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Faucon, village provençal du Vaucluse face au mont Ventoux.
Pour certains, Faucon est une découverte. Pour d’autres, le simple nom du village fait immédiatement revenir des souvenirs de vacances : une route empruntée chaque été, quelques jours de camping, une promenade entre les vieilles pierres ou une halte avant de poursuivre vers le Ventoux.
Des lecteurs racontent ainsi avoir passé leurs vacances à Faucon ou y être revenus des années plus tard avec toujours la même impression : celle d’un petit village provençal calme et authentique.
À seulement quelques kilomètres de Vaison-la-Romaine, Faucon domine un paysage de vignes et de collines avec, en toile de fond, la face nord du mont Ventoux.
Mais derrière cette carte postale se cache une histoire beaucoup plus riche qu'on ne l'imagine.
Faucon appartient à ces villages que l'on peut traverser rapidement en voiture sans deviner tout ce qui se cache quelques mètres plus haut.
Il faut quitter la route, monter vers le cœur ancien et prendre le temps de marcher.
La place des Tilleuls, l'église Saint-Germain, les maisons en pierre et la rue du Belvédère conduisent progressivement vers les anciennes fortifications.
Une arche médiévale encadre alors l'un des plus beaux panoramas du village : la vallée s'ouvre devant le visiteur et le mont Ventoux apparaît au loin. La commune conserve encore des vestiges de ses remparts et de son ancien château féodal.
Ce paysage revient d'ailleurs constamment dans les souvenirs : Faucon et le Ventoux semblent presque indissociables.
Ce qui frappe dans les souvenirs recueillis, ce ne sont pas nécessairement de grands monuments.
Ce sont plutôt les escaliers de pierre, les fontaines, les ruelles, les enfants jouant sur une place et le silence d'un petit village provençal.
Un témoignage se souvient précisément du calme qui régnait lors d'une visite, d'enfants jouant simplement près de la fontaine, d'un restaurant fermé ce jour-là et de toutes ces vieilles pierres donnant au lieu son caractère authentique.
D'autres évoquent tout simplement leurs vacances.
Certains venaient camper dans le secteur ; une lectrice se rappelle ainsi être venue à Faucon en camping plusieurs années auparavant.
Ce sont souvent ces petits souvenirs qui restent le plus longtemps.
L'histoire de Faucon remonte bien avant les vacances et les cartes postales.
Le territoire a livré des traces d'occupation anciennes, mais le village médiéval prend véritablement forme au cours du Moyen Âge.
Faucon fut un fief des comtes de Toulouse aux XIIe et XIIIe siècles, avant d'être rattaché aux États pontificaux en 1274.
Cette appartenance au Comtat Venaissin place Faucon dans une histoire particulière : pendant plusieurs siècles, cette partie de la Provence dépend du pouvoir pontifical.
Les remparts, les tours aujourd'hui ruinées et quelques passages du vieux village sont les derniers témoins visibles de cette époque.
L'un des épisodes les plus étonnants de l'histoire locale se déroule en 1565.
À cette époque, le Saint-Siège cherche à céder certains droits seigneuriaux. Les habitants de Faucon refusent de voir leur village passer sous la domination d'un nouveau seigneur et entreprennent eux-mêmes de racheter ces droits.
L'accord est obtenu le 11 juillet 1565.
Plus de quatre siècles plus tard, cet événement reste suffisamment important dans la mémoire locale pour que Faucon en ait célébré les 450 ans en 2015, avec costumes, animations et banquet médiéval.
Cette histoire donne une autre dimension au petit village tranquille que l'on traverse aujourd'hui : les Fauconnais défendaient déjà farouchement leur autonomie au XVIe siècle.
Le patrimoine religieux mérite lui aussi une promenade.
L'église Saint-Germain, dont l'origine exacte reste incertaine, fut notamment restaurée aux XVIIe siècle.
Non loin de là se trouve la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, édifiée en 1644 puis restaurée au XIXe siècle.
À l'extérieur du village, au milieu des chênes, se cache également la chapelle romane Sainte-Colombe.
La balade peut se poursuivre jusqu'à un ancien lavoir et à une source à laquelle la tradition locale attribuait autrefois la faculté de soulager les maladies des yeux.
Voilà le genre de détail que l'on ne découvre jamais en traversant simplement Faucon en voiture.
Les souvenirs d'un village passent aussi par les odeurs et les bonnes adresses.
Plusieurs personnes citent notamment la boulangerie des Tilleuls.
L'un des témoignages recueillis évoque même une pause gourmande régulière à sa terrasse lors de sorties à vélo dans les Baronnies.
Un autre commentaire recommande simplement l'adresse en expliquant qu'on y mange très bien.
Et ce commerce existe bien : la Boulangerie des Tilleuls figure toujours dans l'annuaire des professionnels publié par la mairie de Faucon.
Parfois, le souvenir d'un village tient autant à une terrasse sous les arbres et une pâtisserie qu'à un monument historique.
