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Mémoire de France · Lille

Lille autrefois : la Grand’Place, ses tramways et les souvenirs du Furet du Nord

Vue ancienne de la Grand’Place de Lille : tramways verts et crème, colonne de la Déesse, Furet du Nord et Bellevue.
Lille, la Grand’Place au début des années 1960. Date exacte non établie ; mention La Cigogne visible sur la carte.

Deux tramways verts et crème, un autobus devant les commerces, des voitures autour de la Déesse et des passants sur les trottoirs : cette photographie nous ramène sur une Grand’Place de Lille où les transports occupaient une grande partie de l’espace.

À gauche, plusieurs enseignes se reconnaissent : Le Furet du Nord, La Cave et Bellevue. Au centre et à droite, les rails dessinent leurs courbes autour de l’îlot de la colonne. Des bicyclettes sont rangées près du monument et un petit édicule complète ce paysage quotidien.

On pourrait passer rapidement sur cette carte. Pourtant, elle conserve tout un morceau de ville : les commerces, les déplacements, les attentes et les trajets dont certains se souviennent encore.

📜 Repères historiques

RepèreInformation
Le lieuLa Grand’Place de Lille, également appelée place du Général-de-Gaulle.
Le monumentLa colonne de la Déesse, érigée en 1845 en souvenir de la résistance lilloise au siège de 1792.
Le Furet du NordInstallé sur la Grand’Place depuis 1959.
Les transportsTramways urbains et autobus coexistent sur la photographie.
Fin du réseau urbain de tramwaysDernier service de la ligne B le 29 janvier 1966.
Datation proposéeDébut des années 1960 ; vers 1963-1965 à considérer comme une hypothèse.

La date du 15 décembre 2025 figurant avec la publication correspond à sa diffusion sur Facebook, pas à la prise de vue.

La Grand’Place avant les aménagements que nous connaissons

Sur cette image, la place apparaît comme un vaste espace de circulation.

Les voitures stationnent sur la droite et au premier plan. D’autres traversent le carrefour, tandis que les transports collectifs suivent leurs itinéraires au milieu des rails et des fils aériens. Des refuges permettent aux piétons de marquer une étape avant de poursuivre leur traversée.

Cette organisation donne une autre lecture du centre de Lille. La Grand’Place est à la fois un lieu de commerce, un passage et un point de rencontre entre plusieurs moyens de transport.

La photographie est prise depuis un point élevé. On distingue ainsi les aiguillages, les trottoirs, les rangées de véhicules et les façades jusqu’aux toitures. Ce regard plongeant permet de comprendre la place autant que de reconnaître ses bâtiments.

La Déesse au milieu de la circulation

La colonne de la Déesse constitue le grand repère de la scène. Sur cette vue, elle domine un îlot entouré par les circulations, avec des bicyclettes appuyées ou rangées à proximité.

Le monument commémore la résistance de Lille face aux Autrichiens en 1792. Érigé en 1845, il associe une colonne conçue par l’architecte Charles Benvignat et une statue réalisée par le sculpteur Théophile Bra. Office de tourisme de Lille.

La statue tient un boute-feu, instrument servant à allumer les canons. Ce détail rappelle que derrière le surnom familier de « Déesse » se trouve un monument consacré à l’histoire de la ville.

Autour d’elle, la photographie montre une vie beaucoup plus ordinaire : des voitures garées, des passants et des vélos. Le monument historique fait partie du trajet de tous les jours.

Le Furet du Nord, déjà sur la place

Sur la gauche, l’inscription « FURET DU NORD » est bien visible.

La librairie s’installe sur la Grand’Place en 1959, à l’initiative de Paul Callens, dans les anciens locaux des galeries Barbès. Un article conservé dans les archives municipales raconte ce changement d’échelle et la volonté de mettre les livres directement à la disposition des lecteurs, sur les tables et dans les rayonnages. Archives municipales de Lille — les 70 ans du Furet.

