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Et si l’on conservait Nyonsoléïado l’été tout en rendant son bassin de 25 mètres utilisable plus longtemps dans l’année ?
À Nyons, le sujet revient avec une étonnante régularité :
La question n’est pas nouvelle.
Mais cette fois, la discussion a rapidement évolué.
Faut-il construire un nouvel équipement ?
Couvrir seulement le bassin de 25 mètres ?
Installer une structure mobile ?
Ouvrir davantage Nyonsoléïado au printemps et en septembre ?
Ou attendre la future piscine envisagée à Vaison-la-Romaine ?
Une chose apparaît clairement : la piscine couverte fait partie des équipements qui reviennent souvent lorsqu’on demande aux habitants ce qui manque à Nyons.
Et les arguments des deux camps sont loin d’être absurdes.
Il ne faut pas oublier ce qui existe.
Nyonsoléïado, promenade de la Digue, représente environ 1 200 m² de surface de baignade.
On y trouve notamment :
le bassin de natation de 25 mètres,
un lagon,
un bassin à remous,
des toboggans,
des cascades,
des rivières,
des pataugeoires,
ainsi qu’environ 6 000 m² d’espaces extérieurs.
La Ville indique également que l’équipement accueille environ 70 000 clients chaque été.
Ce n’est donc certainement pas une petite piscine municipale oubliée.
En 2026, le calendrier initial prévoyait une ouverture du 23 mai au 30 août.
La Ville a finalement prolongé exceptionnellement la saison jusqu’au 13 septembre 2026.
Mais lorsque l’automne arrive, le nageur qui souhaite faire régulièrement des longueurs dans un bassin municipal de 25 mètres n’a plus Nyonsoléïado à sa disposition.
C’est exactement ce qui alimente la frustration.
Certains expliquent qu’en hiver ils doivent partir beaucoup plus loin pour trouver une piscine couverte adaptée à la nage sportive. D’autres citent notamment Saint-Paul-Trois-Châteaux comme solution de repli.
Voilà une précision importante dans le débat.
À la zone des Laurons se trouve Akwamouv, qui dispose d’un bassin couvert de 120 m², ouvert toute l’année.
Le centre propose notamment des activités aquatiques, de l’apprentissage de la natation pour les enfants de 4 à 12 ans et différents cours pour adultes.
Donc dire :
serait inexact.
En revanche, ce bassin privé de 120 m² ne remplit évidemment pas exactement la même fonction qu’un bassin public de 25 mètres destiné simultanément aux scolaires, clubs, nageurs, seniors et activités municipales.
C’est cette différence qui est au cœur du sujet.
De nombreux habitants pensent immédiatement aux écoles.
Certains regrettent que tous les enfants du secteur ne puissent pas disposer facilement de séances de natation tout au long de l’année.
Et ce sujet est loin d’être secondaire.
À la rentrée 2026, l’Éducation nationale a encore renforcé la place du savoir-nager, désormais présenté comme un savoir sportif fondamental.
L’objectif reste que les élèves acquièrent une véritable autonomie aquatique au cours de leur scolarité, notamment avec l’attestation du savoir-nager en sécurité.
Une piscine utilisable toute l’année pourrait donc servir :
aux écoles primaires,
aux collèges,
aux jeunes qui ne savent pas encore nager,
mais également aux activités de sauvetage et aux formations aquatiques.
Dans la réflexion locale, cette dimension éducative revient très fortement.
Une piscine couverte ne servirait pas seulement à celui qui veut effectuer 50 longueurs le mardi soir.
Plusieurs usages sont évoqués :
bébés nageurs,
apprentissage scolaire,
aquagym,
aquatraining,
sport-santé,
seniors,
rééducation,
clubs,
formation au sauvetage.
C’est précisément pour cela que certains considèrent qu’un bassin couvert pourrait constituer un équipement public utile à plusieurs générations.
Et surtout, son intérêt pourrait dépasser largement les seuls habitants de Nyons.
Nyons compte environ 6 800 habitants.
Pris isolément, cela change évidemment l’équation économique d’un équipement lourd.
Mais une piscine ne serait pas utilisée uniquement par les personnes domiciliées à Nyons.
Des habitants de :
Mirabel-aux-Baronnies,
Vinsobres,
Condorcet,
Saint-Ferréol-Trente-Pas,
Buis-les-Baronnies,
Valréas,
et d’autres communes environnantes
pourraient potentiellement la fréquenter.
C’est d’ailleurs l’une des idées qui revient le plus : ne pas raisonner à l’échelle d’une seule commune mais à celle d’un bassin de vie Drôme-Vaucluse.
Un tel projet aurait donc davantage de sens s’il était intercommunal.
