🔥 STOP AUX MAUVAISES LOCATIONS À NYONS 👉 Papy Chris t’a trouvé ton logement 👍 | whatsapp📞 06 32 07 61 24
Rue de la République à Avignon vers 1960 avec voitures, passants, vitrines et commerces du centre-ville.
Cette photographie, présentée comme une vue de la rue de la République à Avignon vers 1960, montre une artère qui paraît à la fois familière et complètement différente.
Des voitures stationnent au bord des trottoirs.
Les devantures se succèdent.
Les passants marchent tranquillement.
Et pourtant, ce que l’image ne montre pas, ce sont les milliers de souvenirs qui accompagnaient cette rue.
Car pendant plusieurs décennies, les jeunes Avignonnais ne disaient pas forcément :
« Je vais rue de la République. »
Ils disaient :
Et tout le monde savait exactement ce que cela voulait dire.
La rue de la République n’est pas une ancienne rue médiévale.
Elle est née de la profonde transformation d’Avignon provoquée par l’arrivée du chemin de fer.
La gare ouvre en 1854 et la municipalité veut alors créer une liaison directe entre celle-ci et la place de l’Horloge.
La rue est percée en trois étapes entre 1856 et 1867. Elle porte d’abord le nom de rue Bonaparte, avant de devenir rue de la République en 1870.
Dès l’origine, elle est donc pensée comme la grande entrée moderne d’Avignon.
Un siècle plus tard, elle devient aussi la grande promenade de sa jeunesse.
Voilà le rituel.
On arrivait en début d’après-midi.
On descendait la rue.
On regardait les vitrines.
Puis on remontait.
Et parfois…
Certains se souviennent avoir fait plusieurs fois exactement le même aller-retour simplement pour croiser les copains, les copines ou quelqu’un que l’on espérait secrètement rencontrer.
Le dimanche après-midi, le rituel pouvait recommencer.
À l’époque, aucun téléphone portable n’était nécessaire.
On ne demandait pas :
« T’es où ? »
On savait où aller.
Un souvenir donne une idée extraordinaire de l’importance de cette promenade.
Des adolescents habitant Le Pontet rejoignaient Avignon le samedi après-midi à pied avec leurs copains.
Ils faisaient la rue de la Ré, parcouraient les autres rues commerçantes…
puis rentraient encore au Pontet à pied.
Le calcul effectué des décennies plus tard donne environ :
Et apparemment, personne ne trouvait cela extraordinaire.
On marchait.
On discutait.
On rencontrait des gens.
Et les kilomètres passaient sans qu’on y pense.
Une formule résume presque parfaitement le rôle de la rue.
Même dans les années 1980, certains la considéraient encore comme :
avec des arrêts au Regina ou dans les bars de la place de l’Horloge.
La comparaison est excellente.
Aujourd’hui, on ouvre une application pour savoir ce que font les autres.
À l’époque, on faisait la rue de la Ré.
On y voyait qui était là.
Qui sortait avec qui.
Qui avait acheté de nouveaux vêtements.
Qui s’arrêtait boire quelque chose.
Et parfois simplement qui regardait qui.
Ce rituel ne se limitait même pas au week-end.
À la sortie du collège ou du lycée, la rue pouvait redevenir le point de rendez-vous.
On y marchait avec les copains.
On faisait des rencontres.
On cherchait parfois surtout à croiser les filles ou les garçons.
Et le samedi ou le dimanche, la promenade pouvait se terminer avec une pâtisserie de chez Gouas.
On comprend mieux pourquoi ces souvenirs sont restés aussi puissants.
La rue de la République n’était pas seulement commerçante.
Parmi les établissements les plus emblématiques se trouvaient les Nouvelles Galeries.
Et leur présence à Avignon était déjà ancienne.
Les Archives municipales indiquent qu’elles furent inaugurées en 1904, sur une surface d’environ 1 100 m².
Le bâtiment s’inscrivait dans la mode des grands magasins inspirés du Bon Marché parisien : grandes baies vitrées, architecture prestigieuse et multiplication des rayons sous un même toit.
Pour les jeunes des années 1960 et 1970, ce bâtiment était devenu tout autre chose :
un endroit où l’on faisait ses achats…
mais aussi où l’on venait voir les nouveautés.
Voilà une petite énigme qui a réveillé énormément de souvenirs.
Certains auraient juré avoir découvert le premier escalator d’Avignon au Monoprix.
Mais plusieurs souvenirs très précis corrigent cette version :
Et aux Dames de France, on montait plutôt avec un ascenseur.
Mieux encore : cet ascenseur possédait son propre charme.
