Il y a des endroits à Nyons où je peux passer dix fois sans me lasser. Le centre historique en fait partie.
J'aime bien partir de la place de la Libération, rejoindre les Arcades, regarder les gens faire leurs courses ou discuter sur une terrasse, puis remonter tranquillement vers les vieilles rues.
C'est cela que j'apprécie à Nyons. En quelques minutes, on quitte l'animation du centre pour retrouver des escaliers anciens, des passages voûtés et des maisons qui semblent avoir traversé plusieurs siècles sans vraiment changer d'allure.
Mais cette fois, je ne vais pas seulement vous montrer les monuments.
J'ai eu envie de savoir ce qui se passait autrefois derrière ces vieilles façades.
Qui habitait ces maisons ? Où les Nyonsais achetaient-ils leur pain ? Combien y avait-il de tavernes ? Comment construisait-on un pont aussi imposant que le nôtre ?
En feuilletant un gros ouvrage d'histoire locale publié en 1901 par André Lacroix, L'Arrondissement de Nyons, j'ai découvert des détails auxquels je ne m'attendais vraiment pas.
Il parle des anciennes fontaines, des commerçants, des écoles, des artisans, des droits accordés aux habitants et même de ce qu'on offrait aux personnages importants venus dans la région.
Alors je vous propose une petite promenade dans le centre historique, avec les pierres d'aujourd'hui et les histoires d'hier.
Vous allez voir, notre vieux Nyons avait déjà beaucoup de caractère !
📜 Repères historiques du centre de Nyons
| Date ou époque | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|
| VIIIe–XIe siècles | Développement du Château Vieux sur le rocher du Maupas, selon la Ville |
| XIIIe siècle | Fortifications et construction de la tour Randonne vers 1280 |
| 1332 | Des règlements communaux encadrent notamment les tavernes du quartier des Forts |
| XIVe siècle | Création de la place des Arcades pour favoriser les échanges commerciaux |
| 1341–1409 | Construction du Pont Roman |
| 1541 | François Ier confirme la tradition du marché de Nyons |
| 1548 | Un inventaire décrit les pièces, jardins et équipements de l'ancien château |
| 1614 | Construction de l'église Saint-Vincent actuelle |
| 1824 | Acquisition par la Ville de l'ancien terrain du jeu de paume |
| 1871 | Construction de la fontaine monumentale de la place de la Libération |
| 1863 | Inauguration de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours sur la tour Randonne |
| Aujourd'hui | Un centre habité, commerçant et riche en patrimoine |
🗺️ La balade historique de Papy Chris
Six étapes : place de la Libération, Arcades, quartier des Forts, tour Randonne, église Saint-Vincent et Pont Roman. La carte situe les repères ; pour les liaisons, suivez les ruelles et les espaces ouverts au public.
Promenade indicative de 1 h 30 à 2 h avec les pauses, à adapter selon les escaliers, les montées et les ouvertures. Le château est privé et l’intérieur de la chapelle n’est pas ouvert en permanence.
⛲ 1. La place de la Libération : autrefois, on y jouait à la paume !
Commençons par une place que tout le monde connaît à Nyons : la place de la Libération, que les anciens appellent aussi place du Champ-de-Mars.
Aujourd'hui, il y a la fontaine, les arbres, les terrasses, des commerces et des habitants qui traversent la place pour vaquer à leurs occupations.
Mais imaginez un peu : avant d'être cette grande place du centre-ville, l'endroit était consacré au jeu de paume.
Ce jeu, ancêtre de notre tennis, se pratiquait depuis des siècles en France. On frappait une balle avec la main, puis avec des accessoires qui ont évolué au fil du temps.
Le 15 mai 1824, la municipalité acquiert l'ancien terrain pour aménager une place publique.
Voilà qui change de nos habitudes actuelles !
Aujourd'hui, on parle de boulodromes, de tennis ou de terrains de sport.
Autrefois, ce jeu occupait lui aussi une place dans les loisirs des habitants.
Une fontaine construite en 1871
Au centre de la place, on remarque la grande fontaine monumentale.
Elle a été construite en 1871, avec des pierres de taille provenant de Chomérac, en Ardèche.
