Avignon autrefois · Papy Chris

Avignon autrefois : la caserne Hautpoul, le 7e génie et les souvenirs des habitants

À Avignon, la caserne Hautpoul, le 7e génie, les anciennes vespasiennes et une fontaine réveillent les souvenirs des habitants du cours Jean-Jaurès.

Il y a des photographies anciennes qui racontent davantage de choses qu'on ne le pense au premier regard. Celle-ci, prise à Avignon au début du XXe siècle, en est un bel exemple.

Derrière les grands platanes, un imposant bâtiment militaire. Devant les grilles, quelques passants, des chevaux, une étrange installation couverte de publicités et, sur la droite, une fontaine qui attire aujourd'hui la curiosité.

La carte postale porte cette inscription : « AVIGNON — Caserne du 7me Génie ».

Mais ce qui m'a donné envie d'en retrouver l'histoire, ce n'est pas seulement le bâtiment.

Ce sont les souvenirs revenus lorsque cette photographie a été partagée. Ceux des anciens militaires, bien sûr, mais aussi ceux des enfants qui regardaient les soldats derrière les grilles, des habitants qui se rappellent les fanfares et de ceux qui cherchent encore à savoir ce qu'est devenue cette vieille fontaine.

On commence par regarder une caserne photographiée il y a plus d'un siècle, et l'on finit par retrouver tout un morceau de la vie avignonnaise.

La caserne Hautpoul, au cœur de l'Avignon d'autrefois

Pour comprendre cette photographie, il faut se replacer dans l'Avignon du XIXe siècle.

La ville connaît alors de grandes transformations. L'arrivée du chemin de fer, au milieu des années 1850, entraîne la création de nouvelles voies destinées à relier la gare au centre.

L'une de ces grandes percées deviendra notre cours Jean-Jaurès.

Mais à l'époque, les noms changent encore au fil des régimes et des décisions municipales. L'artère est d'abord connue sous le nom de rue Bonaparte, puis de cours de la République et de cours Pétrarque. Elle recevra officiellement le nom de cours Jean-Jaurès en 1925.

Sur cette nouvelle artère bordée de platanes, la présence militaire occupe une place importante.

C'est là qu'est édifiée la caserne Hautpoul, sur une partie des anciens jardins du couvent des Célestins.

La construction est achevée en 1865.

Imaginez le changement pour les Avignonnais de cette époque : une grande caserne, des bâtiments imposants, une enceinte militaire, des allées plantées et tout un quartier qui prend progressivement une nouvelle physionomie.

Le bâtiment que nous voyons sur la carte postale est donc déjà ancien au moment de la prise de vue.

Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'a pas entièrement disparu.

L'ancienne caserne Hautpoul est devenue la Cité administrative d'Avignon.

La fonction du lieu a profondément changé, mais son histoire militaire reste inscrite dans les murs.

Pour découvrir comment les grandes artères d'Avignon ont continué d'évoluer, on peut retrouver notre article sur la rue de la République et les souvenirs des années 1960 à 1980.

Le 7e régiment du génie : des soldats qui construisaient aussi des ponts

Sur la carte postale, la mention du 7e génie nous rappelle une époque où les régiments militaires participaient pleinement à la vie des villes de garnison.

Le 7e régiment du génie est créé à Avignon en 1894, dans la continuité des unités d'artillerie pontonnière.

Ces militaires ne sont pas seulement formés au combat. Le génie possède des compétences techniques indispensables aux armées : franchissement des obstacles, construction et réparation des ponts, aménagement des voies de passage et travaux de terrain.

Le Rhône, tout proche, offre d'ailleurs un terrain particulier pour les exercices de franchissement.

Les photographies anciennes montrent des ponts de bateaux, des soldats au travail et des installations qui devaient impressionner les spectateurs.

Le régiment intervient également lors de travaux et d'opérations de secours dans la région.

Pour les habitants, la présence militaire faisait partie de l'environnement quotidien.