L’idée paraît logique.
Si les écoles et habitants de plusieurs communes utilisent l’équipement, pourquoi Nyons devrait-elle supporter seule son investissement et son fonctionnement ?
Certains imaginent une participation de la communauté de communes, du Département, de la Région ou d’autres partenaires publics.
Mais il faut conserver une évidence en tête :
Un financement partagé réduit la facture directe de Nyons.
Il ne rend pas l’équipement gratuit.
Et c’est précisément là que commencent les objections.
Construire coûte cher.
Mais ensuite il faut maintenir en permanence :
une eau chaude,
un bâtiment chauffé,
une qualité de l’air correcte,
la déshumidification,
le traitement de l’eau,
les pompes,
la filtration,
les maîtres-nageurs,
l’entretien,
le nettoyage,
les réparations.
Et cela pendant des décennies.
Le Cerema, qui travaille actuellement avec l’ADEME sur les piscines publiques, rappelle qu’elles font partie des bâtiments publics les plus énergivores.
La consommation moyenne dépasse 3 000 kWh par m² de plan d’eau, et une piscine peut représenter jusqu’à 10 % de la consommation énergétique totale d’une commune.
C’est considérable.
Les technologies ont néanmoins énormément progressé.
Isolation.
Couvertures thermiques.
Pompes à chaleur.
Récupération de chaleur.
Solaire thermique.
Photovoltaïque.
Réseaux de chaleur.
Gestion automatisée de la ventilation et de l’humidité.
Le Cerema et l’ADEME estiment que l’utilisation d’énergies renouvelables et d’équipements modernes peut permettre d’importantes diminutions des consommations de gaz et d’électricité.
Mais attention à une idée apparue dans la discussion :
Ils peuvent réduire la facture.
Ils ne suppriment ni le personnel, ni le traitement de l’eau, ni la maintenance, ni l’ensemble des besoins énergétiques.
Le scénario qui effraie le plus les opposants est celui d’un nouveau centre aquatique complet.
Des montants de 8 à 10 millions d’euros ont circulé dans les échanges.
Mais à ce jour, je n’ai trouvé aucune étude publique récente concernant un projet précis de piscine couverte à Nyons permettant de retenir officiellement ce chiffre.
Il faut donc être clair :
Le coût dépendrait totalement du projet :
surface,
nombre de bassins,
bâtiments,
vestiaires,
terrain,
traitement de l’air,
chauffage,
équipements techniques,
stationnement,
etc.
Et c’est probablement la piste qui intéresse aujourd’hui le plus de monde.
Pourquoi reconstruire une piscine entière alors qu’un bassin sportif de 25 mètres existe déjà ?
Une proposition revient régulièrement :
Une habitante résume bien cette idée : pas une seconde piscine, mais une solution pour permettre aux bébés nageurs, scolaires et seniors d’utiliser le bassin existant plus longtemps dans l’année.
La différence financière pourrait être considérable.
Mais elle nécessite malgré tout une véritable étude technique.
Un document municipal particulièrement intéressant permet de revenir en 2015.
Cette année-là, la Ville avait interrogé les habitants sur le fonctionnement de Nyonsoléïado.
Sur 346 réponses, environ 65 % étaient favorables à un ensemble d’améliorations comprenant notamment l’allongement de la période d’ouverture.
Le conseil municipal avait alors approuvé :
l’allongement de trois semaines de la saison,
des jeux supplémentaires,
et une couverture isotherme amovible du grand bassin.
Mais attention :
C’est une protection du bassin destinée notamment à réduire les pertes de chaleur lorsque celui-ci n’est pas utilisé.
Elle ne crée pas un bâtiment dans lequel le public peut nager en janvier.
Il faudrait alors ajouter une véritable enveloppe, chauffage, ventilation, déshumidification et installations conformes à un usage hivernal.
Impossible de l’affirmer.
Cette idée apparaît plusieurs fois : puisqu’il existe déjà bassin, filtration, vestiaires et locaux techniques, il suffirait de poser une couverture.
C’est séduisant.
Mais je n’ai retrouvé aucun document technique public disant que Nyonsoléïado est actuellement prééquipé pour être transformé simplement en piscine couverte quatre saisons.
Avant d’annoncer un prix, il faudrait donc connaître :
la capacité du chauffage actuel,
l’état des réseaux,
la structure du bassin,
les normes de ventilation,
les vestiaires nécessaires en hiver,
la déshumidification,
l’isolation,
et les contraintes architecturales.
Un exemple intéressant a été trouvé à Gourdon, dans le Lot.
Là-bas, la communauté de communes a réhabilité sa piscine existante plutôt que de repartir totalement de zéro.
Le projet a conservé les bassins et profondément reconstruit les bâtiments.