Et cette fontaine n'est pas seulement décorative.
Il ne faut pas oublier qu'avant l'arrivée de l'eau courante dans les maisons, les fontaines jouaient un rôle essentiel dans la vie des habitants.
On venait y chercher de l'eau et on s'y croisait quotidiennement.
C'était aussi un lieu de rencontres.
Aujourd'hui, on ouvre simplement un robinet dans la cuisine.
Mais les anciens Nyonsais avaient connu une organisation bien différente.
Alors, la prochaine fois que vous passerez devant la fontaine, pensez à tous ceux qui ont traversé cette place depuis sa création.
🏛️ 2. Les Arcades : depuis sept siècles, on vient y faire son marché
Poursuivons vers la place des Arcades, officiellement place du Docteur-Bourdongle.
C'est un endroit que j'aime beaucoup.
Le jeudi matin, il y a du monde, des étals, des sacs de courses, des habitants qui se reconnaissent et des visiteurs qui découvrent les spécialités locales.
Et ce que je trouve formidable, c'est que cette animation n'a rien de nouveau.
Au XIVe siècle, les Dauphins décident d'aménager la place pour agrandir Nyons et favoriser le commerce.
Des artisans florentins et lombards y tiennent leurs échoppes.
Oui, des commerçants venus d'Italie !
On imagine parfois les petites villes médiévales comme des endroits isolés, où tout le monde vivait uniquement de ce qu'il produisait.
Mais Nyons entretenait déjà des relations commerciales avec d'autres territoires.
Une vieille règle qui protégeait les marchands les jours de marché
Voilà une anecdote que j'ai découverte dans le livre d'André Lacroix.
Une charte médiévale accordant des libertés aux habitants prévoyait qu'on ne puisse pas pratiquer certaines saisies pour dettes les jours de foire et de marché.
Vous imaginez ?
Déjà à cette époque, il fallait protéger l'activité commerciale et éviter qu'une affaire de dette vienne perturber une journée de vente.
Cette disposition montre que le marché était bien plus qu'un rendez-vous où acheter quelques provisions.
Il constituait une activité essentielle pour l'économie de la ville.
Et en 1541, François Ier vient confirmer officiellement la tradition du marché nyonsais.
Aujourd'hui encore, plusieurs siècles plus tard, le jeudi matin reste un rendez-vous incontournable.
Vous trouverez tous les détails dans mon article consacré au marché de Nyons.
La porte Saint-Jacques : autrefois, on n'entrait pas comme on voulait
Avant de quitter la place, cherchez la porte Saint-Jacques.
C'est le dernier vestige des portes de l'enceinte médiévale conservé dans ce secteur.
Autrefois, Nyons était une ville protégée par des remparts et des portes.
Un texte ancien repris par Lacroix mentionne notamment les portes du Pont, du Marché, de Saint-Jean et du Clédan.
La ville n'avait pas du tout la forme ouverte qu'on lui connaît aujourd'hui.
On entrait par des passages déterminés, reliés aux quartiers fortifiés.
En vous tenant près de la porte Saint-Jacques, essayez d'imaginer la différence.
Aujourd'hui, on passe d'une rue à l'autre sans même y penser.
Autrefois, ces entrées faisaient partie de la défense et de l'organisation de la cité.
Pour découvrir d'autres détails et les anciennes photographies, j'ai consacré une page complète à la place des Arcades.
🏰 3. Le quartier des Forts : imaginez les tavernes du Moyen Âge !
Maintenant, on va monter un peu.
Direction les rues des Grands Forts et des Petits Forts, sur le rocher du Maupas.
C'est un quartier que j'affectionne particulièrement.
Les passages se resserrent, les maisons se touchent presque, les pierres anciennes remplacent les grandes vitrines et les escaliers vous rappellent rapidement qu'on est dans une ville construite sur un rocher !
Mais ce que j'ai découvert en lisant Lacroix m'a fait regarder ces ruelles autrement.
Trois tavernes, pas une de plus !
Dans les règlements communaux de 1332 rapportés par l'historien, il est question des tavernes du quartier des Forts.
Et leur nombre était limité à trois établissements.
Ils étaient associés à différentes confréries, dont la vieille confrérie, la nouvelle et celle appelée Bulbute.