Les uniformes, les chevaux, les déplacements de matériel, les défilés et les musiques militaires animaient régulièrement les rues.

Et lorsque les soldats traversaient la ville en formation, difficile d'imaginer que les enfants ne s'arrêtaient pas pour les regarder !

Ce qui m'intéresse particulièrement, c'est le lien entre cette grande histoire militaire et les souvenirs beaucoup plus simples que les Avignonnais ont conservés.

Devant les grilles, les enfants regardaient les soldats

Regardez à nouveau la carte postale.

Au-delà des platanes, la grille sépare le monde militaire de la vie quotidienne.

Derrière cette grille, on distingue notamment des chevaux et des silhouettes.

Pour un enfant, cet endroit pouvait être fascinant.

Benoît se souvient encore de ses promenades le long de la clôture pour admirer les militaires. Il ne parle pas d'une grande cérémonie ni d'un événement exceptionnel : simplement de ces moments où un enfant s'arrêtait devant la caserne pour regarder les soldats.

Et c'est précisément ce genre de souvenir qui me plaît.

Il rappelle qu'autrefois, on ne découvrait pas le monde uniquement à travers des écrans.

On regardait travailler les artisans, passer les trains, défiler les soldats ou manœuvrer les véhicules.

La rue elle-même était un spectacle.

Certains Avignonnais ont également gardé en mémoire les grandes fanfares militaires qui traversaient la ville.

Paulette évoque notamment les défilés rue de la République. Elle se souvient des formations musicales, mais aussi des déplacements de matériel et des engins qui faisaient un bruit impressionnant.

On imagine les passants s'arrêtant sur les trottoirs pour les voir passer.

La photographie ne permet évidemment pas d'entendre ces sons.

Mais les souvenirs, eux, redonnent de la vie à cette scène silencieuse.

Cette étrange construction couverte de publicités était une vespasienne

Voilà sans doute l'un des détails les plus surprenants de cette photographie.

Sur le trottoir, devant la caserne, on aperçoit une construction entourée de panneaux publicitaires.

Parmi les inscriptions, on peut notamment reconnaître une réclame pour Cohn & Baiz, tailleurs.

Ce n'est pas une simple colonne publicitaire.

Il s'agit d'une installation de toilettes publiques, communément appelée vespasienne.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, ces équipements font partie du mobilier urbain de nombreuses villes françaises.

Ils permettent aux hommes de satisfaire un besoin naturel dans l'espace public, à une époque où les sanitaires modernes ne sont pas encore aussi répandus qu'aujourd'hui.

L'idée de placer des publicités sur ces installations n'a rien d'exceptionnel.

Dans plusieurs villes, les exploitants obtiennent le droit d'utiliser les parois pour l'affichage commercial.

Le résultat est assez étonnant pour notre regard d'aujourd'hui : une installation sanitaire peut aussi devenir un véritable support publicitaire !

Et quand on observe les noms des entreprises affichées, on retrouve les traces d'un monde commerçant disparu.

Les tailleurs, les négociants, les maisons de confection et les petites entreprises locales utilisaient les moyens disponibles pour se faire connaître.

Cette vespasienne nous raconte donc à la fois l'histoire de l'hygiène publique et celle de la publicité.

Des souvenirs beaucoup moins parfumés…

Il faut sourire un peu en lisant certains témoignages.

Car les anciens urinoirs ne laissent pas uniquement des souvenirs d'architecture !

Paulette se rappelle un autre urinoir situé en face du cinéma Capitol, contre le mur de clôture de l'école de la Bouquerie.

Lorsque les mamans attendaient leurs enfants à la sortie de l'école, elles devaient supporter les odeurs provenant de cette installation.

Voilà un détail dont les cartes postales ne parlent jamais !

On admire aujourd'hui les beaux platanes, les élégantes façades et les rues anciennes. Mais la vie quotidienne pouvait aussi être moins agréable qu'on ne l'imagine.

