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Entrée du funiculaire Saint-Paul–Fourvière à Lyon vers 1900, près de la gare Saint-Paul et de la montée Saint-Barthélemy
Vers 1900, à Lyon, une étonnante entrée de funiculaire se trouvait près de la gare Saint-Paul, au pied de la colline de Fourvière. Elle appartenait à une ligne aujourd’hui disparue qui conduisait de Saint-Paul à Fourvière, avant une correspondance par tramway vers le cimetière de Loyasse.
Cette ligne est restée dans la mémoire lyonnaise sous un surnom saisissant :
la « ficelle des morts ».
Car elle ne transportait pas seulement des voyageurs. Elle participait aussi à l’acheminement des convois funéraires vers Loyasse.
Mais la photographie ancienne raconte également tout un quartier : la gare Saint-Paul, la rue Juiverie, les commerces, le tabac, le marchand de charbon et les habitants qui ont vécu là.
La gare basse se trouvait à proximité immédiate de l’actuelle gare Saint-Paul, au départ de la montée Saint-Barthélemy.
Patrimoine Lyon situe le départ au pied de l’ancien Hôtel Paterin, ou maison Henri IV. Le Guichet du Savoir de la Bibliothèque municipale de Lyon indique également que l’immeuble du 2 rue Juiverie, construit vers 1900, aurait servi de gare ou de station au funiculaire Saint-Paul–Fourvière.
Voilà pourquoi plusieurs lecteurs ont immédiatement reconnu le secteur sur la photographie.
L’un demande :
« Où était le funiculaire ? Sur la montée Saint-Barthélemy ? »
La réponse est donc : oui, juste à proximité du départ de cette montée et de la gare Saint-Paul.
Deux commentaires ont repéré le même détail :
à droite de la photographie se trouve la gare Saint-Paul.
Pour ceux qui connaissent le quartier, cette vieille vue devient alors beaucoup plus facile à situer.
Une lectrice qui habitait autrefois rue Juiverie avec ses parents reconnaît également les lieux et se souvient d’un détail extrêmement vivant :
le marchand de charbon installé dans l’angle.
Ce commerce n’est pas documenté dans les sources historiques consultées pour l’instant, mais ce souvenir pourrait permettre de retrouver un nom dans un ancien annuaire lyonnais.
Autre détail intéressant apporté par les commentaires : un tabac se trouve encore aujourd’hui dans le secteur, même s’il aurait été déplacé de quelques mètres par rapport à celui dont certains habitants se souviennent.
Une ancienne habitante de Saint-Just confirme elle aussi ce souvenir du quartier et indique que le tabac se trouve toujours « juste à l’angle dessous ».
Ces petites observations sont importantes : elles permettent de comparer la photographie de 1900 avec la ville actuelle, non seulement par ses bâtiments, mais aussi par la permanence de certains commerces.
Le surnom est directement lié au cimetière de Loyasse.
Celui-ci était difficile d’accès depuis le centre de Lyon. La ligne Saint-Paul–Fourvière, puis le tramway de Fourvière à Loyasse, permettaient de faciliter le déplacement des voyageurs mais aussi celui des convois funéraires. Patrimoine Lyon rappelle que cette desserte permettait notamment d’acheminer les corps destinés à être inhumés à Loyasse.
L’itinéraire continuait ensuite depuis Fourvière jusqu’au cimetière.
Aujourd’hui encore, le chemin du Viaduc et le secteur de la passerelle des Quatre-Vents suivent en partie cet ancien parcours.
C’est justement ce qu’a rappelé un lecteur.
Et son souvenir contient une part de vérité.
La ligne n’a évidemment pas fonctionné seulement quelques années : les Archives municipales de Lyon indiquent une ouverture du funiculaire et du tramway le 16 décembre 1900.
Le funiculaire ferme définitivement en décembre 1937. Patrimoine Lyon le décrit néanmoins comme le funiculaire lyonnais ayant connu la plus courte durée d’exploitation.
Autrement dit, environ 37 années de fonctionnement : peu à l’échelle de l’histoire des autres ficelles de Lyon.
L’Inventaire général du patrimoine culturel donne plusieurs caractéristiques précises de cette ancienne ligne.
Le funiculaire mesurait 514 mètres et atteignait une pente maximale de 243 mm par mètre. Il arrivait sur les hauteurs de Fourvière, où les voyageurs pouvaient prendre le tramway vers Loyasse.
