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À Valence, Libellules, Cygnes et Lucioles ont marqué les années 1960-1970 entre défilés, concours, twirling, fanfares et voyages.
Dans les années 1970, les majorettes faisaient partie du décor des fêtes populaires de Valence : bâtons lancés dans les airs, bottes impeccables, fanfares, défilés, corsos et déplacements pour participer aux concours.
Cette photographie est précisément présentée comme celle des « majorettes Les Libellules de Valence Sud dans les années 70 ».
Et il suffit qu'elle réapparaisse pour que toute une génération se reconnaisse. Certaines anciennes participantes retrouvent leur jeunesse sur l'image ; l'une reconnaît même les jumelles Gauthier, tandis qu'une autre se souvient avoir été la petite mascotte placée devant le groupe.
Mais cette photo révèle aussi quelque chose d'important : à Valence, il n'existait pas qu'une seule troupe.
Les souvenirs des Libellules, des Cygnes et des Lucioles se croisent aujourd'hui tellement qu'il faut prendre soin de ne pas mélanger leurs histoires.
La légende situe la photographie dans les années 1970, mais la mémoire du groupe remonte au moins à la fin de la décennie précédente.
Une ancienne majorette se souvient avoir intégré le mouvement dès 1969, avant de devenir monitrice des mini-majorettes.
Elle conserve notamment le souvenir d'une compétition à Tain-l'Hermitage, où les plus jeunes auraient remporté une coupe.
Cette victoire reste pour l'instant un souvenir transmis : je n'ai pas retrouvé dans les archives publiques consultées le palmarès permettant d'en préciser l'année ou la catégorie.
Mais ce détail raconte déjà beaucoup.
Le groupe ne se limitait pas à quelques adolescentes défilant lors des fêtes : les plus jeunes étaient elles aussi formées et encadrées.
L'existence de « mini-majorettes » montre que la transmission commençait tôt.
Apprendre à marcher ensemble, tenir le rythme, manier le bâton, mémoriser les enchaînements, garder les distances et sourire au public demandait de véritables répétitions.
Derrière le côté festif se cachait donc une véritable discipline.
Cette idée revient d'ailleurs fortement dans la mémoire régionale : être majorette était considéré comme une fierté, mais aussi comme une pratique sportive.
Voilà peut-être ce qui rend ces photographies si précieuses.
Plus de cinquante ans après, d'anciennes participantes se reconnaissent immédiatement.
Une ancienne identifie ainsi son visage et évoque les jumelles Gauthier. Une autre retrouve la petite mascotte qu'elle était alors.
Pour elles, ce n'est donc pas simplement une vieille photographie de Valence.
C'est une photo de classe grandeur nature :
les copines, les uniformes, les répétitions, les sorties en car et une partie entière de l'adolescence.
C'est le point le plus intéressant de cette recherche.
À la même époque, plusieurs formations féminines ont existé à Valence et leurs histoires se croisent.
La photographie de départ concerne bien les Libellules de Valence Sud.
Mais d'autres noms reviennent très vite :
et
Ces deux derniers groupes sont beaucoup mieux documentés dans la presse ancienne que les Libellules.
Il faut donc éviter d'attribuer aux Libellules un concours, un costume ou une récompense qui appartenait en réalité aux Cygnes ou aux Lucioles.
Les Cygnes ne sont pas seulement un ancien groupe de majorettes.
L'association de danse à laquelle ils étaient liés possède une histoire beaucoup plus longue.
Le Dauphiné Libéré indique que l'école est créée en 1951 par M. Beurrier. En 1965, elle prend le nom des Amis de la danse – École de danse Les Cygnes. Elle dépassera rapidement les 200 danseurs et pratiquera danse classique, variétés et music-hall.
Cela confirme aussi l'importance du nom Beurrier, resté très présent dans la mémoire valentinoise.
M. et Mme Beurrier sont encore spontanément associés aux Cygnes, tandis que M. Mourier est présenté comme leur trésorier et proche collaborateur.
La mémoire des anciennes permet de remonter précisément à 1966.
Cette année-là aurait été celle du premier costume des Cygnes pour un championnat de France à Nice.
Les bâtons utilisés étaient encore en bois et la capitaine était Maryvonne Cliquet.
Après cette expérience, le groupe aurait bénéficié d'une formation au twirling assurée par Marie-Ange Brillet.
Et sur ce dernier point, les archives nationales apportent une confirmation intéressante quant au prestige de la formatrice : Marie-Ange Brillet fut capitaine des Majorettes de Nice, championne de France de twirling en 1967 et monitrice nationale de la Fédération des Majorettes de France.
La relation précise entre elle et les Cygnes provient cependant de la mémoire du groupe et non d'un document administratif retrouvé.
En avril 1968, Le Dauphiné Libéré publie des résultats particulièrement intéressants du Festival national des majorettes de Nice.
Pour les Cygnes de Valence, Anne-Marie Le Goff se classe 7e en dextérité au bâton, tandis qu'Élise Hoffmann prend la 8e place au concours de Miss Majorette France.
