous le nom de Café des Arcades.
Mais ce qui m'a surpris, c'est un petit détail de son récit.
L'ancien bâtiment aurait possédé une horloge éclairée le soir et un petit canon servant à signaler midi. Un dispositif utilisant les rayons du soleil permettait de provoquer le départ du coup.
Darnet raconte que ce petit événement faisait la joie des enfants.
Voilà une scène qu'on ne devinerait jamais en regardant simplement la carte postale.
Attention toutefois : il décrit une période antérieure à la photographie. On ne peut donc pas affirmer que le canon fonctionnait encore lorsque notre marché a été photographié.
Ce rapprochement nous rappelle simplement que la place Jean-Bart possédait déjà, bien avant cette carte postale, ses commerces, ses habitudes et ses petites curiosités.
Pourquoi la place porte-t-elle le nom de Jean Bart ?
La statue du célèbre corsaire dunkerquois a été inaugurée le 7 septembre 1845.
Elle est l'œuvre du sculpteur David d'Angers.
La place, auparavant appelée notamment place Royale, prend alors le nom de Jean Bart.
Depuis, elle est devenue l'un des grands repères du centre-ville.
Mais sur notre photographie, ce n'est pas le monument qui retient le regard.
C'est le marché.
Et finalement, c'est peut-être ce qui rend cette carte si intéressante : elle montre la place dans sa vie quotidienne.
Forrest se rappelle un poème appris à l'école
Voilà un commentaire auquel je ne m'attendais pas.
En voyant la photographie, Forrest retrouve immédiatement les premiers mots d'un poème :
« Sur la petite place, au lever de l'aurore… »
Il s'agit du poème Le Marché, d'Albert Samain, publié en 1898 dans le recueil Aux flancs du vase.
Bernard reconnaît tout de suite le texte.
Il en rappelle plusieurs passages consacrés aux étals, aux fruits, aux fromages, au miel, aux paniers d'œufs et à la foule.
Des vers appris par cœur et jamais oubliés
Forrest explique que ce poème faisait partie des textes qu'il fallait apprendre par cœur à l'école.
Et visiblement, la leçon est restée.
Des décennies plus tard, une simple photographie de marché suffit à faire revenir les premiers vers.
Je trouve ce souvenir magnifique.
Parce qu'il ne concerne pas directement un marchand, un commerce ou une rue.
Il concerne l'école.
Ces poésies que l'on répétait jusqu'à les connaître sans regarder son cahier. Certaines finissaient par s'effacer avec les années. D'autres restaient quelque part dans un coin de la mémoire.
Et parfois, il suffisait d'une photographie pour les retrouver.
Annette demande d'ailleurs de quelle année date le poème.
Bernard lui répond : 1898.
Cette date, cette fois, est confirmée par les références bibliographiques d'Albert Samain.
C'est un joli rapprochement : une carte postale de marché, probablement du début du XXe siècle, réveille le souvenir d'un poème publié quelques années auparavant.
Deux traces du passé qui finissent par se retrouver dans la même conversation.
Ce que vous racontez ❤️
Cinq témoignages authentiques, légèrement reformulés. Les auteurs des commentaires sont désignés par leur prénom uniquement.
Paulette — La pharmacie sous la voûte
« J'ai travaillé place Jean-Bart, à la pharmacie Birembaux sous la voûte. Je suis originaire de Bourbourg et, même si j'habite maintenant dans le Gers, je reviens régulièrement à Dunkerque. J'aime toujours autant son carnaval. »
Stéphane — Les vendeurs du mercredi et du samedi
« J'ai toujours aimé les marchés du mercredi et du samedi. Se promener dans les allées et écouter les vendeurs donnait une atmosphère vraiment agréable. »
Annette — Le plaisir de se retrouver
« Autrefois, on se rencontrait et on se parlait davantage. J'aimais aller aux marchés le mercredi et le samedi, et même le dimanche à Rosendaël. Ces promenades me manquent. »
Marcelle — Une ville devenue différente
« Je me souviens du Dunkerque d'autrefois. Je trouvais que c'était mieux avant, et la modernisation de la ville m'a vraiment choquée. »
Forrest — Le poème qui n'a jamais quitté sa mémoire
« Cette photographie me rappelle immédiatement le poème Le Marché d'Albert Samain. On devait l'apprendre par cœur à l'école, et je m'en souviens encore aujourd'hui. »
Ces cinq souvenirs racontent des choses différentes : un ancien lieu de travail, des promenades, des rencontres, les transformations de la ville et même une leçon d'école.
Ils ne doivent pas être transformés en témoignages sur la date exacte de la photographie. Les personnes racontent les marchés qu'elles ont connus ou les souvenirs que l'image fait ressurgir.
De la vieille place Jean-Bart au marché d'aujourd'hui
Le marché dunkerquois n'a pas disparu.
Aujourd'hui, il continue de se tenir les mercredis et samedis, notamment place du Général-de-Gaulle et cours François-Bart, selon les informations de Dunkerque Tourisme.
Le marché dominical de Rosendaël existe également.
Les lieux, les équipements et les habitudes ont changé.
Les commerçants d'aujourd'hui ne travaillent pas nécessairement dans les mêmes conditions que ceux du début du XXe siècle. Les règles sanitaires, les moyens de transport et les installations ont évolué.
Et il ne serait pas juste d'affirmer que tout était mieux autrefois.
Les marchands devaient installer leurs stands dans le froid, sous la pluie ou dans le vent. Les journées pouvaient être longues. Et la vie de tous les commerçants n'était certainement pas aussi facile que la nostalgie le laisse parfois imaginer.