La vente du vin était encadrée et des habitants étaient chargés d'en surveiller les conditions.
Je trouve cela assez savoureux.
Aujourd'hui, lorsqu'on cherche un café ou un petit restaurant, on regarde les terrasses et les menus.
Au XIVe siècle, la vente du vin faisait déjà l'objet de règlements précis !
Cela nous rappelle que le quartier des Forts n'était pas simplement un ensemble de murailles destiné à défendre la ville.
Des gens y vivaient, travaillaient, échangeaient et se retrouvaient.
Bien entendu, je ne vais pas vous dire que telle porte actuelle était nécessairement l'une de ces tavernes : les documents que j'ai consultés ne permettent pas de les localiser aussi précisément.
Mais savoir que ces établissements existaient donne une autre dimension à la promenade.
Les rues avaient leurs fontaines et leurs portes
Une description de Nyons rédigée vers 1770, reproduite par Lacroix, explique que chacune des deux grandes rues du quartier disposait d'une fontaine et d'un portail.
Elle mentionne aussi les armes de France et des Dauphins visibles sur un portail, ainsi que le portail appelé Jarenton ou Gérenton.
Cela montre à quel point les quartiers possédaient leurs propres repères.
On ne disposait pas de nos panneaux modernes, de nos réseaux d'eau et de nos rues accessibles aux voitures.
La vie s'organisait autour des passages, des fontaines, des portes et des lieux collectifs.
En marchant ici, regardez donc aussi les petits détails.
Un ancien encadrement, un passage couvert ou la forme inhabituelle d'un mur peuvent raconter autant de choses qu'un grand monument.
Pour les visiteurs qui veulent explorer les ruelles une par une, j'ai préparé un circuit détaillé du Vieux Nyons.
🌹 4. Le Château Vieux : des rosiers, des oiseaux et un escalier de 42 marches
Voilà probablement l'une des découvertes qui m'ont le plus plu dans le vieux livre d'André Lacroix.
Nous savons que Nyons possédait des ouvrages fortifiés, notamment le Château Vieux et les installations liées aux anciens seigneurs.
Mais nous avons parfois du mal à imaginer ce qu'il y avait vraiment derrière ces murs.
Or l'historien reproduit une description de château établie en 1548.
Et là, on découvre des détails beaucoup plus humains.
Il est question d'une petite cour, d'un puits ou d'une citerne, de jardins où poussaient des vignes et des rosiers, d'un colombier et même d'une volière pour les petits oiseaux.
Vous vous rendez compte ?
Quand on pense à un château médiéval, on imagine aussitôt des soldats, des armes et des murs épais.
Mais il y avait aussi des espaces de vie.
Des jardins, des réserves, des cuisines, des chambres, des animaux et tout le travail quotidien nécessaire au fonctionnement de la demeure.
Quarante-deux marches pour desservir les pièces
Le document décrit également un escalier tournant de 42 marches.
Il permettait de rejoindre différents niveaux du bâtiment.
On y trouve des salles peintes, des cheminées, des chambres, une galerie, une chapelle et des espaces de service.
Il ne faut cependant pas imaginer que toutes ces pièces sont encore visibles aujourd'hui.
La description concerne un état ancien des installations seigneuriales, dont les bâtiments ont été transformés ou ont disparu au fil des siècles.
Mais moi, ce genre de détail me plaît énormément.
Cela permet de sortir un peu des grandes dates et des noms de seigneurs.
On commence enfin à imaginer la vie derrière les murs.
Et lorsque vous traversez aujourd'hui le quartier des Forts, cela donne presque envie de rechercher du regard les traces de ce monde disparu.
Le Château Vieux demeure une propriété privée. La découverte se fait donc uniquement depuis les espaces publics.
🔔 5. La tour Randonne : d'une prison militaire à une chapelle
Continuons en montant vers la tour Randonne.
Sa silhouette est bien connue des Nyonsais.
Mais à l'origine, ce n'était pas une chapelle.
La tour fut construite vers 1280, sous l'autorité de la baronne Randonne de Montauban.
Elle faisait partie des défenses seigneuriales et servait notamment de donjon et de prison militaire.
