Publié le · Papy Chris ❤️
Regardez cette photographie du marché de Wazemmes, à Lille. Nous sommes autour de 1960, devant les Halles, avec un tramway de la ligne B qui avance sur ses rails. À gauche, les bâches des marchands débordent sur la place. Au milieu, un petit kiosque, une horloge, des passants et cette agitation que les anciens Lillois connaissent bien.
Et puis il y a cette autre photographie, bien plus ancienne, avec un homme en tablier, une femme devant son étal et tous ces produits suspendus derrière eux. Ils regardent le photographe. On ne connaît pas leurs noms, mais ils travaillaient probablement sur ce marché ou dans son voisinage.
Quand on écoute les souvenirs de Wazemmes, on retrouve bien davantage que des étals et des marchandises. On retrouve les dimanches avec les grands-parents, les commerçants que l'on connaissait depuis des années, les brocanteurs autour de l'église, le tramway B et cette habitude de terminer la promenade autour d'un verre. Sans oublier ceux qui trouvaient déjà qu'il y avait beaucoup trop de monde !

📜 Repères historiques
| Repère | Informations |
|---|---|
| Lieu | Marché de Wazemmes, place de la Nouvelle-Aventure, Lille |
| Première photographie | Vue ancienne avec le tramway B, annotée « 1960 » ; date exacte non confirmée |
| Deuxième photographie | Vue aérienne contemporaine du marché, photographiée sur un écran |
| Troisième photographie | Deux personnes devant un ancien étal ; date exacte inconnue |
| 1758 | Installation d'une guinguette appelée La Nouvelle Aventure |
| 1858 | Wazemmes est annexée à Lille |
| 1869-1873 | Construction des Halles de Wazemmes |
| 29 janvier 1966 | Dernier jour de circulation de la ligne de tramway B |
| Souvenirs | Familles, commerçants habituels, tramway, brocante, poissonnerie et cafés |
Les photographies représentent des époques différentes. Les souvenirs évoqués dans ce récit ne correspondent donc pas nécessairement à l'année de la première image.
Le dimanche matin à Wazemmes, une sortie avec toute la famille
Il y a des endroits auxquels on reste attaché parce qu'on y allait enfant, sans même se demander ce qu'ils avaient de particulier. Pour Annie, le marché de Wazemmes, c'était d'abord le dimanche matin avec sa sœur et sa grand-mère. Toutes les trois y allaient régulièrement pendant sa jeunesse.
Elle n'a pas besoin de raconter une longue histoire pour que l'on comprenne ce que représentait cette sortie. Des années plus tard, elle se souvient toujours des personnes qui l'accompagnaient. Ce n'est pas seulement le marché qu'elle retrouve. C'est sa grand-mère. Et cela change tout.
Le marché faisait partie de ces habitudes familiales que l'on répétait de semaine en semaine. Les enfants accompagnaient les adultes, les courses se faisaient ensemble, et chacun finissait par connaître les endroits où l'on s'arrêtait. Hermine, elle aussi, se souvient de cette vie autour des Halles.
Lorsqu'elle habitait Lille, elle venait au marché le jeudi et le dimanche. Sa mère, qui habitait tout près, y allait encore davantage : le mardi, le jeudi et le dimanche. Trois rendez-vous dans la semaine ! On comprend bien que, pour cette famille, le marché n'était pas une simple sortie occasionnelle. C'était une partie de la vie quotidienne.
La grand-mère d'Annie et la mère d'Hermine
Ce qui me plaît dans ces deux souvenirs, c'est qu'ils racontent deux générations. D'un côté, une petite-fille qui accompagne sa grand-mère. De l'autre, une mère qui fait ses courses plusieurs fois par semaine parce qu'elle habite à proximité. Le marché accompagne les familles pendant des années. Puis les enfants grandissent, quittent parfois Lille, prennent d'autres habitudes.
Et un jour, une vieille photographie fait revenir ces dimanches matin. Pas besoin d'une grande cérémonie pour retrouver son enfance. Parfois, quelques bâches de marchands et une ancienne façade suffisent.
