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Piscine du Polygone à Valence en 1991, aujourd’hui piscine Jean-Pommier, avec son bassin couvert fréquenté par les nageurs valentinois.
En 1991, la piscine du Polygone faisait déjà partie du quotidien des Valentinois depuis près d’un quart de siècle. On y venait avec l’école, avec les Enfants du Rhône, pour apprendre à nager, s’entraîner, pratiquer la plongée… ou simplement terminer la séance par un hot-dog au snack.
La photographie diffusée par Mémoire de la Drôme est précisément présentée comme « La piscine du Polygone en 1991 ».
Pour beaucoup, cette piscine représente encore aujourd’hui l’enfance, les copains, l’odeur du chlore, les cours de natation et les longues séances au bord du bassin.
Et contrairement à d’autres piscines valentinoises disparues, celle du Polygone est toujours là : profondément modernisée, elle porte aujourd’hui le nom de piscine Jean-Pommier.
L’histoire des piscines modernes de Valence commence véritablement après la Seconde Guerre mondiale.
Dès 1942, la Ville acquiert des terrains destinés à accueillir de nouveaux équipements sportifs. Dans les années 1960, plusieurs piscines sont construites, notamment dans la Basse-Ville et au Polygone.
La piscine Jean-Pommier est conçue par les architectes Maillard-Ducamp. Les sources spécialisées situent sa construction au milieu des années 1960.
Le Dauphiné Libéré donne une date très précise pour son inauguration :
En 2016, le journal célébrait ainsi les cinquante ans de la piscine du Polygone.
Lorsque la photographie est prise, l'établissement n’est donc pas récent.
Des milliers de petits Valentinois y ont déjà appris à nager.
Certains se souviennent avoir commencé dès l’âge de six ans.
D’autres ont appris plus tard, parfois à 14 ans.
L’école y organisait également ses séances de natation, faisant de la piscine du Polygone l’un des lieux incontournables de l’éducation sportive valentinoise.
Pour beaucoup d’enfants, savoir nager à Valence signifiait tout simplement :
avoir un jour franchi la porte de la piscine du Polygone.
Impossible de raconter cette piscine sans parler des Enfants du Rhône de Valence.
L’association est déclarée dès le 3 avril 1922.
Après la Seconde Guerre mondiale, la natation sportive prend une place croissante. Les sections natation et water-polo sont créées en 1953, puis une section de natation synchronisée apparaît en 1991, justement l’année de notre photographie.
La piscine du Polygone devient l’un des grands lieux d’entraînement du club.
Natation de compétition, water-polo, natation artistique, loisirs : des générations entières y ont enchaîné les longueurs.
Un nom reste particulièrement attaché à cette époque :
Né en 1924 et mort en 2020, il fut à la fois nageur, entraîneur et président des Enfants du Rhône pendant environ un demi-siècle.
Il s’était notamment illustré dans plusieurs traversées du Rhône à Lyon, Vienne et Valence.
Dans la mémoire de ceux qui l’ont côtoyé, c’était surtout un homme au grand cœur, étroitement associé à la vie des piscines valentinoises.
Pour certains enfants, le nom de Boyadjian reste presque aussi familier que celui de la piscine elle-même.
Les souvenirs ne sont heureusement pas uniquement sportifs.
Il y avait aussi le snack.
Après les cours ou les entraînements des Enfants du Rhône, certains se rappellent encore le plaisir d’aller chercher un hot-dog après l’effort.
Un détail minuscule ?
Peut-être.
Mais c’est justement ce genre de détail qui fait revenir une époque entière.
La séance terminée.
Les cheveux encore mouillés.
La serviette autour du cou.
Et le hot-dog du snack comme petite récompense avant de rentrer à la maison.
La piscine du Polygone était également intimement liée à la vie scolaire.
Des classes entières venaient y suivre leurs cours de natation.
Pour certains, le souvenir ne s’arrête même pas au bassin : une fois la séance terminée, les enfants attendaient que tout le groupe soit prêt avant de reprendre le chemin de l’école.
