🔥 STOP AUX MAUVAISES LOCATIONS À NYONS 👉 Papy Chris t’a trouvé ton logement 👍 | whatsapp📞 06 32 07 61 24
Ancienne vue de l’avenue Saint-Ruf à Avignon avec le tramway, les arbres, les commerces et les habitations du quartier.
Quand on regarde les anciennes photographies de Saint-Ruf à Avignon, on reconnaît immédiatement la ville… mais le quartier paraît presque méconnaissable.
Des arbres bordent largement l’avenue. Un tramway circule déjà sur les rails. Les devantures de commerces se succèdent. Derrière certaines façades se cachent garages, ateliers, cours et petites impasses où travaillent carrossiers, matelassiers ou artisans.
Et surtout, Saint-Ruf est alors un véritable quartier où l’on peut presque tout faire à pied.
On y va à l’école, au cinéma, chez le boucher, chercher ses fournitures à la librairie, faire réparer une voiture ou une mobylette, boire un verre, jouer au loto et retrouver ses voisins.
C’est précisément cette image que font ressurgir les anciennes photographies : le tramway, les arbres et toute une vie quotidienne autour de Saint-Ruf.
Le nom de Saint-Ruf est évidemment beaucoup plus ancien que l’avenue.
Il vient de la célèbre abbaye Saint-Ruf, fondée en 1039 sur un site où des fouilles ont également révélé une nécropole paléochrétienne remontant au Ve siècle.
L’abbaye devient au Moyen Âge un établissement religieux important, avant de connaître destructions et transformations. Les vestiges encore visibles aujourd’hui sont protégés au titre des monuments historiques depuis 1889.
Mais le Saint-Ruf urbain que connaissent les familles avignonnaises se développe surtout beaucoup plus tard.
La Ville d’Avignon situe dans les années 1880 le véritable essor du quartier : constructions nouvelles, implantation de commerces et transformation de Saint-Ruf en une artère urbaine plantée.
Voilà ce qui étonne aujourd’hui :
Le premier réseau électrique avignonnais commence à fonctionner à partir de 1898-1899.
Il dessert notamment Saint-Ruf depuis le centre-ville.
Ce réseau à voie métrique comptera plusieurs lignes et transportera jusqu’à près de deux millions de voyageurs par an dans ses meilleures années. Il cesse définitivement de fonctionner en 1932.
Sur les cartes postales anciennes, voir un tram rouler entre les arbres de Saint-Ruf n’a donc rien d’exceptionnel.
C’était simplement le transport quotidien des Avignonnais.
Après 1932, les autobus prennent progressivement le relais.
Les rails disparaissent.
La voiture gagne de plus en plus de place.
Et pendant plusieurs générations, le vieux tramway finit par appartenir aux cartes postales et aux souvenirs des grands-parents.
Jusqu’au 19 octobre 2019.
Ce jour-là, le nouveau tramway d’Avignon est officiellement mis en service.
La ligne T1 mesure environ 5,2 kilomètres, dessert dix stations et traverse à nouveau le secteur Saint-Ruf.
Le chantier ne consistait pas uniquement à remettre des rails.
Le Grand Avignon a utilisé le tramway comme outil de transformation de l’espace public.
Sur l’ensemble du tracé, le projet s’est accompagné notamment de 850 arbres, 7 350 arbustes, 11 000 plantes vivaces et 4 300 bulbes, ainsi que de dizaines de milliers de mètres carrés d’espaces publics réaménagés.
Le magazine du Grand Avignon cite justement l’avenue Saint-Ruf comme l’un des exemples de cette métamorphose urbaine.
Cela n’empêche évidemment pas certains anciens de regretter l’aspect du Saint-Ruf de leur enfance, où les alignements d’arbres paraissaient particulièrement imposants.
Les arbres reviennent presque immédiatement lorsque l’on évoque les anciennes photographies.
Ils formaient une présence très importante sur l’avenue.
Dans une ville comme Avignon, où la chaleur peut être intense en été, leur ombre n’était pas seulement décorative.
Elle faisait partie du confort quotidien.
La mémoire locale garde donc fortement le souvenir d’un Saint-Ruf beaucoup plus arboré, même si les différents réaménagements urbains ont depuis modifié plusieurs fois l’alignement et les essences.
Mais ce qui frappe surtout lorsque les souvenirs s’additionnent, c’est la quantité de commerces.
On pouvait trouver dans le quartier :
boucheries,
boulangeries,
tabacs,
épiceries,
quincailleries,
librairies,
garages,
carrossiers,
marchands de mobylettes,
matelassiers,
peintres,
couturières,
bijoutiers,
magasins d’électroménager,
cafés…
La mémoire du quartier ressemble presque à un ancien annuaire commercial.
