Il y a des photographies qui nous montrent un beau bâtiment. Et puis il y a celles qui réveillent toute une vie.
Regardez cette ancienne vue de Cavaillon.
Cette grande coupole, les fenêtres rondes, la façade de pierre, le balcon qui suit l'angle de la rue… Et devant, les hommes en chapeau, les passants, les chevaux et les voitures attelées.
Sur le balcon, on distingue les lettres du Grand Hôtel Moderne.
Difficile de reconnaître immédiatement la Caisse d'épargne que plusieurs générations de Cavaillonnais ont connue sur la place Gambetta !
Pourtant, c'est bien le même bâtiment.
Et les souvenirs racontés autour de cette photographie sont particulièrement touchants.
Une habitante se rappelle que ses parents venaient danser dans cet hôtel pendant les années 1950.
Un autre y a vécu enfant, tout en haut, avec une salle à manger installée sous la coupole.
Une ancienne collégienne se souvient de son amie Marie-Christine Bouisset, qui habitait dans l'immeuble.
Et puis, de fil en aiguille, les souvenirs nous emmènent vers les coiffeurs de la place Castil-Blaze, les peintres du cours Carnot, les livreurs de charbon et même cette vieille télévision que l'on allait regarder dans un café de la Grand-Rue.
Vous voyez, derrière cette belle façade, il y a bien plus qu'une histoire d'architecture.
Il y a tout un morceau de Cavaillon qui revient.
Le Grand Hôtel Moderne, l'une des plus belles adresses de Cavaillon
L'histoire du bâtiment commence à la fin du XIXe siècle ou au tout début du XXe.
La date exacte de sa construction n'est pas connue.
Mais les recherches de l'Inventaire général du patrimoine indiquent que l'hôtel apparaît déjà sur des cartes postales antérieures à 1907.
À l'époque, il porte le nom de Grand Hôtel Moderne.
Et ce n'est pas un petit hôtel de passage.
Les archives le présentent comme l'un des établissements les plus prestigieux de Cavaillon.
Sa situation, place Gambetta, n'est certainement pas étrangère à son succès.
On se trouve dans un quartier animé, proche des grands axes de circulation et de la gare.
À la fin du XIXe siècle, avec le développement du chemin de fer, Cavaillon accueille de nombreux voyageurs, négociants, commerçants et personnes venues travailler autour des marchés agricoles.
Un hôtel confortable pouvait donc y jouer un rôle important.
Un hôtel recommandé par le guide Michelin en 1925
Voilà un détail intéressant.
Dans un article historique publié en 2017, Le Dauphiné Libéré rappelle qu'en 1925, le Grand Hôtel Moderne figure parmi les établissements recommandés par le guide Michelin.
Une belle reconnaissance pour cet hôtel cavaillonnais !
Une carte postale ancienne de sa salle à manger est également conservée dans les archives.
On y découvre des tables soigneusement dressées.
Une publicité d'époque, retrouvée dans les documents municipaux, fait apparaître un propriétaire nommé F. Mongelard, avec un numéro de téléphone qui ferait sourire aujourd'hui : le 34.
Ces petits détails permettent de retrouver l'établissement tel qu'il se présentait à ses clients.
Pas de réservation en ligne, pas d'avis Google.
On consultait un annuaire, un guide, une publicité ou l'on se renseignait auprès de connaissances.
Et lorsqu'on arrivait devant cet immeuble à coupole, on savait que l'on était devant une adresse importante de Cavaillon.
Cette coupole qui a marqué des générations
Sur la photographie, impossible de regarder autre chose.
La coupole domine tout.
Avec ses petites fenêtres rondes et son sommet élancé, elle donne au bâtiment une allure presque monumentale.
L'Inventaire du patrimoine décrit un édifice en pierre de taille, avec deux étages principaux, une rotonde d'angle et un niveau supplémentaire sous le dôme.
Les balcons, les moulures et les guirlandes sculptées montrent le soin apporté à sa construction.
Mais le souvenir le plus précieux n'est pas celui d'un architecte.
C'est celui d'un enfant qui a vécu à l'intérieur.
« Notre salle à manger était sous la coupole »
Un ancien habitant raconte qu'il a vécu au dernier étage lorsqu'il était petit.
Et il ajoute une précision extraordinaire :
La salle à manger de sa famille se trouvait sous la coupole !
Imaginez ce que représente un tel souvenir.