Impossible également de parler de Faucon sans évoquer la vigne.
La mairie indique que le village vit depuis longtemps essentiellement de la viticulture et du vin, au cœur du vignoble des Côtes-du-Rhône. Plusieurs exploitations particulières sont installées sur la commune.
Un habitant conseille d'ailleurs aux visiteurs de ne pas repartir sans passer chez un viticulteur situé en bas du village, dont il garde un excellent souvenir du vin rouge.
C'est exactement le genre d'adresse transmise autrefois de bouche à oreille et qui faisait partie des vacances en Provence.
Autre curiosité beaucoup moins connue : Faucon revendique une place dans l'histoire de l'abricot provençal.
Le village est présenté par la mairie et l'office de tourisme comme la patrie d'origine de l'abricot « Orangé de Provence ».
L'ingénieur agronome fauconnais Charles Cornu aurait rapporté des Balkans un abricot alors appelé « polonais », avant de contribuer à sa diffusion en Provence.
Voilà une information que beaucoup de visiteurs ayant mangé des abricots provençaux ignorent probablement.
Faucon possède également une histoire littéraire remarquable.
En 1961, l'écrivaine Violette Leduc découvre le village.
Elle y trouve un lieu où travailler loin de Paris et finit par acheter et restaurer une maison. Faucon devient progressivement son refuge puis son lieu de résidence.
En 1964 paraît son œuvre la plus célèbre, La Bâtarde, préfacée par Simone de Beauvoir.
Violette Leduc restera liée à Faucon jusqu'à sa mort, survenue dans sa maison le 28 mai 1972.
Elle repose au cimetière du village.
Cette présence a profondément marqué certains visiteurs. L'un des témoignages recueillis considère même qu'il est difficile de parler de Faucon sans évoquer Violette Leduc et invite à rechercher sa tombe puis à lire La Bâtarde.
Un commentaire évoque également le père Guy Gilbert et sa grande famille.
Mais ici, il faut apporter une précision importante.
Le célèbre prêtre Guy Gilbert possède bien un lieu appelé la Bergerie de Faucon où sont accueillis des jeunes en difficulté.
Mais cette Bergerie de Faucon n'est pas située dans le village de Faucon, dans le Vaucluse.
Elle se trouve dans le Verdon, sur la commune de Rougon dans les Alpes-de-Haute-Provence. L'association du père Guy Gilbert indique qu'il y développe son projet d'accueil depuis les années 1970.
Le nom « Faucon » explique probablement la confusion.
C'est justement l'intérêt de croiser les souvenirs avec les documents : un commentaire peut ouvrir une piste passionnante, mais parfois conduire vers un autre Faucon !
Faucon mérite également d'être découvert à pied.
Plusieurs chemins quittent le village pour traverser vignes, bois et collines, avec la possibilité de descendre vers l'Ouvèze par le hameau des Beaumettes.
Des habitants recommandent également les promenades sur la montagne située sur l'autre versant du village.
C'est probablement là que l'on comprend le mieux pourquoi autant de personnes parlent de Faucon avec affection.
Il n'y a pas nécessairement besoin d'une attraction spectaculaire.
Quelques vieilles pierres, une fontaine, une terrasse sous les tilleuls, des vignes et le Ventoux au loin suffisent.
Dans les commentaires, les mêmes mots reviennent : beau, authentique, calme, souvenirs, vacances.
Certains ne connaissent pas encore Faucon mais veulent désormais le visiter. D'autres y revenaient en camping, à vélo ou simplement lors d'une promenade dans la région. Beaucoup se rappellent surtout le paysage et le Mont Ventoux.
C'est sans doute la particularité de Faucon.
On peut y passer une heure.
On peut y passer des vacances.
Et quelquefois, des décennies plus tard, il suffit de revoir une photographie du village pour penser :
« Ah oui… on passait par Faucon pendant les vacances. »
Vous souvenez-vous de vos premières vacances ou de votre première visite à Faucon ?
Avez-vous connu d’anciens commerces, cafés, restaurants ou habitants du village aujourd’hui disparus ?
Qui se souvient de Faucon dans les années 1950, 1960, 1970 ou 1980 ?
Et quelle est votre adresse ou votre promenade préférée autour de Faucon ?
Mairie de Faucon — histoire du village, patrimoine, vignoble, Violette Leduc, Orangé de Provence et monuments.
Provence Guide / Office de tourisme Vaison Ventoux Provence — parcours dans le village, patrimoine, chapelles, panorama et histoire du 11 juillet 1565.
Mairie de Faucon — annuaire des professionnels — Boulangerie des Tilleuls, restaurants, camping et domaines viticoles.
Bibliothèque nationale de France — éléments biographiques sur Violette Leduc.
Site consacré à Violette Leduc — séjour à Faucon et œuvre littéraire.
Association Père Guy Gilbert — vérification concernant la Bergerie de Faucon, située dans le Verdon et non dans le village vauclusien.
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.