Souvenirs du Vaucluse

Avignon autrefois : tramway, verrières et commerces de la rue de la République

Tramway, verrières, Bains de la Poste, pharmacie des Doms et anciens commerces : une photo de la rue de la République raconte la mémoire d’Avignon.

Il y a des photographies anciennes qu'on regarde pendant cinq secondes avant de passer à autre chose. Et puis il y a celles qui vous arrêtent net.

Celle-ci, prise rue de la République à Avignon, appartient à la deuxième catégorie.

Regardez bien cette rue.

Les rails du tramway, les grands stores déployés devant les boutiques, les passants en chapeau, les enseignes accrochées aux façades… Et surtout, sur la droite, cette extraordinaire marquise de verre et de ferronnerie qui avance au-dessus du trottoir.

On aurait presque envie d'entrer dans la photographie, de marcher quelques mètres et de regarder les vitrines.

Car derrière cette image, ce n'est pas seulement une rue ancienne que nous retrouvons. C'est tout un Avignon commerçant, avec ses pharmacies, ses bains publics, ses pâtisseries, ses grands magasins et ses petits métiers.

Et grâce aux souvenirs des habitants, plusieurs noms oubliés commencent à ressurgir.

La rue de la République : une grande avenue qui n'a pas toujours existé

On l'appelle familièrement « la rue de la Ré ».

Pourtant, cette grande artère qui relie le centre d'Avignon au secteur de la gare n'existe sous sa forme actuelle que depuis le XIXe siècle.

Avant son percement, le paysage était bien différent. Les rues étroites, les maisons anciennes et les passages hérités de la ville médiévale occupaient une bonne partie de l'espace.

L'arrivée du chemin de fer allait tout changer.

Entre 1856 et 1867, la municipalité engage de grands travaux pour ouvrir une artère large et rectiligne entre la gare et le cœur de la cité.

Des maisons sont démolies, des parcelles transformées, des alignements nouveaux apparaissent.

Comme dans bien d'autres villes françaises, il s'agit alors de moderniser la circulation et de donner une nouvelle allure à la ville.

Aujourd'hui, nous trouvons cette perspective presque naturelle.

Mais à l'époque, imaginez le bouleversement pour les habitants des anciens quartiers ! Pour regarder une autre transformation de la ville, découvre aussi le Monument du Centenaire d’Avignon.

Cette rue devait bientôt devenir l'un des principaux lieux de promenade et de commerce d'Avignon. On en retrouve un autre chapitre dans les souvenirs des commerces des années 1960 à 1980.

Quand le tramway traversait la rue de la République

Des rails en plein centre-ville, bien avant nos transports modernes

La première chose que l'on distingue sur la chaussée, ce sont les rails.

Ils témoignent d'une époque où le tramway électrique faisait partie du quotidien avignonnais.

À la fin du XIXe siècle, Avignon se dote d'un réseau qui relie le centre, la gare et plusieurs quartiers de la ville.

Les tramways transportent des voyageurs, accompagnent l'activité commerçante et participent à la transformation des déplacements urbains.

L'ancien réseau fonctionne jusqu'en 1932.

Sur cette photographie, les rails sont parfaitement visibles, même si aucune rame ne se trouve au premier plan.

Voilà une image qui rappelle que le tramway ne constitue pas une invention récente à Avignon.

Une rue où les déplacements se partageaient autrement

Ce qui frappe également, c'est la place laissée aux piétons.

Hommes, femmes, cyclistes et clients des magasins se croisent dans un paysage sans file de voitures.

Il serait tentant d'y voir une époque où tout était plus tranquille.

Mais une photographie reste un instant précis : elle ne nous dit pas à elle seule quel était le niveau réel de circulation ni combien de temps il fallait pour traverser la ville.

Elle montre néanmoins un espace public très différent de celui que nous avons connu ensuite.

Pour prolonger cette histoire des transports anciens, on peut retrouver sur Vivre à Nyons l’avenue Saint-Ruf, son tramway et ses anciens commerces, autre grande artère avignonnaise autrefois desservie par le tramway.

Cette magnifique marquise qui attire tous les regards

Avouez que c'est difficile de ne pas la remarquer !

Sur la droite, une grande verrière avance au-dessus du trottoir.

Les panneaux vitrés reposent sur une structure métallique travaillée, avec des volutes et des ornements élégants.

Ce n'est pas le genre d'abri que l'on installe à la va-vite.

À cette époque, l'architecture commerciale participe à l'identité d'une rue.

Une devanture doit protéger de la pluie et du soleil, bien sûr. Mais elle peut également séduire les clients, afficher le prestige d'un établissement et donner du caractère à tout un immeuble.