Il faut imaginer l'importance de cette hauteur à une époque où la surveillance des chemins et des accès à la ville pouvait décider de sa sécurité.
Aujourd'hui, la tour possède une apparence tout à fait différente.
Au XIXe siècle, l'abbé Francou entreprend sa transformation en chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Bon-Secours.
L'ensemble est inauguré en 1863.
Et savez-vous combien de personnes auraient assisté à cette inauguration ?
Quinze mille, selon la Ville de Nyons.
Pour une petite cité des Baronnies, cela représente un rassemblement considérable !
La grande statue de la Vierge, haute d'environ 3,50 mètres, domine toujours la ville.
C'est étonnant de penser qu'un ancien ouvrage militaire a pu devenir un lieu religieux aussi emblématique.
Une même tour, deux fonctions complètement différentes, séparées par plusieurs siècles.
Vous pouvez retrouver toute l'histoire de la tour Randonne dans mon article qui lui est consacré.
📚 6. Autrefois, apprendre à compter coûtait plus cher qu'apprendre à lire !
Avant de redescendre vers l'église, je voudrais vous raconter un autre détail trouvé dans les archives.
Il ne concerne pas directement un monument que vous allez croiser, mais la vie des enfants de Nyons autrefois.
Et je trouve qu'il a toute sa place dans une visite historique.
André Lacroix reproduit un tarif proposé en 1733 par un maître d'école appelé Garcin.
Dans ce tarif, les familles devaient payer selon ce que les enfants apprenaient.
| Enseignement | Prix proposé en 1733 |
|---|---|
| Apprendre l'alphabet | 2 sols |
| Apprendre à lire | 3 sols |
| Apprendre à écrire | 4 sols |
| Apprendre l'arithmétique | 6 sols |
Attention, il s'agit d'un tarif proposé dans un document ancien, pas d'un prix universel pratiqué dans toutes les écoles de France.
Mais quelle différence avec notre époque !
Plus l'enseignement devenait avancé, plus le tarif demandé augmentait.
Le maître sollicitait également la prise en charge du loyer de la pièce où il faisait classe.
Et il faut rappeler qu'à cette époque, tous les enfants ne bénéficiaient pas de la même instruction.
Le livre explique d'ailleurs qu'en 1606, Nyons possédait deux maîtres, l'un protestant et l'autre catholique.
Cette distinction nous rappelle une autre réalité de l'histoire nyonsaise : les divisions religieuses ont longtemps marqué la vie de la ville.
Aujourd'hui, lorsqu'on regarde les établissements scolaires ou les enfants qui rentrent chez eux après la classe, on mesure le chemin parcouru.
J'aime ces petites histoires parce qu'elles permettent de comprendre la vie ordinaire.
Pas seulement celle des princes et des grandes familles, mais aussi celle des parents, des enfants et des instituteurs.
⛪ 7. L'église Saint-Vincent et l'histoire de Philis de la Charce
Redescendons maintenant vers l'église Saint-Vincent.
C'est un monument devant lequel on peut facilement passer sans prendre le temps d'entrer.
Et pourtant, il mérite qu'on s'y attarde.
L'église actuelle date de 1614, même si le lieu possède une histoire religieuse bien plus ancienne.
Elle conserve une nef entourée de dix chapelles latérales ainsi que plusieurs tableaux remarquables.
La Ville de Nyons rappelle que plus de quinze toiles qui y sont présentées bénéficient d'une protection au titre des monuments historiques.
Une héroïne des Baronnies repose ici
L'église abrite aussi le mausolée de Philis de la Charce.
Cette femme est devenue célèbre pour son rôle dans la défense du Dauphiné lors de l'invasion des troupes du duc de Savoie, en 1692.
Son histoire s'est enrichie de récits héroïques au fil des siècles ; il faut donc distinguer les épisodes documentés des traditions qui se sont développées autour d'elle.
Mais ce qui est certain, c'est qu'elle occupe une place importante dans la mémoire régionale.
André Lacroix rapporte sa mort à Nyons en 1703 et évoque le transfert de ses restes dans l'église au XIXe siècle.
Si l'église est ouverte, prenez le temps de découvrir le mausolée et les chapelles.
