Regardez cette photographie. Nous sommes à Marseille, sur le cours Belsunce, dans une image présentée comme datant de 1955.
À droite, un grand immeuble avec ses balcons en fer forgé et son enseigne « Touring-Hôtel ». Juste en dessous, des commerces, des publicités et une terrasse avec quelques chaises installées sur le trottoir.
En face, un autre café. Entre les deux bâtiments, une petite rue s'enfonce dans le quartier. On aperçoit l'enseigne de l'Hôtel du Midi.
Quelques passants traversent tranquillement. Un homme semble attendre devant une devanture. Une femme marche au milieu de la chaussée. Sur la droite, le capot d'une automobile entre dans l'image.
Rien d'extraordinaire, à première vue.
Et pourtant, lorsque cette photographie refait surface, les anciens Marseillais ont des dizaines de choses à raconter.
Les grandes brasseries, les terrasses où l'on s'arrêtait avec sa mère, les marchands de jus de raisin, l'Alcazar, les camelots, les chaussures André…
Et puis ce souvenir magnifique d'une enfant qui allait boire une menthe-limonade avec sa maman, dans un café dont elle se rappelle encore le nom soixante-dix ans plus tard.
C'est tout cela que j'aime retrouver dans les photographies anciennes.
Pas seulement les façades.
La vie qu'il y avait derrière.
Le cours Belsunce en 1955 : des cafés et une rue pleine de vie
Il faut imaginer le cours Belsunce avant les grandes transformations du centre-ville.
À cette époque, les cafés et les brasseries sont encore des lieux importants de la vie quotidienne.
On s'y arrête après avoir fait les courses, on retrouve des connaissances, on lit le journal ou l'on commande simplement quelque chose à boire.
Sur la photographie, les terrasses ne semblent pas particulièrement luxueuses.
Quelques chaises, des tables, des enseignes et des vitrines.
Mais c'est justement ce côté ordinaire qui rend l'image attachante.
Le Touring-Hôtel, un repère que l'on peut encore retrouver
L'enseigne du Touring-Hôtel domine la partie droite de la photographie.
Son ancienne adresse correspond au 42 cours Belsunce, auparavant numéroté 28.
Cet établissement avait une histoire déjà ancienne. On retrouve la trace d'un hôtel du Cours dès le début du XXe siècle.
À l'époque, les publicités insistaient sur des équipements qui nous semblent aujourd'hui tout à fait normaux : l'eau chaude et froide, l'éclairage électrique et des chambres aménagées pour le confort des voyageurs.
L'hôtel faisait également référence au Touring Club de France, cette grande association qui encourageait le voyage et le tourisme.
Voilà un détail intéressant : bien avant les réservations sur Internet, les hôtels mettaient déjà en avant leurs équipements et leurs distinctions pour attirer les visiteurs.
Mais sur notre photographie, ce sont surtout les commerces au rez-de-chaussée qui donnent envie de poser des questions.
Qui tenait le café ?
À quelle heure ouvrait-il ?
Et quel était le nom de ces personnes que les habitués retrouvaient chaque matin ?
Les grandes brasseries : Le Français et le mystérieux Mal Assis
Plusieurs anciens habitants se souviennent des brasseries du cours Belsunce.
L'un cite notamment la brasserie Le Français.
Un autre évoque les cafés avec terrasse où les Marseillais aimaient s'installer.
Mais le nom le plus amusant qui revient est celui du Mal Assis.
Oui, vous avez bien lu !
Une habitante raconte qu'elle venait avec sa maman boire une menthe-limonade dans une brasserie du quartier.
Elle pense que l'établissement s'appelait « Au Mal Assis », sans en être absolument certaine.
Une autre personne se souvient également de ce nom au début des années 1960.
Voilà une piste qui mériterait de retrouver une publicité, un annuaire commercial ou une photographie de devanture.
Car reconnaissez qu'un café appelé le Mal Assis, cela ne s'oublie pas facilement !
Une menthe-limonade avec maman
C'est peut-être l'un des plus jolis souvenirs liés à cette photographie.
Une petite fille accompagne sa mère au centre-ville.
Elles font quelques courses, puis s'arrêtent dans une brasserie.
On commande une menthe-limonade.
On s'assoit, on regarde passer les gens et l'on profite de ce petit moment ensemble.
Des décennies plus tard, la fille devenue adulte se rappelle encore cette boisson et ce café.
Pas besoin d'un grand événement pour fabriquer un souvenir qui dure toute une vie.