Les Lucioles sont elles aussi présentes : Maryvonne Berna obtient la 6e place de Miss Majorette et la 11e place en dextérité.
Voilà la preuve que plusieurs formations valentinoises évoluaient simultanément à un niveau dépassant largement les fêtes de quartier.
L'année suivante, Maryvonne Berna frappe encore plus fort.
En 1969, la jeune Valentinoise des Lucioles est élue Miss Majorette France à Nice.
Quelques semaines auparavant, elle avait déjà remporté pour la deuxième année consécutive le titre de Miss Majorette rhodanienne à Valence.
Cette période marque manifestement un véritable âge d'or des majorettes valentinoises.
Les concours ne se limitaient plus au département.
On allait à Nice.
On affrontait d'autres formations françaises.
On revenait parfois avec un titre national.
En juin 1970, les Cygnes obtiennent à leur tour un très beau résultat.
À Tournon, elles remportent le premier prix du Festival rhodanien des majorettes.
Leur capitaine est alors Maryvonne Cliquet.
La même source rappelle que le groupe s'était également classé quatrième en parade au championnat de France à Nice.
Ces résultats montrent à quel point les troupes valentinoises étaient structurées et compétitives.
Les Lucioles poursuivent également leur progression.
En mai 1971, lors d'un festival de majorettes organisé à Blois, Geneviève Merlin termine deuxième au championnat d'Europe.
À seulement quelques années d'intervalle, les jeunes Valentinoises se retrouvent donc classées dans des compétitions régionales, nationales et européennes.
Derrière les photographies souriantes se cachait manifestement beaucoup de travail.
Les Lucioles semblent avoir possédé une importante composante musicale.
Une ancienne membre se souvient avoir rejoint le groupe à 11 ans en 1973 avant de devenir capitaine de la musique.
D'autres souvenirs évoquent des défilés avec la fanfare de Chabeuil et même la vente de cartes postales du club après les défilés.
Ces précisions restent à compléter par des programmes officiels ou des photographies datées, mais elles donnent une excellente idée de l'organisation.
Les groupes produisaient leur image.
Ils avaient leurs costumes.
Leurs cartes.
Leurs fanfares.
Leurs capitaines.
Et probablement déjà leurs fidèles supporters.
Voilà aussi pourquoi les souvenirs doivent être maniés avec précaution.
Les Lucioles sont aujourd'hui associées dans certains souvenirs à un costume bleu et blanc.
Mais un autre souvenir évoque du rouge et blanc.
Les deux peuvent parfaitement être exacts si le costume a changé selon les années ou les catégories.
Sans photographie datée ou règlement officiel du club, impossible de trancher.
Chez les Cygnes, en revanche, une tenue restée dans les mémoires est décrite avec une jupe rouge, une veste blanche, des bottes blanches, un plastron rouge et or et un chapeau blanc.
Pour le public, le moment spectaculaire restait évidemment le passage dans les rues.
La fanfare approche.
Les tambours donnent le rythme.
Les majorettes apparaissent en rangs.
Les bâtons tournent.
Puis toute la troupe disparaît au bout de la rue.
Mais avant cela, il avait fallu répéter.
Encore et encore.
Travailler la marche.
Le twirling.
Les figures.
Les changements de formation.
La synchronisation avec la musique.
Les manuels professionnels de l'époque consacrés aux majorettes enseignaient précisément le maniement du bâton, les parades, les formations de défilé et les figures collectives.
Les majorettes étaient donc à la croisée de la danse, de la gymnastique, du spectacle et de la musique.
Les souvenirs parlent aussi énormément des corsos.
Pour certaines jeunes filles, c'est même lors de ces défilés qu'ont commencé leurs premiers grands souvenirs avec les Cygnes.
Mais l'aventure dépassait Valence.
Reviennent également les voyages en Italie et en Allemagne, les concours et les déplacements vers les villes jumelées.
Un souvenir particulièrement précis concerne même un séjour à Asti, resté comme un excellent moment.
Et ici, la mémoire locale rejoint parfaitement l'histoire officielle de la ville.
Valence est jumelée avec Asti en Italie depuis 1966, avec Biberach en Allemagne depuis 1967 et avec Clacton-on-Sea en Angleterre depuis 1969. Ces jumelages ont justement été conçus pour favoriser les échanges entre habitants, associations, sportifs et jeunes.
En mai 2026, Valence et Asti ont d'ailleurs célébré 60 ans de jumelage.
Cela ne permet pas d'affirmer que chaque déplacement de majorettes était officiellement organisé dans le cadre du jumelage.
Mais cela explique très bien pourquoi, dans ces années-là, l'Italie et l'Allemagne devenaient des destinations naturelles pour les associations valentinoises.
Pour partir en concours ou en démonstration, il fallait évidemment transporter tout le monde.
Majorettes.
Musiciennes.
Responsables.
Costumes.
Bâtons.
Instruments.
Les souvenirs gardent même la trace de celui qui conduisait le bus lors de certains déplacements.
