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Le Poët-en-Percip, ce petit village des Baronnies que certains décrivent encore comme « le bout du monde ».
Il existe des villages dont on se souvient pour un monument, une église ou une place.
Et puis il y a Le Poët-en-Percip, dans les Baronnies provençales, dont certains se souviennent surtout pour une camionnette d'épicerie, un troupeau de chèvres dans l'unique rue, des vacances passées dans l'ancien presbytère ou une montée à vélo qui faisait souffrir les jambes.
Perché dans la montagne, ce minuscule village donne encore aujourd'hui une impression de bout du monde. Une publication le décrivait comme un lieu de silence, de nature et de grands paysages, presque isolé du reste du monde.
Mais ce sont surtout les témoignages recueillis qui racontent le mieux Le Poët-en-Percip.
Et certains font remonter une époque qui semble aujourd'hui incroyablement lointaine.
Une lectrice a raconté un souvenir particulièrement évocateur.
Elle avait environ 9 ans, sa sœur 11. Leur tante, âgée d'une vingtaine d'années, les avait gardées pendant quinze jours au Poët-en-Percip.
Dans son souvenir, le village se résumait presque à une seule rue.
Et surtout, il n'y avait pas de commerce où les enfants pouvaient courir acheter des bonbons ou une baguette.
Le grand événement était l'arrivée d'une fourgonnette Casino qui venait ravitailler le village.
Les enfants l'attendaient avec impatience.
L'épicier aurait même chanté une petite chanson dont elle se souvient encore partiellement, des décennies plus tard : « Les oiseaux de Casino… ».
Elle raconte également les pique-niques plus haut dans la montagne, près d'une croix, un lieu dont elle se rappelle le nom comme étant « l'Homme Mort ».
Et puis il y avait le troupeau de chèvres qui traversait la petite rue.
Pour une enfant de neuf ans amoureuse des animaux, c'était le bonheur.
Ces vacances se déroulaient dans l'ancien presbytère, à une époque où le prêtre n'y habitait déjà plus.
À côté vivaient plusieurs jeunes femmes dont le souvenir a immédiatement été réveillé par la discussion.
Les échanges entre lecteurs permettent même de faire ressurgir leurs prénoms : Aimée, Thérèse et Aline.
Des noms que l'un des témoins avait oubliés et qu'un autre a pu lui rendre, des décennies plus tard.
C'est précisément ce que les témoignages locaux permettent parfois de faire :
une personne se souvient d'une maison, une autre d'un nom, une troisième d'une famille… et petit à petit le village d'autrefois réapparaît.
Le contraste avec la situation actuelle est saisissant.
Selon les données les plus récentes de l'INSEE, Le Poët-en-Percip comptait 25 habitants en 2023.
Et en 2025, l'INSEE n'y recensait :
aucune épicerie, aucune boulangerie, aucune grande surface et aucune station-service.
Le commentaire ironique d'un lecteur prend alors tout son sens :
pour aller chercher sa baguette le matin, la vie au Poët-en-Percip demande un peu d'organisation.
Autrefois, au moins, la camionnette venait jusqu'au village.
Certains visiteurs découvrent Le Poët-en-Percip lors d'une balade.
Pour d'autres, ce nom représente quelque chose de beaucoup plus intime.
Un lecteur écrit simplement :
« Mon village natal. »
Un autre se souvient du pays de sa grand-mère maternelle, née Ginies.
Et aussitôt, les commentaires deviennent presque une petite enquête généalogique.
On reparle des familles Ginies, Ricard, de Plaisians, de Vacqueyras et de Sarrians.
Les prénoms remontent : Pierre, Paul, Jean, Marguerite, Mauricette…
Des branches familiales séparées depuis longtemps se retrouvent momentanément grâce à quelques lignes échangées sous une photographie du village.
C'est peut-être cela qui rend ces petites communes particulièrement intéressantes : la géographie et les familles y sont intimement liées.
Un autre souvenir concerne un objet que beaucoup auraient pu prendre pour une simple vieille plaque métallique.
Une personne raconte avoir photographié au Poët-en-Percip une ancienne plaque de distances légales.
D'après ce qu'on lui avait alors expliqué, cette plaque aurait été retrouvée dans une grange des environs.
Elle aurait conseillé à son propriétaire de la conserver précieusement.
Ces anciennes plaques de signalisation constituent aujourd'hui un véritable petit patrimoine routier.
Et là encore, une photographie prise presque par hasard devient quelques années plus tard la trace d'un objet ancien qui aurait pu disparaître.
Une carte spécialisée consacrée à ces plaques a même été corrigée après discussion afin de mieux localiser celle du Poët-en-Percip.
Les cyclistes connaissent une autre facette du village.
La montée.
Un lecteur la résume sans détour :
« C'est un cul-de-sac, mais ça grimpe grave ! »
Il raconte l'avoir effectuée autrefois en contre-la-montre à vélo de route, à l'époque d'André Jouve.
Et malgré l'effort, son verdict reste :
« Que du bonheur. »
Un autre visiteur explique avoir découvert le village lors de la Buicyclette, organisée autour de Buis-les-Baronnies.
Pour les cyclistes de la région, Le Poët-en-Percip n'est donc pas seulement un joli point sur une carte.
C'est aussi une montée dont on se souvient dans les jambes.
Dans les commentaires récents, une autre adresse apparaît :
le Cabanon du Poët.