Les commerçants habituels : on savait chez qui aller
Hermine apporte un autre détail précieux. Sa famille avait ses commerçants habituels. Pour les fruits et légumes, il y avait certains marchands. Pour la viande et le poisson, d'autres. Sans oublier les fromages, que l'on pouvait acheter sur le marché ou à l'intérieur des Halles. Voilà quelque chose que les anciens connaissent bien. On n'achetait pas nécessairement tout au premier étal venu.
Il y avait des habitudes. Un commerçant pour les légumes, un autre pour la viande, un troisième pour le fromage. On savait où retrouver ceux dont on appréciait les produits. Et lorsque les mêmes clients revenaient chaque semaine, les marchands finissaient par reconnaître beaucoup de visages. Hermine se rappelle également les vendeurs de vaisselle, de tissus et de laine.
C'est un détail important, parce que Wazemmes n'était pas seulement un marché alimentaire. On pouvait y acheter de quoi préparer les repas, mais aussi de quoi équiper la maison, coudre ou tricoter.
Les tissus, la laine et la vaisselle
Regardez la différence avec nos habitudes actuelles. Aujourd'hui, beaucoup de choses s'achètent dans les grandes surfaces ou sur Internet. Autrefois, pour de nombreuses familles, le marché permettait de réunir plusieurs courses au même endroit. La laine, les tissus, la vaisselle, les produits frais…
Et derrière ces marchandises, il y avait des commerçants qui installaient leurs stands et retrouvaient leur clientèle semaine après semaine. Hermine n'a pas conservé seulement le souvenir de ce qu'elle achetait. Elle se rappelle la diversité des étals. C'est ce qui rend son témoignage si intéressant. Une vieille photographie nous montre des bâches et des silhouettes.
Elle nous redonne les noms des marchandises.
Le dimanche autour de l'église, les brocanteurs et leurs vieilleries
Et puis Hermine ajoute un petit renseignement que je trouve particulièrement sympathique. Le dimanche, autour de l'église, elle aimait regarder les vieilleries proposées par les brocanteurs. Ah, les stands de brocante ! On n'y va pas toujours pour acheter quelque chose de précis.
Il y a ceux qui cherchent un objet manquant, ceux qui collectionnent les vieux livres ou la vaisselle, et ceux qui aiment simplement regarder ce que les gens ont conservé. Pour Hermine, ces brocanteurs font partie intégrante de ses souvenirs de Wazemmes. L'église Saint-Pierre-Saint-Paul devient ainsi un autre repère de la promenade.
Le marché alimentaire d'un côté, les Halles de l'autre, et ces objets anciens que l'on pouvait découvrir le dimanche. Elle évoque aussi les vendeurs de laine et de tissus. Je trouve que cela raconte merveilleusement la variété de ce marché. On pouvait partir pour acheter des légumes et finir par s'intéresser à une vieille assiette ou à un morceau de tissu.
Et parfois, on repartait sans avoir acheté ce qui avait attiré notre attention. Mais on avait passé un bon moment.
Josette préférait arriver tôt pour éviter la bousculade
Tous les anciens habitués n'avaient pas la même façon de profiter du marché. Josette, par exemple, venait le dimanche matin, mais elle avait une règle : arriver de bonne heure. Pourquoi ? Tout simplement pour éviter les bousculades de la fin de matinée. Ce détail en dit long sur la fréquentation de Wazemmes.
Le marché était agréable, mais lorsqu'il se remplissait, il fallait parfois se faufiler entre les stands et les autres clients. Josette connaît bien cette différence entre le début de matinée et les heures où tout le monde arrive. Aujourd'hui, elle ne fréquente plus ce marché comme auparavant, et son absence lui pèse. Elle a même retrouvé cette ambiance à travers un reportage télévisé.
Cela lui a rappelé les habitudes qu'elle avait prises pendant des années.
Le marché à huit heures et le marché à midi
Ce ne sont pas forcément les mêmes expériences. Arriver tôt, c'était pouvoir circuler plus facilement, faire ses achats et profiter des Halles sans trop de monde. Venir plus tard, surtout le dimanche, c'était retrouver une autre atmosphère, beaucoup plus animée. Les terrasses se remplissaient, les allées devenaient plus fréquentées et l'on croisait davantage de promeneurs.
Pierre résume d'ailleurs cette époque avec une remarque toute simple : pour lui, le dimanche matin, c'était comme ça. On sent qu'il reconnaît immédiatement l'ambiance. Et certains dimanches, la foule de Wazemmes ne se limitait pas aux habitants du quartier. On y venait aussi d'autres secteurs de Lille et des environs. Mais Josette, elle, savait exactement ce qui lui convenait.