Ces heures de piscine représentaient souvent l’un des rendez-vous les plus attendus de la semaine.
Avec parfois, il faut bien l’avouer, autant de temps passé à plaisanter avec les copains qu’à perfectionner son crawl.
Les maîtres-nageurs et éducateurs ont eux aussi laissé une trace durable.
Le nom de Maurice Nicolas revient ainsi dans les souvenirs de l’apprentissage de la natation.
Pour certains enfants, c’est lui qui a véritablement terminé de leur apprendre à nager, au point d’être encore décrit des décennies plus tard comme impossible à oublier.
Ce sont souvent ces personnes qui ont fait passer un enfant de la peur de lâcher le bord à la fierté de traverser seul le bassin.
La piscine ne servait pas seulement à la natation.
Le Cercle Valence Plongée, association créée en 1966, y organisait également des entraînements.
Le bassin profond permettait de s’initier à la plongée subaquatique.
Certains gardent le souvenir de très nombreuses descentes avec bouteille ou en apnée, autour de trois mètres de profondeur, sous la direction d’instructeurs expérimentés.
La fiche du bassin historique indique d’ailleurs une profondeur pouvant atteindre environ 3,5 mètres.
Pour beaucoup de futurs plongeurs drômois, les premières sensations sous l’eau n’ont donc pas eu lieu en Méditerranée…
mais à la piscine du Polygone.
La plongée faisait partie intégrante de la vie sportive du bâtiment.
Dans les années 2010 encore, les clubs de plongée utilisaient les piscines valentinoises pour leurs entraînements.
L’histoire du Cypréa Club rappelle d’ailleurs que les travaux de 2013 à Jean-Pommier avaient obligé les associations subaquatiques à adapter temporairement leur fonctionnement.
Cette diversité d’usages explique pourquoi le Polygone représente davantage qu’une simple piscine municipale.
C’était un équipement sportif partagé par toute une multitude de disciplines.
Les Enfants du Rhône pratiquaient eux aussi plusieurs disciplines.
Le club s’est développé autour de la natation sportive et du water-polo, puis de la natation synchronisée — aujourd’hui appelée natation artistique.
Son objet associatif comprend également le plongeon, la natation en eau libre et la natation masters.
Voilà pourquoi tant de souvenirs différents peuvent être rattachés au même bassin.
L’un y a appris la brasse.
L’autre y faisait du water-polo.
Un troisième descendait avec une bouteille de plongée.
Et un autre encore venait simplement pour le cours de natation de l’école.
La photographie de 1991 est particulièrement intéressante parce qu’elle montre l’établissement avant sa grande transformation du XXIe siècle.
Le bâtiment historique avait alors encore sa configuration traditionnelle.
À l’époque, personne n’imaginait forcément qu’une vingtaine d’années plus tard le site serait considérablement agrandi et modernisé.
La vieille piscine n’allait toutefois pas être purement et simplement rasée.
C’est l’une des particularités de son histoire.
Une grande transformation intervient au début des années 2010.
Un nouveau bassin sportif de huit lignes d’eau, mesurant 25 mètres sur 20, est construit.
Il ouvre au public le 11 mars 2013.
Pendant ce temps, l’ancienne partie de la piscine est rénovée.
Les travaux touchent les bassins, les plages, le carrelage et même les arches de la toiture. La rénovation s’achève à l’automne 2013.
L’inauguration de la nouvelle piscine Jean-Pommier intervient en octobre 2013.
C’est un point important.
Lorsqu’on regarde la photographie de 1991, on ne regarde pas nécessairement un équipement entièrement disparu.
Une partie de la piscine historique a été conservée et intégrée à l’ensemble modernisé.
Le nouveau bassin sportif a été ajouté tandis que les anciens espaces ont été profondément rénovés et réorganisés.