Un visiteur explique l'avoir découvert et avoir trouvé l'endroit « très sympa ».
Ce genre de remarque montre aussi que, malgré son isolement apparent, le village continue d'attirer des personnes qui viennent chercher quelque chose de très précis :
du calme, un paysage, une expérience loin des endroits trop fréquentés.
L'INSEE recense d'ailleurs actuellement un terrain de camping de 27 emplacements sur la commune.
L'Office de tourisme des Baronnies mentionne également un gîte d'étape communal, présenté comme un hébergement simple destiné notamment aux randonneurs de passage. Le descriptif précise très clairement : pas de restauration dans le village.
Autour du bourg, le paysage constitue évidemment l'une des grandes richesses du Poët-en-Percip.
Un habitant a notamment décrit le secteur du Coup d'Huery, au nord du village, avec les champs de lavande.
À l'arrière-plan se trouve la montagne de Banne et, lorsque la visibilité le permet, la silhouette du mont Ventoux apparaît à l'horizon.
Ce paysage explique sans doute l'une des réactions les plus simples laissées sous les photographies :
« Seigneur que c'est beau ! Où est-ce ? »
Pour quelqu'un qui ne connaît pas encore le lieu, c'est probablement le meilleur compliment possible.
Les commentaires les plus intéressants ne sont d'ailleurs pas forcément les plus longs.
Une personne écrit simplement :
« Un petit coin de mon enfance… cher à mon cœur. »
Quelques mots seulement.
Mais ils résument parfaitement ce que représentent ces villages.
Pour le visiteur, Le Poët-en-Percip peut être un très beau panorama.
Pour celui qui y est né, qui y a passé ses vacances ou dont les grands-parents y vivaient, chaque mur, chaque chemin et chaque maison peuvent contenir un souvenir.
Le faible nombre d'habitants n'est d'ailleurs pas un phénomène nouveau.
L'INSEE recense :
25 habitants en 1968,
19 en 1975,
22 en 1982,
17 en 1990,
17 en 1999,
et 25 habitants en 2023.
Voilà qui donne une autre dimension au souvenir de la camionnette Casino.
Lorsque seulement quelques dizaines de personnes vivent dans un village, la venue d'un commerçant ambulant devient un événement collectif.
Et pour les enfants, presque une fête.
Le souvenir de cette camionnette mériterait d'ailleurs une recherche à lui seul.
Dans de nombreuses petites communes rurales, les tournées de commerçants permettaient autrefois de maintenir une vie quotidienne sans descendre systématiquement dans une ville plus importante.
Épicier, boulanger, boucher ou marchand ambulant passaient à jours fixes.
Au Poët-en-Percip, le souvenir conservé est celui de Casino.
Les lecteurs se rappellent encore l'attente des enfants et même la chanson du commerçant.
Aujourd'hui, alors que le village ne possède officiellement aucune épicerie ni boulangerie, ce souvenir raconte mieux que n'importe quelle statistique à quel point la vie rurale a changé.
Un commentaire soulève enfin une question intéressante.
Une lectrice s'étonne de voir parfois Le Poët-en-Percip mentionné lors d'épisodes présentant des risques liés aux fortes pluies ou aux inondations, alors que le village est perché très au-dessus du fond de vallée.
Une réponse évoque éventuellement les glissements de terrain, mais il ne s'agit pour l'instant que d'une hypothèse avancée dans la discussion.
Sans document précis sur l'événement ou l'alerte concernée, il serait hasardeux d'en donner une explication définitive.
C'est en revanche une excellente piste pour une prochaine recherche : identifier exactement quels risques naturels concernent la commune et pourquoi elle apparaît dans certains bulletins.
C'est très beau, bien sûr.
Mais les photographies seules ne racontent qu'une partie de l'histoire.
Les commentaires ont fait apparaître autre chose :
une camionnette Casino attendue par les enfants ;
un ancien presbytère ;
trois jeunes filles dont les prénoms ressurgissent après plusieurs décennies ;
des chèvres traversant la rue ;
une vieille plaque routière retrouvée dans une grange ;
des familles qui se reconnaissent ;
des cyclistes qui se souviennent encore de la pente.
Et cette phrase extraordinaire d'une enfant devenue adulte :
« À 9 ans, il me semblait être au bout du monde. »
Peut-être que Le Poët-en-Percip a changé.
Mais si l'on en croit ceux qui y reviennent, ce sentiment de bout du monde, lui, n'a pas complètement disparu.
Qui se souvient de la camionnette Casino qui venait ravitailler Le Poët-en-Percip ? Et connaissez-vous la suite de la chanson « Les oiseaux de Casino » ?
Qui pourrait raconter la vie du village dans les années 1950, 1960 ou 1970 : familles, école, commerces ambulants, troupeaux, fêtes ?
Quelqu’un sait-il ce qu’est devenue l’ancienne plaque de distances retrouvée dans une grange ?
Et connaissez-vous l’endroit appelé autrefois « l’Homme Mort », où les enfants allaient pique-niquer près d’une croix ?
INSEE — Commune du Poët-en-Percip : population historique et actuelle, commerces et services présents en 2025, hébergements touristiques.
Office de tourisme des Baronnies — gîte d'étape communal et informations pratiques sur l'hébergement dans le village.
Témoignages publics recueillis autour du Poët-en-Percip — souvenirs d'enfance, camionnette Casino, familles, presbytère, cyclisme et vie du village.
Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.