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Mémoire de France · Lille

Lille autrefois : le marché aux fleurs devant le Grand Écho du Nord

Marché aux fleurs sur la Grand’Place de Lille, devant le Grand Écho du Nord, la Grand’Garde et la colonne de la Déesse.
Lille, marché aux fleurs sur la Grand’Place après 1936, probablement à la fin des années 1930. Date exacte à confirmer.

Une foule serrée entre les étals, des plantes disposées en rangées, des toiles tendues au-dessus des marchands : la Grand’Place de Lille prend ici des airs de jardin marchand.

Derrière cette animation se dressent plusieurs repères familiers. La colonne de la Déesse domine la partie droite de la photographie. Au centre, le bâtiment aujourd’hui associé à La Voix du Nord porte encore le nom du Grand Écho du Nord. À ses côtés, la Grand’Garde se reconnaît à sa façade et à son horloge.

Au premier regard, l’affluence pourrait faire penser à la Braderie. Mais les végétaux qui occupent les étals orientent plutôt vers un marché aux fleurs, sans que la date exacte de cette photographie soit encore établie.

📜 Repères historiques

RepèreInformation à retenir
Le lieuLa Grand’Place de Lille.
La manifestationTrès probablement un marché aux fleurs, d’après les étals visibles.
Le grand bâtiment à pignonConstruit en 1935-1936 par Albert Laprade pour le Grand Écho du Nord.
Le journalLe Grand Écho du Nord de la France paraît jusqu’en 1944.
La DéesseMonument érigé en 1845 en mémoire de la résistance lilloise au siège de 1792.
La photographiePrise après la construction du bâtiment ; année précise non confirmée.

Les dates de construction figurent dans le dossier historique de l’Office de tourisme de Lille. La fin de publication du journal est documentée par la Bibliothèque nationale de France.

Un marché qui transforme la Grand’Place

Au premier plan, les plantes occupent une grande partie de l’espace. On distingue des végétaux de différentes hauteurs, des alignements et des passages étroits dans lesquels se pressent les visiteurs.

Les toiles des stands composent une succession de petits abris clairs. Les marchands et leurs clients se confondent dans la foule : la définition de l’image ne permet pas de suivre précisément les gestes ni d’identifier les espèces proposées.

C’est pourtant cette organisation qui donne son caractère à la scène. Les plantes ne forment pas simplement un décor autour d’un événement : elles semblent constituer la marchandise principale.

L’hypothèse du marché aux fleurs est donc mieux soutenue par l’image que celle d’un jour de Braderie.

Le marché aux fleurs, une tradition documentée

Les archives municipales confirment que la Grand’Place accueillait un Grand Marché aux Fleurs annuel.

Un arrêté de 1930, signé par le maire Roger Salengro, autorise ainsi la Société d’horticulture du Nord de la France à organiser cette manifestation du 30 avril au 3 mai. Le texte encadre également le stationnement et la circulation autour du marché. Archives municipales de Lille — arrêté de 1930.

Ce document montre que l’événement était suffisamment important pour nécessiter une organisation particulière de la place.

Il ne date toutefois pas notre photographie : le bâtiment du Grand Écho visible à l’arrière-plan est postérieur à 1930. Il apporte un contexte historique, pas l’année du cliché.

Un jardin temporaire au cœur de Lille

La photographie conserve ce changement d’usage de la place : pendant le marché, les étals et les visiteurs occupent un espace qui sert aussi aux déplacements.

Sur la droite, un tramway reste visible derrière la colonne. Des automobiles circulent ou stationnent à proximité des bâtiments. Le marché s’insère donc dans une ville qui continue de fonctionner autour de lui.

Cette proximité entre plantes, commerces, transports et foule donne beaucoup de vie à la scène.

Le Grand Écho du Nord sur sa façade

Le grand immeuble à pignon attire immédiatement le regard. Ses hautes lignes verticales, son décor sculpté et les trois figures placées au sommet le distinguent des bâtiments voisins.

Construit en 1935-1936 par Albert Laprade, il abrite alors le Grand Écho du Nord. Les trois figures de son couronnement, réalisées par Raymond Couvègnes, symbolisent l’Artois, la Flandre et le Hainaut. Office de tourisme de Lille — histoire du bâtiment.

Sur la photographie, les lettres de l’ancien journal constituent un indice important : nous regardons un état du bâtiment antérieur à son identité actuelle.

L’Écho du Nord est-il l’ancêtre de La Voix du Nord ?

La formule est courante, mais elle simplifie deux histoires différentes.

Le Grand Écho est un ancien titre de presse dont les collections se prolongent jusqu’en 1944. La Voix du Nord, elle, naît dans la clandestinité en 1941, pendant l’Occupation.

Le bâtiment et la succession dans le paysage de la presse régionale expliquent le rapprochement. Pour autant, il serait trompeur de raconter cela comme un simple changement de nom du même journal. BnF — Le Grand Écho du Nord de la France, Office de tourisme de Lille — La Voix du Nord.

Les enseignes racontent aussi la place

À gauche du Grand Écho, une grande publicité « St Raphaël — Quinquina » domine les façades.

Plus bas, l’enseigne « Chaussures Raoul » est également lisible. Ces inscriptions font partie du paysage commercial, au même titre que les vitrines et les stores.