Certains enfants se souviennent encore de ce détail incroyable aujourd’hui.
L’ascenseur des Dames de France n’était pas simplement une cabine où l’on appuyait soi-même sur un bouton.
Un employé ouvrait les portes et commandait l’ascenseur pour les clients.
Dans un autre souvenir, il s’agit même d’une dame chargée de faire monter les clients aux étages.
Pour un enfant des années 1950 ou 1960, monter ainsi dans un grand magasin pouvait presque devenir une attraction en soi.
Autre souvenir magnifique des années 1975-1980 :
On venait regarder les pochettes.
Choisir les nouveautés.
Et apparemment, il était même possible d’écouter des disques gratuitement avant de les acheter.
Une génération entière a découvert de nouveaux artistes de cette manière.
Pas d’écoute en ligne.
Pas d’algorithme.
Il fallait aller au magasin.
Prendre le disque.
Et l’écouter.
Monoprix possède lui aussi une place énorme dans les souvenirs.
Des adolescentes y achetaient notamment du maquillage avec leurs copines avant de poursuivre leurs emplettes chez Bata.
Mais le magasin pouvait également être associé à de toutes petites habitudes familiales.
Une jeune fille y venait à bicyclette acheter des caramels pour son père.
Voilà comment un grand magasin peut rester dans la mémoire :
pas forcément à cause de son architecture…
mais grâce à un paquet de caramels.
Pour les chaussures, le choix ne manquait pas.
Bata revient dans les souvenirs d’adolescentes faisant leurs achats entre copines.
Mais on cite aussi le très élégant Bally, où l’on se rappelle avoir été particulièrement bien servi.
Et plus haut dans la rue se trouvaient également les chaussures André.
Une autre boutique, située à l’entrée de la place de l’Horloge, vendait même des santiagues.
Les vêtements et les chaussures faisaient donc totalement partie de la promenade.
L’approche de septembre avait elle aussi son rituel.
On venait dans le centre-ville pour s’habiller pour la rentrée scolaire.
Une nouvelle robe.
Des chaussures.
Un pantalon.
Peut-être quelques fournitures.
Et l’on repartait avec l’impression de commencer une nouvelle année.
Cette fonction commerciale explique aussi pourquoi les familles des communes alentour venaient régulièrement à Avignon.
Sortir en centre-ville était considéré comme une véritable sortie.
On ne s’habillait pas nécessairement comme pour rester dans son quartier.
Un souvenir lié aux Dames de France évoque même :
Cela explique cette impression, souvent ressentie devant les photographies des années 1950 et 1960, de passants particulièrement élégants.
Aller en ville avait quelque chose d’un peu cérémoniel.
Et après les achats ?
On y retrouvait les copains.
On y buvait un coca.
On poursuivait ensuite avec une crêpe.
Puis certains terminaient leur samedi soir beaucoup plus loin, au Topper’s à Châteaurenard.
Toute une journée pouvait ainsi commencer chez Monoprix…
passer par Bata…
faire une pause au Cintra…
et se terminer en soirée dansante.
Le Cintra n’était évidemment pas seul.
Dans la mémoire du secteur reviennent également :
Pochy, considéré comme un beau magasin situé plus bas dans la rue,
un petit magasin de presse,
le syndicat d’initiative,
et, aux beaux jours, le marchand de glaces près de la fontaine.
Ces détails permettent presque de reconstituer la promenade mètre après mètre.
Et puis beaucoup plus tard survient un événement qui semble avoir marqué les esprits :
Aujourd’hui cela paraît banal.
À l’époque, voir apparaître ce type de restauration constituait une véritable nouveauté.
Autre nom mythique d’Avignon :
Les Archives municipales permettent d’en préciser l’histoire.
À l’origine, il s’agissait de la vaste quincaillerie Berton et Sicard, installée dans un ancien hôtel particulier entre rue de la Rappe et rue du Vieux-Sextier.
Les Avignonnais la considéraient comme une véritable caverne d’Ali Baba.
Elle prendra plus tard le nom Quimo, tout en restant propriété de Berton et Sicard. L’enseigne disparaît avec le développement des grands magasins de bricolage périphériques.
Et des décennies plus tard, le simple nom Quimo suffit encore à réveiller Avignon.
D’autres enseignes surgissent progressivement.
Juste avant les Nouvelles Galeries, on se rappelle Le Singe Vert, magasin de décoration.
Dans les années 1970, le nom Babaz reste lui aussi associé aux boutiques de la jeunesse avignonnaise.
Et près de la place Pie, un petit magasin pour enfants proposait de très belles robes.