Parfois, il suffit d'une menthe-limonade partagée avec sa mère. ❤️
Les buvettes Art déco et les jus de raisin frais
Un autre souvenir nous emmène dans les anciennes buvettes du centre de Marseille.
Une habitante parle de petits établissements de style Art déco où l'on pouvait boire du jus de raisin frais.
Elle en garde un souvenir gourmand.
Cela donne envie de retrouver les anciennes enseignes, les verres et les comptoirs de ces buvettes.
Car les habitudes de consommation étaient bien différentes.
On ne venait pas forcément prendre un repas complet.
Un jus de fruit, une limonade, un café ou une boisson fraîche suffisaient pour faire une pause au milieu des courses.
Et en été, avec la chaleur marseillaise, on imagine combien ces endroits pouvaient être appréciés.
Les cafés étaient aussi des lieux de rencontre.
On y discutait du quartier, du travail, de football, des nouvelles de la famille.
À travers les souvenirs, on retrouve même une brasserie des années 1970 où se réunissaient des supporters de l'Olympique de Marseille.
Elle aurait été tenue par un certain Monsieur Pélissier.
Encore un nom qu'il serait intéressant de rechercher dans les anciens annuaires.
Les courses avec maman : Dames de France, Colombes, Jimmy…
Les souvenirs du cours Belsunce débordent naturellement sur les rues commerçantes voisines.
Et c'est bien normal.
Quand on descendait faire les courses au centre de Marseille, on ne s'arrêtait pas à une seule rue.
Une femme raconte qu'elle venait en ville avec sa maman.
Sa grand-mère était originaire de la Belle de Mai.
Pour elle, ces sorties étaient de véritables promenades.
Il y avait le marché, les beaux magasins et les boutiques de tissus.
Elle se rappelle particulièrement les Dames de France, ainsi que Colombes, en haut de la Canebière.
Et puis un magnifique magasin de chaussures qu'elle pense avoir connu sous le nom de Jimmy.
Les noms reviennent un à un.
Mais le souvenir ne s'arrête pas aux achats.
Une petite brioche et une grenadine
Pendant ces sorties, il y avait aussi les petites récompenses.
Cette ancienne Marseillaise se souvient d'avoir mangé des brioches et bu une grenadine du côté de la Samaritaine.
Voilà encore une scène de l'enfance qui n'a rien perdu de sa saveur.
On avait marché dans les magasins avec maman.
On avait regardé les tissus, les chaussures et les belles vitrines.
Et au milieu de tout cela, on s'arrêtait pour une petite douceur.
Un moment qui semble bien modeste aujourd'hui, mais qui est resté gravé dans une mémoire pendant des dizaines d'années.
D'autres se souviennent des magasins André, dont l'enseigne était devenue un véritable point de rendez-vous dans le secteur du cours Saint-Louis.
On ne disait pas forcément qu'on se retrouvait à telle adresse.
On donnait le nom du magasin.
Tout simplement.
L'Alcazar : quand les grandes vedettes venaient à Belsunce
Impossible de parler du cours Belsunce d'autrefois sans évoquer l'Alcazar.
Ce nom appartient à l'histoire du spectacle marseillais.
L'Alcazar-Lyrique ouvre ses portes en 1857.
Au fil des décennies, l'établissement devient l'une des grandes scènes de Marseille.
On y présente des chansons, des revues, des spectacles populaires et des opérettes.
Fernandel, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Yves Montand et bien d'autres artistes sont associés à l'histoire de cette salle.
Et dans les années 1950, époque de notre photographie, l'Alcazar est encore un véritable lieu de spectacle.
Johnny Hallyday et les souvenirs de jeunesse
Un ancien habitant se rappelle particulièrement les grandes vedettes qui se sont produites à l'Alcazar.
Il évoque notamment Johnny Hallyday.
Un autre garde surtout le souvenir du cinéma, des salles et des cafés du quartier.
Et c'est ce qui rend ces témoignages intéressants.
Pour certains, Belsunce était le quartier des courses.
Pour d'autres, c'était celui des spectacles.
On pouvait venir de loin pour passer une soirée à l'Alcazar, puis retrouver les cafés ou les restaurants voisins.
La salle fermera finalement en 1966.
Le bâtiment historique disparaîtra ensuite, mais son souvenir restera très présent.
Depuis 2004, une grande bibliothèque municipale occupe son emplacement.
Ce n'est pas l'ancien music-hall simplement transformé en bibliothèque : un nouvel édifice a été construit sur le site, en conservant des éléments de l'entrée historique.
Et quelque part, je trouve assez belle cette idée qu'un lieu autrefois consacré aux chansons et aux spectacles soit aujourd'hui un endroit où l'on vient découvrir des livres et des histoires.