La photographie montre une étape de cette histoire : le nom du Furet est présent, mais les enseignes voisines restent distinctes.

Pour ceux qui ont connu les agrandissements successifs de la librairie, ces devantures permettent de retrouver une autre répartition des commerces.

La Cave et le Bellevue

À côté du Furet, on lit « LA CAVE ». Plus loin, la grande enseigne « BELLEVUE » attire le regard.

Ces noms sont précieux pour reconnaître les lieux. Ils donnent aussi envie de retrouver les vitrines, les entrées et les usages des différents bâtiments.

Les dates de rachat évoquées dans les souvenirs demanderaient toutefois un contrôle documentaire avant d’être utilisées pour dater la carte. La présence d’une enseigne est un indice ; son histoire exacte doit encore être établie.

Tramways et autobus : une période de transition

Cette vue présente un intérêt particulier : tramways et autobus circulent ensemble.

Un autobus longe les commerces tandis que deux tramways occupent les voies de la place. On voit les rails se rejoindre et se séparer, les poteaux et les lignes aériennes qui accompagnent leur parcours.

Le remplacement des tramways urbains par des autobus s’est fait progressivement. Un compte rendu publié en 1966 dans la revue *Présence du tramway* relate la journée d’adieu à la dernière ligne urbaine, le 29 janvier 1966. Revue Présence du tramway, numéros 18-19.

Tous les tramways lillois n’étaient pas le « Mongy »

Dans les souvenirs, le mot « Mongy » revient facilement pour parler des anciens tramways.

Il faut cependant distinguer le réseau urbain de Lille et le réseau interurbain reliant Lille à Roubaix et Tourcoing. Le récit de la journée du 29 janvier 1966 fait précisément cette distinction : une visite du Mongy est organisée le matin, puis un dernier parcours sur la ligne urbaine B l’après-midi.

La disparition du réseau urbain en 1966 ne signifie donc pas la disparition de tous les tramways de l’agglomération.

De quelle année date cette photographie ?

Plusieurs détails orientent vers le début des années 1960. Ils ne permettent pas encore de choisir une année unique.

Le Furet donne un premier repère

L’installation de la librairie sur la Grand’Place en 1959 fournit une première borne : cette vue est postérieure à son ouverture à cet emplacement.

Ce repère reste assez large, mais il écarte une attribution aux années 1950 antérieures à cette installation.

Les voitures apportent d’autres pistes

Plusieurs personnes reconnaissent une Citroën Ami 6, une Renault 4 et une Simca 1000.

La marque Citroën confirme que l’Ami 6 a été présentée le 24 avril 1961. Si son identification sur cette reproduction est correcte, elle fournit donc un repère supplémentaire. Citroën — histoire de l’Ami 6.

En revanche, les identifications divergent pour d’autres véhicules. Il serait imprudent de retenir une date tardive uniquement parce qu’une petite silhouette est rapprochée d’un cabriolet ou d’un modèle particulier.

Le modèle de l’autobus reste à confirmer

Les échanges proposent plusieurs types d’autobus Brossel, puis corrigent certaines identifications.

La piste d’un véhicule apparu à Lille au début des années 1960 mérite d’être étudiée. Mais sans identification certaine du modèle visible, les dates de mise en service avancées ne peuvent pas servir de preuve définitive.

La datation à retenir

Le Furet déjà installé, les automobiles proposées à l’identification et la présence des tramways urbains rendent une datation au début des années 1960 cohérente.

La fourchette « vers 1963-1965 », suggérée dans les échanges, est plausible, mais elle ne doit pas devenir une date certifiée.

Pour accompagner l’image, on peut retenir :

« Lille, la Grand’Place au début des années 1960 : tramways et autobus devant le Furet du Nord et le Bellevue. Date exacte non établie. »

❤️ Ce que vous racontez

Cette photographie réveille plusieurs souvenirs de déplacements et de commerces.