À chaque nouvelle évocation, une enseigne supplémentaire réapparaît.
C’est presque un puzzle commercial géant.
Certains souvenirs ne passent pas par les yeux.
Ils passent par le goût.
Les pâtisseries Gouas apparaissent fortement associées aux sorties du samedi et du dimanche.
Après les cours ou après avoir arpenté la rue, on pouvait finir la promenade avec une pâtisserie.
D’autres grandes maisons comme Poutet restent elles aussi liées à la mémoire gourmande d’Avignon.
Et parfois, plusieurs décennies après, c’est précisément le goût d’un gâteau que l’on aimerait retrouver.
Autre petit plaisir :
Dans les souvenirs des années 1960 à 1980, la place de l’Horloge et ses cafés prolongeaient naturellement la promenade commencée rue de la République.
Le Regina devenait l’un des points où l’on s’arrêtait.
On parlait.
On regardait passer les autres.
Et parfois on y restait bien plus longtemps que prévu.
Les beaux jours arrivaient.
L’année scolaire touchait à sa fin.
Et la tentation devenait parfois trop forte.
Certains jeunes se rappellent qu’au mois de juin, on pouvait sécher les cours pour se retrouver place de l’Horloge.
La rue de la Ré n’était alors que le chemin naturel vers le grand rendez-vous.
À l’époque, pas besoin de créer un groupe de discussion.
Toute la jeunesse savait où aller.
Le samedi pouvait parfaitement commencer par les vitrines…
et se terminer devant un grand écran.
Des souvenirs évoquent une ville possédant une étonnante quantité de cinémas :
Le Capitole.
Le Palace.
Le Vox.
Le Rio.
Et encore d’autres salles autour des Carmes et de Saint-Ruf.
Pour une génération, « faire la rue de la Ré » et aller au cinéma étaient presque deux parties de la même sortie.
Un souvenir situe même au Palace la projection d’Et Dieu… créa la femme, film sorti en 1956.
Plus de soixante-dix ans après, le titre revient encore spontanément lorsqu’on évoque les cinémas avignonnais de cette époque.
C’est dire la force que pouvait avoir une séance de cinéma lorsque le grand écran constituait l’une des principales fenêtres sur le monde.
Voilà probablement l’un des souvenirs les plus savoureux.
Que faire lorsqu’on avait passé tout l’après-midi à traîner avec les copines devant les vitrines…
et qu’il fallait ensuite expliquer sa journée aux parents ?
Une solution existait :
En cas d’averse, certaines pouvaient y entrer, en faire plusieurs fois le tour tout en continuant à bavarder…
puis rentrer en expliquant très sérieusement :
« Non Papa, je n’ai pas passé l’après-midi à traîner devant les vitrines ! » 😄
Preuve que le patrimoine culturel peut parfois avoir des usages inattendus.
L’hiver possédait lui aussi ses traditions.
La Foire Saint-André occupait historiquement les secteurs proches des remparts avant de pénétrer jusque dans la rue de la République. La Ville d’Avignon confirme son importance dans l’histoire commerciale locale.
Dans la mémoire des années 1950-1970 reviennent aussi :
les marrons chauds,
les terrasses,
les jeunes effectuant leur service militaire à Avignon,
et surtout le concours des vitrines du mois de décembre.
Une autre mémoire situe cette fête au 8 décembre, tandis qu’une autre hésite entre novembre et décembre : mieux vaut donc conserver décembre comme période du souvenir tant qu’un document d’époque n’a pas fixé la date exacte.
Pour les enfants, décembre signifiait autre chose.
Une simple photographie du Père Noël devant le magasin peut encore suffire aujourd’hui à faire ressurgir toute une enfance.
Les vitrines éclairées.
Les manteaux.
Les cadeaux.
Les familles venues en ville.
À une époque où les grands magasins occupaient une place centrale dans les fêtes, cette sortie de décembre pouvait devenir l’un des événements de l’année.
La rue de la République n’était que le début de la promenade.
On arrivait à la place de l’Horloge.
Puis au Palais des Papes.
Et parfois on montait jusqu’au Rocher des Doms.
Certaines bandes de jeunes filles y faisaient même du patin à roulettes, dévalant les pentes pendant que les mamans discutaient tranquillement sur les bancs.
Avec le recul, certaines s’étonnent elles-mêmes :
Et pourtant, aucun accident n’est resté dans leurs souvenirs.
La photographie montre les automobiles.
Mais les générations précédentes avaient connu un tout autre décor.
Le tramway circulait notamment rue de la République et rue des Marchands.