Mieux valait se lever un peu plus tôt !
Le tramway B : de la porte de Béthune jusqu'à Hellemmes
Revenons à notre photographie annotée « 1960 ». Sur la chaussée pavée, un tramway avance à proximité des Halles. On distingue la lettre B sur la face avant. Ce n'est pas un détail secondaire. Pour Rémy, cette ligne est un véritable souvenir de déplacements dans Lille.
Il se rappelle l'avoir prise depuis la porte de Béthune jusqu'à Hellemmes, en passant notamment par la Grand-Place et le secteur de la Foire commerciale. Ce tramway accompagnait la vie de nombreux habitants. On l'utilisait pour traverser des quartiers, rejoindre les commerces ou se rendre à différents endroits de la ville.
Et la ligne B avait une particularité : elle fut la dernière ligne de l'ancien réseau urbain lillois à circuler.
Le 29 janvier 1966, le dernier tramway B
Les archives des transports permettent de retrouver cette date précise. Le 29 janvier 1966, le dernier tramway B effectue son ultime parcours. Il reliait alors la porte de Béthune à Hellemmes. Dans les années suivantes, les autobus occupent une place croissante dans les déplacements urbains.
Le tramway photographié près des Halles représente donc un Lille que les habitants ont vu disparaître progressivement. Rémy, lui, se rappelle son trajet. De la porte de Béthune à Hellemmes. La Grand-Place. La Foire commerciale. Ce sont ces noms qui redonnent un sens à la lettre B inscrite sur l'ancienne motrice.
Pour prolonger ces souvenirs de transports et de commerces, retrouvez aussi l'histoire du Bazar de Wazemmes, rue Gambetta, où le tramway B revient également dans la mémoire des habitants.
Les cafés de Wazemmes : une bière et l'impression de voyager
Wazemmes, ce n'était pas seulement l'endroit où l'on remplissait son panier. Les cafés et les terrasses faisaient aussi partie du quartier. Et cette habitude existe toujours. Bernard décrit l'ambiance avec une comparaison amusante : pour lui, Wazemmes ressemble parfois à un voyage vers des horizons lointains. Un dépaysement sans avoir besoin de prendre l'avion !
Et le plaisir se prolonge autour d'une bonne bière en terrasse. C'est une image qui me plaît bien. Parce qu'un marché comme Wazemmes ne se résume pas au prix des légumes ou au nombre de commerçants. On peut y venir pour regarder les étals, profiter de l'animation, retrouver quelqu'un ou simplement passer un moment dans un café.
Cette ambiance qu'on ne retrouve pas partout
Nico n'hésite pas à présenter Wazemmes comme le plus beau des marchés. Ce qui lui plaît surtout, c'est son ambiance particulière. Il considère qu'on ne la retrouve pas ailleurs. Bien sûr, chacun a son marché préféré. Les habitants de Dunkerque, de Roubaix ou d'autres villes du Nord pourraient probablement défendre le leur avec autant de conviction ! Mais cette fierté locale est intéressante.
Wazemmes reste attaché à l'identité de son quartier. Et pour ceux qui y sont venus pendant des années, la mémoire ne se limite pas aux courses. Il y a les terrasses, les habitudes du dimanche et cette impression de retrouver un quartier en mouvement. Une simple bière après le marché peut finir par devenir un souvenir aussi important que les achats eux-mêmes.
Quand les souvenirs sont moins agréables : foule, vols et stationnement
Je préfère aussi conserver les souvenirs qui ne sont pas entièrement positifs. Parce qu'un marché très fréquenté ne plaît pas forcément à tout le monde. Marie, par exemple, regrette l'ambiance d'autrefois. Elle évoque le risque de se faire voler son porte-monnaie et explique que cette crainte lui a fait perdre le plaisir qu'elle associait autrefois à Wazemmes.
D'autres personnes ne partagent pas ce sentiment. Angélique, qui connaît le marché depuis environ 35 ans, explique qu'elle sait depuis longtemps qu'il faut faire attention à ses affaires, mais qu'elle n'y a jamais été victime d'un vol. Voilà deux expériences bien différentes. Il ne serait pas juste de transformer le mauvais souvenir de l'une en description de tous les visiteurs.