Mais ce que racontent les anciens Dunkerquois mérite d'être conservé.
Stéphane se souvient des voix.
Annette, des conversations.
Paulette, de la pharmacie sous la voûte.
Marcelle, du centre-ville qu'elle reconnaît de moins en moins.
Et Forrest, d'une poésie apprise à l'école.
Voilà une histoire du marché que l'on ne retrouvera pas dans les seules dates des archives.
Le petit mot de Papy Chris ❤️
Tu sais ce qui me plaît le plus dans cette vieille photographie ?
Ce n'est pas seulement cette quantité incroyable d'étals serrés les uns contre les autres.
Ce sont tous les souvenirs qu'elle a réveillés.
Paulette nous parle de sa pharmacie Birembaux, sous la voûte, et de ses retours à Dunkerque depuis le Gers.
Stéphane retrouve le plaisir de se promener le mercredi et le samedi en écoutant les marchands.
Annette regrette les conversations, ces petits bonjours échangés en faisant les courses.
Et puis il y a Forrest.
Lui, il regarde un marché et c'est un poème d'Albert Samain qui lui revient en tête. Un texte appris à l'école et retenu pendant toutes ces années.
Franchement, c'est ce genre de détail que j'aime retrouver.
On aurait pu écrire simplement que Dunkerque possédait autrefois un marché très fréquenté place Jean-Bart.
On aurait montré la carte postale, donné deux dates et terminé là.
Mais avec vos souvenirs, cette place reprend vie autrement.
Elle retrouve des commerces, des gens, des habitudes.
Et surtout, elle retrouve des noms.
Je ne sais pas en quelle année cette carte a été prise. Je ne connais pas les marchands qui se cachent sous toutes ces bâches, ni les noms des femmes qui font leurs courses au premier plan.
Mais je sais désormais qu'une pharmacie Birembaux a marqué la vie professionnelle de Paulette, que les marchés du mercredi et du samedi ont accompagné les promenades de Stéphane et d'Annette, et que la photographie a fait revenir chez Forrest une poésie de son enfance.
Et pour moi, c'est déjà beaucoup.
Les archives racontent la place. Les habitants racontent la vie qui s'y trouvait.
C'est toute la différence.
Papy Chris ❤️
Questions fréquentes sur la place Jean-Bart et son marché
Où se tenait le marché d'autrefois à Dunkerque ?
La photographie montre le marché installé place Jean-Bart, au cœur du centre ancien de Dunkerque.
De quand date cette carte postale ?
Elle paraît dater du début du XXe siècle, mais aucune année précise n'a été confirmée. Certains internautes évoquent une période entre 1900 et 1930, sans preuve documentaire.
Quels jours se tenait le marché de Dunkerque ?
Le mercredi et le samedi étaient les jours traditionnels du marché de la place Jean-Bart. Ce sont encore les deux jours du marché principal du centre-ville aujourd'hui.
Où se trouve la pharmacie Birembaux évoquée dans les souvenirs ?
Paulette indique qu'elle travaillait autrefois à la pharmacie Birembaux, sous la voûte, place Jean-Bart. Son adresse exacte et ses années d'activité restent à confirmer. Une pharmacie de la Voûte existe toujours au 28 place Jean-Bart, mais sa continuité historique n'est pas établie.
Qui était Albert Samain ?
Albert Samain était un poète français né à Lille en 1858 et mort en 1900. Son poème Le Marché, publié en 1898, a laissé un souvenir durable à certains anciens élèves.
Existe-t-il toujours un marché le dimanche à Rosendaël ?
Oui. Dunkerque Tourisme annonce toujours un marché le dimanche matin, place des Martyrs-de-la-Résistance, dans le quartier de Rosendaël.
Peut-on encore voir le Restaurant des Arcades ?
L'établissement apparaît sur les anciennes représentations de la place Jean-Bart. Sa présence est également évoquée dans les écrits historiques, mais il ne faut pas confondre le commerce d'autrefois avec les établissements actuels. Les transformations du bâtiment et ses dates d'activité restent à documenter.
Sources historiques et documentaires
- Jules Darnet, Dunkerque au siècle dernier, 1907 — place Jean-Bart et Café des Arcades, notamment p. 27
- Dunkerque Tourisme — Jean Bart et sa statue, inauguration du 7 septembre 1845
- Dunkerque Tourisme — Faire son marché : jours et emplacements actuels
- Communauté urbaine de Dunkerque — Journal communautaire n° 55, octobre 2020, avec le CMUA – Archives de Dunkerque. Rechercher ce périodique auprès des Archives (PDF direct indisponible).
- Albert Samain — Le Marché, texte du recueil Aux flancs du vase
- Classiques Garnier — Notice bibliographique du recueil, paru en 1898
- Pharmacie de la Voûte — fiche publique Acceslibre, 28 place Jean-Bart ; continuité avec Birembaux non établie
Le journal communautaire n° 55 a été repéré dans les archives indexées ; son téléchargement direct était indisponible lors de la préparation du texte.
Mémoire locale : commentaires transmis avec la publication consacrée au marché de la place Jean-Bart. Témoignages authentiques, prénoms conservés, sans ajouter d’anecdotes non fournies.
Photographie : carte postale ancienne n° 27, « Dunkerque — Place Jean-Bart — Le Marché ». Document fourni par le propriétaire du site, qui a confirmé ses droits de publication le 24 octobre 2026. Photographe, éditeur exact et année de prise de vue non identifiés.