Ce sont des témoignages directs des différentes époques qui ont marqué Nyons.
J'en parle plus longuement dans mon article consacré à l'église Saint-Vincent.
🌉 8. Le Pont Roman : une construction payée aussi avec du blé et du vin !
Terminons notre promenade au Pont Roman.
Alors là, j'ai découvert une anecdote que je ne connaissais pas dans tous ses détails.
On sait que le pont fut construit entre 1341 et 1409.
On sait aussi qu'il possède une arche unique d'environ 43 mètres de portée et qu'il domine l'Eygues de plus de 18 mètres.
Mais ce que raconte André Lacroix sur son financement est beaucoup moins connu.
Les habitants ont participé à la construction
D'après les archives citées par l'historien, les travaux ont été financés notamment grâce à un prélèvement sur les récoltes et à des dons.
Certains habitants prévoyaient même, dans leur testament, de léguer de l'argent pour aider à achever le pont.
Cela montre combien cet ouvrage représentait un enjeu important pour la communauté.
Il permettait de franchir la rivière et facilitait les déplacements, les échanges et les relations avec les territoires voisins.
Mais ce qui m'a particulièrement amusé, c'est le contenu d'un ancien marché de construction.
Douze sommées de blé, six muids de vin et de la viande salée
Le contrat passé avec l'entrepreneur Guillaume Pays, de Romans, prévoyait notamment :
- Une somme de 1 200 florins d'or.
- Douze sommées de blé.
- Six muids de bon vin.
- Six quintaux de viande salée.
- Un logement et quatre lits pour l'entrepreneur.
- Une somme complémentaire pour les fers, les clous et les cordages.
Ce sont les quantités telles que les rapporte Lacroix, dans les unités de l'époque.
Je trouve cela extraordinaire.
Aujourd'hui, quand on lance un chantier, on parle de devis, de matériaux, de factures et de délais.
Au XIVe siècle, un contrat pouvait aussi prévoir des denrées alimentaires et le logement des personnes chargées de réaliser les travaux.
Cette liste nous rapproche beaucoup de la réalité quotidienne du chantier.
Il fallait nourrir les hommes, leur donner un endroit où dormir et organiser l'approvisionnement.
Un pont ne sortait pas de terre tout seul !
Autrefois, il fallait passer sous le pont avant de passer dessus
Et voilà encore un détail surprenant.
Au début du XXe siècle, Lacroix rappelait un ancien dicton nyonsais.
Il expliquait que le pont possédait autrefois une tour au milieu et une porte du côté de la rive droite.
Le cheminement imposait alors un détour particulier pour rejoindre le tablier.
De là venait l'expression selon laquelle il fallait d'abord passer sous le pont avant de passer dessus.
Ces anciens aménagements ont disparu.
Mais lorsqu'on connaît cette histoire, on ne regarde plus le Pont Roman tout à fait de la même façon.
Ce n'était pas uniquement ce magnifique monument que nous photographions aujourd'hui.
C'était aussi un ouvrage organisé pour les déplacements, le contrôle des passages et les besoins de son époque.
Retrouvez l'histoire complète du Pont Roman de Nyons, avec les photographies anciennes.
🫒 Et si Nyons offrait déjà de l'huile d'olive et des truffes aux grands personnages ?
Avant de terminer, il faut encore que je vous raconte une petite découverte.
En 1523, d'après les comptes historiques rapportés par Lacroix, la ville offrit à des personnages importants plusieurs produits du pays.
Il est question d'huile d'olive, de prunes et de truffes noires.
Oui, de truffes !
Les archives mentionnent notamment un cadeau de deux quintaux d'huile d'olive à des membres du Parlement et d'autres présents comprenant des fruits et des truffes.
Ce qui est amusant, c'est que cinq siècles plus tard, lorsqu'on veut faire découvrir Nyons à des amis ou rapporter un souvenir gourmand, on pense encore à l'huile d'olive et aux spécialités du terroir.
Les produits ont changé dans leur présentation, mais le lien entre Nyons et sa terre est toujours là.
C'est peut-être l'une des belles continuités de notre histoire locale.