L'hygiène, l'entretien des rues et l'accès aux commodités ont énormément évolué.

La nostalgie ne doit pas nous faire oublier ces réalités.

Pour retrouver une autre partie de l'Avignon commerçant et de son mobilier urbain, on peut poursuivre avec notre article sur la rue de la République, ses verrières, ses anciens commerces et son tramway.

À droite de la photographie, une fontaine qui pose encore des questions

Et maintenant, regardez complètement à droite.

On distingue une fontaine ancienne, avec son petit édifice de pierre.

Elle fait partie de ces détails auxquels on ne prête pas forcément attention la première fois, parce que la grande caserne attire immédiatement le regard.

Pourtant, cette fontaine intrigue les habitants.

Était-elle toujours au même endroit plusieurs décennies plus tard ?

A-t-elle été déplacée lors des transformations du cours ?

Existe-t-elle encore ailleurs à Avignon ?

Certains ont évoqué la possibilité qu'elle se trouve aujourd'hui dans le centre ancien.

Mais à ce stade, je n'ai pas retrouvé de document suffisamment précis permettant de confirmer sa destination.

Je préfère donc laisser la question ouverte plutôt que d'annoncer sa disparition ou son déplacement sans preuve.

C'est aussi l'intérêt des photographies anciennes : elles peuvent déclencher de nouvelles recherches.

Il suffit parfois qu'un habitant reconnaisse un élément architectural, retrouve une autre carte postale ou consulte une archive municipale pour éclaircir une énigme.

Cette fontaine mérite certainement qu'on s'y intéresse davantage.

Hautpoul et Chabran : deux casernes à ne pas confondre

Un point mérite d'être expliqué, car les souvenirs des anciens militaires évoquent souvent deux noms : Hautpoul et Chabran.

La caserne Hautpoul est celle de notre photographie. Elle se trouve dans le secteur du cours Jean-Jaurès, à l'emplacement de l'actuelle Cité administrative.

La caserne Chabran est un autre établissement, situé 28 boulevard Limbert, face aux remparts.

Son organisation répond à l'architecture militaire de la Troisième République, avec plusieurs bâtiments autour d'une place d'armes.

Le 7e génie est associé à l'histoire de ces différents sites, mais il ne faut pas en conclure qu'il s'agissait d'un seul et même bâtiment.

Cette distinction est importante lorsqu'on rassemble les souvenirs des anciens appelés.

La photographie représente un lieu à une époque donnée, tandis que les témoignages couvrent plusieurs générations et différents établissements.

Les années du service militaire

Les commentaires recueillis permettent de retrouver les années 1950, 1960 et 1970.

Certains se souviennent de leurs classes, d'autres d'une affectation particulière, d'une formation ou des camarades rencontrés pendant le service.

Pour beaucoup de jeunes hommes, le passage sous les drapeaux représentait un véritable changement de vie.

On quittait la famille, on découvrait une ville parfois inconnue, on apprenait de nouvelles habitudes et l'on se retrouvait avec des garçons venus de toutes les régions françaises.

Certains n'ont passé que quelques mois à Avignon. D'autres y ont vécu une partie importante de leur jeunesse.

Et plusieurs décennies plus tard, ils se souviennent encore de leur numéro de classe militaire !

C'est étonnant comme certains détails restent gravés dans la mémoire.

Des fanfares, des clarinettes et des souvenirs d'Algérie

Parmi les témoignages, celui de Dany m'a particulièrement arrêté.

Son mari était clarinettiste à la musique du 7e génie en 1958.

Il y a passé quatorze mois, tout en poursuivant ses études au conservatoire d'Avignon, alors situé place du Palais-des-Papes.

Puis il a été envoyé en Algérie pour quatorze mois supplémentaires de service militaire.

En quelques lignes, c'est toute une période de l'histoire française qui revient.

D'un côté, les répétitions musicales, les études au conservatoire et la vie avignonnaise.