Ni d'affirmer que le problème n'existe pas simplement parce qu'une autre n'a jamais été victime. Ce sont deux vécus. Et ils ont chacun leur place dans la mémoire du marché.
Et pour se garer, ce n'est pas toujours simple !
Chantal évoque une autre difficulté beaucoup plus pratique. Le stationnement. Lorsqu'on vient en voiture dans ce quartier très fréquenté, trouver une place peut devenir compliqué. Il faut dire que le dimanche, entre les étals, les commerçants, les visiteurs et les habitants, le secteur connaît une forte affluence. Cela n'empêche pas le marché d'attirer beaucoup de monde.
Mais c'est une réalité qui mérite d'être rappelée. On peut aimer Wazemmes tout en trouvant qu'il y a trop de monde. On peut regretter les habitudes d'autrefois et continuer malgré tout à venir. Les souvenirs d'un quartier ne sont jamais tous identiques.
Bien avant les étals, la place de la Nouvelle-Aventure faisait déjà la fête
Et maintenant, remontons un peu plus loin. Parce que le marché de Wazemmes n'a pas commencé directement avec les Halles métalliques que l'on connaît aujourd'hui. Un livret historique publié par la Ville de Lille révèle une origine assez étonnante du nom de la place. En 1758, un certain Monsieur Cordonnier y fait construire une guinguette appelée La Nouvelle Aventure.
Et cette guinguette n'était pas seulement un endroit où l'on venait boire un verre. On y dansait, on y donnait des représentations théâtrales, et l'on y croisait des personnes de milieux très différents. Des bourgeois, des soldats, des religieux et des gens du peuple s'y retrouvaient. Un lieu de sociabilité populaire bien avant le grand marché !
Une guinguette avant les Halles
Voilà un renseignement que je trouve particulièrement amusant. Aujourd'hui, quand on entend « place de la Nouvelle-Aventure », on pense immédiatement au marché. Mais ce nom vient d'une ancienne guinguette. Le bâtiment a disparu au XIXe siècle, mais son souvenir est resté dans le nom de la place. Et finalement, cette histoire n'est pas si éloignée de ce que racontent les habitants.
Déjà au XVIIIe siècle, on venait ici pour se retrouver, boire, danser et profiter d'un moment de détente. Quelques générations plus tard, les familles venaient au marché, retrouvaient leurs commerçants et s'arrêtaient parfois en terrasse. Les activités ont changé. Mais la place a conservé sa vocation de lieu de rencontre.
1869-1873 : la naissance des grandes Halles de Wazemmes
En 1858, Wazemmes est rattachée à Lille. Le quartier se transforme progressivement, notamment avec le développement des activités industrielles, des commerces et de l'habitat ouvrier. À partir de 1869, la Ville entreprend la construction d'un véritable marché couvert. Les Halles sont achevées en 1873, dans un style inspiré des Halles parisiennes de Victor Baltard.
L'architecture associe les briques et une grande structure métallique. Ces nouveaux bâtiments permettent de couvrir une vaste surface tout en laissant circuler les commerçants et leurs clients.
À l'origine, 232 petits étals !
Un chiffre retrouvé dans le livret patrimonial de Lille mérite d'être conservé. À l'ouverture, les Halles sont prévues pour accueillir 232 étals. Deux cent trente-deux ! Aujourd'hui, lorsqu'on regarde le bâtiment, on voit surtout ses grandes verrières, ses murs de briques et ses allées. Mais il faut imaginer ces nombreuses petites places commerciales qui occupaient l'intérieur.
Les Halles ont ensuite été transformées et modernisées, notamment lors des rénovations de 1971 et de 2002. Les allées sont devenues plus larges et l'organisation intérieure a changé. Pour autant, les commerçants sédentaires continuent d'y travailler. Ce patrimoine commercial a donc traversé différentes époques sans perdre complètement sa fonction d'origine.

Trois photographies, trois façons de regarder le marché
Ce que j'aime dans les trois images réunies ici, c'est qu'elles ne racontent pas exactement la même chose.
La photographie du tramway, autour de 1960
On distingue les pavés, le tramway B, les Halles sur la gauche, un petit kiosque et des passants. Les marchands ont installé leurs bâches. Il y a aussi une voiture qui circule près du tramway. Ce cliché rappelle une époque où les transports en commun, les voitures et les activités du marché partageaient encore cet espace.