☕ Une pause pour retrouver le Nyons d'aujourd'hui
Après toutes ces vieilles histoires, je vous conseille de rejoindre tranquillement le centre.
On retrouve alors les commerces, les terrasses, les habitants qui font leurs courses et les visiteurs qui découvrent la ville.
Et je trouve que c'est une agréable façon de terminer la promenade.
On vient de traverser des siècles d'histoire, mais on est toujours dans un quartier vivant.
Les Arcades continuent d'abriter des commerces.
Le marché du jeudi attire encore les habitants des villages voisins.
Les moulins, les spécialités à base d'olives et les petits métiers participent toujours à la vie du Nyonsais.
Finalement, les choses ont énormément changé, mais certaines habitudes sont restées.
On se retrouve, on discute, on achète, on échange des nouvelles.
C'est un peu cette continuité qui me plaît.
👟 Préparer votre promenade dans le centre historique
| Information | Mon conseil |
|---|---|
| Départ | Place de la Libération |
| Parcours | Libération, Arcades, quartier des Forts, tour Randonne, église, Pont Roman |
| Durée | Environ 1 h 30 à 2 h, pauses comprises |
| Prix | Promenade libre et gratuite |
| Difficulté | Facile dans le bas du centre ; montées et escaliers dans les Forts |
| Chaussures | Baskets ou chaussures offrant une bonne adhérence |
| En été | Préférer le matin |
| Avec enfants | Oui, en adaptant les montées |
| Avec poussette | Éviter le parcours complet des Forts |
| Stationnement | Parkings de la Digue ou des Récollets, sous réserve des règles locales |
| Visites intérieures | Vérifier les horaires des monuments |
Pour les possibilités de stationnement et les règles en vigueur, consultez mon guide où se garer à Nyons.
Le centre peut être plus fréquenté le jeudi, jour du grand marché. Si vous venez surtout photographier les ruelles et les façades, un autre matin sera souvent plus tranquille.
Et avec des enfants ?
Je leur proposerais de chercher quelques détails pendant la promenade.
La porte Saint-Jacques, les vieux passages voûtés, les escaliers des Forts, les anciennes fontaines et la tour Randonne.
On peut même leur demander d'imaginer comment on allait chercher de l'eau, acheter du pain ou se rendre à l'école il y a plusieurs siècles.
C'est une manière plus amusante de leur faire découvrir l'histoire qu'en récitant simplement une liste de dates.
Les marchés et les pauses dans le centre
Le jeudi matin, le marché anime le centre. Le dimanche matin, un marché provençal s’ajoute de début mai à mi-septembre. En dehors de cette période, ne construisez pas votre sortie autour d’un marché dominical.
Pour déjeuner, retrouvez les restaurants de Nyons. Les produits du terroir permettent aussi de prolonger la découverte à la maison.
Où laisser la voiture ?
Les parkings de la Digue et des Récollets sont des options à regarder pour rejoindre le centre à pied. La Ville annonce le stationnement gratuit sur la commune, avec des durées limitées sur certains emplacements. Les marchés, les événements et les zones piétonnes peuvent modifier les possibilités : regarde les panneaux sur place. L’aire de camping-cars possède ses propres règles et tarifs.
Avec une poussette ou une mobilité réduite
Le vieux Nyons comporte des pentes, des pavés et des marches. Le parcours complet jusqu’aux Forts ne convient donc pas à toutes les situations. Tu peux composer une promenade plus courte autour des places et des rues du centre, puis prévoir la montée une autre fois. Pour un itinéraire adapté à tes besoins, renseigne-toi avant de partir plutôt que de compter sur un parcours entièrement accessible.
Prolonger la balade avec René Barjavel
Si tu souhaites aller au-delà de ce parcours dans le centre, le circuit Barjavel et du patrimoine relie les lieux associés à l’écrivain et plusieurs monuments de Nyons. La Ville indique 5,6 km, environ 1 h 30 et 130 m de dénivelé positif. Avec les arrêts de visite, prévois davantage de temps. Le parcours et son fichier GPX sont accessibles sur la page des sentiers découverte de Nyons.
❓ Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter le centre historique de Nyons ?
Prévoyez environ 1 h 30 à 2 h pour la promenade proposée, avec quelques pauses. Pour entrer dans les monuments ou découvrir les musées, il faut ajouter du temps.