Au premier plan à droite, un petit édicule vitré présente plusieurs affichages. Sa fonction précise n’est pas suffisamment lisible pour le qualifier avec certitude de kiosque à journaux, de bureau de transport ou d’un autre service.

Ces détails mériteraient un agrandissement : ils pourraient apporter des renseignements sur les commerces et, peut-être, sur la période de la prise de vue.

La Déesse et la Grand’Garde en arrière-plan

La colonne de la Déesse sert de repère au milieu de la place. Érigée en 1845, elle commémore la résistance de Lille au siège autrichien de 1792.

La statue est l’œuvre de Théophile Bra, tandis que la colonne a été conçue par Charles Benvignat. Office de tourisme de Lille — la Grand’Place.

Derrière le marché, la Grand’Garde offre une silhouette plus basse, avec son fronton et son horloge. La photographie réunit ainsi, dans un même cadre, le monument commémoratif, un bâtiment de presse et les activités marchandes.

Peut-on dater cette photographie ?

Les années 1920 sont à écarter

Le bâtiment du Grand Écho, dans sa forme visible ici, date de 1935-1936. La scène ne peut donc pas appartenir aux années 1920.

C’est le repère architectural le plus solide dont nous disposons.

La fin des années 1930 constitue une piste

Le bâtiment achevé et l’enseigne du Grand Écho orientent vers une photographie prise à partir de 1936, possiblement à la fin des années 1930.

Cependant, la disparition d’un titre de presse en 1944 ne prouve pas que ses lettres ont été retirées immédiatement de la façade. Sans connaître la date de leur remplacement, il serait excessif de fixer automatiquement 1944 comme limite absolue.

Une Coccinelle ne permet pas de conclure à 1945

Une automobile a été rapprochée d’une Volkswagen Coccinelle. Sur cette reproduction, son identification n’est pas suffisamment nette pour servir de preuve.

Le raisonnement qui consisterait à dater toute la scène d’après ce véhicule reste donc fragile.

La proposition prudente est : « après 1936, probablement à la fin des années 1930 ; date exacte à confirmer ».

Ce qu’il faudrait retrouver pour aller plus loin

Le verso de la photographie ou de la carte postale pourrait fournir un éditeur, un numéro de série, une légende ou un cachet postal.

Une recherche dans les programmes du marché aux fleurs pourrait également aider, à condition de retrouver une vue strictement identique ou un détail datable : affiche, aménagement particulier ou inscription temporaire.

En attendant, mieux vaut conserver une période proposée plutôt qu’une année choisie au hasard.

❤️ Ce que vous racontez

La Grand’Place se reconnaît immédiatement.

La Déesse et le grand bâtiment du journal constituent les principaux repères retrouvés autour de cette photographie.

Braderie ou marché aux fleurs ?

L’affluence fait penser à la Braderie pour certains, tandis que d’autres reconnaissent le marché aux fleurs. Les végétaux visibles sur les étals renforcent cette seconde lecture.

Le nom de L’Écho du Nord revient en mémoire.

L’ancienne inscription rappelle l’histoire de la presse lilloise et suscite un rapprochement avec La Voix du Nord, dont les origines sont pourtant distinctes.

La date fait débat.

Les années 1920 et la période de la Libération sont proposées. Le bâtiment construit en 1935-1936 permet d’écarter la première hypothèse, sans confirmer la seconde.

Une automobile intrigue.

Un véhicule est identifié comme une Coccinelle par une personne. Ce détail mérite un agrandissement avant de servir à dater la scène.

Et vous, avez-vous connu le marché aux fleurs sur cette place ? Veniez-vous y chercher des plantes pour le jardin, des fleurs pour les fenêtres ou simplement le plaisir de vous promener ?

Le petit mot de Papy Chris ❤️

Ce que je trouve beau dans cette photographie, c’est cette Grand’Place remplie de plantes et de monde.

On reconnaît les grands bâtiments, mais le regard revient vite vers les étals, les allées et les toiles tendues. Pendant quelques jours, le cœur de Lille prenait une autre allure, au rythme des marchands et des visiteurs.

La date reste à préciser. Le sujet, lui, se dessine déjà : un marché aux fleurs devant une façade qui portait encore le nom du Grand Écho du Nord.

Avez-vous connu ce marché sur la Grand’Place ? Que venait-on y acheter dans votre famille ? Et quelqu’un possède-t-il cette même vue avec son verso ?

Papy Chris ❤️

Questions fréquentes

Est-ce la Braderie de Lille ?

La foule peut y faire penser, mais les étals de végétaux soutiennent davantage l’identification d’un marché aux fleurs.

La photographie peut-elle dater des années 1920 ?

Non : le bâtiment du Grand Écho visible sur l’image a été construit en 1935-1936.

Peut-on retenir 1945 ?

Aucun élément suffisamment certain ne permet de retenir cette année.

Le Grand Écho est-il simplement devenu La Voix du Nord ?

Non. Les deux journaux ont des histoires distinctes ; La Voix du Nord naît comme journal clandestin en 1941.

Pourquoi ne pas donner une année précise ?

La photographie ne comporte pas de date lisible et les véhicules ne sont pas identifiés avec assez de certitude.

Sources et documents