Pour les adolescentes, le trajet devait déjà faire partie de la fête.
On imagine facilement les discussions, les chansons, l'excitation avant le concours et les kilomètres parcourus ensemble.
C'est probablement le souvenir qui traverse le mieux toutes les formations.
Les concours ont été oubliés.
Les classements parfois mélangés.
Les costumes se confondent.
Mais les amitiés sont restées.
L'époque est encore associée aux rencontres entre copines et aux longues sorties collectives.
Certaines anciennes ont pratiqué ensemble pendant six, huit ou dix ans.
Lorsque ces photographies réapparaissent aujourd'hui, elles permettent parfois à des personnes qui ne se sont pas vues depuis un demi-siècle de se retrouver.
L'univers des Cygnes dépassait largement les majorettes.
Certaines jeunes filles étaient à la fois majorettes et danseuses entre le milieu des années 1960 et le début des années 1970.
Les galas de danse sont eux aussi restés dans les mémoires, avec notamment le souvenir d'un rare pas de deux dansé pendant les années 1970.
L'actuel Espace Danse Les Cygnes constitue d'ailleurs une remarquable continuité : l'association fondée en 1951 existe toujours et célébrait son 70e gala en 2022.
C'est finalement le paradoxe de cette photographie.
Les Cygnes et les Lucioles apparaissent assez régulièrement dans la presse ancienne.
Pour les Libellules de Valence Sud, en revanche, je n'ai pas retrouvé à ce stade de source publique fiable permettant d'établir :
leur date exacte de création,
le lieu où elles s'entraînaient,
le nom de leurs responsables,
la succession de leurs costumes,
leurs résultats complets,
ni leur date de disparition.
Nous savons cependant que la photographie est identifiée comme celle des Libellules de Valence Sud des années 1970, et la mémoire qui l'accompagne situe déjà des participantes en 1969.
C'est précisément là que les archives privées peuvent devenir essentielles.
Quelque part à Valence ou dans la Drôme dorment probablement encore :
des cartes postales de groupes,
des programmes de corsos,
des feuilles de concours,
des diplômes,
des coupes,
des badges,
des costumes,
des photographies de voyages,
des photos de répétitions,
et peut-être même les registres des associations.
La famille de l'ancien trésorier des Cygnes pense notamment avoir conservé des photographies dans ses archives familiales.
Voilà comment une simple photo publiée aujourd'hui peut finir par permettre de reconstruire tout un pan de la jeunesse valentinoise des années 1960 et 1970.
On pourrait regarder ces images uniquement avec nostalgie.
Mais elles racontent aussi quelque chose de la société de l'époque.
Des adolescentes se retrouvaient plusieurs fois par semaine.
Elles apprenaient à travailler en groupe.
Elles pratiquaient une activité physique.
Elles montaient sur scène.
Elles défilaient devant des milliers de personnes.
Elles voyageaient.
Elles représentaient Valence dans des concours nationaux.
Et quelques-unes décrochaient même des titres français ou européens.
Tout cela avec un bâton, une fanfare, un uniforme et beaucoup d'heures de répétition.
Alors lorsque cette photographie des Libellules de Valence Sud réapparaît plus d'un demi-siècle plus tard, elle ne montre pas seulement quelques jeunes filles alignées devant un objectif.
Elle fait ressurgir toute une époque où les défilés de majorettes faisaient battre le cœur des fêtes de Valence.
Qui connaît la date exacte de création et de disparition des Libellules de Valence Sud ?
Où les Libellules s'entraînaient-elles et qui dirigeait le groupe dans les années 1960-1970 ?
Possédez-vous des photos, cartes postales, programmes ou résultats de concours des Libellules, des Cygnes ou des Lucioles ?
Qui se souvient des déplacements à Asti, en Allemagne, à Nice, Tournon ou Tain-l'Hermitage ?
Document et mémoire locale transmis autour de la photographie des « Libellules de Valence Sud dans les années 70 ».
Le Dauphiné Libéré — “Les Lucioles, une histoire de copines” : Maryvonne Berna, Miss Majorette France 1969.
Lire l’article sur les Lucioles
Le Dauphiné Libéré — Les Lucioles à Blois en 1971 : Geneviève Merlin, deuxième au championnat d'Europe.
Voir l’article de 1971 consacré aux Lucioles
Le Dauphiné Libéré — Les Cygnes en 1970 : premier prix du Festival rhodanien à Tournon et quatrième place en parade au championnat de France.
Voir les résultats des Cygnes
Le Dauphiné Libéré — Festival national des majorettes de Nice en 1968 : résultats des Cygnes et des Lucioles.
Consulter l’article sur 1968
Le Dauphiné Libéré — Espace Danse Les Cygnes : création en 1951 et histoire de l'association.
Histoire des Cygnes de Valence
Confédération Musicale de France — archives consacrées à Marie-Ange Brillet, au twirling et à la formation des majorettes.
Ville de Valence / Le Dauphiné Libéré — jumelages de Valence avec Asti, Biberach et Clacton à partir des années 1960.
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.