La date « 1960 » est inscrite sur l'image, mais sans document d'origine complémentaire, il faut rester prudent sur l'année exacte.

Les commerçants qui regardent le photographe
La photographie la plus ancienne montre un homme portant une casquette et un tablier, ainsi qu'une femme devant un étal. Derrière eux, différentes marchandises sont suspendues. On distingue également d'autres personnes et des installations de marché. L'homme regarde directement l'appareil. La femme aussi semble s'être arrêtée pour la photographie. Mais qui étaient-ils ?
Étaient-ils de la même famille ? Travaillaient-ils ensemble ? Depuis combien de temps tenaient-ils leur commerce ? Pour le moment, nous n'avons pas leurs noms. Et je préfère le dire plutôt que de leur inventer une histoire. Ce que cette image nous montre vraiment, ce sont deux personnes dont le travail faisait partie de la vie commerçante de Wazemmes.
La vue aérienne du marché actuel
La troisième image est très différente. Elle montre une photographie prise sur un écran, avec une vue aérienne du marché. Et là, on comprend l'ampleur du lieu. Des rangées entières de stands occupent la place. Les bâches blanches alternent avec celles de différentes couleurs. Les rues et les maisons encadrent cette immense concentration de commerces. On n'est plus au niveau des clients.
On découvre le marché d'en haut. La Ville de Lille indique qu'aujourd'hui près de 400 étals peuvent s'y installer le dimanche, avec une fréquentation qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de visiteurs lors des journées les plus animées. Ce n'est donc pas étonnant que certains préfèrent venir tôt !
❤️ Ce que vous racontez
Annie — Les dimanches avec sa grand-mère
« Quand j'étais jeune, j'allais au marché tous les dimanches avec ma sœur et ma grand-mère. Ce sont de très bons souvenirs que je garde encore aujourd'hui. »
Hermine — Les commerçants de la famille
« Je venais le jeudi et le dimanche. Ma mère, qui habitait tout près, y allait aussi le mardi. Nous avions nos marchands habituels pour les légumes, la viande, le poisson et le fromage. J'aimais également les tissus, la laine, la vaisselle et les brocanteurs autour de l'église. »
Josette — Arriver avant la foule
« Le marché de Wazemmes me manque. J'y allais tôt le dimanche matin pour profiter des étals avant les grosses bousculades de la fin de matinée. »
Rémy — Le tramway B
« J'ai connu la ligne B qui nous emmenait de la porte de Béthune jusqu'à Hellemmes, en passant par la Grand-Place et le secteur de la Foire commerciale. »
Angélique — Trente-cinq ans de marché
« Cela fait environ 35 ans que je connais Wazemmes. J'ai toujours su qu'il fallait faire attention à ses affaires, mais je n'y ai jamais été victime d'un vol. »
Ces cinq souvenirs montrent des expériences très différentes : une sortie familiale, les courses régulières, l'affluence du dimanche, les transports et la vigilance dans un marché très fréquenté.
Wazemmes aujourd'hui : le même marché, d'autres générations
Le marché existe toujours. Il se tient place de la Nouvelle-Aventure les mardis, jeudis et dimanches matin. Les Halles accueillent aussi des commerçants permanents pendant la semaine. Bien sûr, les habitudes ont changé. Les familles n'habitent plus nécessairement à proximité. Certains commerçants ont pris leur retraite, des produits nouveaux sont apparus, et les moyens de transport ont évolué.
Mais le dimanche reste un grand rendez-vous. On vient acheter des fruits et légumes, découvrir des produits de différentes origines, regarder les tissus, les vêtements ou les objets proposés sur les stands. On peut aussi passer devant les Halles sans rien acheter. Simplement pour retrouver cette ambiance que plusieurs générations ont connue.
Et pour ceux qui souhaitent poursuivre la promenade dans les souvenirs de Lille, il y a aussi le cinéma Le Mondial de Wazemmes, où les habitants racontent leurs anciennes sorties. On peut également retrouver la pâtisserie Yanka de la rue Nationale, les Bains Lillois et les souvenirs du jardin des enfants de la Citadelle.