De l'autre, le départ vers l'Algérie, dans un contexte historique autrement difficile.

On comprend combien ces années ont pu marquer les jeunes appelés et leurs familles.

La vie militaire ne se résumait pas aux cérémonies et aux beaux uniformes que montrent les photographies officielles.

Il y avait aussi les séparations, les inquiétudes, les départs et les attentes.

Et pour ceux qui ont vécu cette époque, une simple photographie de caserne peut réveiller des souvenirs beaucoup plus profonds.

La caserne Chabran dans les années 1960 et 1970

Les anciens appelés des décennies suivantes reconnaissent également ces noms familiers.

Certains ont effectué leurs classes à Chabran en 1966.

D'autres y ont travaillé à l'imprimerie militaire ou dans des services spécialisés.

Alain, par exemple, se souvient parfaitement de sa classe 76/02 et de son affectation au parc des équipages, boulevard Limbert.

Ces précisions peuvent paraître modestes pour celui qui n'a pas connu le service militaire.

Mais pour les anciens, elles représentent souvent des souvenirs très précis : une chambre, une cour, un atelier, les camarades de chambrée ou les habitudes du quartier.

Et puis, après le service, chacun repartait vers sa ville ou son village.

Certains ne se revoyaient jamais.

D'autres entretenaient une amitié pendant des années.

Aujourd'hui, les anciennes photographies permettent parfois de renouer un lien avec cette période de leur jeunesse.

Ce que vous racontez ❤️

Ces souvenirs proviennent de témoignages authentiques recueillis après le partage de la photographie. Ils ont été légèrement reformulés pour faciliter la lecture, sans en modifier le sens.

Paulette — Les fanfares et les anciens urinoirs

Paulette se souvient de la caserne Hautpoul, des défilés militaires rue de la République et de leurs magnifiques fanfares. Elle revoit aussi les engins du 7e génie, dont certains étaient entreposés sur l'île Piot. Elle évoque avec humour l'urinoir situé près de l'école de la Bouquerie, dont les odeurs incommodaient les mamans attendant leurs enfants.

Dany — Un mari clarinettiste au 7e génie

En 1958, le mari de Dany était clarinettiste à la musique du 7e génie. Pendant quatorze mois, il poursuivit également ses études au conservatoire d'Avignon, place du Palais-des-Papes. Il partit ensuite en Algérie pour quatorze autres mois de service militaire.

Benoît — Les soldats derrière les grilles

Benoît garde un souvenir très simple de son enfance : il aimait se promener le long des grilles de la caserne pour regarder les soldats. Un de ces petits moments ordinaires qui restent gravés dans la mémoire.

Alain — La classe 76/02

Alain a effectué son service militaire à la caserne Chabran. Il appartenait à la classe 76/02 et travaillait au parc des équipages, boulevard Limbert, à proximité de la caserne. Plus de cinquante ans après, il se souvient encore de ces détails.

Régis — Un jeune Avignonnais de 80 ans

Régis, qui se présente avec tendresse comme un jeune Avignonnais de 80 ans, aimerait retrouver l'esprit de l'Avignon représenté sur cette ancienne photographie. Il remercie pour ce retour dans le passé, qui lui rappelle la ville de sa jeunesse.

Ces récits sont des souvenirs personnels. Ils sont conservés pour leur valeur humaine et patrimoniale, sans les confondre avec les renseignements provenant des archives historiques.

Derrière les grandes casernes, des centaines de petites histoires

D'autres souvenirs méritent également d'être conservés.

Michel évoque son grand-père Joseph Crousillat et son père Roger Crousillat, tous deux passés, selon son témoignage, par la caserne Hautpoul.

Cette mémoire qui traverse deux générations d'une même famille rappelle combien la présence militaire a marqué Avignon.

Frédéric, de son côté, se souvient d'un homme que l'on retrouvait assis sur les marches, fumant tranquillement sa cigarette roulée. Il revoit même ses doigts jaunis par le tabac.

