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Ancienne carte postale de la piscine municipale de Grignan avec les bassins et le château de Grignan dominant le village en arrière-plan.
À Grignan, il existe un endroit où plusieurs générations ont appris à nager avec l’un des plus beaux décors imaginables : le château dominant les bassins depuis son promontoire.
L’ancienne carte postale est saisissante. Au premier plan, la piscine municipale, ses baigneurs et ses plongeoirs. Derrière, les maisons du village semblent monter jusqu’à l’imposante silhouette du château.
Et contrairement à tant d’autres piscines municipales anciennes évoquées dans nos souvenirs, celle de Grignan existe toujours.
En 2026, elle accueille encore les baigneurs tout l’été.
Les chronologies locales situent l’inauguration de la piscine municipale de Grignan au 17 juin 1965.
Nous sommes alors dans une France où les piscines particulières sont encore rares.
Dans un village de la Drôme provençale, disposer d’un équipement municipal de plein air représente une véritable nouveauté.
Pour les enfants et adolescents, la piscine devient rapidement l’un des grands rendez-vous de l’été.
On vient y apprendre à nager, retrouver les copains, se lancer du plongeoir ou simplement passer l’après-midi au frais.
La carte postale transmise restitue parfaitement cette ambiance : les bassins au premier plan et le château comme décor permanent.
Voilà un détail particulièrement intéressant.
La mémoire locale associe parfois la piscine à l’ancienne gare de Grignan, au point de dire que la piscine aurait remplacé la gare.
L’histoire est un peu plus subtile.
Grignan était autrefois desservi par le chemin de fer Taulignan–Grignan–Chamaret, un petit chemin de fer métrique souvent appelé tramway à vapeur. Il fonctionna de 1907 à 1928 et permettait notamment de rejoindre à Chamaret la ligne Pierrelatte–Nyons.
L’ancienne gare se trouvait à proximité de l’actuelle piscine.
La chronologie est révélatrice : la piscine est donnée comme inaugurée le 17 juin 1965, tandis que l’ancienne gare aurait été démolie quelques mois plus tard, le 24 novembre 1965.
Il est donc plus prudent de dire que la piscine a été aménagée dans le secteur de l’ancienne gare, plutôt que d’affirmer sans document cadastral qu’elle occupe exactement son emplacement.
Quel changement en quelques décennies : à l’endroit où arrivait autrefois le petit train, les enfants venaient désormais se baigner.
Au-dessus des baigneurs se dresse évidemment le château de Grignan.
Son histoire est autrement plus ancienne.
Un château fort est mentionné sur ce promontoire dès le XIe siècle. L’ensemble est ensuite profondément transformé à la Renaissance par la famille des Adhémar pour devenir une prestigieuse demeure.
Au XVIIe siècle, son histoire devient indissociable de Madame de Sévigné.
Sa fille, Françoise-Marguerite, avait épousé le comte de Grignan. La marquise séjourna à plusieurs reprises au château et y mourut en 1696.
Imaginez donc la scène :
des enfants plongeant dans une piscine des années 1960 sous les fenêtres d’un château dont l’histoire remonte au Moyen Âge.
C’est ce contraste qui rend le lieu aussi spectaculaire.
C’est sans doute le souvenir le plus fort associé à cette piscine.
Il n’était pas nécessaire de sortir de l’eau pour savoir où l’on se trouvait.
Le château dominait littéralement la baignade.
Les terrasses du monument offrent elles-mêmes de vastes panoramas sur toute la région : plaines, lavandes, vignes, Mont Ventoux et montagnes environnantes.
Depuis la piscine, la perspective fonctionne dans l’autre sens :
on nage en regardant le château.
Peu de piscines municipales françaises peuvent revendiquer pareil décor.
La piscine de Grignan appartient d’abord aux souvenirs d’enfance.
On y a appris à nager.
Parfois avec ses frères et sœurs.
Parfois avec toute une bande d’amis.
Un souvenir permet même de dater précisément une première baignade importante : 1971, année où une jeune Grignanaise y apprend à nager avant de devenir, plusieurs années plus tard, régisseuse de cette même piscine. Elle continue encore aujourd’hui à la fréquenter l’été.
Une simple piscine municipale peut ainsi accompagner pratiquement toute une vie.
Un nom a également traversé les décennies :
Jean-Claude Piquemal, présenté dans les souvenirs transmis comme le premier maître-nageur de la piscine.
Il serait intéressant de retrouver dans les archives communales la date de sa prise de fonction et les premières équipes de la piscine après son ouverture en 1965.
Car les maîtres-nageurs font souvent partie des personnages les plus fortement associés aux anciennes piscines.
Ils apprenaient à nager aux enfants.
Ils surveillaient les plongeons.
Et naturellement, ils rappelaient à l’ordre ceux qui couraient un peu trop vite autour des bassins…
Autre souvenir particulièrement vivant : le snack.
On y achetait de quoi boire ou manger, mais on y passait surtout du temps.
Les marches de la piscine servaient de lieu de réunion improvisé.
On pouvait y rester pendant des heures à refaire le monde, entre deux baignades.
C’était toute la simplicité des vacances d’autrefois.
Pas besoin de téléphone.
Pas besoin de prendre rendez-vous.
On savait que les autres seraient probablement à la piscine.
Certaines journées d’été suivaient même un rituel bien précis.
La mère emmenait les enfants et toute une bande de copains à la piscine.
Puis, après la baignade, direction Rochecourbière, autre lieu emblématique de Grignan, pour rechercher un peu de fraîcheur.
