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Mémoire de France · Dunkerque

Les Bains dunkerquois : la piscine des premières brasses et des souvenirs

Carte postale ancienne des Bains dunkerquois, avec leur dôme, leur cheminée, des bateaux amarrés au premier plan et une église à deux flèches à l’arrière-plan.
Les Bains dunkerquois sur une carte postale ancienne, avec des bateaux au premier plan. Date exacte et auteur non établis. Document conservé entier sans retouche.

Un dôme, une grande cheminée, des colonnes et une façade qui ne ressemble à aucune autre. Sur cette carte postale intitulée « Les Bains Dunkerquois », l'établissement se dresse derrière des bateaux amarrés. Au fond, les deux flèches d'une église complètent le paysage.

La date exacte de la carte n'est pas établie. Elle conserve un état ancien du bâtiment, avec des éléments qui ont ensuite disparu. L'image est reproduite entière, sans retouche ni reconstitution.

Pour de nombreux Dunkerquois, ce lieu rappelle pourtant moins la silhouette d'une carte postale que la piscine de l'enfance : les premières brasses, les sorties avec l'école, un frère ou une amie, les longueurs et parfois la peur de l'eau.

📜 Repères sur les Bains dunkerquois

RepèreÀ retenir
VilleDunkerque
SituationRue de l'Écluse-de-Bergues et quai au Bois
Autre appellationBains Jean-Bart
Construction1895–1896, selon la notice d'inventaire du ministère de la Culture
ArchitectesAlbert Baert, Georges Boidin et Louis Gilquin
Fonctions d'origineÉcole de natation, bains-douches et lavoir public
1965Une ancienne nageuse situe son apprentissage à huit ans cette année-là
FermetureGénéralement datée de 1975 dans les souvenirs transmis ; des notices anciennes donnent une chronologie moins précise
ProtectionFaçades et toitures sur rues inscrites au titre des monuments historiques le 20 octobre 1982
Carte postaleDate exacte et attribution du document fourni non établies

Les dates historiques et les dates des souvenirs n'ont pas la même portée. L'année 1965 appartient au récit d'une ancienne nageuse ; elle ne date pas cette carte postale.

Une façade qui raconte un autre Dunkerque

La vue présente les Bains dans leur ancienne silhouette. Les ouvertures du pavillon central, le dôme et la cheminée composent une architecture d'inspiration mauresque, ainsi désignée dans la notice patrimoniale.

Au premier plan, les bateaux rappellent le voisinage des canaux. Les couvertures de leurs cales occupent une grande partie de la carte, donnant à voir un bâtiment inscrit dans la vie de la ville et de ses voies d'eau.

La notice d'inventaire indique que le bulbe, la cheminée de la chaufferie et les deux colonnes de l'angle ont disparu à la suite de la Seconde Guerre mondiale. La comparaison avec l'extérieur connu ensuite doit donc tenir compte de ces transformations.

L'image ancienne ne montre pas l'état actuel de l'intérieur. Elle ne peut pas servir à prouver une dégradation récente ni l'avancement d'un chantier.

Sur cette vue, prenez aussi le temps de regarder les bateaux. Ils donnent une échelle au bâtiment et rappellent combien l'eau était présente dans le paysage dunkerquois. Aujourd'hui, on s'arrête volontiers sur les ornements de la façade. La carte postale permet de regarder un peu plus large : le quai, les embarcations et la ville derrière.

Les premières brasses, parfois à huit ans

Une ancienne nageuse se rappelle avoir appris à nager ici en 1965. Elle avait huit ans et ne retrouve plus les noms des professeurs.

Dans la mémoire d'une autre personne, c'est la première brasse réussie toute seule, à sept ans, qui revient. Le geste paraît simple une fois que l'on sait nager ; enfant, il pouvait représenter une grande victoire.

Ces souvenirs parlent de la confiance gagnée, de l'eau que l'on apprivoise et des lieux où l'on a fait quelque chose pour la première fois.

Le nom d'Édouard Timmerman est proposé par un descendant à propos des cours. Cette indication ne permet pas d'affirmer qu'il était le professeur de la nageuse de 1965. Elle constitue une piste à compléter par des archives ou des documents familiaux.

Pour celui qui vient de réussir à nager, quelques mètres peuvent devenir un grand souvenir. Des années plus tard, on ne retrouve pas forcément le jour exact, ni même le visage du professeur. En revanche, on sait encore où cela s'est passé. Voilà pourquoi le nom des Bains garde une telle importance pour certains anciens élèves.

La piscine avec l'école et avec son frère

Les sorties scolaires reviennent à plusieurs reprises. On allait aux Bains avec sa classe ; pour certains, toutes les semaines. Plusieurs y ont appris à nager.

Une ancienne habituée se souvient d'y être allée avec son frère et avec l'école. Dans un autre récit, les souvenirs rassemblent le frère, les copains et des membres de la famille qui travaillaient dans l'établissement.