Pour nous, cette coupole est un élément remarquable de l'architecture cavaillonnaise.
Pour lui, elle faisait partie de sa maison.
C'était un endroit de la vie quotidienne, associé aux repas et à l'enfance.
On aimerait savoir comment cette pièce était aménagée.
Les fenêtres rondes donnaient-elles sur la place Gambetta ?
D'où venait la lumière ?
Y avait-il des meubles disposés autour de la pièce ?
Le témoignage ne le précise pas, et il serait dommage d'inventer ces détails.
Mais une chose est certaine : ce bâtiment a aussi abrité des familles.
Il ne faut d'ailleurs pas confondre cette salle à manger familiale, située au dernier étage, avec l'ancienne grande salle à manger publique de l'hôtel, qui se trouvait au rez-de-chaussée.
Deux pièces, deux époques et probablement des usages bien différents.
Dans les années 1950, on venait encore danser au Grand Hôtel
Voilà un autre souvenir qui m'a particulièrement plu.
Une ancienne Cavaillonnaise raconte que ses parents allaient danser au Grand Hôtel pendant les années 1950.
Et elle n'est pas la seule à associer cet endroit aux soirées d'autrefois.
Imaginez cette génération qui sortait après le travail, retrouvait des amis et profitait des quelques occasions de danser.
Bien sûr, nous ne connaissons pas les orchestres, les programmes ni les jours exacts où ces soirées avaient lieu.
Mais le souvenir est là.
Et il est suffisamment précis pour donner envie de retrouver d'anciennes photographies de bals, des invitations ou des annonces dans la presse locale.
Peut-être certains habitants possèdent-ils encore une photo de leurs parents prise lors d'une soirée au Grand Hôtel Moderne.
Raymond, Marius et les anciens Cavaillonnais
C'est là que les commentaires deviennent particulièrement humains.
En évoquant les soirées et les familles de Cavaillon, une ancienne habitante retrouve une connaissance d'enfance.
Elle se rappelle notamment d'un homme prénommé Raymond, dont elle garde le souvenir d'une très belle voix.
Il chantait, paraît-il, divinement bien.
Et la conversation fait revenir un autre prénom, Marius, ami de la famille.
Un simple échange autour d'une photographie permet ainsi à plusieurs personnes de se reconnaître après des dizaines d'années.
On ne parle plus seulement du Grand Hôtel.
On retrouve les voisins, les amis des parents et les gens qui ont marqué les années 1950.
C'est précisément ce que les archives administratives racontent rarement.
La famille Bouisset et les enfants qui habitaient l'immeuble
Après les souvenirs des bals, un autre nom revient plusieurs fois : Bouisset.
Une femme raconte qu'au collège, elle avait une amie appelée Marie-Christine Bouisset.
Cette amie habitait dans le bâtiment devenu la Caisse d'épargne.
Voilà un détail très précieux.
Lorsqu'on regarde aujourd'hui une façade de banque, on imagine des bureaux, des guichets et des clients.
Mais on oublie que certains étages pouvaient aussi être des logements.
Une autre ancienne habitante se souvient de Monsieur et Madame Bouisset.
Ils étaient amis de ses parents.
Madame Bouisset était même sa marraine de confirmation.
Et le couple avait, selon son souvenir, quatre enfants.
C'est une information qui redonne une présence humaine à l'immeuble.
Il ne s'agissait pas simplement de quelques appartements anonymes.
Il y avait des familles, des enfants qui allaient à l'école, des amitiés qui se construisaient et des relations qui pouvaient durer toute une vie.
Une Bernadette au dernier étage vers 1966-1968
Un autre habitant évoque les années 1966 à 1968.
À cette époque, il connaissait une Bernadette qui vivait au dernier étage avec sa famille.
Le témoignage ne permet pas d'identifier avec certitude toutes les personnes concernées.
Mais il confirme combien les souvenirs des logements situés dans les étages restent vivants.
Le Grand Hôtel Moderne avait changé de fonction.
Pourtant, des habitants continuaient à le connaître comme un lieu de vie.
On allait y retrouver une amie, on connaissait une famille qui habitait là-haut et l'on regardait cette grande coupole comme un élément familier du quartier.
C'est aussi cela, l'histoire de Cavaillon.
En 1944, le bâtiment connaît une période beaucoup plus sombre
Impossible de raconter toute l'histoire du Grand Hôtel Moderne sans évoquer la Seconde Guerre mondiale.