Où commence la visite ?
La place de la Libération constitue un bon départ. Elle permet de rejoindre facilement les Arcades puis les vieilles ruelles.
Quel est le quartier le plus ancien de Nyons ?
Le secteur des Forts, sur le Maupas, conserve une partie du patrimoine féodal de la ville, avec les traces du Château Vieux et des anciennes fortifications.
Le centre historique est-il gratuit ?
Oui, les rues et les places publiques sont accessibles librement. Certaines visites organisées ou intérieures peuvent être payantes.
Pourquoi appelle-t-on le Pont Roman ainsi ?
Malgré son nom, l'ouvrage actuel date du Moyen Âge. Il a été construit entre 1341 et 1409.
Peut-on monter jusqu'à la tour Randonne ?
Oui, on peut rejoindre ses abords par les ruelles publiques. La montée comporte des pentes et des marches ; l'accès intérieur à la chapelle est limité à certaines ouvertures.
Peut-on visiter le Château Vieux ?
Non. Il s'agit d'une propriété privée. On peut observer les éléments visibles depuis les espaces publics.
Peut-on faire le circuit avec une poussette ?
Pas intégralement dans de bonnes conditions. Les ruelles hautes comportent des marches, des calades et des passages étroits. Il vaut mieux adapter la visite aux parties plus accessibles du centre.
Que voir dans le centre historique de Nyons ?
La place des Arcades, les rues des Grands et Petits Forts, la tour Randonne, l’église Saint-Vincent et le pont Roman sont les principaux repères de cette promenade.
Quand a lieu le marché dans le centre de Nyons ?
Le marché hebdomadaire a lieu le jeudi matin. Un marché provençal se tient aussi le dimanche matin de début mai à mi-septembre.
❤️ Le petit mot de Papy Chris
Vous savez ce qui m'a fait plaisir en préparant cette promenade ?
C'est de découvrir toutes ces petites histoires qu'on ne voit pas sur les panneaux touristiques.
Les tavernes des Forts, les droits des marchands, les jardins du vieux château, les enfants qui payaient pour apprendre à compter...
Et ce fameux pont qu'on construisait avec des pierres, mais aussi avec du blé, du vin et de la viande salée !
Quand on connaît ces détails, on ne regarde plus les vieilles rues de la même manière.
Une place n'est plus simplement une place.
Un escalier n'est plus seulement une suite de marches.
Un vieux mur devient le témoin de toutes les personnes qui sont passées devant lui.
C'est exactement pour cela que j'aime le centre historique de Nyons.
Il y a bien sûr les beaux monuments, ceux que tout le monde vient photographier.
Mais il y a aussi toute cette vie ordinaire qui s'est déroulée entre les maisons.
Les commerçants, les enfants, les artisans, les cultivateurs, les familles...
Et pour moi, c'est finalement cela, la plus belle histoire du Vieux Nyons : celle des gens qui y ont vécu.
Alors si vous venez vous promener, prenez votre temps.
Il reste encore beaucoup de choses à découvrir entre deux vieilles pierres.
Papy Chris ❤️
📚 Sources et liens utiles
- André Lacroix, L’Arrondissement de Nyons, tome II (1901) — référence bibliographique et chapitre de Nyons
- BnF — notice de la réédition en fac-similé de l’ouvrage de Lacroix (1973)
- Ville de Nyons — Patrimoine urbain
- Ville de Nyons — Histoire de Nyons
- Ville de Nyons — Sentiers découverte
- Jours des marchés annoncés par la Ville
- Ville sur le stationnement
André Lacroix, L’Arrondissement de Nyons — Archéologie, Histoire et Statistique, tome II, 1901, chapitre consacré à Nyons. Passages utilisés dans le PDF : pages 117–120, 143–147, 154–156 et 179–181. Les liens ci-dessus renvoient à la bibliographie nyonsaise et à la notice BnF de la réédition en fac-similé de 1973.
Les anecdotes anciennes sont attribuées aux documents historiques consultés. Les descriptions de la vie médiévale ne doivent pas être confondues avec des témoignages directs de personnes vivant aujourd’hui.