La piscine était donc aussi un lieu où l'on retrouvait les mêmes personnes : les camarades, le personnel et ceux qui vous voyaient progresser au fil des séances.

Les anciens Dunkerquois ne décrivent pas tous les mêmes années. Ces récits composent une mémoire du lieu, sans qu'il soit possible de les réunir artificiellement dans une seule journée.

Venir avec son frère n'avait pas tout à fait la même saveur que venir avec la classe. Les deux souvenirs se croisent pourtant autour du même bassin. C'est aussi une piste pour les familles qui possèdent encore des photos : une année scolaire, le nom d'une école ou celui d'un camarade peuvent aider à retrouver une date sans la deviner.

Le samedi avec une amie et le puddingue en sortant

Voilà un détail qui fait presque oublier la grande façade.

Une ancienne habituée raconte qu'elle venait presque tous les samedis avec une amie. Après la piscine, elles achetaient un morceau de puddingue dunkerquois dans une petite boulangerie des environs.

Le plaisir de la sortie ne s'arrêtait donc pas au bord du bassin. Il se prolongeait dans cette habitude gourmande à deux.

Une question propose la rue du Métropole pour situer la boulangerie. L'adresse n'est pas confirmée. Il serait dommage de donner un nom de commerce au hasard alors que le souvenir, même sans enseigne, est déjà précis et chaleureux.

Ce sont souvent ces habitudes ordinaires qui restent le mieux : la séance du samedi, l'amie et quelque chose de bon acheté avant de rentrer.

J'aime bien que ce morceau de puddingue ait gardé sa place dans la mémoire. On pourrait écrire dix lignes sur la beauté de la piscine et passer à côté de ce petit plaisir du samedi. Pourtant, c'est lui qui rend la sortie si proche de nous. Si quelqu'un reconnaît la boulangerie, une ancienne publicité ou une photographie de sa devanture serait précieuse.

Derrière le bassin, les personnes qui y travaillaient

Une famille se rappelle un oncle chef de bassin et une tante aux vestiaires. Leurs noms et leurs années de présence ne sont pas précisés dans les éléments transmis.

Ce souvenir rappelle que l'histoire des Bains est aussi celle de leur personnel. Les nageurs passaient une heure ou une après-midi ; d'autres y accomplissaient leur journée de travail.

Le lavoir apparaît également dans un souvenir de linge lavé à la main. Cette évocation rejoint l'une des fonctions d'origine recensées dans la notice patrimoniale, sans permettre de dater la scène familiale.

Les vestiaires, eux aussi, pouvaient être le lieu de visages familiers. Le souvenir de cette tante et de cet oncle donne envie de retrouver les personnes qui travaillaient là, au-delà des grands noms de l'architecture. Une photographie d'équipe, une coupure de journal ou un document portant une fonction et une année permettrait de leur redonner une place précise dans cette histoire.

Les longueurs et le water-polo

Pour d'autres, les Bains évoquent une pratique sportive régulière : les longueurs et le water-polo.

Les noms de Maginot et de Guermonprez reviennent dans un souvenir lié à ce sport. Leur rôle exact et la période doivent encore être précisés avant de leur attribuer une fonction dans l'établissement.

La piscine n'était pas seulement un lieu de premiers apprentissages. Elle faisait aussi partie des habitudes de ceux qui venaient s'entraîner et retrouvaient leur groupe autour du bassin.

Tout le monde n'en garde pas un souvenir heureux

Un ancien élève raconte qu'il n'a jamais réussi à apprendre à nager et cherchait des prétextes pour éviter les séances.

Ce souvenir mérite sa place, lui aussi. Pour celui qui avait peur ou se sentait en difficulté, la sortie scolaire n'était pas forcément une fête.

Raconter la piscine de l'enfance ne demande pas de rendre tous les souvenirs heureux. Les premières brasses des uns et les inquiétudes des autres appartiennent au même lieu.

Ce récit moins heureux rappelle une chose simple : on peut aimer un bâtiment sans avoir aimé toutes les heures qu'on y a passées. Il ne sert à rien de corriger le souvenir de quelqu'un pour le faire entrer dans une belle nostalgie. Les hésitations et les difficultés racontent aussi les années d'apprentissage.

Sauver le bâtiment : des attentes très différentes

L'attachement aux Bains est fort. Beaucoup souhaitent les voir sauvegardés et retrouver une utilisation qui permette aux habitants d'en profiter.

Les idées ne manquent pas : musée comme à Roubaix, lieu consacré au carnaval, espace d'exposition, lecture, piscine, spa ou salon de thé. Ce sont des souhaits exprimés, pas les différentes salles d'un projet déjà réalisé.

D'autres rappellent le coût d'une restauration et les questions d'accès, d'exploitation et d'entretien. La discussion ne se résume donc pas à admirer la façade : il faut aussi réfléchir à l'usage possible de l'ensemble.

Les accusations de détournement, de dégradation volontaire ou les rumeurs sur d'autres bâtiments ne sont pas reprises comme des faits. Elles n'apportent pas de preuve sur l'histoire des Bains.