Une habitante rappelle que des militaires allemands s'y étaient installés.
J'ai pu retrouver la confirmation de ce fait dans un document des Archives municipales de Cavaillon, publié à l'occasion d'une exposition sur la Libération.
À partir du 10 janvier 1944, l'Hôtel Moderne devient le siège d'une unité Brandebourg de l'occupant.
Cette formation était notamment impliquée dans les opérations dirigées contre la Résistance.
Il faut bien distinguer les différents établissements évoqués par les archives : le Grand Hôtel Moderne est identifié comme un siège de cette unité, tandis que l'hôtel Splendid apparaît dans les documents consacrés à la détention et aux tortures de résistants.
Parmi les victimes de cette période figure Yvon Dariès, résistant arrêté en juillet 1944, détenu au Splendid puis fusillé le 2 août.
Ce sont des faits particulièrement douloureux, qu'il convient de raconter avec précision.
Le 24 août 1944, Cavaillon est libéré.
Pour les habitants qui avaient connu l'Occupation, ces événements ont évidemment marqué la mémoire de la ville.
Et lorsqu'on retrouve ensuite les souvenirs de bals des années 1950, on mesure combien les usages d'un même bâtiment peuvent changer en quelques années.
Des jours sombres aux retrouvailles familiales, l'histoire du Grand Hôtel Moderne n'a pas été un long fleuve tranquille.
De l'ancien hôtel à la Caisse d'épargne
Avec le temps, l'établissement hôtelier disparaît et les locaux sont transformés.
La Caisse d'épargne s'installe dans l'immeuble, qui conserve une grande partie de son apparence extérieure.
À l'intérieur, en revanche, les modifications sont importantes.
L'ancienne grande salle à manger de l'hôtel, au rez-de-chaussée, est adaptée aux activités bancaires.
Les étages sont réaménagés pour accueillir des bureaux.
Une nouvelle entrée est créée du côté de la rotonde.
Et c'est ainsi qu'un bâtiment autrefois consacré aux voyageurs devient une adresse où les Cavaillonnais viennent déposer leur argent, demander des renseignements ou rencontrer leur conseiller.
Un témoignage qui nous ramène à 1965
Un ancien collaborateur du cabinet d'architecture Arthur Mathieu, installé cours Victor-Hugo à Cavaillon, évoque un travail auquel il a participé en 1965.
Malheureusement, le commentaire transmis s'interrompt avant qu'il ait terminé ses explications.
Il serait donc imprudent de lui attribuer précisément les transformations du bâtiment sans connaître la suite de son témoignage.
Mais voilà une piste très intéressante.
Si cet ancien collaborateur possède des plans, des photographies de chantier ou le souvenir des interventions réalisées à cette époque, son témoignage pourrait nous aider à retrouver une partie de l'histoire de la Caisse d'épargne.
Car les rénovations anciennes laissent elles aussi des souvenirs.
Ceux des architectes, des maçons, des menuisiers, des peintres et de tous ceux qui ont participé aux travaux.
Et autour de la place Gambetta, toute une vie de quartier
Les commentaires sur le Grand Hôtel ne restent pas longtemps limités à la place Gambetta.
Très vite, les anciens Cavaillonnais retrouvent les rues où habitaient leurs familles.
La Grand-Rue, la rue Stalingrad, la place Castil-Blaze, le cours Carnot…
Et avec ces lieux, les métiers ressurgissent.
Narcisse Pacini et les coupes au bol
Une ancienne habitante évoque sa famille Pacini.
Son oncle Narcisse Pacini était coiffeur du côté de Castil-Blaze.
Et lorsqu'elle retrouve ses souvenirs des années 1950, elle reparle de ces fameuses coupes au bol !
Ah, les coupes au bol…
Combien d'enfants de cette génération ont connu cette coiffure bien nette, coupée presque à la même hauteur tout autour de la tête ?
Une photographie de classe suffirait peut-être à en faire sourire plus d'un.
Les souvenirs évoquent également un père et un grand-père qui exerçaient le métier de peintre sur le cours Carnot.
Deux générations dans le même métier.
Voilà encore une histoire familiale qui mériterait d'être approfondie.
Les livreurs de charbon et la camionnette bleue
Un autre souvenir nous ramène aux livraisons de charbon.
Une femme se rappelle d'une camionnette bleue.