Des histoires différentes, mais toujours cette même mémoire des habitudes quotidiennes.
Le petit mot de Papy Chris ❤️
Tu sais ce qui m'a le plus touché en retrouvant ces photographies de Wazemmes ? Ce n'est pas seulement le vieux tramway, les Halles ou ces centaines d'étals que l'on découvre sur la vue aérienne. C'est Annie qui retrouve les dimanches avec sa sœur et sa grand-mère.
C'est Hermine qui se rappelle exactement où sa mère faisait ses courses, trois fois par semaine, et ces marchands de légumes, de poisson, de fromage et de laine que la famille connaissait. C'est Josette qui venait tôt pour éviter la foule. Et puis Rémy, qui n'a pas oublié son tramway B jusqu'à Hellemmes.
Tous ces souvenirs n'appartiennent pas à la même époque, et pourtant ils se retrouvent autour d'un même endroit. J'aime aussi cette histoire de la vieille guinguette de 1758. Finalement, cela fait plus de deux siècles et demi que l'on vient dans ce secteur de Wazemmes pour acheter, se retrouver, boire un verre ou passer un bon moment.
Les Halles ont été construites, les tramways ont disparu, les commerçants ont changé. Mais les souvenirs, eux, sont toujours là. Et quelque part, en regardant cette ancienne photographie de marchands posant devant leur étal, je me dis que leurs descendants ont peut-être encore un nom, une adresse ou un vieux document à nous faire découvrir. Papy Chris ❤️
Questions fréquentes sur le marché de Wazemmes
Depuis quand existe le marché de Wazemmes ?
L'activité commerciale du secteur est ancienne. Les Halles ont été construites entre 1869 et 1873, mais des activités de vente existaient déjà auparavant dans les environs de l'ancienne guinguette de la Nouvelle Aventure.
Pourquoi la place s'appelle-t-elle la Nouvelle-Aventure ?
Son nom rappelle une ancienne guinguette construite en 1758 par Monsieur Cordonnier. On y venait notamment danser et assister à des représentations.
Où se trouve le marché de Wazemmes ?
Il se tient place de la Nouvelle-Aventure, dans le quartier de Wazemmes, à Lille, autour des Halles et près de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul.
Quels jours a lieu le marché de Wazemmes ?
Le marché extérieur a lieu le mardi, le jeudi et le dimanche matin, généralement de 7 h à 14 h, selon les horaires annoncés par la Ville de Lille.
Quelle différence entre le marché et les Halles de Wazemmes ?
Le marché extérieur rassemble les étals installés sur la place certains matins. Les Halles constituent le marché couvert, avec des commerçants permanents qui travaillent sur plusieurs jours de la semaine.
Quel tramway traversait le secteur du marché vers 1960 ?
La photographie montre une motrice portant la lettre B. Cette ligne reliait la porte de Béthune à Hellemmes en traversant plusieurs quartiers de Lille.
Quand le tramway B a-t-il disparu ?
Le dernier tramway B a circulé le 29 janvier 1966. C'était la dernière ligne de l'ancien réseau urbain lillois encore en service.
Que trouve-t-on sur le marché de Wazemmes ?
Outre les produits alimentaires, on y trouve notamment des textiles, des accessoires, des fleurs, des produits ménagers et des spécialités de différentes cultures. L'offre varie selon les commerçants et les jours.
Sources historiques et documentaires
- Ville de Lille : marché de Wazemmes et horaires
- Ville de Lille : Halles de Wazemmes
- Ville de Lille : livret patrimonial « Wazemmes, autour du marché »
- A. de Saint-Léger : compte rendu de l’Histoire de Wazemmes de l’abbé Alfred Salembier, Revue du Nord, 1913
- Présence du tramway, n° 24 (1968) : « Les tramways urbains de Lille », fermeture de la ligne B
- Archives municipales de Lille : documents et photographies historiques
Photographies et souvenirs authentiques transmis pour cet article. Le propriétaire du site a confirmé le 25 octobre 2026 ses droits de publication des trois images, y compris la vue photographiée sur un écran. Les auteurs originaux ne sont pas identifiés ; aucune attribution n’est inventée.
La photographie du tramway porte une annotation « 1960 », sans datation d’origine confirmée ; l’image des deux marchands reste non datée. Les témoignages peuvent évoquer d’autres années.