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Ancienne photographie du Café du Pont à Nyons avec patrons, habitants et enfants devant l’enseigne « Café du Pont – Débit de vins ».
Cette photographie du Café du Pont à Nyons est beaucoup plus qu’un portrait de groupe devant un bistrot.
Sur la façade, deux inscriptions sautent aux yeux :
« CAFÉ DU PONT »
« DÉBIT DE VINS »
À gauche, une plaque publicitaire BYRRH rappelle l’époque où les marques d’apéritifs recouvraient les façades des cafés. Devant la porte, hommes, femmes et enfants posent ensemble. Certains portent des vêtements de travail, tandis que d’autres sont beaucoup plus élégamment habillés.
Mais surtout, grâce aux souvenirs familiaux qui se transmettent encore à Nyons, l’histoire des personnes ayant tenu ce café commence peu à peu à se préciser.
Le Café du Pont occupait un emplacement idéal, dans le secteur de la place Jules-Laurent, au débouché du vieux quartier et tout près du Pont Roman.
La rue des Bas-Bourgs appartient à l’un des anciens secteurs d’extension de la ville médiévale. Le rapport historique du PLU de Nyons rappelle qu’un faubourg résidentiel et artisanal s’y développe dès la fin du XIIIe et le XIVe siècle, avant que la construction du pont ne restructure tout ce quartier oriental.
Le Pont Roman, lui, est achevé au début du XVe siècle et inauguré en 1409. Pendant des siècles, il constitue un passage essentiel entre les deux rives de l’Eygues.
Installer un café ici avait donc tout son sens.
On passait devant. On s’y arrêtait. On s’y retrouvait.
L’histoire pourrait être plus ancienne qu’on ne le pensait.
Une publication de la Société d’Études Nyonsaises consacrée à l’évolution de l’urbanisme indique qu’au début du XXe siècle les cafés de Nyons commencent à aménager terrasses, tonnelles et vérandas.
En 1907, un certain Jules Sibourg équipe ainsi son café du quartier du Pont d’une véranda.
Il faudrait encore confronter cette information aux anciens annuaires et cadastres pour déterminer avec certitude s’il s’agit exactement du Café du Pont photographié ici.
Mais elle démontre au minimum qu’un établissement de café existait déjà dans ce secteur il y a plus d’un siècle.
L’image elle-même ne porte pas, dans les éléments dont nous disposons, de date certaine.
Les vêtements, l’enseigne peinte, la plaque BYRRH et l’allure générale de la façade évoquent clairement la première moitié du XXe siècle, mais cela ne suffit pas pour attribuer une année précise.
Il serait donc préférable de ne pas inscrire arbitrairement « 1920 », « 1930 » ou une autre date sans document complémentaire.
Un détail pourrait un jour permettre de résoudre l’énigme : qui reconnaîtra l’une des personnes photographiées ?
Un premier nom reste associé à l’établissement dans la mémoire nyonsaise :
Davin.
Le café aurait été tenu par M. Davin dans les années 1950, et l’entrée est encore parfaitement replacée au début de la descente des Bas-Bourgs.
Pour l’instant, je n’ai pas retrouvé de registre permettant d’attribuer des dates certaines à cette période.
Il faut donc conserver Davin comme une piste sérieuse de mémoire locale, en attendant un annuaire professionnel, un acte commercial ou une photographie datée.
Une information familiale beaucoup plus précise permet maintenant de compléter cette chronologie.
Le début de leur activité est situé autour de 1961 ou 1962.
Cette précision est particulièrement précieuse, car elle vient d’un souvenir familial direct : leurs enfants ont connu le café pendant toute cette période.
Voilà donc désormais une véritable tranche de l’histoire de l’établissement que l’on peut reconstituer :
vers 1961-1962 → 1971 : Carmen et Fernand.
Pendant près d’une décennie, ils ont vu défiler devant leur comptoir les habitants du quartier, les habitués, les commerçants, les travailleurs et tous ceux qui empruntaient le secteur du Pont Roman.
Il faut se replacer dans le Nyons de cette époque.
Un café populaire n’était pas seulement un endroit où l’on commandait un verre.