Et beaucoup n’avaient pas besoin d’aller dans le centre historique pour leurs achats quotidiens.
Un nom revient particulièrement :
On y achetait les fournitures scolaires.
Une ancienne élève replace déjà ces achats en 1964, lorsqu’elle sortait du collège technique.
D’autres se souviennent d’y avoir acheté jusqu’à des cartes d’état-major.
Le simple nom de Faure suffit encore à faire revenir les rentrées scolaires et les cahiers neufs.
Tout n’a heureusement pas disparu.
Un parcours patrimonial consacré au quartier rappelle que la mercerie Durand, fondée en 1934, est aujourd’hui présentée comme le plus ancien commerce de Saint-Ruf encore en activité.
Le même document décrit l’ancien quartier comme un véritable centre artisanal où travaillaient charrons, bourreliers, maréchaux-ferrants et même boyaudiers.
Cela permet de mesurer l’incroyable diversité économique qu’a connue Saint-Ruf.
Un métier totalement disparu ou presque apparaît encore dans les souvenirs :
Une boutique tenue par des dames du quartier réparait les bas et collants filés.
Une personne se souvient encore de « chez Marcelle », il y a environ soixante-dix ans.
À une époque où l’on réparait davantage qu’on ne jetait, ce type de commerce était parfaitement normal.
Aujourd’hui, il semble appartenir à un autre monde.
Parmi les souvenirs les plus étonnants figure également une bonneterie tenue par Madame Jean.
Mais ce que les enfants retenaient surtout était apparemment… son ouistiti.
Son mari était quant à lui associé à la société Farlin & Jean, dont le souvenir reste lié à la fabrication de produits laitiers tels que petits-suisses et yaourts.
Voilà exactement le genre de détail qui ne figure pratiquement jamais dans les archives administratives.
Pourtant, c’est celui qu’un enfant conserve toute sa vie.
Un autre nom important apparaît dans le parcours historique de Saint-Ruf :
La promenade patrimoniale du quartier le décrit comme un grand magasin d’alimentation préfigurant les grandes surfaces modernes.
Ce nom réapparaît également dans les souvenirs des habitants aux côtés du Petit Casino, de la bijouterie Meunier, de Niquet, des commerces d’électroménager et des boutiques qui se succédaient le long de l’avenue.
Saint-Ruf possédait donc déjà sa propre concentration commerciale bien avant l’époque des centres commerciaux périphériques.
D’autres enseignes restent encore parfaitement mémorisées :
la bijouterie Meunier,
le traiteur Mignot,
l’opticien Schottey,
les machines à coudre Niquet,
les papiers peints Foucray,
Comtat Décor, présent dans les souvenirs de 1978 à 2002,
et la couturière Paquita.
Ce sont précisément ces petits noms qui donnent une âme à une rue.
Pris séparément, ils semblent anodins.
Rassemblés, ils recréent tout un quartier commercial disparu.
Saint-Ruf possédait également son cinéma.
Et ici, les recherches permettent de préciser ce que la mémoire avait parfois mélangé.
Le bâtiment situé au 58 avenue Saint-Ruf remonterait aux années 1930.
À l’origine, il porte le nom :
La salle aurait compté environ 1 000 places, avec balcon et scène.
Dans les années 1960, un immeuble est construit devant l’ancien bâtiment et une nouvelle entrée est aménagée en rez-de-chaussée.
Contrairement à un souvenir parfois transmis, Le Club n’est pas devenu directement un cinéma pour adultes.
Il est d’abord rebaptisé :
Au début des années 1970, l’établissement est divisé en deux salles et le Lido s’oriente progressivement vers une programmation pour adultes.
Il ferme finalement à la fin des années 1980.
Voilà une chronologie beaucoup plus claire :
Le Club → Le Lido → programmation adulte → fermeture à la fin des années 1980.
Bien avant cette dernière période, le Club était un véritable cinéma familial.
Certains y allaient avec leur grand-mère.
On y a vu Les Canons de Navarone, Les Dix Commandements, les films de Don Camillo et bien d’autres grands succès populaires.
Une autre enfance reste associée à une séance de Bambi, suivie quelques années plus tard par les promenades adolescentes dans Saint-Ruf pour retrouver les copains à la sortie du lycée technique.
Le cinéma racontait donc lui aussi plusieurs âges de la vie.
Et voici probablement la partie la plus étonnante.
Le vieux bâtiment n’a pas totalement disparu.
Le parcours urbain officiel du quartier signale encore la carcasse de l’ancien cinéma Lido, dissimulée derrière les constructions de l’avenue.
Le commerce du 58 avenue Saint-Ruf a longtemps été associé à une alimentation de proximité, ce qui rend aujourd’hui presque impossible d’imaginer qu’une immense salle de cinéma se cachait autrefois derrière cette façade.