Le coût total annoncé de la réhabilitation était de 4,6 millions d’euros HT.
Mais surtout, le projet architectural comportait une seconde tranche estimée à environ :
pour une couverture permettant d’allonger la saison.
C’est précisément le chiffre qui est apparu dans le débat nyonsais.
C’est essentiel.
Les deux piscines ne sont pas identiques.
Les bâtiments ne sont pas identiques.
Les installations techniques ne sont pas identiques.
Le climat, les dimensions et les travaux préalables sont différents.
Ce chiffre montre seulement qu’entre :
et
il existe toute une gamme de solutions intermédiaires.
Et probablement que la seule manière sérieuse de connaître le coût à Nyons serait de commander une étude technique et financière spécifique au bassin de 25 mètres existant.
C’est l’une des idées les plus intéressantes apparues au fil des échanges.
Certains évoquent une bulle.
D’autres une structure mobile.
D’autres encore un toit rétractable, complètement ouvert pendant l’été.
Cette dernière idée permettrait de répondre à l’objection la plus évidente :
Le parc actuel est apprécié précisément parce qu’il est extérieur, entouré de pelouses et ouvert sur le paysage.
L’objectif serait donc de conserver ce qui fonctionne l’été…
tout en ajoutant une solution pour l’hiver.
Et voici un élément nouveau qui peut complètement modifier la réflexion nyonsaise.
À Vaison-la-Romaine, la municipalité travaille depuis 2024 sur l’avenir de sa piscine.
Après consultation, la Ville a annoncé étudier :
afin de pouvoir nager hors saison,
avec également l’étude d’un :
permettant de retrouver une piscine découverte l’été.
C’est donc presque exactement l’une des solutions imaginées dans le débat nyonsais.
Certains évoquent déjà la future piscine de Vaison comme si sa réalisation était terminée.
Ce n’est pas le cas.
En 2026, le site officiel de Vaison présente toujours la piscine actuelle comme une piscine d’été de plein air, ouverte cette année du 6 juin au 31 août.
Le projet de couverture est réel et officiellement étudié.
Mais il faut distinguer :
et
Cela dit, si Vaison mène ce projet à terme, la question deviendra incontournable pour Nyons :
C’est la position défendue par certains.
Plutôt que demander aux contribuables nyonsais de financer un équipement lourd, une piscine couverte à Vaison pourrait éventuellement accueillir :
habitants,
clubs,
et peut-être des groupes scolaires venus de Nyons.
Cette solution présenterait un avantage évident :
Mais elle possède aussi un inconvénient :
il faudrait transporter les enfants.
Et pour le nageur individuel, la proximité d’un équipement à Nyons resterait évidemment beaucoup plus confortable.
Et si, avant de vouloir nager en janvier, on commençait par exploiter davantage la piscine actuelle ?
Cette idée revient régulièrement :
En 2015 déjà, les habitants avaient majoritairement demandé un allongement de la saison.
En 2026, la Ville a justement prolongé l’ouverture jusqu’au 13 septembre.
Avec les périodes chaudes qui s’étendent, certains se demandent même s’il ne faudrait pas réfléchir à une ouverture plus longue au printemps et en automne avant d’investir dans un bâtiment hivernal.
Autre remarque très concrète.
Lorsque la température dépasse 35 ou 40 °C en été, les fins de journée sont parfois les moments les plus agréables pour se baigner.
Or le parc fonctionne actuellement avec une fermeture des bassins avant la fermeture complète de l’établissement.
Certains souhaiteraient donc des soirées prolongées lors des fortes chaleurs, plutôt qu’un investissement massif destiné uniquement à l’hiver.
C’est une piste nettement moins coûteuse.
Et probablement beaucoup plus simple à expérimenter.
Les positions sont beaucoup plus subtiles.
Certains disent :
D’autres :
Et d’autres encore :
Santé.
Routes.
Services publics.
Pouvoir d’achat.
Impôts.
Chaque euro consacré à un équipement n’est évidemment plus disponible ailleurs.
C’est donc une véritable question de priorité politique.
Le débat n’est vraiment pas nouveau.
Aux élections municipales de 2014, la liste conduite par André Avallone avait notamment défendu un projet de piscine couverte.
Elle avait obtenu 33,78 % des suffrages exprimés.
La liste de Pierre Combes avait recueilli 66,21 % et remporté l’élection dès le premier tour.
Mais il faut être très précis :
Ils ont choisi entre deux listes possédant chacune un programme municipal complet.
On peut donc dire que le programme comprenant le projet de piscine couverte n’a pas remporté l’élection.
Pas que deux Nyonsais sur trois ont personnellement rejeté cet équipement.