On y retrouvait les voisins.
On parlait du travail.
On discutait des récoltes.
On commentait les nouvelles de Nyons.
On y retrouvait quelqu’un sans avoir pris rendez-vous.
Le panneau « Débit de vins » visible au-dessus de la porte appartient pleinement à cette culture des petits cafés populaires.
Et avec un emplacement pareil, le Café du Pont devait voir passer une part considérable de la vie du quartier.
Une autre famille est fortement associée à l’établissement :
Les registres d’entreprises apportent ici un élément documentaire intéressant.
Ils recensent bien Joseph Burger, place Jules-Laurent à Nyons, avec une activité de restauration traditionnelle ainsi qu’une activité de traiteur.
Les souvenirs conservés autour du café parlent de Joseph Burger et de son épouse, puis de leur fils.
Le surnom « Bibiche » revient lui aussi avec beaucoup d’affection.
Ces petits noms ont leur importance : dans un bistrot de quartier, on connaissait rarement le patron uniquement par son nom inscrit sur les papiers administratifs.
On connaissait surtout la personne derrière le comptoir.
Deux autres surnoms ou prénoms continuent de surgir lorsque l’on évoque les différentes époques du lieu :
Bibiche et Biquet.
Et le nom de Gérard Vial est lui aussi resté fortement associé au secteur.
Le souvenir de Biquet semble se prolonger jusque dans les années 2010 environ, période où il est encore présenté comme le patron du lieu.
Cette datation reste pour l’instant fondée sur la mémoire locale et mériterait d’être précisée par les actes commerciaux successifs.
En revanche, le lien avec Gérard Vial est bien documenté.
La société Vial et Fils existe depuis 1973 et Gérard Vial apparaît comme son dirigeant. Aujourd’hui, la société exploite notamment Les Terrasses du Pont, place Jules-Laurent.
Attention cependant : cela ne signifie pas que la société exploitait le Café du Pont à cet emplacement sans interruption depuis 1973. L’établissement « Les Terrasses du Pont » à la place Jules-Laurent est enregistré dans les données actuelles depuis 2018.
Parmi les figures les plus marquantes revient également le couple formé par « Calou » Roche et Josette.
Ici, nous disposons d’une confirmation officielle particulièrement intéressante.
Lors du conseil municipal de décembre 2018, la Ville de Nyons rend hommage à Josette Roche et rappelle explicitement qu’elle fut :
ancienne commerçante au Bar du Pont à Nyons, mais aussi élue municipale chargée des affaires sociales sous la mandature de Jean Monpeyssen.
Elle avait également participé, avec Paulette Plèche, à la création du Foyer de l’Amitié.
Le bistrot rejoint donc ici une histoire beaucoup plus large de la vie sociale nyonsaise.
Autre détail savoureux : Josette Roche fut étroitement liée à la Commune libre du Pont Roman, une association de quartier fondée après la Seconde Guerre mondiale.
Un portrait publié en 2012 la présente même comme l’ancienne « maire » de la Commune libre du Pont Roman.
L’association existait encore administrativement avec une adresse chez Josette Roche.
On comprend mieux pourquoi son souvenir est resté aussi fort.
Elle n’était pas seulement une personne derrière le comptoir.
Elle faisait partie de la vie du quartier.
Imaginez l’ambiance.
À quelques mètres du vieux pont :
un client entre.
Un autre s’installe.
Quelqu’un vient donner une nouvelle.
On parle d’un voisin.
Un habitué commande « comme d’habitude ».
Les enfants connaissent les patrons.
Les patrons connaissent les familles.
Cette proximité explique probablement pourquoi, plusieurs décennies plus tard, des noms comme Carmen, Fernand, Burger, Bibiche, Biquet, Calou, Josette ou Vial ressortent encore aussi spontanément.
Un commerce change de propriétaire.
Un souvenir, lui, ne change pas forcément de nom.
Un inventaire local consacré aux anciens cafés nyonsais cite encore explicitement le Café du Pont, place du Pont Roman, parmi les établissements ayant poursuivi leur activité sous différentes formes.
Cela montre une remarquable continuité.