Pour beaucoup de passants, l’ancien cinéma est devenu un bâtiment invisible.
Autre institution :
On y allait boire un verre.
Certains pères s’y retrouvaient le dimanche.
Et en hiver, le samedi soir, des familles venaient participer aux lotos.
Les souvenirs évoquent des lots disposés le long de la façade :
jambons crus,
rosettes,
filets garnis…
Tout un rituel hivernal.
D’autres replacent à proximité le rugby à XIII, une boulangerie-pâtisserie et un garage Citroën.
Le nom Olympia n’a d’ailleurs pas complètement disparu : un établissement portant ce nom existe encore aujourd’hui avenue Saint-Ruf, même si son exploitation actuelle n’est évidemment pas celle des décennies passées.
Saint-Ruf était aussi un quartier de mécanique.
Le nom de Franck Alési revient régulièrement.
Des véhicules et même des motos lui auraient été confiés dès la fin des années 1960.
Mais l’emplacement précis de ses ateliers varie selon les souvenirs : Saint-Ruf pour certains, puis boulevard Saint-Roch avant un départ vers Vedène.
C’est exactement le type de détail pour lequel la prudence est nécessaire : la mémoire d’un quartier peut être extrêmement précise sur une personne tout en mélangeant ses différentes adresses professionnelles.
Un souvenir particulièrement parlant concerne une Honda S800 achetée en 1967.
Son propriétaire se rappelle l’avoir confiée à Alési : voiture grise, capot moteur noir mat, puis réparation après un accident et nouvelle peinture blanche.
Même cinquante ans plus tard, la couleur du capot n’a pas été oubliée.
Cela montre combien ces garages formaient une partie importante de la vie quotidienne.
Les ateliers étaient nombreux.
On retrouve aussi dans la mémoire locale :
le carrossier Pascal,
un marchand de mobylettes,
le garage agricole Renault Bianchini,
le peintre René Peyrane,
et quantité de petites activités installées au fond des impasses.
Il faut imaginer les odeurs de peinture et d’essence.
Les coups de marteau.
Les moteurs démarrés tôt le matin.
Et parfois le carrossier que les voisins entendaient travailler dès 6 h 30.
Saint-Ruf ne se limitait pas à son avenue principale.
Les petites voies formaient tout un réseau :
impasse Ponge,
impasse de l’Alliance,
impasse Mireille,
impasse des Roses,
impasse de la Pépinière,
impasse Bœuf,
impasse Baroni…
Certaines conservent encore les traces d’activités anciennes.
L’impasse Baroni, par exemple, garde le souvenir de la fabrique de carreaux de céramique Rolland.
Dans l’impasse de l’Alliance, on se rappelle encore M. Conil, qui aiguisait les lames de scie.
Chaque impasse possédait presque son artisan.
Autre souvenir particulièrement détaillé : celui de la résidence des Félibres, dans l’ancienne impasse Ponge.
Une jeune famille y fait ses courses au Casino du boulevard, achète ses steaks chez le boucher, puis obtient un appartement plus grand lorsque le premier devient trop petit après la naissance d’un enfant.
Juste en face travaille un matelassier.
Derrière le second logement se trouve un petit jardin où jouent les enfants.
Ce n’est pas l’histoire d’un monument.
C’est peut-être encore plus précieux :
Les enfants ont évidemment une place immense dans cette mémoire.
L’école Saint-Ruf est inaugurée le 14 juillet 1902.
Construite face à l’établissement religieux des Trinitaires, elle est d’abord réservée aux garçons pour l’enseignement élémentaire.
Elle devient mixte en 1970.
Plusieurs générations d’Avignonnais y ont donc été scolarisées.
Certains y passent de 1964 à 1969, tandis que d’autres associent leurs années d’école à la proximité du stade de rugby et aux transformations provoquées ensuite par la rocade.
Plus loin, le lycée technique, aujourd’hui associé à Philippe-de-Girard, fait lui aussi revenir énormément de souvenirs.
On allait en cours.
On retrouvait les copains.
On marchait jusqu’à Saint-Michel pour prendre le car.
Et il y avait surtout les bals du lycée, avec dans certains souvenirs Roger Blanchard à la trompette.
Pour une génération entière, Saint-Ruf n’était donc pas seulement le quartier de la famille.
C’était aussi le quartier de l’adolescence.
Dans les années 1970, certains élèves de Philippe-de-Girard rejoignaient pendant leurs pauses le bar de l’Université.
En face se trouvaient tabac, boulangerie et boucherie.
Un peu plus loin, la chapelle Saint-Henri évoque même des souvenirs de mariage.
Voilà encore une fois ce qui caractérisait le quartier :
la vie scolaire, commerciale, familiale et sociale était complètement imbriquée.