Le Silène : quand maman emmenait les enfants jouer au loto
Dans les souvenirs des anciens établissements, un autre nom apparaît : Le Silène.
Une personne raconte que sa mère l'y emmenait lorsqu'elle avait une dizaine d'années.
Elle se rappelle les parties de loto.
Ce souvenir paraît très simple, mais il raconte une partie de la vie sociale du quartier.
Le loto, ce n'était pas seulement un jeu.
C'était aussi l'occasion de se retrouver, de discuter, de passer quelques heures ensemble.
On reconnaissait les habitués.
On attendait les numéros.
Et pour les enfants qui accompagnaient leurs parents, ces soirées pouvaient devenir de véritables souvenirs de famille.
Il resterait à retrouver l'adresse exacte du Silène et la période pendant laquelle l'établissement accueillait ces parties.
Peut-être qu'un ancien habitué conserve encore une photographie.
Le cours Belsunce, ses camelots et ses petits artisans
Voilà encore un morceau de Marseille que plusieurs personnes regrettent.
Les camelots.
Ces vendeurs qui savaient attirer les passants, présenter leurs marchandises et faire leur démonstration devant un petit groupe de curieux.
Un ancien Marseillais se souvient particulièrement des années 1950 et 1960.
Il aimait s'arrêter pour observer les camelots et les petits artisans.
Et l'on comprend pourquoi.
À cette époque, le commerce de rue occupait une place importante dans l'animation du centre-ville.
Les marchés, les stands et les vendeurs ambulants créaient une ambiance bien différente de celle des galeries commerciales d'aujourd'hui.
On pouvait passer du temps à écouter un marchand vanter les qualités de son produit.
Même sans rien acheter !
Ces démonstrations étaient parfois de véritables petits spectacles.
La foire à l'ail et les tarraïettes
Un habitant se souvient également de la foire à l'ail.
Ses grands-parents habitaient un peu plus haut, du côté des Carmes.
Cette vieille tradition marseillaise remonte au XVe siècle.
On y trouvait autrefois des tresses d'ail, des herbes aromatiques et, plus tard, des tarraïettes.
Les tarraïettes, ce sont ces petites poteries miniatures qui amusaient les enfants.
Certaines avaient la forme de petits récipients ou de sifflets en terre cuite.
La foire a changé plusieurs fois d'emplacement au fil des siècles, notamment entre les allées de Meilhan, le cours Julien et le cours Belsunce.
Il serait donc imprudent d'affirmer qu'elle se tenait précisément à l'endroit photographié en 1955.
Mais elle appartient pleinement à cette mémoire des marchés et des traditions populaires marseillaises.
Les petites rues derrière Belsunce : Thubaneau, Baignoire, Récolettes…
La photographie montre une petite rue qui s'enfonce entre deux immeubles.
Et cela suffit pour faire revenir d'autres noms.
La rue Thubaneau.
La rue Baignoire.
La rue des Récolettes.
La rue des Chapeliers.
Autant de rues qui évoquent des souvenirs très différents selon les générations.
Certains habitants se demandent si l'on aperçoit la rue Thubaneau.
D'autres cherchent à reconnaître la rue Baignoire ou le secteur de l'Hôtel du Midi.
Le Touring-Hôtel constitue un repère solide pour situer la photographie, mais l'identification exacte du passage visible mérite encore une comparaison avec les anciens plans.
Ce serait dommage de donner une fausse adresse simplement pour remplir une légende.
Des commerces dont il reste parfois seulement le nom
Parmi les souvenirs, on retrouve également une ancienne maroquinerie tenue par Madame Dallest.
Une autre habitante raconte avoir travaillé chez Delta, dans le quartier, avec un patron qui portait justement le nom de Monsieur Belsunce.
Voilà une coïncidence qui a dû en faire sourire plus d'un !
On évoque aussi un ancien restaurant nommé l'ABC.
Ces noms sont précieux.
Ils ne figurent pas forcément dans les grandes histoires de Marseille.
Mais pour les personnes qui habitaient ou travaillaient ici, ils représentaient des endroits bien réels, des collègues, des habitudes et des rencontres.
La mémoire d'une ville se construit aussi avec ces enseignes modestes.
Ce que vous racontez ❤️
Voici cinq souvenirs authentiques recueillis autour de la photographie. Les textes sont légèrement reformulés sans en modifier le sens. Les auteurs sont anonymisés.