D’autres cafés ont complètement disparu.
Ici, en revanche, la vocation du lieu s’est maintenue :
Le nom a changé.
À cette adresse du secteur de la place Jules-Laurent se trouvent aujourd’hui Les Terrasses du Pont.
Un arrêté préfectoral de 2019 mentionne déjà l’établissement au 10 place Jules-Laurent, et les informations actuelles le situent toujours à cette adresse.
La société Vial et Fils exploite également à la place Jules-Laurent un établissement portant cette enseigne.
Plus d’enseigne « Débit de vins ».
Plus de plaque BYRRH.
Plus les mêmes patrons.
Mais toujours :
une terrasse, un verre, un repas et le Pont Roman juste à côté.
Si l’on rassemble maintenant toutes les pièces, une première chronologie se dessine :
1907 — Jules Sibourg tient un café dans le quartier du Pont ; la correspondance exacte avec notre établissement reste à démontrer.
Années 1950 — le nom de Davin reste associé au Café du Pont dans la mémoire locale.
Vers 1961 ou 1962 à 1971 — Carmen et Fernand tiennent le café.
Période suivante à préciser — la famille Burger, avec Joseph, son épouse puis leur fils, reste très présente dans les souvenirs.
Calou et Josette Roche — Josette est officiellement attestée comme ancienne commerçante du Bar du Pont.
Plus tard — les noms de Bibiche, Biquet et Gérard Vial restent associés aux différentes périodes du lieu.
Depuis 2018 au moins sous son enregistrement actuel — Les Terrasses du Pont, exploitées place Jules-Laurent par Vial et Fils.
Cette chronologie n’est certainement pas encore complète.
Mais elle avance.
C’est désormais la grande question.
La présence d’hommes en vêtements de travail, de personnes beaucoup plus élégamment habillées et de deux enfants laisse imaginer une famille, des proches, des employés ou des habitués réunis lors d’une occasion particulière.
Mais rien ne permet encore de l’affirmer.
Même le petit drapeau visible sur la photographie ne suffit pas à identifier l’événement.
Il serait donc passionnant qu’une famille de Nyons possède un second tirage.
Peut-être avec une date.
Peut-être avec les noms.
Et peut-être même avec cette précieuse inscription au dos :
« Café du Pont, Nyons… »
Cette photographie résume finalement parfaitement l’histoire des petits cafés.
On croit regarder une façade.
En réalité, on regarde plusieurs générations de Nyonsais.
Carmen et Fernand derrière le comptoir.
Les Burger.
Calou et Josette.
Bibiche.
Biquet.
Les Vial.
Les clients.
Les enfants.
Les habitués.
Tous se sont succédé autour de quelques tables, à quelques mètres d’un pont vieux de plus de six siècles.
Et aujourd’hui encore, on continue de boire et de manger à cet endroit.
Les patrons changent. Les enseignes changent. Mais au pied du Pont Roman, l’histoire du bistrot continue.
Qui se souvient de Carmen et Fernand entre 1961-1962 et 1971 ?
Qui pourrait remettre dans l’ordre les périodes Burger, Calou et Josette, Bibiche, Biquet et Vial ?
Quelqu’un reconnaît-il une personne sur cette ancienne photographie ?
Existe-t-il à Nyons un ancien menu, une facture, une carte postale ou une photo intérieure du Café du Pont ?
Ville de Nyons — histoire du Pont Roman et patrimoine urbain de Nyons.
PLU de Nyons – rapport historique — développement du quartier des Bas-Bourgs et transformation du secteur lors de la construction du Pont Roman.
Société d’Études Nyonsaises, Terre d’Eygues — mention de Jules Sibourg et de son café du quartier du Pont en 1907.
Ville de Nyons, conseil municipal de décembre 2018 — hommage à Josette Roche, ancienne commerçante du Bar du Pont et ancienne élue municipale.
Registres d’entreprises / RNE — Joseph Burger place Jules-Laurent ; Vial et Fils et l’établissement Les Terrasses du Pont.
Préfecture de la Drôme — Les Terrasses du Pont signalées au 10 place Jules-Laurent en 2019.
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.