La mémoire conserve même le nom du Clos des Trams, derrière la porte Saint-Lazare, associé au dépôt de l’ancien réseau.
Cela rappelle que chaque génération possède finalement sa propre rue de la Ré.
Celle du tramway.
Celle des années 1960.
Celle des années 1980.
Et celle d’aujourd’hui.
Il serait faux de limiter cette tradition aux seules années 1960.
Elle se poursuit dans les années 1970.
Puis dans les années 1980.
Certains nés au milieu des années 1970 se souviennent encore d’avoir fait exactement la même promenade avec leurs copains et copines.
Une autre personne arrivée à Avignon en 1988 se rappelle encore une rue remplie de magasins indépendants aux côtés de Monoprix et des Galeries Lafayette.
L’expression « faire la rue de la Ré » a donc survécu à plusieurs générations.
C’est aussi à cette période que le modèle commercial commence profondément à évoluer.
La Ville rappelle que, dès les années 1960 et 1970, l’installation des grandes surfaces près des populations périphériques de plus en plus motorisées oblige le centre à repenser circulation et stationnement.
Les Archives municipales constatent également que certaines grandes enseignes historiques du centre, comme Quimo, n’ont finalement pas résisté à la concurrence des grandes surfaces et zones commerciales.
Ce phénomène explique une partie de la transformation du centre-ville.
Mais pas tout.
Les habitudes de consommation ont elles aussi énormément changé.
L’histoire n’est pas terminée.
En 2025, la municipalité a lancé un nouveau programme de transformation de la rue de la République.
Dans sa délibération, elle reconnaît elle-même que cette grande percée du XIXe siècle devait autrefois offrir aux visiteurs l’image d’une ville prospère, moderne, animée et accueillante.
Elle relève aujourd’hui plusieurs défis : vieillissement des aménagements, attractivité commerciale fragilisée, évolution des habitudes de consommation et besoin de davantage d’ombre face au réchauffement climatique.
Cela montre quelque chose d’intéressant :
Probablement pas exactement.
Car ce qui manque dans les souvenirs n’est pas uniquement une enseigne.
Ce sont aussi :
les copains,
les copines,
les premières amours,
le coca au Cintra,
la pâtisserie Gouas,
les caramels achetés pour son père,
le garçon de l’ascenseur,
le rayon disques,
les séances de cinéma,
les vitrines de Noël,
les marrons chauds,
les kilomètres parcourus sans fatigue,
et cette certitude qu’en descendant la rue…
C’est cela que les photographies anciennes font ressurgir.
Certaines rues dépassent leur fonction géographique.
Elles deviennent un morceau de jeunesse.
Dans ces souvenirs, on pouvait passer du matin jusqu’à 17 heures dans le centre, déjeuner place de l’Hôtel-de-Ville et continuer simplement à marcher.
On faisait plusieurs fois la rue.
On entrait au cinéma.
On buvait un verre.
On « refaisait le monde ».
Et lorsqu’une ancienne photographie apparaît aujourd’hui, on ne voit pas seulement des voitures et des vitrines.
On retrouve ses vingt ans.
C’est probablement pour cela qu’une expression aussi simple provoque encore autant d’émotion :
Quel était votre parcours lorsque vous faisiez la rue de la Ré : Nouvelles Galeries, Monoprix, Dames de France, Cintra, cinéma… ?
Quel commerce complètement disparu faudrait-il absolument ajouter à cette histoire ?
Vous souvenez-vous du rayon disques des Nouvelles Galeries, de l’ascenseur des Dames de France ou du Père Noël de décembre ?
Et surtout : combien de fois pouviez-vous descendre et remonter la rue dans le même après-midi ?
Ville d’Avignon — La Porte de la République, un héritage haussmannien
www.avignon.fr/la-porte-de-la-republique-un-heritage-haussmannien
Archives municipales d’Avignon — Épatant patrimoine : Nouvelles Galeries, Quimo et patrimoine commercial
www.expositions-archives.avignon.fr/epatant-patrimoine
Ville d’Avignon — Histoire des Halles et évolution du commerce dans les années 1960-1970
www.avignon.fr/les-equipements/les-halles-davignon/lhistoire-des-halles-davignon
Ville d’Avignon — Foire Saint-André et histoire commerciale des remparts
www.avignon.fr/au-xixe-et-xxe-siecles-les-remparts-lieu-de-commerce-de-foires-et-de-marches
Ville d’Avignon — Projet de transformation de la rue de la République, 2025
www.avignon.fr/fileadmin/actualites/Documents/2025/03_Mars/CM/N__1.PDF
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.