Elle se souvient aussi de Monsieur Sube, qui effectuait des livraisons.
Un autre Cavaillonnais raconte avoir travaillé chez Méric père et fils, rue Stalingrad.
Il évoque son oncle Pierre Armand, qui livrait le charbon avec une petite camionnette.
Aujourd'hui, cela paraît bien loin.
Mais à l'époque, les familles devaient régulièrement se faire livrer leur combustible.
Le charbon, les sacs, les camionnettes, les livreurs que l'on connaissait…
Tout cela faisait partie de la vie quotidienne des rues de Cavaillon.
Et derrière un métier disparu, on retrouve encore une fois des noms.
Le bar de la Grand-Rue où l'on allait regarder la télévision
Voilà peut-être mon souvenir préféré.
Une ancienne Cavaillonnaise raconte que son grand-oncle tenait un bar dans la Grand-Rue.
Et lorsqu'elle était enfant, on y allait notamment pour regarder la télévision.
Il faut se souvenir qu'au cours des années 1950, tous les foyers ne possédaient pas encore leur propre poste.
Alors, dans certains cafés, la télévision devenait une attraction.
On venait regarder une émission, retrouver du monde ou simplement découvrir les images qui apparaissaient sur ce drôle d'appareil.
Un autre souvenir évoque un oncle qui fréquentait régulièrement un bar de la Grand-Rue pour jouer à la belote.
Deux petites scènes qui racontent parfaitement la convivialité des anciens quartiers.
Un jeu de cartes, un écran de télévision et les mêmes habitués qui se retrouvaient.
Et pendant que les adultes discutaient, les enfants retenaient des détails qu'ils raconteraient parfois soixante-dix ans plus tard.
Ce que vous racontez ❤️
Voici cinq témoignages authentiques recueillis autour de la photographie. Ils ont été légèrement reformulés sans changer leur sens. Les auteurs sont anonymisés, mais les noms des personnes évoquées sont conservés.
« Mes parents allaient danser au Grand Hôtel »
« Avant la Caisse d'épargne, ce bâtiment était le Grand Hôtel. Mes parents y allaient danser dans les années 1950. Je garde ce souvenir de leur jeunesse. »
« Notre salle à manger était sous la coupole »
« J'ai habité au dernier étage de cet immeuble lorsque j'étais enfant. Notre salle à manger se trouvait sous la coupole. »
« Mon amie Marie-Christine Bouisset habitait là »
« Au collège, j'avais une amie qui s'appelait Marie-Christine Bouisset. Nous étions ensemble en classe et elle habitait dans le bâtiment de la Caisse d'épargne. »
« Je connaissais une Bernadette au dernier étage »
« Vers 1966-1968, j'ai connu une Bernadette qui habitait au dernier étage de cet immeuble avec sa famille. »
« J'ai travaillé avec les livreurs de charbon »
« Nous habitions dans la Grand-Rue et j'ai travaillé chez Méric père et fils, rue Stalingrad, avec mon oncle Pierre Armand. Il livrait le charbon avec sa petite camionnette. »
Ce qui rend ces témoignages si intéressants, c'est qu'ils racontent plusieurs époques à la fois.
Les bals.
Les logements.
Les amitiés du collège.
Les métiers.
Les rues où l'on grandissait.
Et tout cela à partir d'une photographie du Grand Hôtel Moderne.
Que reste-t-il du Grand Hôtel Moderne aujourd'hui ?
Le bâtiment existe toujours sur la place Gambetta.
La Caisse d'épargne y possède encore une agence.
Sur son site officiel, elle indique l'adresse du 69 place Gambetta.
Les documents patrimoniaux plus anciens mentionnent quant à eux le numéro 63, ce qui montre l'intérêt de bien distinguer les références historiques de l'adresse commerciale actuelle.
Mais l'essentiel est ailleurs.
La grande coupole a survécu.
Les façades sont toujours là.
Et les passants peuvent encore reconnaître une partie de l'architecture présente sur les vieilles photographies.
Pourtant, celui qui ne connaît pas cette histoire pourrait passer devant sans jamais imaginer les voyageurs qui y ont séjourné, les familles installées dans les étages ou les soirées dansantes des années 1950.
C'est aussi pour cela que j'aime tant les vieux bâtiments de nos centres-villes.
Ils peuvent changer d'enseigne, de propriétaire ou d'activité.