Au milieu de tous ces souvenirs de cafés et de commerces, il ne faut pas oublier le monument qui a donné son nom au quartier.
L’abbaye Saint-Ruf, fondée en 1039, a rayonné bien au-delà d’Avignon.
Elle fut reconstruite au XIIe siècle, fortifiée au XIVe, puis progressivement abandonnée et partiellement démolie.
Au XIXe siècle, le site connaît même une étonnante utilisation industrielle avant d’être finalement protégé et restauré.
Dans les années 1970, la Ville décide d’aménager autour de ses vestiges un parc public, créant l’un des premiers grands espaces verts extra-muros du secteur.
C’est ce qui rend Saint-Ruf si intéressant historiquement.
Quelques centaines de mètres permettent de traverser presque mille ans :
1039 : l’abbaye.
Années 1880 : fort développement du faubourg.
1898-1899 : arrivée du premier réseau de tramway.
1902 : école Saint-Ruf.
Années 1930 : cinéma Le Club et développement des activités artisanales.
1932 : disparition du premier tramway.
Années 1950-1970 : âge d’or de nombreux commerces, garages et cafés.
Années 1970-1980 : Le Club devenu Lido et profonde transformation urbaine.
2019 : retour du tramway.
Peu de quartiers avignonnais possèdent une continuité aussi visible.
En 2019, les rails reviennent donc là où des trams avaient déjà circulé plus d’un siècle auparavant.
Mais tout le reste a changé.
Le Club ne projette plus de films.
Les petits garages ont en grande partie disparu.
Les métiers artisanaux ont changé.
Certaines impasses ont été transformées.
Les voitures, la circulation et l’habitat n’ont plus rien à voir avec ceux des années 1950 ou 1960.
Et pourtant, plusieurs repères sont encore là.
L’abbaye.
L’école.
Certaines maisons anciennes.
Quelques commerces.
Et évidemment l’axe Saint-Ruf lui-même.
C’est peut-être cela qui fascine le plus.
Une photo ancienne montre simplement :
un tram,
quelques arbres,
des façades.
Mais les souvenirs ajoutent progressivement le reste.
La librairie Faure.
Le Club.
Le Lido.
Le bar Olympia.
Les lotos.
Le Lion d’Arles.
La bijouterie Meunier.
Comtat Décor.
Paquita.
Le garagiste.
Les mobylettes.
La dame qui remaillait les bas.
Le marchand où l’on cherchait le cadeau de la fête des Mères.
Le glacier et son triporteur devant l’école.
Et tous ces enfants qui ont grandi dans les petites rues autour de Saint-Ruf.
Ce ne sont pas seulement des commerces disparus.
Alors lorsque quelqu’un dit aujourd’hui :
« Je ne reconnais plus mon Saint-Ruf »,
il ne parle pas uniquement d’urbanisme.
Il parle des personnes qui vivaient là.
Des habitudes.
Des voix.
Des odeurs.
Des boutiques.
Et de toute une époque où Saint-Ruf ressemblait réellement à un village dans la ville.
Quel commerce de Saint-Ruf vous manque le plus : Faure, Le Lion d’Arles, Meunier, Comtat Décor, un garage ou un autre ?
Qui a connu le cinéma Le Club avant qu’il devienne Le Lido ?
Qui se souvient encore des lotos de l’Olympia, des artisans des impasses ou des anciens garages ?
Possédez-vous des photographies de Saint-Ruf dans les années 1950, 60 ou 70, notamment de ses commerces ou de l’intérieur du cinéma ?
Ville d’Avignon — « De Rufus à Saint-Ruf » : développement du quartier à partir des années 1880, commerces, ancien tramway et création du parc autour de l’abbaye.
Document de la Ville d’Avignon
Avignon Tourisme — Parcours urbain à Saint-Ruf : histoire architecturale et sociale du quartier, ancien cinéma et patrimoine de l’avenue.
Parcours urbain à Saint-Ruf
Grand Avignon — Tramway d’Avignon : inauguration du nouveau tram le 19 octobre 2019, aménagements urbains et végétalisation du tracé.
Grand Avignon Magazine – automne 2019
FACS – Patrimoine ferroviaire : ancien réseau avignonnais à partir de 1898 et fin d’exploitation en 1932.
Histoire du tramway d’Avignon
Ministère de la Culture – Base POP : ancienne abbaye Saint-Ruf et protection au titre des monuments historiques.
Notice officielle de l’abbaye Saint-Ruf
Avignon Tourisme — Abbaye Saint-Ruf : fondation en 1039, histoire du monument et fouilles archéologiques.
Abbaye Saint-Ruf
Promenade historique dans le quartier Saint-Ruf — recherches locales sur les artisans, l’école, le cinéma Le Club/Lido et l’ancien quartier.
Promenade dans le quartier Saint-Ruf
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.