Il ne faut donc pas imaginer une seule rame allant directement de Saint-Paul au cimetière.
Il y avait bien deux étapes :
Il permettait de gravir la colline depuis le quartier Saint-Paul.
Il prenait ensuite le relais pour rejoindre l’entrée du cimetière.
Ce détail explique pourquoi les documents parlent tantôt de Saint-Paul–Fourvière, tantôt de Saint-Paul–Fourvière–Loyasse.
C’est probablement la principale difficulté lorsque l’on publie une photographie ancienne.
Lyon a possédé plusieurs lignes.
Le funiculaire reliant le Vieux-Lyon à Fourvière ouvre lui aussi en 1900 et existe toujours aujourd’hui.
La ligne photographiée à Saint-Paul est différente.
Les documents transmis rappellent justement que Lyon a compté jusqu’à cinq funiculaires, desservant les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse.
Cette multiplication des lignes explique pourquoi les commentaires Facebook deviennent rapidement passionnés dès que quelqu’un prononce le mot « ficelle ».
Les commentaires sont particulièrement amusants sur ce point.
Certains Lyonnais affirment que la vraie Ficelle était celle de la Croix-Rousse.
D’autres répondent que « ficelle » était tout simplement le surnom donné aux funiculaires lyonnais.
Le débat peut devenir animé !
Dans les témoignages transmis, un participant explique par exemple que le principe du câble reliant les deux voitures justifie l’expression « ficelle », tandis qu’un autre insiste sur l’usage historique lyonnais du mot pour différentes lignes.
L’Inventaire régional apporte ici une réponse utile : « La Ficelle » est bien présenté comme le surnom lyonnais des funiculaires de la ville, qui en a compté jusqu’à cinq.
La mémoire populaire, elle, a parfois réservé le mot à la ligne que chaque Lyonnais utilisait dans son propre quartier.
Le commentaire d’une ancienne habitante de Saint-Just résume d’ailleurs parfaitement cette querelle de vocabulaire.
Elle raconte avoir vécu quinze ans à Saint-Just et explique qu’en tant que Lyonnaise, elle a toujours entendu employer les deux mots.
C’est probablement l’une des clés de cette histoire.
Le vocabulaire technique compte pour comprendre les différentes lignes, mais dans la vie quotidienne, les Lyonnais parlaient surtout de leur ficelle.
Les réactions ne concernent pas uniquement la ligne Saint-Paul–Loyasse.
Elles font remonter les souvenirs de toutes les ficelles lyonnaises.
Un témoignage familial est particulièrement intéressant.
Le père d’un lecteur serait arrivé à Lyon en 1959 et aurait commencé à travailler comme receveur à la ficelle de Saint-Just. Il dormait parfois avec ses collègues près de la machinerie et ils y préparaient même leurs repas.
Son fils raconte ensuite qu’en apprentissage, lorsqu’il habitait Champvert, il prenait lui-même la ficelle deux fois par jour.
Ce témoignage ne concerne pas la ficelle des morts de Saint-Paul, déjà fermée depuis longtemps, mais il restitue admirablement la vie professionnelle et quotidienne autour des funiculaires lyonnais.
Un autre commentaire évoque une grand-mère qui travaillait à « la station du milieu ».
Cette indication renvoie vraisemblablement à une autre ligne lyonnaise et non à la ficelle Saint-Paul–Fourvière.
C’est justement tout l’intérêt des commentaires : ils font apparaître les souvenirs, mais ils montrent aussi combien les différentes lignes peuvent se mélanger dans la mémoire collective.
Ainsi, l’actuelle ligne vers Saint-Just dessert toujours les Minimes, station intermédiaire déjà liée historiquement à la ligne ouverte en 1878. Les Archives municipales de Lyon confirment l’ouverture du funiculaire de Saint-Just par les Minimes le 8 août 1878.
Un lecteur raconte également avoir emprunté une ficelle de Fourvière en juillet 1983.
Là encore, il ne peut évidemment s’agir de Saint-Paul–Loyasse, disparue depuis 1937.
Mais cette réaction montre combien les funiculaires lyonnais créent un lien entre plusieurs générations.
Une photographie de 1900 déclenche des souvenirs des années 1950, 1960, 1970, 1980… jusqu’aux voyageurs d’aujourd’hui.