Ici, cette marquise semble presque constituer un petit monument à elle seule.

Les Bains de la Poste : un établissement à retrouver dans les archives

Un témoignage particulièrement intéressant d'Anne-Marie permet d'aller plus loin.

Elle situe, entre l'atelier du luthier Autiéro et la pharmacie des Doms, un établissement appelé les Bains de la Poste.

Elle précise aussi que la verrière aurait été utilisée, bien plus tard, comme salle-fumoir par des journalistes du Provençal, puis de La Provence.

Voilà un souvenir qui mérite d'être conservé.

Les bains publics ont longtemps occupé une place importante dans la vie urbaine, à une époque où toutes les habitations ne disposaient pas du confort sanitaire actuel.

Des établissements de bains-douches existaient effectivement dans ce secteur de la rue, comme le rappellent les recherches historiques consacrées aux anciens commerces avignonnais.

En revanche, pour établir précisément l'histoire de cette marquise, sa date de construction et ses transformations successives, il faudrait retrouver des plans, des photographies supplémentaires ou des documents d'archives.

Ce serait une belle enquête de mémoire locale.

La Grande Pharmacie des Doms : une enseigne impossible à manquer

Au-dessus des commerces, une inscription domine toute la scène :

GRANDE PHARMACIE DES DOMS

La publicité occupe une surface impressionnante.

À l'époque, les grandes inscriptions peintes directement sur les murs participent au paysage commercial. Elles attirent les regards bien avant l'arrivée des écrans lumineux et des enseignes modernes.

Le mot « pharmacie » apparaît également sur une enseigne suspendue plus bas.

On imagine facilement les passants utilisant ces grandes enseignes comme points de repère pour se donner rendez-vous ou se diriger dans la rue.

Mais il ne faut pas confondre le nom historique visible sur cette photographie avec celui des pharmacies actuelles.

La continuité exacte de l'établissement, ses propriétaires successifs et son éventuel déplacement demanderaient une recherche dans les anciens annuaires commerciaux.

Cette photographie nous donne au moins une certitude : la Grande Pharmacie des Doms faisait partie des noms affichés dans le paysage de cette rue.

Autiéro le luthier : les artisans aussi avaient leur place

C'est un autre nom qui apparaît dans les témoignages : Autiéro.

Anne-Marie évoque ce luthier comme un voisin des Bains de la Poste et de la pharmacie des Doms.

Un luthier, cela change un peu des magasins de vêtements et des grandes enseignes !

Son métier consiste à fabriquer, entretenir ou réparer des instruments de musique à cordes.

Sa présence rapportée dans cette rue rappelle que les centres-villes abritaient aussi des artisans spécialisés, dont les ateliers pouvaient rester célèbres auprès de générations de clients.

Le nom d'Autiéro mériterait d'être recherché dans les annuaires d'époque, les publicités anciennes et les archives professionnelles.

Qui sait si une facture, une photographie d'atelier ou un instrument portant son étiquette n'existe pas encore dans une famille avignonnaise ?

Bouvet, Cotte : les noms des anciennes pâtisseries refont surface

Une vieille photographie fait souvent ressurgir une boutique dont plus personne ne connaissait exactement le nom.

Ici, c'est une pâtisserie-confiserie qui revient dans les conversations.

Anne-Marie se souvient d'un établissement appelé Bouvet, situé plus haut dans la rue, près du départ du tramway.

Elle précise qu'un autre nom lui aurait succédé, sans pouvoir le retrouver.

Geneviève évoque de son côté la pâtisserie Cotte, qu'elle situe à l'angle de la rue de la République et de la rue Saint-Agricol, à une époque peut-être différente.

Ces deux souvenirs ne permettent pas encore de reconstituer une succession commerciale certaine.

Ils indiquent surtout deux pistes intéressantes.

Était-ce le même local ? Deux pâtisseries différentes ? Une enseigne remplacée par une autre au fil du temps ?

Il faudrait confronter les souvenirs aux annuaires anciens pour trancher.

Ce qui est certain, c'est que les pâtisseries ont laissé une place considérable dans la mémoire des Avignonnais.

Il suffit de lire les anciennes pâtisseries d’Avignon, de Gouas à Aillasse, Perrier ou Walter pour comprendre qu'une simple boîte de gâteaux pouvait accompagner des décennies de vie familiale.

Les Nouvelles Galeries, une autre grande page du commerce avignonnais

De l'autre côté de la rue se trouvait l'un des grands symboles du commerce moderne : les Nouvelles Galeries.