Pendant que les enfants profitaient de l’endroit, leur mère pouvait tranquillement tricoter.
Ce souvenir résume presque à lui seul les vacances d’été dans la Drôme provençale :
la piscine, les copains, l’ombre et le temps qui semble s’arrêter.
La piscine n’était évidemment pas uniquement un équipement sportif.
Pour les adolescents, elle représentait aussi un lieu de rencontre.
On s’installait autour du bassin.
On observait les arrivées.
On discutait.
On riait.
Et on passait parfois beaucoup plus de temps assis sur les marches qu’à réellement nager.
Les premières amitiés, les premiers amoureux et les grandes conversations de vacances font partie intégrante de la mémoire du lieu.
C’est ce qui explique pourquoi une simple photographie suffit encore aujourd’hui à faire remonter autant de souvenirs.
La piscine est loin d’avoir disparu après les années 1960 et 1970.
En juillet 2013, Le Dauphiné Libéré constatait une fréquentation importante pendant une période particulièrement chaude : en moyenne environ 200 personnes se succédaient autour des bassins.
Près d’un demi-siècle après son ouverture, elle remplissait donc toujours parfaitement son rôle.
Lorsque le thermomètre grimpe dans la Drôme provençale, quelques mètres cubes d’eau sous le château gardent évidemment tout leur intérêt.
C’est le point le plus important à préciser lorsqu’on montre cette vieille carte postale :
La Ville de Grignan indique qu’en 2026, elle a ouvert du 2 juin au 31 août.
Cette ouverture au 2 juin était même avancée d’environ un mois par rapport aux années précédentes.
La Drôme Tourisme décrit actuellement un équipement comprenant un bassin de 25 mètres, un bassin pour enfants et une buvette sur place.
Soixante ans après les premières générations de nageurs, le principe reste donc étonnamment proche :
venir se rafraîchir sous le château.
La piscine n’est pas seulement conservée comme un équipement ancien.
Elle continue à vivre.
À l’été 2026, des cours d’aquagym étaient par exemple proposés les mardis et vendredis en soirée.
C’est peut-être cela qui distingue Grignan de tant d’autres communes où nous retrouvons d’anciennes piscines sur les cartes postales :
ici, le lieu n’est pas uniquement un souvenir.
Il reste utilisé.
La vieille carte postale montre aussi à quel point les abords de Grignan étaient différents.
Peu de constructions autour des bassins.
Des arbres.
Des jardins.
Les maisons du village groupées sous le château.
Le paysage semblait laisser beaucoup plus d’espace entre la piscine et le vieux bourg.
Mais malgré les transformations, l’élément essentiel demeure.
Lorsque l’on lève les yeux depuis les bassins, le château domine toujours Grignan.
La piscine n’appartenait pas seulement aux habitants du village.
Avec le développement touristique de la Drôme provençale, de nombreux visiteurs ont également découvert cet étonnant cadre.
Et certains souvenirs commencent justement par une première visite à Grignan durant les vacances.
Ce qui frappe alors n’est pas simplement la piscine.
C’est la combinaison :
eau bleue + village provençal + château.
Une carte postale presque trop parfaite pour être réelle.
Très peu de lieux permettent aujourd’hui une telle continuité.
Les enfants qui y apprenaient à nager au début des années 1970 sont devenus grands-parents.
Certains y ont ensuite amené leurs propres enfants.
D’autres y ont travaillé.
Et certains continuent encore d’y retourner l’été.
Voilà pourquoi cette photographie ne raconte pas seulement « une ancienne piscine ».
Elle raconte plus de soixante ans de vie locale.
Il est enfin fascinant de replacer tout ce secteur dans le temps.
Au début du XXe siècle, on descendait ici du petit train.
Puis la ligne ferroviaire ferme en 1928.
Dans les années 1960 apparaît la piscine.
Et en 2026, les enfants nagent toujours au pied du même château.
Les usages changent complètement.
Le paysage évolue.
Mais le lieu conserve une étonnante continuité.
Hier, on venait en train à Grignan.
Quelques décennies plus tard, on venait y apprendre à nager.
Et aujourd’hui encore, par une chaude journée d’été, on peut entrer dans le bassin et lever les yeux vers les murs du château.
À Grignan, cette ancienne carte postale n’appartient donc pas totalement au passé.
Le décor existe encore. Et la baignade aussi.
Qui se souvient de Jean-Claude Piquemal, présenté comme le premier maître-nageur de la piscine ?
Vous souvenez-vous du snack et des heures passées sur les marches à discuter ?
Quelqu’un possède-t-il des photos des premières années de la piscine, vers 1965-1975 ?
Qui connaissait encore l’ancienne gare ou en entendait parler dans sa famille lorsque la piscine a été construite ?
Ville de Grignan — ouverture et horaires de la piscine municipale pour la saison 2026.
La Drôme Tourisme / Office de Tourisme Pays de Grignan – Enclave des Papes — bassin de 25 m, bassin pour enfants, buvette et informations pratiques.
Le Dauphiné Libéré, 30 juillet 2013 — fréquentation estivale de la piscine de Grignan, autour de 200 personnes par jour durant le mois de juillet.
Département de la Drôme – Conservation du patrimoine — histoire du château de Grignan, mentionné dès le XIe siècle, transformation Renaissance et lien avec Madame de Sévigné.
Chronologies historiques de Grignan — piscine donnée comme inaugurée le 17 juin 1965 ; ancienne gare du tramway détruite quelques mois plus tard.
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.