Lors du conseil municipal du 1er avril 2015, le maire évoquait les investissements promis par la liste d’opposition pendant la campagne :
en expliquant que les contraintes financières auraient, selon lui, rendu ces investissements difficiles à réaliser.
L’idée d’une piscine couverte à Nyons possède donc une véritable histoire politique locale.
Elle n’est pas née sur Facebook en 2026.
Plusieurs souvenirs font remonter l’idée encore plus loin.
Un ancien projet intercommunal est évoqué avant même la construction du parc actuel, avec des discussions anciennes entre communes du territoire.
Mais ici, prudence.
On peut donc conserver ce souvenir dans la mémoire locale, mais pas encore le présenter comme un fait documentaire détaillé.
Après avoir examiné les propositions, le débat est beaucoup plus intéressant que « piscine couverte : oui ou non ».
Conserver Nyonsoléïado comme grand parc aquatique saisonnier et utiliser les équipements couverts existants ailleurs.
C’est la solution la moins coûteuse.
Ouvrir davantage en mai, juin et septembre, voire organiser des nocturnes en période de canicule.
Cela répondrait à une partie du besoin avec un investissement limité.
Structure mobile, toit rétractable ou autre solution technique.
Cela conserverait le caractère estival de Nyonsoléïado tout en permettant éventuellement l’apprentissage et la nage hors saison.
Mais seule une étude technique pourrait dire si c’est réellement possible et à quel coût.
Si la future piscine couverte vaisonnaise voit bien le jour, organiser des partenariats pour les scolaires, clubs et habitants du territoire.
Ce serait probablement beaucoup moins coûteux pour Nyons, mais moins pratique pour les utilisateurs.
C’est probablement la principale conclusion de cette longue discussion.
La question intéressante n’est peut-être pas :
Mais plutôt :
Pas un chiffre pris ailleurs.
Pas une estimation Facebook.
Pas une comparaison approximative.
Avec :
coût de construction,
coût annuel de fonctionnement,
fréquentation prévisionnelle,
besoins scolaires,
demande des habitants,
possibilité d’utiliser les équipements actuels,
subventions envisageables,
impact énergétique,
et comparaison avec la solution Vaison.
À partir de là, le débat pourrait enfin se faire sur des chiffres propres à Nyons.
Un grand centre aquatique neuf paraît extrêmement coûteux.
Ne rien changer laisserait intacte la difficulté de nager en hiver.
Une structure légère incapable de conserver correctement chaleur et humidité pourrait devenir une fausse économie.
Mais un bassin sportif existant, couvert avec une solution techniquement bien conçue et partagé à l’échelle du territoire…
Parce qu’entre « impossible » et « construisons demain », il existe heureusement beaucoup de nuances.
Et peut-être que l’idée la plus raisonnable est simplement celle-ci :
Vous préféreriez quoi : couvrir seulement le bassin de 25 m, construire une nouvelle piscine ou ne rien changer ?
Utiliseriez-vous réellement une piscine publique à Nyons en novembre, janvier ou février ?
Pour les scolaires, vaut-il mieux investir à Nyons ou prévoir des transports vers la future piscine de Vaison ?
Et seriez-vous favorable à une saison Nyonsoléïado plus longue, de mai à septembre, avec des soirées en plein été ?
Ville de Nyons — Parc aquatique Nyonsoléïado
www.nyons.com/vivre-nyons/culture-et-loisirs/parc-aquatique-nyonsoleiado/
Ville de Nyons — Conseil municipal du 5 février 2015 : allongement de saison et couverture isotherme
www.nyons.com/download_file/430/178
Ville de Nyons — Conseil municipal du 1er avril 2015 : référence au projet de piscine couverte
www.nyons.com/application/files/3415/0762/2206/CM20150401.pdf
Ministère de l’Intérieur — élections municipales de Nyons en 2014
www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/MN2014/026/026220.php
Ville de Vaison-la-Romaine — projet de future piscine couverte et toit rétractable
www.vaison-la-romaine.com/les-grandes-lignes-du-projet-de-la-future-piscine-municipale/
Cerema — consommation d’énergie et d’eau des piscines publiques
www.cerema.fr/index.php/fr/actualites/comment-reduire-consommations-energie-eau-piscines-publiques
Éducation nationale — savoir-nager
www.education.gouv.fr/savoir-nager-505262
Akwamouv Nyons — bassin couvert et activités
akwamouv.com
Piscine intercommunale de Gourdon — exemple de réhabilitation
gourdon.fr/piscine-intercommunale-de-gourdon/
Atelier RK — projet de couverture de la piscine de Gourdon
www.atelier-rk.com/projets/piscine-intercommunale-de-gourdon
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.