Ce qui est protégé et ce qui a été annoncé

La notice officielle précise la protection : les façades et toitures sur rues sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 20 octobre 1982. Cela ne signifie pas que tout l'intérieur est classé.

Un programme de reconversion a été présenté dans le magazine municipal de février 2024. Il évoquait notamment un restaurant, un café-accueil et des activités événementielles autour de l'ancien bassin, avec une échéance alors annoncée pour fin 2026.

Cette annonce historique ne suffit pas à confirmer aujourd'hui une ouverture, un démarrage de travaux ou le maintien de chaque composante du programme. Les chiffres d'hébergement et les dates plus précises circulant dans les échanges ne sont donc pas présentés ici comme un calendrier actuel vérifié.

Pour apprécier l'avancement d'une opération, il faut une communication récente du maître d'ouvrage ou des collectivités, pas seulement reprendre une ancienne date prévisionnelle.

Regarder l'intérieur sans inventer ni entrer sans autorisation

Le site Bainsdunkerquois.fr présente le travail de Clément et Denis Vergriete, réalisé à partir d'explorations autorisées, de rencontres et de recherches. C'est une source utile pour approfondir la mémoire de l'établissement.

Les récits d'anciennes visites patrimoniales ne prouvent pas qu'une visite soit possible aujourd'hui. Certains décrivent des accès limités et des inquiétudes sur l'état du bâtiment.

Cette fiche n'invite pas à entrer sur place. Les images d'intérieur qui circulent doivent être attribuées, datées et distinguées d'éventuelles reconstitutions. Aucune photographie intérieure non fournie n'est ajoutée ici.

Avant de partager une photographie de l'intérieur, regardons donc sa légende. Est-ce une vue ancienne du bassin en activité, un document d'une visite autorisée ou une image transformée ? Ce ne sont pas les mêmes choses. Pour transmettre l'histoire des Bains, une photographie un peu abîmée mais bien située dans le temps peut être plus utile qu'une image spectaculaire dont on ignore l'origine.

❤️ Ce que vous racontez

Apprendre à nager en 1965

Une ancienne nageuse se rappelle ses cours à huit ans, en 1965, sans retrouver le nom de son professeur.

Les premières brasses à sept ans

Une autre personne garde en mémoire sa première brasse réussie seule aux Bains. Un souvenir d'enfance qui donne au bassin une place particulière.

Le samedi et le puddingue dunkerquois

Les séances presque chaque samedi avec une amie se terminaient par un morceau de puddingue acheté dans une petite boulangerie voisine. Son emplacement exact reste à confirmer.

La famille au bassin et aux vestiaires

Un souvenir réunit un oncle chef de bassin, une tante aux vestiaires, le frère et les copains. Il rappelle les personnes qui faisaient vivre l'établissement.

Les séances que l'on cherchait à éviter

Un ancien élève n'a jamais réussi à y apprendre à nager et cherchait des excuses pour ne pas venir. La mémoire des Bains comprend aussi cette expérience moins heureuse.

❤️ Le petit mot de Papy Chris

Sur une carte postale, on voit surtout un monument. Dans les souvenirs, on retrouve une classe, un frère, une amie, un maître-nageur et parfois un morceau de puddingue en sortant.

Voilà ce que j'aimerais voir conservé avec les pierres : les noms, les petites habitudes et les différentes manières d'avoir vécu ce lieu.

La question de sa nouvelle vie est importante. Mais pendant que les projets se discutent, on peut déjà réunir les photographies datées, les programmes sportifs et les souvenirs précis, sans leur ajouter ce que personne n'a raconté.

Avez-vous appris à nager aux Bains ? Vous rappelez-vous les professeurs, les vestiaires ou cette petite boulangerie ? Possédez-vous une image du bassin lorsqu'il était en activité ?

Papy Chris ❤️

Questions fréquentes

Où se trouvent les Bains dunkerquois ?

Dans le secteur de la rue de l'Écluse-de-Bergues et du quai au Bois, à Dunkerque.

Quand ont-ils été construits ?

La notice d'inventaire du ministère de la Culture indique une construction en 1895–1896, sur les plans d'Albert Baert, Georges Boidin et Louis Gilquin.

Le bâtiment est-il entièrement classé ?

Non. La notice de protection indique une inscription partielle des façades et toitures sur rues, par arrêté du 20 octobre 1982.

Peut-on annoncer une réouverture en 2026 ?

Le programme présenté en février 2024 évoquait une échéance fin 2026. Cette ancienne prévision ne permet pas, à elle seule, de confirmer une ouverture effective ou une date actuelle.

Peut-on visiter librement l'intérieur ?

Cette fiche ne confirme aucune visite libre ni ouverture au public. Une ancienne visite autorisée ne donne pas un droit d'accès aujourd'hui.

La carte postale montre-t-elle l'état actuel ?

Non. C'est une vue ancienne non datée, montrant notamment des éléments architecturaux qui ont disparu depuis.

Sources et liens utiles