La conversation dérive même jusqu’à la célèbre ficelle de la rue Terme vers la Croix-Rousse, ouverte en 1862.
Plusieurs personnes racontent combien elle était pratique pour rejoindre rapidement le boulevard et le marché de la Croix-Rousse.
Une lectrice associe encore son souvenir au cinéma Chantecler et à la vogue des marrons.
Une autre se rappelle les marrons chauds accompagnés de vin blanc nouveau pendant la vogue.
Ces souvenirs sont éloignés géographiquement de Saint-Paul, mais ils racontent la même chose : les ficelles faisaient partie de la vie quotidienne lyonnaise.
Cette tradition remonte loin.
La Ville de Lyon rappelle que le premier funiculaire de la rue Terme entre en circulation le 3 juin 1862, reliant le bas des Pentes au plateau de la Croix-Rousse.
Puis viennent Saint-Just, Croix-Paquet et les différentes dessertes de Fourvière.
Lorsqu’arrive la ligne Saint-Paul–Fourvière–Loyasse en 1900, Lyon possède donc déjà une longue expérience des transports par câble.
Même après sa fermeture, la ficelle des morts n’a pas complètement disparu du paysage.
Le secteur de l’ancienne entrée à Saint-Paul peut encore être identifié autour de la rue Juiverie et de la montée Saint-Barthélemy. Le Guichet du Savoir rappelle d’ailleurs que l’ancien bâtiment de la station du 2 rue Juiverie a ensuite connu d’autres usages.
Sur les hauteurs, le chemin du Viaduc conserve également la mémoire du tracé vers Loyasse. Patrimoine Lyon précise que les arcades situées près du cimetière correspondent à l’ancien terminus du tramway.
On peut donc aujourd’hui parcourir Lyon en marchant littéralement sur les traces de cette ancienne ligne.
Un lecteur pose une excellente question :
« Peut-on savoir ce qui est écrit en haut du fronton ? »
La photographie ancienne semble effectivement porter une inscription au-dessus de l’entrée.
Mais sans une reproduction suffisamment nette ou une autre photographie du même bâtiment, mieux vaut ne pas inventer la lecture.
C’est une piste particulièrement intéressante à soumettre aux lecteurs.
Quelqu’un possède peut-être une carte postale mieux conservée permettant de lire exactement cette inscription.
C’est sans doute le commentaire le plus simple… et peut-être le plus juste.
En comparant le Saint-Paul de 1900 à celui d’aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé.
Le funiculaire a disparu.
L’accès a été transformé.
Les commerces ont changé.
Mais plusieurs repères demeurent : la gare Saint-Paul, la rue Juiverie, la montée Saint-Barthélemy et la silhouette de Fourvière.
Et grâce aux souvenirs des habitants, reviennent également le marchand de charbon, le tabac, les familles qui vivaient dans le quartier et le souvenir de cette étrange ligne que les Lyonnais avaient fini par surnommer :
la ficelle des morts.
Quelqu’un possède-t-il une photographie plus nette permettant de lire l’inscription située sur le fronton de l’ancienne gare ?
Qui se souvient du marchand de charbon installé près de la rue Juiverie et connaît son nom ?
Avez-vous entendu vos parents ou grands-parents raconter le transport des convois funéraires vers Loyasse ?
Possédez-vous des photographies de l’ancienne entrée, du tramway de Loyasse ou de la ligne avant sa fermeture en 1937 ?
Archives municipales de Lyon — C’est arrivé à Lyon : ouverture du funiculaire et du tramway Saint-Paul–Fourvière–Loyasse le 16 décembre 1900.
Inventaire général du patrimoine culturel d’Auvergne-Rhône-Alpes : funiculaire Saint-Paul–Fourvière, caractéristiques techniques et historique des ficelles lyonnaises.
Patrimoine Lyon — Cimetière de Loyasse et quartier Saint-Paul : localisation de l’ancienne gare, rôle funéraire de la ligne et fermeture.
Patrimoine Lyon — Parc des Hauteurs et chemin du Viaduc : traces de l’ancienne ligne et parcours vers Loyasse.
Bibliothèque municipale de Lyon — Guichet du Savoir : recherches concernant l’ancien bâtiment de la station au 2 rue Juiverie.
Témoignages publics et commentaires de Lyonnais, notamment sur Saint-Paul, Saint-Just, la rue Terme et l’usage populaire du mot « ficelle ».
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.