Éliane précise qu'il s'appelait Gilbert.

Voilà le genre de détail que j'aime retrouver dans les anciens souvenirs.

Aucune plaque commémorative ne raconte probablement l'histoire de Gilbert. Il n'était peut-être ni un personnage officiel ni une personnalité célèbre.

Mais pour ceux qui l'ont croisé pendant des années, il faisait partie du décor, de ces visages qu'on s'attendait toujours à retrouver au même endroit.

Et lorsque son souvenir revient, c'est tout un petit morceau de la vie du quartier qui réapparaît.

Il en va de même pour les anciens militaires qui se souviennent de leurs classes, des ateliers, des imprimeries, des fanfares ou des camarades.

La grande histoire conserve les dates, les régiments et les bâtiments.

La mémoire des habitants, elle, conserve les visages.

Du cours Pétrarque au cours Jean-Jaurès : un quartier profondément transformé

Revenons à notre photographie.

Lorsque les premiers bâtiments militaires sont construits, Avignon est en train de se transformer autour de sa gare et de ses nouvelles avenues.

Le cours qui deviendra Jean-Jaurès est alors pensé comme une grande entrée vers le cœur de la ville.

Les larges trottoirs, les platanes et les façades imposantes témoignent de cette volonté d'aménagement.

Au fil des décennies, les transports changent, les commerces se succèdent et les grands bâtiments trouvent de nouvelles fonctions.

Le tramway fait partie de ces transformations que l'on retrouve sur de nombreuses photographies de l'ancien Avignon.

Sur notre site, l'histoire de l'avenue Saint-Ruf, de son tramway et de ses commerces disparus permet de découvrir une autre partie de cette évolution urbaine.

Le même phénomène se retrouve dans le centre, où les grands magasins ont occupé une place importante dans la vie quotidienne.

L'histoire des Dames de France à Avignon raconte, elle aussi, une ville qui s'est transformée tout en laissant beaucoup de souvenirs.

Ce qui était autrefois un bâtiment militaire peut devenir un lieu administratif.

Un ancien commerce peut disparaître.

Une fontaine peut changer de place.

Un urinoir public peut être supprimé.

Mais il suffit d'une photographie pour rappeler ce qui occupait autrefois cet espace.

Pourquoi les anciennes cartes postales d'Avignon sont si précieuses

On pourrait se demander ce qu'une photographie de caserne apporte encore aujourd'hui.

Après tout, nous disposons déjà de plans, de documents administratifs et d'ouvrages historiques.

Mais les cartes postales montrent quelque chose de différent.

Elles réunissent dans une même image les bâtiments, les vêtements, les équipements, les publicités, les arbres et les petits éléments de la vie quotidienne.

Elles permettent de comprendre l'aspect d'une rue à une époque où la photographie était beaucoup moins accessible qu'aujourd'hui.

C'est aussi grâce à elles que l'on remarque un ancien panneau publicitaire ou une fontaine dont l'histoire reste à retrouver.

La carte postale devient alors un document de recherche.

On compare les façades.

On observe les grilles.

On s'intéresse aux enseignes.

On recherche les anciens noms de rues.

Puis viennent les souvenirs des habitants, qui apportent une dimension impossible à retrouver dans une simple description architecturale.

Et parfois, une petite anecdote permet de mieux comprendre toute une période.

C'est ce qui rend cette photographie de la caserne Hautpoul particulièrement intéressante.

Elle nous parle d'histoire militaire, mais aussi de commerce, d'hygiène publique, d'urbanisme et de mémoire familiale.

Questions fréquentes sur la caserne Hautpoul d'Avignon

Où se trouvait la caserne Hautpoul à Avignon ?

La caserne Hautpoul se trouvait sur l'actuel cours Jean-Jaurès, à proximité de l'avenue du 7e Génie. Elle occupait une partie des anciens jardins du couvent des Célestins.