Les Archives municipales d'Avignon permettent d'en retracer l'histoire.

L'établissement est inauguré en 1904.

Sa construction s'inscrit dans le développement des grands magasins, ces nouveaux lieux commerciaux où l'on peut retrouver différents rayons sous un même toit.

L'architecture elle-même participe au spectacle : de grandes baies vitrées, une façade soignée, un bâtiment conçu pour attirer l'attention.

Les Nouvelles Galeries deviendront ensuite un repère majeur pour plusieurs générations d'Avignonnais.

Et derrière les magasins, il y avait des employés

Marlène raconte que son oncle et sa tante ont travaillé aux Nouvelles Galeries.

Une phrase toute simple, mais qui ouvre une porte sur une autre histoire.

Car derrière les enseignes se trouvaient des vendeuses, des vendeurs, des caissières, des manutentionnaires, des responsables de rayon et beaucoup d'autres employés.

Leurs noms n'apparaissent presque jamais sur les cartes postales.

Pourtant, ce sont eux qui faisaient vivre les magasins.

Retrouver leurs photographies, leurs parcours et leurs souvenirs serait une manière de raconter l'histoire commerciale d'Avignon autrement.

Pas seulement à travers les bâtiments.

À travers celles et ceux qui y travaillaient.

L'Éclair de Montpellier : quand les journaux remplissaient aussi les vitrines

Sur la droite de la photographie, une inscription attire l'œil : L'ÉCLAIR.

La publication d'origine et les souvenirs associés invitent à s'interroger sur la présence de la presse venue de Montpellier dans les rues avignonnaises.

Il reste toutefois à identifier précisément le commerce ou le support publicitaire visible.

Le début du XXe siècle est une période où la presse écrite occupe une place considérable dans la vie quotidienne.

Les kiosques, les dépositaires et les points de vente de journaux participent pleinement à l'animation des villes.

On découvre les nouvelles, on discute de politique, on parle des événements locaux.

Un journal posé derrière une vitrine pouvait parfois suffire à déclencher une conversation.

C'est aussi cette vie ordinaire que les anciennes photographies nous permettent de retrouver.

L'Épicerie Parisienne et les verrières disparues

Anne-Marie apporte encore un détail précieux.

Elle se souvient également d'une belle verrière du côté de l'ancienne Épicerie Parisienne.

Voilà un autre commerce dont le nom appartient à la mémoire avignonnaise.

Cette épicerie, son personnel, ses produits et les habitudes de sa clientèle méritent d'être racontés dans une histoire à part entière.

Car une épicerie n'était pas seulement un endroit où l'on faisait ses courses.

C'était aussi un lieu où les employés connaissaient les clients, où l'on venait chercher un produit particulier et où les familles entretenaient des habitudes pendant des années.

La comparaison des anciennes photographies pourrait permettre de mieux distinguer les différentes verrières de la rue, leur emplacement et leurs transformations.

Où se trouvait le photographe ?

Plusieurs habitants ont tenté de situer précisément la prise de vue.

Patricia indique qu'il faudrait regarder du côté de l'emplacement devenu plus tard celui des Nouvelles Galeries, puis de Sephora. Elle repère également la rue Mignard près de l'inscription L'Éclair.

Jean propose une autre indication utile : selon lui, le photographe regarde en direction de la gare.

Rosette confirme le souvenir des Nouvelles Galeries et évoque, de l'autre côté, les chaussures Myrys.

Ces observations permettent de proposer une lecture géographique intéressante.

Mais une identification définitive demanderait de comparer la photographie aux plans, aux numéros d'immeubles et à des vues anciennes prises depuis d'autres angles.

C'est souvent ainsi que l'on parvient à retrouver l'emplacement exact d'une carte postale.

Un habitant reconnaît une devanture.

Un autre se rappelle un croisement.

Un troisième retrouve un nom de commerce.

Et le puzzle finit par prendre forme.

Ce que vous racontez

Souvenirs d'habitants recueillis à la suite de la publication de cette photographie. Témoignages légèrement reformulés, présentés avec les seuls prénoms. Ils témoignent de la mémoire locale et ne remplacent pas les documents d'archives.

Anne-Marie

Entre Autiéro le luthier et la pharmacie des Doms se trouvaient les Bains de la Poste. La verrière aurait ensuite servi de fumoir aux journalistes du Provençal et de La Provence. Elle se souvient également de la verrière de l'Épicerie Parisienne et de la pâtisserie-confiserie Bouvet, située plus haut dans la rue.