Attendre le bus devant le Furet

Une lectrice raconte qu’elle prenait le bus devant la librairie alors qu’elle attendait son deuxième enfant. Elle situe ce souvenir vers la fin de 1966 ou le début de 1967.

Ce souvenir concerne sa propre fréquentation de la place ; il ne date pas nécessairement la photographie.

Aller à l’école avec son frère

Une autre personne se rappelle les trajets avec son frère pour rejoindre l’école Sainte-Élisabeth, à Loos, vers 1965-1967.

Le nom donné au transport dans le souvenir ne suffit pas à identifier la ligne exacte, mais le trajet scolaire fait partie de la mémoire de ces lieux.

Les autobus verts et beiges

Un souvenir décrit les autobus avec leurs portes à l’avant, au milieu et à l’arrière. Ce sont parfois ces détails pratiques, davantage que les numéros des véhicules, qui restent en mémoire.

Les sièges en bois et les petits tickets

Un autre souvenir associe le Mongy à ses sièges en bois, au composteur et à de petits tickets étroits.

Cette évocation raconte une expérience du transport ancien, sans établir que le matériel visible sur cette carte correspond exactement à ce souvenir.

Les enseignes qui changent

Le Furet, La Cave et le Bellevue servent aussi de repères pour retrouver les transformations du quartier. Certains se souviennent des commerces séparés, d’autres des agrandissements venus ensuite.

Une même façade peut ainsi rappeler une librairie, un arrêt de bus ou un rendez-vous, selon les années où chacun l’a fréquentée.

Une carte à examiner jusque dans les petits détails

Dans le bas de l’image, à gauche, figure la mention « LA CIGOGNE ». Elle constitue une piste pour rechercher une autre reproduction ou une carte conservée avec son verso.

Le numéro de série, les mentions d’édition, une correspondance et un cachet postal pourraient aider à préciser la période. Un cachet fournirait une date de circulation de la carte, pas nécessairement celle de la prise de vue.

La présence de couleurs ne suffit pas non plus à déterminer le procédé utilisé. Sans consulter le document original ou sa notice, mieux vaut éviter de présenter cette reproduction comme une photographie en couleurs naturelles.

Le petit mot de Papy Chris ❤️

Dans cette vue, chacun peut retrouver son point de repère : la Déesse, le Furet, un autobus, une enseigne ou le chemin de l’école.

J’aime ces images qui montrent les monuments au milieu de la vie quotidienne. Ici, on ne regarde pas seulement Lille : on voit comment on y circulait, où l’on attendait et devant quelles vitrines on passait.

L’année exacte viendra peut-être d’un verso retrouvé ou d’un véhicule identifié sans hésitation. En attendant, les détails et les souvenirs donnent déjà beaucoup à raconter.

Et vous, preniez-vous le bus devant le Furet ? Avez-vous connu La Cave et le Bellevue à cette époque ? Quel trajet faisiez-vous en passant par la Grand’Place ?

Papy Chris ❤️

Questions fréquentes

S’agit-il de la place de la gare ?

Non. Cette nouvelle photographie représente la Grand’Place de Lille, reconnaissable notamment à la colonne de la Déesse.

Le Furet du Nord était-il déjà installé ?

Oui, son enseigne est visible. La librairie est installée sur la Grand’Place depuis 1959.

La photographie date-t-elle de 1963 ?

C’est une possibilité, mais aucune année exacte n’est confirmée. Le début des années 1960 reste la proposition retenue.

Pourquoi parle-t-on de janvier 1966 ?

Le dernier service du réseau urbain de tramways de Lille a lieu le 29 janvier 1966. C’est un repère important pour étudier cette scène.

Tous les tramways ont-ils disparu en 1966 ?

Non. Il faut distinguer l’ancien réseau urbain lillois du Mongy, le réseau interurbain vers Roubaix et Tourcoing.

Sources et documents

La datation précise de la photographie, le modèle de l’autobus et certaines identifications automobiles restent à confirmer.