C’est pourquoi les Valentinois peuvent encore reconnaître certains éléments de « leur » piscine, même si l’ensemble a beaucoup changé.
En 2026, la piscine Jean-Pommier comprend trois espaces complémentaires :
un bassin sportif de 25 × 20 mètres ;
un bassin de natation d’environ 25 × 15 mètres ;
un bassin d’apprentissage, ou « petit bain ».
Elle accueille toujours nageurs confirmés, familles, débutants, scolaires et associations sportives.
La piscine du Polygone photographiée en 1991 n’est donc pas devenue une friche ou un souvenir.
Aujourd’hui gérée par Valence Romans Agglo, Jean-Pommier se trouve toujours avenue Georges-Clémenceau, juste à côté de la patinoire.
Pour la saison 2026-2027, l’établissement reste utilisé toute l’année avec des créneaux publics, sportifs et d’apprentissage.
Plus de soixante ans après son inauguration, on continue donc d’y entendre exactement les mêmes bruits :
les plongeons,
les coups de sifflet,
les enfants qui apprennent,
les longueurs des nageurs,
et les conversations qui résonnent sous le toit.
Valence a possédé plusieurs piscines qui ont fortement marqué la mémoire locale.
La piscine Tournesol, construite à Fontbarlettes et inaugurée en 1975, a fermé après des dégradations intervenues dans les années 2010.
Valensolles et d’autres équipements ont également connu de profondes transformations ou cessé leur activité.
Le Polygone, lui, a survécu grâce aux rénovations et à son extension.
C’est probablement ce qui rend la photographie de 1991 encore plus intéressante :
le lieu a changé, mais son histoire continue.
La transmission est l’un des aspects les plus touchants de cette piscine.
Une génération y apprend à nager.
Quelques années plus tard, certains rejoignent les Enfants du Rhône.
Puis viennent leurs propres enfants.
Des familles se souviennent encore de cette « très bonne ambiance » autour des entraînements, des éducateurs et des autres parents.
Une piscine publique peut ainsi devenir un véritable repère familial.
Lorsque l’on regarde cette image de 1991, il faut donc imaginer bien davantage que les bassins.
Il y avait l’école.
Les Enfants du Rhône.
Jo Boyadjian.
Les maîtres-nageurs.
Le Cercle Valence Plongée.
Les bouteilles descendues à trois mètres.
Les copains.
Les parents attendant la fin du cours.
Le snack.
Et le fameux hot-dog après l’entraînement.
Pour certains Valentinois, quelques mots suffisent encore à résumer tout cela :
« Toute mon enfance cette piscine. C’était que du bonheur. »
Et contrairement à tant d’autres lieux de jeunesse devenus parkings, immeubles ou souvenirs…
on peut toujours aller nager aujourd’hui à la piscine du Polygone.
Qui a appris à nager à la piscine du Polygone dans les années 1960, 70, 80 ou 90 ?
Qui se souvient de Jo Boyadjian, Maurice Nicolas ou des autres maîtres-nageurs et entraîneurs ?
Avez-vous connu le snack et ses fameux hot-dogs après les entraînements ?
Qui pratiquait la plongée, le water-polo ou la natation avec les Enfants du Rhône ?
Mémoire de la Drôme — photographie « La piscine du Polygone en 1991 », netteté améliorée par IA.
Le Dauphiné Libéré — histoire de la piscine Jean-Pommier et inauguration du Polygone le 16 décembre 1966.
DOCOMOMO France — histoire architecturale des piscines valentinoises et conception de Jean-Pommier par Maillard-Ducamp.
L’Empreinte – Valence Romans Agglo — histoire des Enfants du Rhône, de Georges « Jo » Boyadjian et des disciplines du club.
Le Dauphiné Libéré, mars 2013 — ouverture du nouveau bassin sportif de huit lignes et rénovation de la piscine.
Valence Romans Tourisme / La Drôme Tourisme — configuration et fonctionnement actuels de la piscine Jean-Pommier en 2026.
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.