Geneviève

Elle pense que la pâtisserie Cotte se trouvait, à une époque ultérieure, à l'angle de la rue de la République et de la rue Saint-Agricol.

Monique

Elle a vécu ses dix-huit premières années à Avignon. Le dimanche, après la messe, sa famille allait se promener rue de la République. Un petit rituel qui lui est resté en mémoire.

Patricia

Elle reconnaît le secteur des anciennes Nouvelles Galeries, devenu plus tard celui de Sephora, et situe la rue Mignard après l'inscription L'Éclair.

Marlène

Son oncle et sa tante travaillaient aux Nouvelles Galeries. Un souvenir familial qui rappelle toute l'histoire humaine cachée derrière les grands magasins.

Quand on allait simplement « faire la rue de la Ré »

Ce qui est amusant avec cette photographie, c'est qu'elle appartient à une époque bien antérieure à la plupart des souvenirs racontés aujourd'hui.

Pourtant, les mêmes habitudes reviennent.

On marchait.

On regardait les vitrines.

On rencontrait des connaissances.

On savait où trouver un commerçant.

Monique se souvient des promenades du dimanche après la messe.

Benoît raconte avoir monté et descendu cette rue de nombreuses fois.

D'autres évoquent la beauté des anciennes devantures, la disparition de certains magasins ou le changement d'ambiance du centre-ville.

Naturellement, le fameux « c'était mieux avant » revient vite dans les conversations.

Mais il n'est pas nécessaire de décider quelle époque était la meilleure pour trouver cette photographie passionnante.

Ce qui compte, c'est de comprendre ce qui faisait vivre la rue.

Les grands magasins, bien sûr.

Mais aussi les petits commerces, les artisans, les employés, les habitués, les promeneurs et toutes ces rencontres qui n'ont laissé aucune trace dans les documents officiels.

Une photographie, et autant d'histoires à retrouver

On pourrait passer une heure devant cette seule image.

Observer les ferronneries de la marquise.

Lire les enseignes.

Suivre les rails du tramway.

Chercher les numéros des immeubles.

Essayer de reconnaître un carrefour.

Et puis se demander ce que sont devenus les établissements, les artisans et les employés qui faisaient vivre cette rue.

La Grande Pharmacie des Doms, les Bains de la Poste, Bouvet, Cotte, Autiéro, les Nouvelles Galeries, l'Épicerie Parisienne…

Tous ces noms composent une histoire qui mérite d'être conservée.

La rue de la République n'est pas seulement une voie qui traverse Avignon.

Elle est une partie de la mémoire de la ville.

Et parfois, une seule photographie suffit à faire ressurgir ce que les façades ne racontent plus. Pour poursuivre la promenade, retrouve nos idées pour redécouvrir Avignon aujourd’hui.

Parce qu'une ville ne se souvient pas seulement de ses monuments. Elle se souvient aussi des gens qui y ont vécu. ❤️

Sources et liens utiles

Les souvenirs transmis pour cet article sont distingués des repères documentaires. Bouvet, Cotte, Autiéro, les Bains de la Poste et l’usage ultérieur de la verrière restent des pistes de mémoire locale à confronter aux annuaires, plans et archives. Aucun nom de photographe, éditeur ou millésime précis n’est attribué sans document.

Questions fréquentes

Quand la rue de la République a-t-elle été construite ?

La grande percée actuelle a été réalisée entre 1856 et 1867 afin de faciliter notamment la liaison entre la nouvelle gare et le centre historique d'Avignon.

Y avait-il autrefois un tramway rue de la République ?

Oui. L'ancien tramway électrique avignonnais desservait cette artère à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Le réseau historique a cessé son exploitation en 1932.

Que sont les Bains de la Poste ?

Les Bains de la Poste sont un ancien établissement évoqué dans les souvenirs locaux de la rue de la République. Des recherches complémentaires seraient nécessaires pour préciser son adresse exacte, son évolution et l'histoire de sa verrière.

Où se trouvait la Grande Pharmacie des Doms ?

Son enseigne est clairement visible sur la photographie ancienne présentée ici. Son adresse historique précise et sa succession commerciale restent à documenter avec des annuaires et plans d'époque.

Quand les Nouvelles Galeries d'Avignon ont-elles ouvert ?

Les Archives municipales indiquent que le grand magasin a été inauguré en 1904, dans la rue de la République.

Peut-on dater exactement cette photographie ?

Pas avec certitude à partir de la seule image. Les rails du tramway, les enseignes et l'architecture orientent vers le début du XXe siècle, mais une datation précise nécessiterait de retrouver l'original, son éditeur ou une archive identifiée.

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