Mais leur histoire ne disparaît pas forcément avec leur ancienne fonction.
Retrouver le Cavaillon des commerces et des souvenirs
Le Grand Hôtel Moderne n'est évidemment pas le seul bâtiment à avoir traversé plusieurs générations de Cavaillonnais.
Tout près, la rue de la République possède elle aussi une histoire commerçante très riche.
Dans notre article consacré à la rue de la République à Cavaillon et à ses anciens magasins, les habitants racontent Charly, Discorama, Bata, Mathieu et tant d'autres commerces disparus.
Ces souvenirs se complètent.
D'un côté, le Grand Hôtel et sa coupole.
De l'autre, les boutiques, les vitrines, les rues commerçantes et les rendez-vous de jeunesse.
C'est tout un Cavaillon que les anciens continuent de faire revivre.
Questions fréquentes sur le Grand Hôtel Moderne de Cavaillon
Où se trouvait le Grand Hôtel Moderne ?
Il était situé place Gambetta, à Cavaillon, dans l'immeuble occupé aujourd'hui par l'agence Gambetta de la Caisse d'épargne.
Quand a-t-il été construit ?
Sa construction remonte à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe. L'Inventaire général du patrimoine confirme qu'il existait avant 1907.
L'hôtel était-il réputé ?
Oui. Il était considéré comme l'un des hôtels les plus prestigieux de Cavaillon. Il figure en 1925 parmi les établissements recommandés par le guide Michelin.
Y organisait-on des bals ?
Des souvenirs d'habitants indiquent que leurs parents allaient y danser pendant les années 1950. Les programmes et les dates précises de ces soirées restent à retrouver.
Que s'est-il passé pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Les Archives municipales indiquent que le bâtiment a servi de siège à une unité Brandebourg de l'occupant allemand à partir du 10 janvier 1944.
Peut-on encore voir la coupole ?
Oui. Elle constitue toujours l'un des éléments architecturaux les plus caractéristiques du bâtiment de la place Gambetta.
Le petit mot de Papy Chris ❤️
Vous savez ce qui me touche le plus dans cette histoire ?
C'est de penser qu'une dame pouvait aller danser au Grand Hôtel avec son mari dans les années 1950…
Pendant qu'au-dessus, quelques années plus tard, des enfants grandissaient dans des appartements dont l'un possédait une salle à manger sous cette immense coupole.
Et qu'un jour, l'une de ces petites filles retrouverait sur Internet le nom d'une amie de collège.
Marie-Christine Bouisset.
Puis d'autres souvenirs suivraient.
Raymond, qui chantait si bien.
Narcisse Pacini et les coupes au bol.
Monsieur Sube et les livraisons de charbon.
Pierre Armand et sa camionnette.
Le bar de la Grand-Rue où l'on regardait la télévision.
Franchement, c'est formidable tout ce qu'une ancienne photographie peut faire remonter.
Et c'est cela que j'aimerais préserver dans Mémoire de France.
Pas seulement les belles façades.
Mais les gens qui ont vécu derrière les fenêtres.
Parce que cinquante ou cent ans plus tard, ce sont souvent leurs petites histoires qui nous touchent le plus.
Papy Chris ❤️
Sources historiques et mémoire locale
- Ministère de la Culture — Inventaire général : Grand Hôtel Moderne, puis Caisse d’épargne (IA84000547)
- Archives municipales de Cavaillon — De l’ombre à la liberté : Cavaillon en 1944, notamment page 10 (PDF)
- Le Dauphiné Libéré, 29 mars 2017 — Quand la Caisse d’épargne était autrefois un grand hôtel : recommandation Michelin en 1925 et photographies anciennes
- Archives municipales — Aller et venir, catalogue 2024, page 50 : en-tête commercial du Grand Hôtel Moderne, F. Mongelard, téléphone 34 (PDF)
- Caisse d’Épargne — Agence Cavaillon Gambetta : adresse actuelle au 69 place Gambetta
Mémoire locale : témoignages transmis autour de la photographie. Les cinq commentaires présentés ont été légèrement reformulés et leurs auteurs anonymisés ; les noms des personnes évoquées ont été conservés. Les souvenirs non corroborés restent distingués des faits établis par les archives, notamment les bals, la vie familiale et les travaux évoqués en 1965.
Photographie ancienne fournie et autorisée pour cet article ; auteur et date exacte à identifier.
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