Quand la caserne Hautpoul a-t-elle été construite ?

Sa construction a été achevée en 1865, dans le contexte des grands aménagements urbains réalisés après l'arrivée du chemin de fer.

Que reste-t-il aujourd'hui de la caserne Hautpoul ?

L'ancien ensemble militaire est devenu la Cité administrative d'Avignon. Sa fonction a changé, mais le site conserve une partie de cette histoire.

La caserne Hautpoul et la caserne Chabran étaient-elles le même bâtiment ?

Non. Hautpoul se trouvait sur l'actuel cours Jean-Jaurès, tandis que Chabran était située boulevard Limbert. Les souvenirs militaires des habitants concernent parfois l'un, parfois l'autre de ces établissements.

Quel régiment occupait la caserne Hautpoul ?

La carte postale rappelle notamment la présence du 7e régiment du génie, unité spécialisée dans les travaux militaires, les franchissements et les aménagements techniques.

Qu'était-ce qu'une vespasienne ?

Une vespasienne était un ancien urinoir public masculin. Certaines installations comportaient des panneaux d'affichage publicitaire, comme celle visible au premier plan de la photographie.

Qu'est devenue la fontaine visible sur la photographie ?

Sa destination exacte n'a pas pu être confirmée. Des recherches complémentaires dans les archives municipales et les anciennes cartes postales seraient nécessaires pour établir si elle a été déplacée, transformée ou supprimée.

Peut-on dater précisément cette carte postale ?

Elle correspond à l'Avignon du début du XXe siècle. Un exemplaire de ce sujet porte un cachet postal de 1914, mais cela ne permet pas de connaître avec certitude la date de la prise de vue.

Le petit mot de Papy Chris ❤️

Ce que j'aime dans cette photographie, ce n'est pas seulement la beauté du vieux bâtiment, des platanes ou de cette avenue d'autrefois.

C'est tout ce qu'elle a fait ressurgir.

Il y a les hommes qui se souviennent encore de leur numéro de classe militaire, parfois soixante ans plus tard. Il y a ceux qui ont vu défiler les soldats, ceux qui ont entendu les fanfares et ceux qui ont attendu leurs enfants près de l'école.

Il y a aussi ce monsieur, Gilbert, assis sur les marches avec sa cigarette roulée.

Et puis cette fontaine, dont les habitants cherchent encore à retrouver la trace.

Voilà pourquoi j'aime tant les anciennes photographies.

Elles ne racontent jamais seulement ce que l'on voit.

Elles réveillent les souvenirs de ceux qui ont vécu autour.

Aujourd'hui, les bâtiments ont changé de fonction, les équipements d'autrefois ont disparu ou été déplacés et les rues n'ont plus tout à fait le même visage.

Mais il reste les histoires.

Celles des familles, des militaires, des enfants, des voisins et de tous ces petits personnages qui faisaient vivre les quartiers.

Et lorsqu'un Avignonnais de 80 ans écrit qu'il aimerait retrouver l'esprit de cette ville, je crois comprendre ce qu'il veut dire.

Ce n'est pas forcément le passé tout entier qu'on voudrait retrouver.

Ce sont parfois simplement les gens qui y vivaient, les voix qu'on reconnaissait, les habitudes du quartier et ces moments ordinaires qui sont devenus de si beaux souvenirs.

Une photographie peut traverser un siècle. Mais ce sont les habitants qui lui rendent sa mémoire.

Papy Chris — Vivre à Nyons

Sources documentaires et mémoire locale

Sources historiques consultées

Mémoire locale

Témoignages authentiques fournis à la suite de la publication Facebook sur l’ancien Avignon : souvenirs de la caserne Hautpoul, de Chabran, du 7e génie, des défilés militaires, des urinoirs anciens, de la fontaine et des habitants du quartier.

Les témoignages ont été légèrement reformulés. Leurs auteurs sont cités par leur prénom uniquement.