« Une menthe-limonade avec ma maman »
« Je me souviens d'une brasserie sur le cours Belsunce où nous allions avec ma mère boire une menthe-limonade. Je crois qu'elle s'appelait le Mal Assis. C'est un très beau souvenir. »
« Les magasins et les petites brioches »
« Quand j'étais enfant, je descendais en ville avec ma maman. Je me souviens des Dames de France, des magasins de tissus, de Colombes, des belles chaussures chez Jimmy et des petites brioches accompagnées d'une grenadine à la Samaritaine. »
« Les buvettes où l'on buvait du jus de raisin »
« Il y avait de jolies buvettes Art déco où nous pouvions boire du jus de raisin frais. Je me souviens encore du plaisir de cette boisson. »
« Les camelots et les artisans des années 50 »
« Dans les années 1950 et 1960, j'aimais m'arrêter pour regarder les camelots et les petits artisans. Et je garde aussi un grand souvenir de l'Alcazar. »
« Le Silène et les parties de loto »
« Ma mère nous emmenait au Silène pour jouer au loto. J'avais une dizaine d'années. Je me souviens encore de ces moments passés ensemble. »
Cinq souvenirs, cinq façons de retrouver Marseille.
Une boisson avec maman.
Des courses en famille.
Le goût d'un jus de raisin.
Les camelots que l'on regardait travailler.
Et les soirées de loto.
Finalement, il n'y a pas besoin de raconter de grands événements pour faire revivre une époque.
Et ces rails de tramway que certains remarquent encore ?
Plusieurs personnes sont surprises de retrouver les traces du tramway dans les photographies de Marseille des années 1950.
Pourtant, c'est parfaitement cohérent.
Marseille possédait autrefois un vaste réseau de tramways, dont la plupart des lignes ont progressivement disparu au profit des autobus et des trolleybus.
La ligne 68 a continué de circuler jusqu'en 2004 avant la modernisation du réseau.
En 1955, les tramways faisaient donc encore partie du paysage marseillais.
Il reste à identifier précisément les voies visibles sur cette photographie pour savoir quelles lignes passaient à cet endroit.
Mais le détail rappelle à quel point les transports ont changé dans le centre-ville.
Pour retrouver un autre visage du Marseille d'autrefois, notre collection évoque également le marché du Prado en 1931, avec les poissonnières, les anciens étals et les souvenirs de la vie quotidienne.
Le Marseille d'hier était-il vraiment mieux qu'aujourd'hui ?
En regardant cette photographie, les avis sont très partagés.
Certains regrettent les anciennes brasseries, les commerces disparus et les promenades au centre-ville.
D'autres rappellent que Marseille a toujours été une ville populaire, animée, commerçante et multiculturelle.
Un habitant évoque même ses grands-parents installés rue des Chapeliers, dans un quartier où différentes familles vivaient et travaillaient modestement.
D'autres soulignent que l'on compare parfois un souvenir heureux de jeunesse à une réalité actuelle beaucoup plus complexe.
Et puis une ancienne Marseillaise fait remarquer quelque chose d'intéressant : elle trouve que le cours Belsunce a été mis en valeur par des aménagements récents.
Il n'y a donc pas une seule façon de regarder cette photographie.
On peut regretter les cafés disparus sans penser que tout était parfait en 1955.
On peut aimer le Marseille d'aujourd'hui et avoir les larmes aux yeux devant une image de son enfance.
Ce qui a changé, ce sont les bâtiments, les commerces et les habitudes.
Mais aussi les générations.
Car celui qui avait huit ans en 1955 ne regarde forcément pas cette photographie de la même manière qu'un jeune Marseillais qui découvre aujourd'hui le quartier.
Et c'est bien normal.
Que reste-t-il du cours Belsunce d'autrefois ?
Le cours Belsunce conserve une place importante dans le centre historique de Marseille.
Son histoire remonte au XVIIe siècle, lorsque la ville aménage un grand cours destiné à la promenade.
Il prendra ensuite le nom de l'évêque Henri de Belsunce, connu pour son rôle pendant la peste de 1720.
Le secteur a beaucoup changé depuis notre photographie.
La grande bibliothèque de l'Alcazar, les transports modernes, les commerces et les aménagements urbains ont transformé le paysage.
À proximité, les tours Labourdette et le Centre Bourse témoignent également d'une autre période de transformation de Marseille.
On peut retrouver cette histoire dans notre article consacré au Centre Bourse et aux tours Labourdette vers 1975.
Et pour découvrir comment la ville a également changé en bord de mer, nous avons raconté la transformation des plages du Prado entre 1968 et 1988.
Mais ce que les photographies actuelles ne peuvent pas nous montrer, ce sont les anciens habitués des cafés.
La petite fille qui venait boire sa menthe-limonade.
Les marchands de jus de raisin.
Les clients de la brasserie Le Français.
Les familles qui fréquentaient Le Silène.
Et les passants qui s'arrêtaient devant les camelots.
Ces histoires-là ne se voient plus dans la rue.
Heureusement, quelques anciens s'en souviennent encore.
Questions fréquentes sur le cours Belsunce à Marseille
Où se trouve le cours Belsunce ?
Le cours Belsunce se trouve dans le 1er arrondissement de Marseille, à proximité de la Canebière, de la Bourse et du centre historique.
Que voit-on sur cette photographie de 1955 ?
On distingue notamment le Touring-Hôtel, un autre hôtel dans une petite rue voisine, des cafés, des terrasses, plusieurs passants et une automobile. Certains détails des enseignes restent à identifier.
Où se trouvait le Touring-Hôtel ?
L'établissement était situé au 42 cours Belsunce, anciennement numéro 28.
Quel était le célèbre théâtre du cours Belsunce ?
L'Alcazar-Lyrique, ouvert en 1857, fut l'une des grandes salles de spectacle de Marseille. Il a fermé en 1966. Une bibliothèque municipale construite sur son ancien emplacement a ouvert en 2004.
Le cours Belsunce possédait-il des brasseries ?
Oui, les cafés et les brasseries ont longtemps fait partie de sa vie quotidienne. Les souvenirs des habitants évoquent notamment Le Français, le Mal Assis et plusieurs établissements dont les noms restent à retrouver.
Les tramways circulaient-ils encore à Marseille en 1955 ?
Oui. Le réseau ancien fonctionnait encore à cette époque, même si plusieurs lignes étaient déjà progressivement remplacées par d'autres moyens de transport.
Le petit mot de Papy Chris ❤️
Vous savez ce qui m'a le plus touché dans tous ces souvenirs du cours Belsunce ?
Ce n'est pas l'histoire du Touring-Hôtel.
Ce ne sont même pas les grandes vedettes de l'Alcazar.
C'est cette femme qui se rappelle une menthe-limonade avec sa maman.
Et cette autre qui n'a jamais oublié les petites brioches mangées après les courses.
Il y a aussi ce jus de raisin frais que l'on buvait dans une buvette Art déco.
Et les parties de loto au Silène.
Des choses simples.
Des moments que personne ne pensait forcément photographier à l'époque.
Pourtant, soixante ou soixante-dix ans plus tard, ce sont ces instants qui reviennent les premiers.
On peut reconstruire des immeubles, retrouver des plans et consulter des annuaires.
Mais personne ne pourra refaire exactement cette promenade en ville avec sa maman, un après-midi des années 1950.
C'est pour cela que les souvenirs des habitants sont si précieux.
Ils nous racontent ce que les pierres ne peuvent plus raconter.
Papy Chris ❤️ — La France d'autrefois, nos villes, nos villages, nos souvenirs.
Retrouvez les autres histoires de la cité phocéenne dans notre collection Marseille autrefois : les carnets de souvenirs, au sein de Mémoire de France.
Sources documentaires et mémoire locale
- Office de tourisme de Marseille — Le cours Belsunce et le cours Saint-Louis : histoire des cours et patrimoine
- Planète Marseille — Touring-Hôtel du cours Belsunce et Touring Club de France : adresse historique et équipements de l’hôtel
- Ville de Marseille — La bibliothèque de l’Alcazar fête ses 20 ans : naissance de l’établissement lyrique en 1857 et bibliothèque inaugurée en 2004 (PDF)
- MarseilleTourisme.fr — Bibliothèque de l’Alcazar : du spectacle à la bibliothèque, fermeture et reconstruction
- Mucem — Clochette, taraïette, taraillette : histoire de la foire aux aulx et des petites poteries
- INA — Visite dans les allées de la foire à l’ail à Marseille en 1975 : archives filmées du 26 juin 1975
Mémoire locale : commentaires transmis pour cet article, utilisés pour retrouver les cafés, commerces et souvenirs familiaux. Cinq témoignages ont été conservés dans un encadré unique, avec leurs auteurs anonymisés. Les souvenirs portant sur des établissements comme Le Mal Assis, Le Silène, la brasserie Le Français et certains commerçants méritent encore une vérification dans les annuaires anciens.
Photographie ancienne transmise : auteur et date exacte à confirmer. L’année 1955 est celle indiquée lors de sa transmission ; le passage visible et les lignes de tramway ne sont pas identifiés avec certitude.